La GAV : @Cécile Pellault sous le feu des flingueuses, épisode 3

Papote d’auteur : @Cécile Pellault  sous le feu des flingueuses

Episode 3

Dimanche 25 Mars

Suite de la Garde à vue de madame Pellault Jour 2

3e interrogatoire par Aline notre fougueuse Flingueuse


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelque sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échanges en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi, au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live.

Allez place à la suite de la  GAV de Cécile Pellault


 Dimanche 25 mars ,08:26 : 

Début de la troisième audition

Aline : Bonjour tout le monde,
Quand la prévenue sera là, on pourra commencer.

Danièle : J’assiste en pointillé ! Bonjour

Cécile : Bonjour enfin je me réserve encore le droit de me rétracter si ce jour n’est pas bon…

Aline : Bonjour Danièle… va pour les pointillés !
Bonjour Cécile, tu ne vas pas te rétracter, nous n’avons pas encore commencé… installe toi, tout va bien se passer.

Geneviève : Oui j’en suis certaine aussi ! 

 

Aline : Bonjour Cheffe. Tu est aussi là pour veiller au bon déroulé de cette GAV

Cécile :  Méfiance, Méfiance

Aline : bon ben dis toi que ce n’est qu’un mauvais moment à passer alors… lol

Cécile : 

 

Aline : on a parlé de tes romans, ta vie un peu. moi je voudrais connaître ta technique de travail. Quelle est la différence entre tes premiers pas sur ton premier roman et le dernier ? Ta façon de travailler a évolué ?

Cécile : Entre les deux premiers, il y a dix ans de concours de nouvelles, de blogs avec même de la chronique politique, de la poésie… C’est donc dix ans d’expérimentation, d’affirmation de mon style… l’écriture c’est comme tout plus, tu fais tes gammes, meilleure elle est.

Aline : d’accord. concrètement ça donne quoi quand tu te lances sur un nouveau projet ? tu établis un plan ? tu as déjà tes acteurs dans un coin de ta tête ? tu sais ou tu vas (tu connais la fin) ?

Cécile : Une idée germe, je la triture dans tous les sens, je la laisse couver, je n’écris le plan de l’histoire qu’une fois que je connais le début et la fin. Et je me mets à écrire qu’une fois que je sais exactement où je vais même s’il y aura peut-être un détour ou deux. La fin et l’histoire est toujours exactement comme je l’avais imaginer. Une spéciale dédicace à@Geneviève Van Landuyt , je ne fais pas de fiche de mes personnages !

 

Geneviève :  hahaha, je vois à quoi notre suspecte fait allusion ! Mais chut, laissons Aline reprendre.

Aline : donc tu vis au quotidien avec tes personnages ?

Cécile : J’écris tout le temps même si ce n’est pas physiquement. Je ne suis pas la personne la plus attentive du monde … Et c’est pour cela aussi que c’est difficile de finir un livre, tu as vécu avec un univers des personnages pendant longtemps….
Il faut un petite période de transition enfin pour le long pas pour les textes courts!

Aline : donc tu « vis » ton histoire. t’arrive-t-il de ressentir de la peine ou de la joie pour eux ?

Cécile : Si je ne ressens rien au moment où j’écris, si je ne suis pas finalement surprise ou émue par leurs « aventures », je pars du principe que le lecteur ne le sera pas non plus.

Geneviève et Aline

Aline : je suis d’accord. de ce fait quand tu écris tu te places en lectrice et non en raconteuse d’histoire ?
c’est le lecteur qui compte avant tout ?

Cécile : Oui et non, car je suis tout de même celle qui décide au final de leur sort. Même si parfois je sui persuadée qu’ils on leur vie propre. Je suis finalement celle qui peut changer leur destin en un clic…
Je me définirai comme une penseuse ou dealeuse d’émotions ! Donc oui, l’addiction des lecteurs avant tout 

Aline : as tu des histoires qui dorment dans un tiroir ? pourquoi ?

Cécile : euh pas penseuse, passeuse ….

