La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses, 2ème audition

La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses

Episode 2

Dimanche 20 mai

Suite de la Garde à vue de madame Cluytens

2e interrogatoire par Miss Aline

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de Lucienne Cluytens



Dimanche 20 mai 18h53

Aline : Bonsoir Danièle,  bonsoir Lucienne.

Lucienne Cluytens : Bonsoir

Aline : Bonsoir Geneviève (qui doit pas être loin.)

Ge : Je suis là

Et je vois que notre prévenue est là aussi !

Aline : on peut donc commencer.

Ge : oui commençons, ne perdons pas de temps

Aline :  Vous évoquiez tout à l’heure les débuts de « la grosse » via un atelier d’écriture. Je voudrais savoir, hormis ce début particulier, comment commence un roman pour vous ? C’est une idée d’un début ? d’une fin  ? Un sujet qui vous tient à cœur ?

LC : C’est d’abord un thème, par exemple la prostitution des enfants au Québec ou la loyauté par rapport à un mari meurtrier. Ou un lieu. Je viens de finir le tome 6 de Flahaut qu’un lieu étonnant m’a inspiré. Il n’y a pas de règle.

Aline : Pas de règle pour lancer un livre. Y en a-t-il quant au travail de l’écriture ? Avez vous des rituel (horaires, nombres de pages, endroits pour écrire, musique ou non etc)?

LC : J’écris de préférence le matin quand j’ai les idées bien claire. Il faut que j’ai du temps devant moi et que je sois sûre (que j’espère plutôt) qu’on ne me dérangera pas. Il n’y a rien de plus crispant que de se faire sortir brutalement de son histoire pour un détail insignifiant. Surtout pas de musique. Il y a déjà bien assez de bruits comme ça, je vis en ville.

Aline : d’accord, silence autant que possible et tranquillité.

Vous évoquiez tout à l’heure le livre comme un objet fétiche, comme un « accompagnateur ». Est ce cela que vous voulez faire avec vos propres livres : accompagner le lecteur ? Si oui pour quelles raisons ?

LC : Ce que je veux faire avec le lecteur, c’est le faire entrer dans une histoire, le faire s’attacher à des personnages au point qu’il ne veut pas les quitter. Je veux ou plutôt je voudrais qu’il aime ce que j’ai aimé, c’est-à-dire des personnages positifs. Par contraste, il y aura donc forcément des personnages négatifs donc des situations négatives d’où le polar.

Al : c’est certain que pour aimer le soleil il faille subir la pluie…. donc vos textes contiennent forcément une part de vous ?

Vous désirez laisser une trace  dans le monde littéraire voire dans le monde tout court ? L’écriture c’est votre continuité ?

LC : J’ai l’habitude de dire que même les méchants ont une part de moi en eux. Si je veux bien parler de la méchanceté, il faut que je l’aie ressentie, d’où mon impossibilité à décrire des trucs par trop horribles que je ne peux même pas imaginer.

Al : donc on écrit bien ce que l’on connait bien ?

LC : Une trace ? C’est déjà fait puisque mes livres existent. Une trace dans le monde ? Lequel ? Je n’aimerais pas être appréciée et donc lue par des cons. Ce serait la preuve que je ne vaux pas grand chose.

Je pense que l’imagination ne peut pas inventer ce dont elle na jamais entendu parler pour la plupart des gens, dont moi. Seuls les génies inventent l’inexistant.

Aline  : Si l’imagination ne peut inventer quelque chose quelle ne connait pas comment fait un auteur qui décrit une scène de viol, un massacre, une scène SM ? Tous les auteurs ne sont pas victimes de violences quelconques et pourtant ils écrivent….

LC : Onfray, lui encore, a dit : tout a déjà été écrit (sauf l’écologie qui est un phénomène moderne). Il n’y a que la façon de le dire qui change et soit originale. Quand je veux parler de la putréfaction d’un corps, je googlise. Quand je veux parler d’un viol, je me remémore une lecture, un film, une conversation avec une amie victime. On a tout à portée de main.

Aline : Je suis d’accord avec Onfray… on ne fait que reproduire de façon différente etc.

La philosophie semble un élément important pour vous. ça vous nourrie ? ca vous construit ? ça vous fait avancer, comprendre ?

LC : Tout ça à la fois. Mais c’est récent, ça fait un peu plus de dix ans.

Al : je voudrais revenir sur l’imagination qui n’invente rien. Donc un auteur (peu importe qui) ne fait que reproduire alors. Faudrait-il inventer une autre forme de mal, de meurtres, d’intrigues pour être « innovant » ?

LC : Je donnerai la même réponse : il n’y a que la façon de décrire le mal qui est innovante puisqu’elle traduit le style original d’une personne unique. Déjà du temps des mythes grecs, Chronos avalait tout rond ses enfants à leur naissance de peur qu’ils prennent sa place… C’est pas innovant ça ? Les situations de meurtre se ressemblent beaucoup, il n’y a pas tant de sortes que ça.

