Un trop grand silence- Lou Vernet

Un trop grand silence, Volume 2, La Virgule  de Lou Vernet. Paru le 23 septembre 2017 chez Border Line. 20€ (326 p.) ; 21 x 13 cm
 Le roman

En cette veille de Noël, Paris sombre dans la stupeur : la mort frappe à six reprises, en six lieux de la capitale, sur un intervalle de six heures. Entre les résidents d’une maison de retraite huppée qu’une main assassine a empoisonnés, et des squatters qu’on a sciemment ensevelis dans l’explosion d’un immeuble sordide, pas de dénominateur commun. Pour le duo d’enquêteurs, la Carpe et la Virgule, privé et flic aguerris, c’est l’impasse : quel est le mobile du ou des tueurs ? Quelle est la logique de cet enchaînement macabre ? Le flair de l’un et le pragmatisme de l’autre ne semblent pas suffire à dénouer l’écheveau de cette singulière affaire. Doivent-ils pour autant se fier aux allégations du mystique César ?

L’auteur : Née à Paris en 1967, Lou Vernet a longtemps slalomé dans les métiers du livre avant de poser sa plume sur la page blanche. En prenant le pari d’écrire il y a douze ans, elle révolutionne sa vie pour se consacrer à sa passion et en 2004, reçoit la Bourse Découvert du CNL pour son troisième roman En t’attendant.

Suivront des prix pour des concours de nouvelles, des publications dans diverses revues, 12 romans, 3 recueils de nouvelles, un blog (malbarrée.canalblog.com) et aujourd’hui des chroniques dans deux magazines du Net.

Deux tomes de La toiles aux alouettes ont déjà été publiés  dans la collection Dead Line des éditions Border Line, maison d’édition troyenne créée en 2012.

Citation :
« Une putain de drogue, le fric. Le somnifère des consciences, la seule religion qui rassemble autant de fidèles. »

 Le post it de Ge

La Carpe et la Virgule, duo d’enquêteurs très particuliers, se retrouvent à enquêter sur des assassinats collectifs : l’empoisonnement des résidents d’une maison de retraite huppée et l’enfouissement de squatters par l’explosion de l’immeuble.

 A le veille de Noël Pris tremble, Paris à Peur. Et nous lecteurs nous tremblons avec Paris.

Dans ce second opus, le lecteur retrouvera avec plaisir le duo de choc de La Toile aux alouettes . Mais si par celui-ci est indiqué comme un volume 2, vous n’avez pas qu’inquiétude à avoir car il se lit totalement indépendamment du 1.

 Bref dans ce roman atypique, façon puzzle, Lou Vernet nous tient en haleine jusqu’aux dernières pages.  De plus elle nous offre une galerie de portraits ciselés au scalpel, des parcours de vie sinueux, où les motivations de ses personnages ne sont que des méandres et des circonvolutions.  Et je ne vous parle même pas du final inédit en apothéose .

 Mais attention, un Lou Vernet comme celui-ci ça se mérite. Notre auteur a pris le parti de nous offrir un roman chorale et pendant une centaine de page, nous allons découvrir tour à tour tous les protagonistes de cette histoire. Chacun à leur tour ils prendront la parole, nous racontons leur point de vue sur les événements qui constituent cette intrigue.

Aussi, pour bien prendre la mesure de ce roman, vous faudra-t-il prendre le temps de rentrer dedans. Prendre le temps de vous imprégner de chacune de ces histoires individuelles pour mieux cerner l’essence du drame qui se jouer et va se dérouler sous vos yeux !

 Lou est une éponge à émotion. Et sa sensibilité transpire à travers ces pages. Je sais que notre auteur à débuter l’écriture de ce livre avant les premiers attentats parisiens. Et puis en cours d’écriture, l’horreur est arrivé, la réalité a dépassé la fiction. Aussi Lou, a douté, abattue et abasourdie comme nous tous par la barbarie qui s’invité dans les rue de notre Capitale. Alors, elle a cessé d’écrire. Il lui a fallu du temps avant de pouvoir reprendre son manuscrit.

Et même, si les attentats qui frappent Paris dans ce roman n’ont rien à voir avec ceux meurtriers des fou de l’Etat Islamique, même si ici ce ne sont pas les ignorants islamistes qui traumatisent la vielle Lumière, Lou nous met en garde contre tous les fanatismes du monde. C’est un hymne à la tolérance, à la bienveillance qu’elle nous offre. C’est un cri d’amour que lance notre auteure. Elle qui aime tant sa ville, qui aime tant en parcourir les rues et les avenues.

 Et puis, il ne faut pas oublier la plume de Lou, une plume ciselée, tout en sensibilité. Une écriture tout en minutie,  notre auteure aime les mots et ça se ressent.

Ici elle ne fait que confirmé tout le bien que je pense d’elle. Mais je n’avais aucun doute sur son talent,  La toile aux alouette ayant été un de mes livres préférés de 2016. Un de mes énormes coup de coeur.

 Lou Vernet est de la trempe de ces auteurs qui font que la démarcation entre littératures noires et littérature blanche est plus que poreuse, elle est inexistantes. Ici comme chez Elsa Marpeau, Elena Piacentini ou encore Sandrine Collette la Noire donne ces lettres de noblesse à la Blanche.

Bravo Dame Lou pour cet excellent roman.

Alors dis-moi le troisième opus c’est pour quand ?

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6 réflexions sur “Un trop grand silence- Lou Vernet

  1. Merci pour ta chronique, dame Geneviève! Moi aussi j’ai beaucoup aimé ce deuxième volet des aventures de la Carpe et de la Virgule. j’ai eu l’occasion de dire à Lou que ce livre est pour moi un miroir qui aurait volé en éclats. Chaque éclat correspond à un destin soufflé par l’explosion. Assembler tous ces éclats n’est pas une tâche facile. Mais quel plaisir de lecture !

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