La GAV : @Cécile Pellault sous le feu des flingueuses, épisode 2

Papote d’auteur : @Cécile Pellault  sous le feu des flingueuses

Episode 2

Samedi 24 Mars

Suite de la Garde à vue de madame Pellault Jour 1

2e interrogatoire par Dany notre mamie Flingueuse


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelque sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échanges en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi, au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live.

Allez place à la suite de la  GAV de Cécile Pellault


Samedi 24 mars, 17:53.  Début de la seconde audition

Danièle :  Compte à rebours …
@Geneviève, Patronne tu es là ?
@Aline au boulot ?
@Oph à la boxe
@Fanny ?

Cécile : Euh moi je suis là au cas où

Danièle : @Cécile du calme, tu es encore en cellule
@Fanny et @Aline apparemment « non actives » sur une autre mission sans doute… On commence ?

@Geneviève, Patronne, on peut faire entrer @Cécile , notre délinquante …

Geneviève :  Faite Dany

Danièle : Bonjour @Cécile
,

Cécile : Bonjour @Danièle Ortega-Chevalier
,

Danièle : Après avoir évoqué ce matin ta venue à l’écriture … passons aux romans noirs maintenant J’ai compté : un publié « le brouillard d’une vie » et un en recherche d’éditeur c’est bien ça ? Tu en es où de ta prospection ?

Geneviève : Deuxième audition en cours !

Cécile :  Ok , j’ai compris les choses sérieuses commencent et vous cherchez à me mettre de mauvaise humeur

Geneviève :  Ça commence fort en effet

Cécile : Donc ma prospection est pour l’instant infructueuse…

Danièle : mais non c’est pour t’aider à verbaliser

Cécile : Déjà des refus accompagnés de proposition d' »édition payante » chez leur partenaire mais avec un code promo…
Sinon il faut attendre entre deux mois et six mois pour avoir toutes les réponses et mes envois date de fin janvier et encore hier…

Danièle : ça coûte combien un tel investissement ?

Cécile : Donc une longue année m’attend! Je ne sais pas je n’ai pas cherché à connaitre les tarifs… m’intéresse pas ! j’ai un éditeur avec ses imperfections mais j’en ai un au pire!!

Danièle : Pourquoi être passée au noir … c’est récent ?

Cécile : Entre mes deux premiers romans et celui-ci, il y a dix ans de concours de nouvelles, de poésie et Le brouillard est né il y a quelques années de l’un d’eux…
Une très courte nouvelle de 400 mots!

Danièle : Nouvelle, roman … où te sens-tu le plus à l’aide ? à l’aise

Cécile : Le roman est une plongée dans un récit sur le long terme, c’est plus exigeant et il faut de la patience pour être aussi enfin lue. La nouvelle c’est du plaisir immédiat et qui te fait « tester » des genres, des styles différents jubilatoires et des retours sur ton écriture quasi immédiat !

Cécile : J’aime les deux !

Danièle : Tu as donc jubilé en me faisant souffrir pendant ma disparition … Je note !

Cécile : Tout à fait … mon côté psychopathe est libre de s’exprimer dans la fiction… Et seulement dans la fiction

Danièle : J’ai eu la chance de pouvoir lire le prochain … et je constate : Des crimes, du sang, de la castagne, un style et quelques constantes … Pourquoi des expatriés ? Ton expérience perso nourrit tes intrigues ?

Cécile : Oui, c’est la matière première ! Dans la vie comme dans mon écriture, j’ai besoin de voyager ! J’ai autant de guides de routard dans ma bibliothèque que de romans enfin presque!
Sinon je me castagne très peu dans la vraie vie!

Danièle : Ton expérience d’expatriée … Un microcosme vu de l’extérieur qui ressemble pour le lecteur lambda aux réceptions de monsieur l’Ambassadeur mais en vrai …

Cécile : Et comme je ne suis pas une américaine non plus !! Faut bien que je case des petits ou grands français dans l’histoire
Sinon le prochain- prochain, s’il voit le jour, Touraine – Angleterre-Ecosse
Oups j’ai loupé l’ambassadeur !
j’ai été étudiante aux US et dans le Mississippi donc rien à voir avec le fameux ambassadeur !!

Danièle :Tu nous parle de la part de ton parcours personnel dans tes romans ? Les situations sont-elles vraiment différentes …
Parles …

Cécile : Ma vie n’est pas non plus une matière à romans ! Et l’autofiction ne m’interresse pas plus que cela !
L’expatriation de mes personnages, c’est aussi pour couper Lilly de tout repère et la faire plonger encore plus profondément!
Mon expérience me sert pour les émotions vécues, le décor, le contexte.