ALine : Les raisons sont toujours les mêmes : argent, la jalousie, la vengeance. Pas de crime « gratuit ». Même un serial killer répond à sa propre logique.

 vous utilisez donc beaucoup google pour vos recherches  et « coller » à une certaine réalité.

LC : Google et des livres et aussi des témoignages. J’adore écouter les gens raconter leurs expériences qui ne sont pas les miennes (Pas vrai, Dany ?)

Geneviève et Danièle👍

A : C’est important pour  un auteur d’être « crédible » dans ses descriptions. Qu’en est-il du ressenti et de l’émotion qu’il peut y mettre ?

LC : C’est fondamental pour moi d’être crédible. En ce qui concerne les émotions, on est comme des comédiens. On peut utiliser tout ou partie de ses propres émotions. Le mieux étant de faire appel à celles de son enfance qui sont plus fortes en général que celles de l’âge adulte car pas du tout maîtrisées.

A : Emotions positives ou négatives bien sur ?

LC : Bien sûr !

A : Vous seriez plutôt un mauvais flic ou un bon méchant ?

LC : Dur, dur ! Je suis du côté de la loi même si en théorie je me sens en marge. Un mauvais flic n’est pas du côté de la loi. Je choisis le bon méchant.

Danièle : 😮

A : c’est quoi être en marge ?

LC : C’est à dire : le trottoir c’est pour les piétons mais marcher sur la chaussée parce qu’on a plus de place. Un exemple entre autres. Faut juste se garer des voitures.

Aline : Et puis un mauvais flic n’est pas forcément du mauvais côté de la barrière peut être juste un mec qui fait mal son boulot (comme dans beaucoup de job d’ailleurs)

 oui attention aux voitures il s’agirait pas de perdre un orteils dans l’affaire. lol

Un bon méchant c’est quoi ? vous pouvez développer ?

LC : J’avais compris « mauvais » dans le sens de salopard. J’aurais plutôt dit : flic incompétent.

C’est toi qui a posé la question, Aline, donc c’est toi qui connait le sens de bon méchant ! Je traduirais bon méchant par un genre d’Arsène Lupin ou par un personnage de femme flic déjantée que j’ai créée et qui est surnommée La panthère.

A : je ne voulais pas induire ou guidée la réponse, la libre pensée, libre arbitre, libre interprétation.

Je suis en plein dans la lecture de « la panthère sort ses griffes » et j’avoue qu’elle est très borderline.

LC : Je l’adore, la panthère!

Danièle et Ge :👍 Nous aussi

A : Pourquoi ?

LC : Parce qu’elle s’autorise tout ce que je ne m’autorise pas.

A : du coup écrire c’est transgresser ? Sortir de « la vie étriquée » ?

LC : Exact. Sauf que pour la panthère, l’idée vient d’un autre écrivain, Maxime Gillio, qui un jour m’a dit : Mais lâche-toi, Lucienne, vas-y ! Et je me suis lâchée, j’ai « inventé » si je puis dire cette fliquette inspirée en partie du personnage principal de la série Dexter et de Lisbeth de Millénium.

A : Dexter très « à la mode » en ce moment. Qu’est ce qui vous attire dans ce personnage ? Le côté justicier de la nuit (expression) ?

LC : Oui. On rêve tous de se venger d’un odieux personnage qui mériterait bien la mort. Là encore, c’est un copain écrivain qui m’a conseillé cette série. Et en plus, il est psychiatre !

Jean Paul et Ge  : 👍

Et l’acteur est craquant non ?

A : voilà le fin mot de l’histoire : craquant !!!! lol

La justice en dehors de la justice vous seriez prête à cautionner, excuser ?

LC : à cautionner, non,  à excuser ? C’est à voir au cas par cas. Je pense à cette femme battue pendant des années qui a fini par tirer sur son mari.

A : excuser ou comprendre ?

LC : C’est un débat qu’on pourrait mener jusqu’au milieu de la nuit…

A : comprendre est ce une forme d’excuse ?

LC : Peut-être

Aline : si on excuse tout est donc permis…; effrayant !

Vous vous mettez certaines limites dans l’écriture  ou justement l’écriture vous permet de tout dire/faire ?

 question difficiles ?

Geneviève : Oui pas simple  👍

LC : Franchement je ne sais pas. Je fais ce que j’ai envie. Je ne me dis pas : ah, non, là c’est limite. Ou alors, là c’est limite alors j’y vais. Mon cerveau fait le tri à ma place. Je pense qu’il ne me propose que des choses acceptables du point de vue de ma propre morale. On doit être bien persuadé qu’on ne contrôle consciemment pas la moitié de ce qu’on dit et de ce qu’on fait. Les neurosciences aujourd’hui découvrent des trucs étonnants à ce propos. Celui qui croit qu’il contrôle tout est dans l’erreur.

Al : ok pour le tri cérébrale en mode automatique lié à la morale de chacun.

C’est terrifiant car on peut aussi l’appliquer au criminel de tout poils : c’est pas de sa faute son cerveau n’a pas fait le bon discernement.

FC : Le cerveau fait ce qu’il a à faire. La morale des hommes est indépendante de ça.

