Avis d’Expert saison 2 : Affaire n° 5 : L’affaire Troppmann


Avis d’Expert saison 2 : Affaire n° 5 : L’affaire Troppmann

Une nouvelle fois, Cathie nous fait découvrir une sale affaire.

Alors suivons là dans son périple à travers celle-ci.

 Affaire n° 5 : L’affaire Troppmann

 

Acte 1 : Présentation.

L’affaire Troppmann, dite aussi « le crime de Pantin », est le fait divers le plus retentissant de tout le 19 ème siècle, qui pourtant n’en manque pas. Son histoire croise celle de la presse populaire, principalement du Petit Journal, qui voit ses tirages exploser et entre sans état d’âme dans l’ère du tapage médiatique. Ce fait divers, qui se déroule dans une commune suburbaine, inaugure également l’âge des banlieues criminelles.

Jean-François Troppmann photographié à Mazas en costume le 9 octobre 1869 par Jules Verrier. Il occupera au rez-de-chaussée la cellule double 4-6, un gardien la partage. Son procès débutera le 26 décembre. Il sera guillotiné le 19 janvier 1870.

Acte 2 : Macabre découverte.

Le matin du 20 septembre 1869, le cultivateur Jean Langlois se rend sur les terres qu’il exploite dans la plaine de Pantin, endroit isolé où les maraîchers cultivent les légumes qu’il s vont ensuite vendre aux Halles de Paris. Au lieu-dit « Le Chemin Vert », près d’un champ de luzerne, il repère une tache sombre qui ressemble à une mare de sang alors qu’un peu plus loin, dans une jachère fraîchement labourée, émerge une main de femme. Affolé, le maraîcher court chercher le commissaire qui arrive bientôt accompagné de deux agents et d’un médecin. Ils déterrent le corps d’une femme âgée d’environ quarante ans, enceinte de six mois, dont le corps a été lardé d’une trentaine de coups de couteau, mais qui porte encore ses bijoux et son argent. Il ne s’agit donc pas d’un crime crapuleux. Le commissaire envoie chercher des renforts afin de procéder à une fouille complète des lieux. C’est ainsi qu’ils exhument les cadavres de cinq enfants, une fillette de 3 ans et quatre garçons âgés de 8, 10, 13 et 16 ans. L’identité de la malheureuse femme est établie grâce au témoignage du tenancier de l’hôtel du Chemin de Fer : il s’agit de madame Kinck et de ses enfants, arrivés la veille de Roubaix et repartis dans la soirée pour un mystérieux rendez-vous

Acte 3: Qui est Troppmann ?

Jean-Baptiste Troppmann est né le 5 octobre 1849 à Brunstatt, dans le Haut-Rhin. A l’âge de onze ans, ses parents s’installent à Cernay, près de Thann également dans le Haut-Rhin. C’est un enfant frêle mais d’une incroyable énergie. Intelligent et introverti, il est gâté par sa mère qui le préfère à se deux frères aînés. Son père Joseph, directeur de la petite société Troppmann et Kambly, est un inventeur ingénieux et fécond qui détient plusieurs brevets concernant l’amélioration de matériels de filature. JeanBaptiste travaille comme mécanicien dans la fabrique de son père. Un avenir prometteur semble se profiler pour le jeune homme : promouvoir le matériel de la fabrique paternelle dans toute la France. Malheureusement, les dépenses inconsidérées et la dépendance à l’alcool de Joseph compromettent sérieusement le devenir de l’entreprise. Selon les témoignages recueillis, JeanBaptiste, jeune homme taciturne et peu sociable, qui rêve de « faire un jour quelque chose qui étonnera l’univers », se délecte déjà à cette époque de lectures à sensation relatant des actes criminels. Passionné de chimie, il installe un petit laboratoire dans lequel il passe presque tout son temps libre. Comprenant rapidement que les affaires de son père ne lui permettront jamais d’atteindre la richesse à laquelle il aspire, son seul sujet de conversation lorsqu’il daigne ouvrir la bouche, il va alors ourdir un complot machiavélique et meurtrier.

Acte 4 : Agissements suspects.