Danièle : On peut cependant avoir des fantasmes …

Cécile : Euh des fantasmes de quoi ?

Geneviève : Attention pas de débordement en garde à vue !

Danièle : si j’en crois la prochain … fantasme d’ado de devenir une star de la chanson

Cécile : Oh là non pas du tout, pour moi la lumière brûle et ne m’a jamais attiré … mon fantasme est de rester derrière mon ordinateur bien au chaud!

Danièle : ou dans les salons à dédicacer … avec une file d’attente

Cécile : non plus, si tu te souviens de ta lecture… pour moi, c’est plutôt l’inverse d’un fantasme…
Ou plutôt la sensation d’être avalée toute crue par une image que les gens projette sur toi
La sensation de ne pas s’appartenir de ne pas comprendre le « fanatisme » autour d’une personne!

Danièle : Je te parlais des crimes, du sang et de la castagne … est-ce difficile pour toi d’être violente ?

Cécile : Alors même si je voudrai plus de lecteurs, plus de rencontres, lors des salons… je ne rêve pas de signer à la chaine et encore moins d’être l’objet d’un désir non réciproque!
Dans mes textes, non il ne m’est pas difficile d’être violente
même si je ne serai jamais crue ou gratuite dans ma violence
ou dans ma description de la violence!
Le sang ne me fait pas peur mais pas le sang pour le sang

Danièle : Des filles au centre des intrigues … c’est plus facile pour une femme ? A personnages est-ce que tu t’identifies ?

Cécile : Au centre mais pas seules, et jamais non plus que des innocentes, je suis dans tous les personnages… je ne suis pas mégalomaniaques juste je ne construit pas les personnages autour d’une personne que je connais ou autour de mon petit moi mais autour de traits de caractère qui serve le personnage…

Cécile : Je m’identifie à tous sans pour autant m’identifier ils ne sont pas moi et ils ont leur vie propre.
Je m’identifie à ce qu’ils peuvent ressentir!

Danièle : Tu es à l’aise avec tes héros masculins ?

Cécile : Oui, je suis même finalement assez tendre avec eux ! Même si j’ai l’amour vache !Dans le Brouillard, il ya certes Lilly mais aussi finalement beaucoup d’hommes autour d’elles !

Danièle : Y a-t-il des choses que tu t’interdis … les violences aux enfants par exemple ? Du hard, du trash ?

Cécile : Je ne genre pas tant que cela mes personnages , hommes, femmes, ils vivent une histoire mon histoire. Leur caractère, leur vie pourrait être pour une femme ou un homme !
La violence aux enfants ou au moins la maltraitance est présente dans le prochain mais le hard, le trash de la violence juste pour choquer, ou pour le fameux « buzz » ne m’intéresse pas à écrire.
Cette violence doit faire partie de l’histoire avoir une finalité pas être le centre de l’histoire

Danièle : Tu n’a peut-être pas l’expérience
Je blague mais certains auteurs s’y complaisent

Cécile : Non effectivement je n’en ai pas vraiment l’expérience et je n’aime pas m’y vautrer
Ce qui me fait plus peur parce que pour moi plus possible pour mes proches, c’est une violence « ordinaire »
donc pour mes personnages aussi, utiliser la peur ordinaire pour faire peur, serait mon crédo !

Geneviève : je confirme 

Danièle : La peur ordinaire, celle de tout le monde, celle qui peut frapper n’importe quel lecteur ?

Cécile : Oui, cela qui te fait sursauter dans la rue.. celle qui a commencé le brouillard d’une vie !
Ma nouvelle décrivait une femme qui se sent suivi qui a peur et qui finalement malgré les doutes de son entourage, avait raison d’avoir peur!
On a tous frémi à un buisson qui bouge, un frôlement insistant,
Un craquement dans une maison, je veux de la peur qu’on regarde en face pas de celle qu’on regarde à travers ses doigts!

Danièle : Une certaine forme de psychose qui se révèle réalité

Cécile : Voilà, un peur qui se révèle vrai comme celle de ne pas avoir choisi de mettre ta confiance dans la bonne personne,
De ne pas avoir vu le danger au sein de ta propre famille,
de tes amis,
Sinon je ne suis pas du tout paranoïaque !