Aline La morale à été placé dans le cerveau humain par l’humain.

Pas de morale, pas d’humain … un animal instinctif.

Pardon je digresse.

Danièle : 😆

LC : Je vois !

Geneviève :  😆

A : Peut être est-il temps de replacer la prévenue dans sa cage ? Geneviève ?

Ge : Oui quelqu’un me demande ? Je suis pas loin…

Aline : Je vais donc conclure avec trois merci si tu permets

Ge : Je t’en pris Aline

LC : ok. Bonne nuit à toutes

Ge2 : Hop hop hop, on laisse Aline finir s’il vous plait

Danièle : Merci Lulu, pour moi demain 11 h en principe, peut-être un peu avant si possible … je me présente dès que je suis dispo et je devrais conclure au plus tard à 12h15 … désolée

Al : Merci à Lucienne pour cet échange d’un très grand intérêt. Je me suis sincèrement régalée.

 Danièle : Bonne nuit les nanas

Ge 2 : Danièle un peu de patience …

Al : merci à vous Lucienne d’avoir été ma tutrice du Polar Lens 2017.

LC : Dany appelle-moi quand tu seras devant le clavier car je serai certainement en train de faire autre chose

Al : Merci à vous pour la dédicace sur la panthère qui m’a été offert par Danièle.

LC : Ah, la belle opale !

Ge : Ah mais vous vous connaissiez donc Aline  et Lucienne ?

Al : Oh merci beaucoup. A l’occasion je vous ferais lire l’édition 2018 .

LC : Eh oui.  On s’est rencontré « de visu » et pas sur écran. Et c’est d’accord pour la version 2018

Aline : Un grand merci à merci. Je suis touchée et honorée.

Ge : Moi aussi je veux vous rencontrer de visu Lucienne ! 😛

Aline : Bonne nuit à toutes. j’espère que cette GAV c’est bien passée pour vous Lucienne 

Danièle :Je vous laisse entre groupies … à demain et bisous !

Lulu : J’ai une grande maison très accueillante avec une chambre d’ami confortable et je suis à 30 m du métro qui va à la gare. C’est quand tu veux, Geneviève. En plus Lille est splendide à visiter et très vivante.

Danièle, Aline Ge et même Ge 2😍

Lulu : Jusqu’à présent, je suis plutôt contente de cette GAV. J’attends donc la suite avec impatience.

Danièle, Aline Ge et même Ge 2 : 👍

Aline : oui on pourrait se retrouver pour chez Meerts ou devant un merveilleux chez Méo…. ihihih

Lulu :  Pourquoi pas un repas chez moi entre flingueuses ?

 Danièle, Aline Ge et même Ge 2 : 😍

Geneviève : Rhaaaa je vis avec un ours et des loulous. Ils sont pas très sociable mais comme l’Ours a adoré la Grosse ne sait-on jamais !

Lulu : C’est open comme on dit maintenant

 Geneviève :  👍  Bon ok je mets fin à cette deuxième audition.

Aline et Ge2 👍

Lulu : Merci à toutes

Geneviève : Il ne faudrait pas que l’on dise que les flingueuses sont des vendus ou des ripoux

Aline et Dany😮

Ge2 : Non manquerait plus que ça, des ripoux chez les flingueuses

Aline : Merci à vous

Lulu : Ah, ah !

Dany : Ben, à peine je vous laisse et je vous retrouve copines … heureuse je suis d’avoir fait les présentations 😂😍😏

Geneviève : Et oui, Dany ! Finalement on est plutôt sympa nous les flingueuses. Hein ? Même si on met nos auteurs en garde à vue !!!

Ge2 : 21h 49 

Bon il est temps de sonner la fin de cette 2e audition de la Garde à vue de Lucienne Cluytens. Demain matin, on y verra plus clair.

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3 réflexions sur “La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses, 2ème audition

  1. Oui, il est très important de comprendre les motivations de tel ou tel criminel. Après cela, savoir si on lui pardonne n’est pas le bon débat. Il faut prendre du recul et prendre conscience de la part de responsabilité que la société a dans ces actes criminels, une part plus ou moins grande bien sûr, mais qu’il ne faut pas négliger, dans l’idée d’améliorer la société, ce qui doit permettre, entre autres, de les éviter, ces crimes.
    Pour moi, une seule solution, réduire les misères, et j’ai bien dit LES misères. Matérielle, mais aussi morale, et la personne dont le but dans la vie est d’entasser un maximum de biens matériels se trouve dans la plus grande misère que je puisse concevoir. Là, le lecteur ressentira comme une légère critique de ma part de notre société trop matérialiste.
    La morale doit être un perfectionnement de notre comportement d’humains intelligents, ne nous donnons pas trop d’alibis pour y échapper, nous sommes tous capables de vivre dans le respect de l’autre, ça vaut le coup d’y réfléchir – malheureusement je sais que ces mots peuvent recouvrir des idées fort diverses, contradictoires même, alors pour débattre de tout cela… dur… !

    P.S. Bises à toi et à ton homme, ma douce Lulu, de la part de Paul et moi !

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