En 1868, Jean-Baptiste Troppmann se rend à Roubaix pour y installer une machine de filature
chez un industriel. Il y rencontre Jean Kinck, originaire comme lui d’Alsace, entrepreneur qui force l’admiration : ce père de six enfants affiche une réussite exemplaire. Ancien ouvrier mécanicien, comme Troppmann, puis chef d’atelier, il dirige désormais un établissement prospère. Cet exemple frappe l’imagination du jeune homme qui ne veut pas acquérir la fortune qu’il convoite après de longues années d’efforts laborieux. Il veut être riche le plus vite possible. Et riche, pour lui il ne fait aucun doute que Jean Kinck l’est. Les deux hommes se lient d’amitié, Jean étant persuadé que ce jeune compatriote ambitieux pourrait lui permettre d’accroître une fortune qu’il estime insuffisante. Le fait est que Troppmann lui fait miroiter des bénéfices mirobolants grâce à l’exploitation des brevets de son père. En août 1869, Jean annonce à sa femme qu’il se rend en Alsace pour « affaires » et qu’il profitera de ce voyage pour rendre visite à sa sœur, qu’il a prévenue par courrier. Ainsi, il arrive en gare de Bollwiller le 24 août où Troppmann l’attend pour l’emmener visiter une fabrique clandestine de fausse monnaie. Au cours du trajet dans la montagne, il fait boire à son compagnon une boisson mortelle de sa composition à base d’acide prussique. Puis il enterre le corps sommairement dans un endroit désert. Il pensait pouvoir s’emparer des 5500 francs que Kinck avait promis d’emporter mais Troppmann ne trouve sur le cadavre que 212 francs et une montre en or. Qu’à cela ne tienne, il s’empare des papiers d’identité et de deux chèques qu’il adresse à madame Kinck la priant de les toucher et d’adresser un mandat à son mari qui aurait besoin de cet argent très rapidement. Madame Kinck, n’imaginant pas une seule seconde que son époux est décédé, s’exécute de bonne grâce. Mais nouveau contre-temps pour Troppmann : alors qu’il se présente à la poste sous l’identité du fils aîné des Kinck, le caissier, le jugeant trop jeune, refuse de lui donner l’argent. Troppmann rentre alors à Paris afin de convaincre Auguste de le rejoindre. Mais ce dernier refusant de l’aider, Troppmann l’assassine et se débarrasse du corps dans un terrain vague de Pantin, sans pour autant récupérer les valeurs convoitées. Le corps sera retrouvé quelques jours après celui de sa mère et de ses frères et sœur dans un terrain voisin.

Acte 5 : Piège fatal.

Pourtant, malgré l’échec de ses deux précédentes tentatives, et après ces deux meurtres, Troppmann reste toujours persuadé que la famille Kinck peut lui procurer la fortune qu’il convoite. Se faisant passer pour son fils Gustave, il invite alors madame Kinck à venir à Paris retrouver son mari qui, lui affirme-t-il, l’attend avec impatience mais, à cause de ses affaires, n’a pas eu le temps de lui écrire en personne. La malheureuse femme, croyant répondre à l’appel de Gustave, prend le train avec ses cinq autres enfants et se rend à l’hôtel du Chemin de Fer, à Pantin, où elle arrive en avance. Après une courte attente, et craignant de rater son mari, elle retourne à la gare pour y trouver Jean-Baptiste Troppmann. Abusée par les promesses de celui qu’elle croit toujours être l’associé de son mari, elle paie les services d’une voiture de louage qui les emmène sur la plaine de Pantin, là où soitdisant se trouverait la nouvelle résidence que monsieur Kinck aurait acquise pour loger sa famille. Quel aplomb et quel bagout a dû déployer le jeune homme pour maintenir ainsi la confiance de cette femme, en plein désert, à la nuit tombante. Arrivés sur les lieux, madame Kinck et ses deux plus jeunes enfants sortent de la voiture et suivent Jean-Baptiste qui, parvenus suffisamment loin de la voiture, se jette sur elle, la larde d’une trentaine de coups de couteau puis égorge les enfants. Il retourne chercher les trois autres garçons qu’il étrangle et achève à coups de pelle puis les enterre sommairement. Acte 6 : Curiosité morbide.

La découverte des corps de la famille Kinck transforme temporairement cet endroit désert en un lieu festif : les curieux y accourent et parcourent les lieux à la recherche de lugubres trouvailles. Une foule toujours plus nombreuses y circule les jours suivants la macabre découverte. Les camelots s’y installent et, dans une ambiance de kermesse, vendent de la limonade, du coco de Calabre, des images et des « reliques » ( morceaux d’étoffe et boutons ) ayant appartenu à la famille massacrée. Des photographes et des dessinateurs proposent aux passants des vues et des illustrations reconstituant les assassinats.


Acte 7 : Arrestation de Troppmann.

