Le silence et la fureur – Natalie Carter et Nicolas D’Estienne D’Orves

Le livre : Le silence et la fureur de Natalie Carter et Nicolas D’Estienne D’orves. Paru le 1er mars 2018 aux Editions XO.  19,90 € ; 153 x 240 mm.

4ème de couverture :

Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon.

Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars. Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ».  Un futur pianiste de génie comme son père.

Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.

Et du silence jaillira bientôt la fureur.

 

Les auteurs : Natalie Carter est née en 1955 à New York. Après des études d’art, elle devient scénariste pour la télévision puis pour le cinéma. Elle a travaillait notamment avec Nicole Garcia, Brian de Palma…En 2006, elle publie un roman, Valdingue, chez Robert Laffont.
                           Nicolas d’Estienne d’Orves, né en 1974, est écrivain et critique d’opéra au Figaro. Depuis 2001, il a publié une vingtaine de livres : Othou : prix Roger Nimier, Les fidélités successives : prix Cazes, La gloire des maudits : prix Interallié 2017. Il écrit également beaucoup sur Paris (guide de balades..). Trois romans chez XO : Les orphelins du mal, Les derniers jours de Paris, L’enfant du premier matin, qui sont traduits en treize langues.

 

Extrait :
« La lampe a glissé de mes mains tremblantes. Son faisceau a éclairé la pièce vitrée en diagonale. Au dehors, l’orage déchirait le ciel, les arbres se couchaient sous le vent, le lac se soulevait comme  une lave noire et glacée, les feuilles giflaient les baies vitrées. Hormis le piano, son tabouret et quelques feuilles épars sur le sol, le caisson était vide.»

 

L’accroche de Miss Aline

Le silence et la fureur, Natalie Carter et Nicolas D’Estienne D’Orves

Une île, un pianiste de renommée mondiale, un mystérieux « accident », une « promesse » non moins énigmatique, voilà les ingrédients de ce polar captivant.

Max vit en reclus, prisonnier de son île, de sa musique, de ses rituels obsessionnels. Prisonnier de lui-même. Tous l’on fuit, jusqu’à son épouse et son fils. Ne reste que la fidèle gouvernante Susan, patiente, attentive, veillant sur les moindres gestes de son maître. Les notes de musique sont autant de lames qui lassèrent  l’esprit de Max, qui le torturent jusqu’à l’insupportable. Et ce depuis « l’accident ».

Pour Thanksgiving, le retour de l’enfant prodige. Ce « petit prince » qui suit les traces de son père. Qui l’a fait venir lui et sa mère ? Pourquoi cette dernière l’abandonne-t-elle à son père ?

Rapport étrange que celui du père et du fils. Ce dernier obligeant son père à sortir de ses rituels, tant pis pour la souffrance. Luke, comme son père, est un personnage troublant. On le sent osciller entre l’amour et la haine. Qu’a-t-on imposé à cet enfant pour qu’il en arrive là ?

Ce roman se fait à trois voix. Susan et Luke nous parle directement. Tandis qu’un narrateur extérieur nous parle de Max. Au début c’est perturbant, puis on s’y fait.  A chaque protagoniste tu trouves une raison de t’y attacher. Susan dont tu admires la dévotion, cet attachement démesuré à un être qui probablement ne la voit pas. Elle aussi a sa part dans l’intrigue, là où on ne l’attend pas. Luke dévorait par une personnalité borderline, un soupçon manipulateur. Luke qui captive, Luke qui réserve bien des surprises. Et puis il y a Max avec son amour-aversion pour la musique. Max pour qui la musique était l’oxygène nécessaire à sa vie, qui ne fait plus que survivre. Max noyé dans sa névrose.

J’ai beaucoup aimé ce roman et la façon dont il est construit. Comment les auteurs t’emmènent là où tu n’as pas pensé aller, comment ils t’ont berné. J’ai ressenti avec force la passion de Max pour la musique. Comment elle l’habite, le transforme, le rende vivant. Je garde l’image du « caisson », la pièce au piano, avec vu sur l’extérieur. Un silence infini à l’intérieur, les éléments déchainés à l’extérieur. Je pense à Mozart et Salieri. Je pense au combat pour la vie, à l’amour inconditionnel pour un art. Je pense à l’abandon de soi pour l’autre ou pour l’art.

Je pourrais/voudrais vous en dire tellement plus sur ce roman mais je ne voudrais pas gâcher votre surprise. Ce roman est un coup de maître, dans son intrigue, dans la force des personnages, dans le ressenti de leur sentiments. J’ai presque envie de le lire de suite…

Un très grand merci aux auteurs pour cette plus que très belle découverte.

 

Le romancier Nicolas d’Estienne d’Orves signe avec sa mère, Natalie Carter, scénariste, un thriller psychologique redoutable, où il est question de musique, d’îles, de lacs lointains, de nature dévorante, de piano mortel, de crimes irrésolus et de passions impunies.

30 réflexions sur “Le silence et la fureur – Natalie Carter et Nicolas D’Estienne D’Orves

  1. Ma liste s’allonge s’allonge. Au début, c’était sur un petit post-it, maintenant, le post-it déborde sur une page de mon agenda, bientôt, j’écrirai tous les titres à même sur le bois de la table qui me sert de bureau. Bref, comment je vais faire pour tous les lire ? 🙂

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