La bête au ventre – Edward Bunker

La bête au ventre d’Edward Bunker. Traduit par Freddy Michalski. Paru chez Rivages/ Thriller en 1993. Réédité en poche dans la collection Rivages/Noir  le 28 septembre 1995. 10€65 ; (475 p.) ; 17 x 11 cm.
  
4ème de couverture :
 
Alex est né sous une mauvaise étoile. Sa mère, l’a abandonné et son père a dû le confier à des foyers d’adoption, écoles militaires et autres pensionnats. Commence alors pour lui  » le cycle des laideurs « , des tumultes et des larmes « , qui l’amènera, de révoltes en évasions, à connaître la répression sous toutes ses formes. Encore adolescent, Alex est d « jà un  » taulard  » endurci qui vit la bête au ventre et la rage au cour. La bête eu ventre conclut la trilogie commencée avec Aucune bête aussi féroce et La bête contre les murs. Edward Bunker y analyse le processus qui conduit la société à se fabriquer les criminels qu’elle mérite.
 
L’auteur : Edward Bunker, est un auteur de romans noirs et scénariste de cinéma, né le 31 décembre 1933 à Hollywood (Californie, États-Unis) et mort le 19 juillet 2005 à Burbank.
Il connut des années de prison avant de se voir publié. Il est moins prolifique que James Ellroy à qui il est souvent comparé. Il a joué des rôles secondaires dans certains films, notamment Le Récidiviste, avec Dustin Hoffman inspiré de son roman Aucune bête aussi féroce, et Reservoir Dogs, de Quentin Tarantino.
(Source Wikipédia)
 
Extrait :
En 1943, la vallée de San Fernando était encore la campagne – sans smog et sans mobil-homes- où vivaient quelques petites communautés séparées par des kilomètres de citrus et de luzerne. Le gamin avait le regard fixé droit devant lui, comme transfiguré par la ligne banche au milieu de la chaussée noir qui disparaissait dans le chatoiement des bouffées de chaleur. En réalité, il ne voyait rien, il n’entendait rien. Il songeait à tous les trajets, identiques à celui-ci, qu’il ait connu depuis l’âge de 4 ans, ces trajets qui le conduisaient à chaque fois vers quelque nouveau lieu dirigé par des inconnus. C’était là à peu près tout ce dont il se souvint – internats, écoles militaires, foyers d’adoption -, tous ces endroits, ainsi que quelques éclairs de scènes affreuses gardées en mémoire, laideur, tumulte et larmes…
 

Le Émotions de lecture de Cécile :

« La Bête au ventre » fait partie du top 10 de mes livres qui m’ont marqué et pourtant, je ne l’ai pas relu depuis plus de 20 ans. Il est toujours très dangereux de tenter de revivre une histoire avec un ex.  C’est donc avec l’appréhension d’une immense déception que je me suis replongée dans ses pages.

 

Et Bam, en pleine tête comme autant de mots coups de poing, « La Bête au ventre » n’a rien perdu de son percutant. J’ai retrouvé Alex avec la même rage les poings serrés comme lui devant ces adultes, ces froides institutions qui échouent à chaque fois à donner  un peu d’attention et d’éducation à ce garçon en colère. On serre les poings à chaque coup, à chaque injustice, on sent monter la même colère en diapason avec lui. Mais on ferme aussi les yeux à demi quand on se rend compte qu’Alex va encore prendre le mauvais chemin, et encore choisir le mauvais modèle pour son éducation.

 

Malgré  un infime espoir parfaitement déraisonnable que quelque part, quelqu’un aidera ce tout jeune adolescent  adorateur de livres, on ne peut ignorer qu’Edward Bunker nous emmène avec colère et rage vers une fin inéluctable de violence, de crime … La bête au ventre est après tout la conclusion de la trilogie qui nous a baladé dans le milieu de la criminalité et du système carcéral de l’après-guerre américain, véritable fabrique des pires criminels. Certes les lieux et les époques sont différents mais les conséquences sont toujours les mêmes, la perte  de jeunes adultes dans l’une ou l’autre des radicalités dont la société finit toujours par se mordre les doigts.

 

« Au départ, ses rébellions avaient été aveugles, moins actes délibérés que réactions réflexes à la douleur – douleur de la solitude et de l’absence de l’amour, … »

 

« L’assistante sociale …était horrifiée. Elle avait vu nombre d’enfants rebelles mais cette fois elle avait le sentiment de voir devant elle une âme qui commençait à mourir. »

 

« On était lentement en train de graver dans son jeune cerveau que ceux qui étaient en position d’autorité ne se souciaient guère de bien ou de mal, de ce qui était juste et de ce qui ne l’était pas- leur seule préoccupation était d’asservir leurs subalternes. »

 

« Il luttait pour rependre son sang-froid…Mais la fureur qui agitait son cerveau le dévorait à cœur, jusqu’au tréfonds de lui. Même lorsqu’il fut clamé, il avait un abcès à l’âme. »

 
 
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3 réflexions sur “La bête au ventre – Edward Bunker

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