Aussitôt, le commissaire s’enquiert du père, Jean, et du fils aîné, Auguste, soupçonnés d’avoir fomenté un complot et assassiné leur famille. D’ailleurs, l’un et l’autre n’ont-ils pas disparu ? Soupçons vite envolés lorsque, le 26 septembre, la police déterre dans le champ de Langlois un septième cadavre, celui de Gustave. Les enquêteurs s’intéressent également de très près à un dénommé Troppmann comme possible complice, car la correspondance échangée entre les époux Kinck et les lettres écrites par le jeune homme ne laissent aucun doute sur sa participation au complot. Malgré les avis de recherche, Jean et Auguste Kinck restent introuvables. Quant à Troppmann, qui s’est déclaré sous le faux nom de Wolf, est arrêté au Havre lors d’un banal contrôle d’identité, alors qu’il attendait pour s’embarquer pour les Amériques, et portait sur lui les papiers de Jean Kinck. Le suspect, dans une tentative de fuite, se jette à l’eau mais il est rapidement repêché par un calfat, ouvrier chargé de calfater les bateaux. Transféré à Paris afin d’y être interrogé, Troppmann tente de faire croire qu’il n’a été que le jouet d’un complot ourdi par Jean Kinck lui-même, mais ses propos confus ne convainquent personne. Il évoque des complices mais demeure évasif quant à leur identité. Les journaux parlent d’espionnage industriel, de fausse monnaie. Finalement, le 13 novembre, Troppmann craque et avoue le meurtre de Jean Kinck dont le corps serait enterré en Alsace, dans la forêt de Cernay, où la police le retrouve effectivement.

Acte 8 : Le procès du « monstre ».

L’opinion, tenue en haleine par la presse, réclame le prompt procès de celui que tous, désormais, appellent «le monstre de Pantin ». De fait, l’instruction est rondement menée, durant à peine cent jours. Et personne ne cherche à savoir, à ce moment, si Troppmann a eu des complices et pour quelles raisons il a massacré la famille Kinck. Le procès s’ouvre à Paris le 27 décembre. A la barre des accusés, le public découvre un tout jeune homme, d’allure assez fragile, courtois et doux, qui correspond bien à l’image qu’il a pu se faire du « monstre ». Cinq jours suffisent à l’accusation pour présenter sa thèse des faits, reconstruite d’après les témoignages recueillis, diserts et souvent contradictoires, de Troppmann dont le procès, suivi par les journalistes de tous les pays, permet aux experts d’utiliser les méthodes d’anthropologie criminelle qui commencent à se répandre grâce aux travaux du criminologue italien Cesare Lombroso. Si la carrure frêle de Troppmann ne pouvait correspondre à celle d’un meurtrier violent, sa main, quant à elle, présente les caractéristiques du criminel-né. De même, sa démarche, la forme de sa mâchoire traduisent les stigmates d’une cruauté congénitale. Parmi ses perversions possibles, on évoque une homosexualité latente et des penchants étranges qui expliqueraient ses instincts meurtriers. L’avocat de Troppmann, maître Lachaud, appuie sa défense sur la thèse de la « monomanie criminelle » dont son client serait atteint. Lachaud ne nie donc pas la culpabilité de Troppmann mais clame son irresponsabilité. Pourtant, le « massacre de Pantin » était trop horrible et l’opinion publique trop déchaînée pour que cette thèse soit retenue, en cette époque où l’état mental des criminels intéressait bien peu les juges. Aussi, Jean-Baptiste Troppmann est-il condamné à mort le 31 décembre 1869 et son pourvoi rejeté le 16 janvier suivant.


Acte 9 : L’exécution.

Trois jours plus tard, le 19 janvier 1870, dans la nuit glaciale de ce début d’hiver, une foule
considérable accourut devant la prison de la Roquette pour assister à son exécution. Un climat d’émeute règne car tout le monde veut s’approcher au plus près afin de voir à quoi ressemble le « monstre ». L’écrivain russe Tourgueniev, présent sur les lieux afin de prendre des notes pour rédiger un article, a raconté avec dégoût la folie sanguinaire des spectateurs, certains hommes « rampant sous la guillotine pour tremper leur mouchoir dans le sang qui filtrait à travers les fentes du plancher ». Le public ne fut pas déçu. Troppmann était bien la bête fauve décrite par les journaux : dans un ultime sursaut, il tenta d’échapper à ses gardiens, se débattit comme un beau diable et mordit même le doigt de son bourreau.

Acte 10 : La presse populaire .

La fin du 19e siècle se caractérise par l’apparition de journaux à bas prix et à grand tirage faisant connaître aux milieux populaires l’actualité à sensation. En février 1863, Moïse Millaud lance ainsi Le petit Journal qui connaît immédiatement un grand succès. Son concurrent, Le Petit Parisien, fondé en 1876, tire à 1,5 millions d’exemplaires en 1914. Cette presse accorde la place principale à l’actualité politique sensationnelle et aux épisodes relevant de la criminalité. Des illustrations, figurant en particulier à la première page du journal, évoquent les faits divers de façon mélodramatique, révélant ainsi à toute la France les visages et les méfaits des héros du crime. Grâce à cette affaire, Le Petit Journal, dont les ventes stagnent, voit son tirage atteindre le chiffre faramineux pour l’époque de 500 000 exemplaires ! Car le crime est aussi atroce que spectaculaire et sa résolution promet un feuilleton rentable si l’on prend bien soin de distiller habilement les informations à grand renfort de gravures morbides.