Danièle : J’aime te l’entendre dire … La famille c’est important dans tes romans …

Cécile : Oui, tout commence avec la famille qu’on « subit » parce qu’on ne choisit pas d’y naitre et celle qu’on se construit contre ou avec notre famille de naissance!
Et comme je disais ce matin à votre Cheffe. Que serait une biographie d’une grande femme ou d’un homme criminel ou héros sans étudier sa famille !

Danièle : Lily subit les lieux aussi
Un criminel n’est pas que le fruit de sa famille ou alors on dit qu’ils sont tous irresponsables

Cécile : Ce n’est pas ce que je dis, je dis simplement que pour parler d’une héroïne ou d’un criminel, on parle de sa famille ! Je ne juge pas ici des responsabilités et ne dédouane personne face à ses propres responsabilité
Je dis seulement pourquoi la famille que l’on se choisit ou pas est important dans mes romans!
Quant aux lieux pour Lilly, il y a d’abord l’éloignement de ses racines qui aurait pu l’aider et surtout pour moi une occasion de parler des US telles que je les ai découvert en étant étudiante !
Le décor me plaisait bien !

Danièle : Tu connais bien les USA, tu as vécu aussi en expat en Belgique alors … Pourquoi les US et pourquoi pas la Belgique ?

Cécile : Pour l’instant, l’idée n’est pas venue… Et les Etats Unis c’était il y a 21 ans… j’ai encore de la marge pour la Belgique!

Danièle : Autre point commun à tes deux thrillers : Le changement d’identité … la dissimulation … tu nous en parles ?

Cécile : Euh faut bien qu’il y ait une intrigue, non ?! Vu que l’enquête policière n’est pas au centre de mes romans…

Danièle : Je te laisse cette liberté … c’est toi la créatrice

Cécile : Merci bien

Danièle : Je reviens un peu en arrière sur les sentiments de tes héros : Pas trop d’amitié dans tes intrigues ou alors trahies … je me trompe

Cécile : Dans Le brouillard d’une vie sans révéler qui est qui , il y a des amours trahis, de la famille trahie et des amitiés trahies… et inversement je pense… C’est justement aussi ce qui m’intéresse, pas de mise sur un piédestal

Danièle : La vraie vie quoi !

Cécile : Ni de l’amour ni de la famille ni de l’amitié… la trahison peut venir de partout !

Danièle : bis

Cécile :  Oui, peurs ordinaires à situations extraordinaires !

Danièle : Patronne je crois que notre gardée à vue a répondu sincèrement à mes questions et qu’elle n’a pas dissimulé …
Si elle a des complices … c’est son affaire après tout !
Merci @Cécile; j’ai eu les réponses à mes questions

Geneviève : Alors@Cécile, rien à rajouter à tes précédents de déclarations ?

Cécile : Je ne sais pas si je te remercie @Danièle Ortega-Chevalier de m’avoir soutiré mes intentions les plus cachées Et je vais aller me rouler en boule dans mon cachot jusqu’à demain… Vous m’avez presque tuée !!

Geneviève : Pas de flingueuses non plus pour demander une précision à notre inculpée ?

Cécile : Je réclame le droit de rester silencieuse jusqu’à demain !!

Geneviève Ok. C’est ton droit

Cécile : 

Danièle : Pas encore inculpée … juste gardée à vue

Cécile : 

Geneviève : C’est vrai Dany ! Alors vous pouvez ramener Cécile à sa cellule Danièle.

Et demain c’est @Aline qui prendra le relais.
Et vous pensez à lui servir un repas chaud
On verra pour la dernière cigarette et le verre de vin plus tard

Cécile muette mais qui approuve : 

Danièle : A moins qu’il ne reste des huîtres …

Cécile toujours muette mais qui approuve à nouveau enthousiaste ! 

Geneviève :Ça aussi ce sera peut-être à la fin de la garde à vue

Cécile qui voit déjà la porte de sortie : 

Geneviève : Donc je déclare à 19h01 la deuxième audition terminée

Cécile : Si je survis jusque là !

Danièle :  Patronne je vous lâche aussi !
@Geneviève sauvegarde envoyée sur ton mail … au cas où

Geneviève :  Allez tout le monde se repose et @Aline tu fourbis tes armes pour demain

Cécile : S il est question d’armes je ne sortirai pas de mon plein gré de ma cellule … il y aura résistance, soyez en conscientes

Aline : 8.30

Geneviève : Les armes là sont les arguments

Cécile : Mouais, mouais, je reste sur mes gardes A demain enfin peut-être !

Geneviève : Mettez moi cette insolente au frais ! Avec un bouillon et du pain sec, non mais !

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