Geneviève : Yes 

Cécile : Il y en a une qui est sur le point de sortir, qui a mariné ce qu’il faut et finalement le rythme de l’écriture quasi quotidien me manque donc elle devrait…
Pardon je devrai m’y mettre…

Aline : donc il y en a d’autres qui dorment ?

Cécile : Toutes mes histoires je les ai écrites sous une forme ou une autres, c’est pour ça que j’ai pas mal contribué sur des plateformes d’écriture
Elles ont été lues et parfois servent dans un de mes romans…
En point de départ comme pour un personnage, une époque particulière…
Mes histoires marinent mais une fois prête elles doivent sortir après les tiroirs ne sont là que pour entreposer ce qui n’est pas encore publié

Aline : tous les possibles étant réalisables, quelle expérience serais tu curieuse/prête à faire pour donner plus matière à un roman : une autopsie ? une séance de dark net ? un flag ?

Cécile: Une autopsie, argghhh, non merci !!

Aline : juste une visite à la morgue alors ? lol

Cécile : Ma matière, je ne suis pas pour l’instant dans le policier ce qui me manque c’est le ressenti d’un flic ou d’une flic mais je sais qui cuisiner et qui me l’a proposé pour disséquer …
Mais des émotions pas des corps!

Aline : ok

Cécile : Pour l’instant, j’utilise mon vécu …. quand je serai à court pourquoi pas aller plus loin dans mes « recherchera »
mes recherches…

Aline : le quotidien qui part en live, comme pour Lily, tu penses que c’est plus souvent qu’on ne le crois/pense/sait ou c’est plutôt exceptionnel ?

Geneviève :  Bonne question ça @Aline Gorczak

Cécile : C’est le quoditien… après l’arrestation du violeur de la Sambre , un psy nous rappelait que les violences sont plus le faits d’un proche plutôt qu’un acte gratuit de violence d’un inconnu …
Les serial killers c’est passionnant mais ce n’est pas le plus commun…

Geneviève : 

Cécile : Et l’ordinaire qui devient extraordinaire c’est exactement ce qui m’intéresse de raconter pour que le lecteur ou la lectrice s’identifie …
même si le contexte est complètement différent de lui ou elle!

Aline : donc pour toi tout le monde est susceptible de dévier, de commettre un acte irréversible ?

Cécile : oui, et non, mais un accident ou un mauvais choix est à la « portée » de tous … ou d’espérer d’être du bon côté, de savoir empêcher l’irréparable, d’être assez clairvoyant pour voir les choses arriver

Aline : la clairvoyant ne peut pas toujours être un garde fou… les crimes passionnels par exemple.

Cécile : On voit généralement la poutre dans l’oeil du voisin mais pas dans la sienne !

Aline : je te l’accorde

Cécile : Le crime passionnel … alors je comprends le concept … Mais je ne suis pas bien sure que ce soit une « excuse » pour que tout le monde bascule…
Mais je ne suis pas psy ni criminologue
Il a forcément une faille quelque part chez cet être pas si originaire qui bascule dans le crime…

Aline : non je ne parle pas d’excuse, je veux dire que tout un chacun avec le « contexte adéquate » peut basculer.

Cécile : Pas pour moi, il n’y a pas de contexte adéquate pour basculer…
Mais comme je te le dis je ne suis pas une experte!! ni ne dis que j’ai raison!!
Mais je ne pourrai pas l’utiliser comme matière première pour un roman!

Aline : je ne suis pas d’accord avec toi. la mère qui défense son enfant en commettant l’irréparable n’a pas de faille. Elle répond à un besoin primitif de préserver sa progéniture.

Cécile : Ce n’est pas pour moi un crime passionnel! c’est de la défense!
Et ça je l’ai déjà utilisé

Aline : je ne parle pas de crime passionnel non plus mais juste qu’il faut une faille pour dévier !

Cécile : Nous sommes finalement d’accord alors, mais comme tu as cité les crimes passionnels en exemple, je ne faisais que donner mon avis sur cette partie là !

Aline : ok

Geneviève : Une faille, un contexte parfois un rien fait dérailler la machine humaine.

Cécile : Donc à l’exception de ces derniers, je suis d’accord. Oui nous pouvons tous basculer ! Sans parler des accidents, qui peuvent nous faire prendre de mauvaises décisions et nous entraîner dans la mauvaise direction…
La mauvaise personne…

Aline : je suis tout à fait d’accord.
penses tu que l’homme (le genre humain) est fondamentalement bon ou au contraire mauvais et qu’il doit sans cesse lutter pour rester du « côté de la barrière »?

Cécile :  Pas de vision manichéenne du genre humain , la vérité est toujours au milieu. Au cours de l’histoire, chaque être humain a prouvé qu’il était capable du pire comme du meilleur. Je ne sais pas si c’est une lutte, ou ce qui est une lutte c’est de garder la foi dans la possibilité du bon chez l’autre

Cécile : Après je raconte des histoires, je ne suis pas une experte en psychologie. Je me garderai bien de proclamer des jugements définitifs en croyant détenir la vérité!

Aline : on ne fait que discuter, pas de jugement.

Cécile : Je sais je précise ma pensée

Aline : je sais et je comprends.
revenons en aux livres. a qui donne tu as lire en premier quand tu as fini ?

Cécile : Mon mari est mon premier lecteur sur tout ce que j’écris.

Aline : et tu l’écoutes ?

Cécile : Je commence par lui « crier » dessus et de lui envoyer des regards mauvais quand il me pointe un problème dans le récit !! Et je finis par me plier en relisant le dit problème qui me saute aux yeux alors! et je lui pardonne 

Aline : s’il te suggère des modifications ? ok
si un de tes enfants te dis « maman je veux faire comme toi : écrire des histoires » tu lui dis quoi ? « 

Cécile : Les modifications sont plus généralement sur le sens d’une phrase un incohérence que lui en tant que lecteur ne comprend pas. Donc si lui ne capte pas ce que j’ai voulu dire, je change évidement !

Mon ainé écrit très bien, mon plus jeune des BD

Je les encourage !! Après il voit très bien ce qu’est mon quotidien mes frustrations, donc si ils veulent tenter, je les soutiendrai même si

Je serai consciente qu’ils vont ramer très durs pour parfois peu de résultats!

Aline : oui mais pourrais tu te dire : aller stop j’arrête. marre des frustrations… ?

Cécile : Déjà fait ! Je suis revenue, je ne me vois pas faire autre chose… Après comme une drogue dure, si cela entache trop ma vie privée, il sera temps de courir en cure de désintox!

Aline : eh oui tu y reviens… je crois qu’il est difficile de lutter contre ça !
c’est quoi une cure de désintox pour toi ?

Cécile : Les voyages !!! Bon le problème c’est que cela nourrit aussi mes écrits !

Aline :  le cercle vicieux !!

Cécile : Sinon il suffit d’occuper mon cerveau à autre chose… faut juste que je trouve encore à quoi…

Aline : Continue d’écrire tu fais ça bien.
je vais te libérer de cet interrogatoire.
mais tu sais que la GAV continue

Cécile : Merci ! Et oui, s’il te plait

Aline : ça n’a pas était si terrible que ça. merci pour ta participation.

Geneviève

Cécile :Comme dans toutes histoires cela dépend de quel point de vue, tu te places Ma cellule m’attend !

Geneviève : hahahaha (rire sardonique) 


Aline : je te l’ai dis … ce n’est qu’un mauvais moment à passer. allez courage , tu tiens le bon bout !

Geneviève : Alors une autre Flingueuse pour achever cette audition ? Non ???

Danièle :  Ça me va comme ça @Geneviève

Cécile : Trop tard, je suis déjà au fond de mon trou

Geneviève : Merci @Aline et @Cécile. Bon boulot !
Je déclare donc cette 3e et avant dernière audition terminée.
A ce soir chère gardée à vue.
Et cette fois ce sera @Ophélie qui prendra le relais.
Et pour achever notre auteur je viendrai à mon tour finir cette interrogatoire.

 

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