Acte 11 : La « zone », banlieue du crime.

Le « crime de Pantin » est la première grande affaire de meurtre située dans une de ces nouvelles banlieues issues de l’agrandissement de Paris en 1860. Certes, les marges de la capitale ont toujours été perçues comme des lieux mornes et dangereux. Entre le chemin de fer de petite ceinture, ouvert à partir de 1852, et l’enceinte des fortifications, s’étendent des espaces inquiétants, marqués par une violence plus marquée qu’ailleurs. En effet, c’est dans les fossés des « fortifs » que l’on retrouve régulièrement des cadavres, c’est là que se déroulent les faits divers les plus atroces. Les voyous et les filles qui rôdent la nuit dans ces endroits désolés comptent parmi les plus mauvais de Paris. De l’autre côté du rempart commence à s’étendre la « zone », enchevêtrement de baraques, de cagnas, de jardins et de poulaillers, où vit une population bigarrée, produit de tous les déclassés de la grande ville. Le champ de Langlois, situé dans la plaine agricole qui s’étend entre Pantin et Aubervilliers, est un de ces espaces hybrides qui bordent les abords de Paris : les cultivateurs et les maraîchers y sont encore nombreux, mais on voit aussi de plus en plus d’entrepôts et d’usines, quelques masures caractérisés par cette saleté physique et morale qui gangrène les « terrains vagues ». Cette sinistre banlieue constitue le territoire de prédilection des rôdeurs et des ivrognes. La délinquance y progresse au rythme de la population que la transformation de Paris repousse chaque jour davantage vers la périphérie. Bientôt, on met l’accent sur la dangerosité de ces lieux. L’insuffisance des éclairages publics et le peu de couverture policière y attirent les marginaux, les interdits de séjour, les détenus en cavale. Avec le forfait moins connu de Jean Charles qui dépèce en 1867 le fourrageur Duguet dans une maison isolée de Levallois-Perret, le « Crime de Pantin » donne donc à cette banlieue une nouvelle identité criminelle. Aux cambriolages à répétition des villas chic de la banlieue ouest répondent les rixes et les agressions qui ensanglantent certaines localités du nord et de l’est parisien, telles que Clichy, Les Lilas, Bagnolet, ou certaines
communes du sud comme Montrouge ou Gentilly.

Acte 12 : Troppmann, seul coupable ?

La médecine légale, qui a étudié les coups portés aux victimes, a admis la possibilité d’un seul meurtrier et la Cour a rejeté l’hypothèse d’une quelconque complicité. Cependant, comme argumentera longuement son défenseur, il est douteux que Troppmann, qui a raconté en prison n’avoir jamais agi seul et être affidé à une secte secrète, ait eu le temps de tuer six personnes sans éveiller l’attention du voisinage ou du cocher de la voiture de louage qui les avait amenés jusqu’à Pantin. Et surtout sans effrayer les enfants tous assassinés en deux fois , car il a été établi au cours de l’enquête que Troppmann, après avoir tué madame Kinck et ses deux plus jeunes enfants, est revenu jusqu’à la voiture pour chercher les trois autres garçons, sans frayeur ni poursuite apparente, et tout ça en seulement vingt minutes. Et comment Troppmann aurait-il eu la possibilité d’enterrer les six corps et dissimuler la fosse longue de trois mètres, seulement éloignée de 600 mètres de la route ? Pourtant, le jeune homme ne révélera jamais l’identité de ses éventuels complices. D’ailleurs, selon Antoine Claude, le chef de la Police de Sûreté à qui nous devons la plupart des détails officiels de l’affaire, il ne fait aucun doute que les meurtriers étaient plusieurs, au moins deux guetteurs et deux aides, sans que le policier ne puisse rien prouver, basant sa conviction sur son expérience et sur une autre affaire. En effet, il a souvent fait allusion, au cours de son enquête, à un gang de faux-monnayeurs, apparentés à ceux qui, à cette époque, s’étaient répandus en Alsace, le long de la frontière francoallemande, ainsi qu’à un réseau d’espionnage allemand, dans une ténébreuse affaire d’Etat que le gouvernement aurait vite étouffée ( n’oublions pas que l’affaire Troppmann e situe à la veille de la guerre contre la Prusse). Selon l’inspecteur Claude, Jean Kinck aurait surpris un projet allemand d’invasion, et peut-être même dérobé des documents s’y rapportant, véritable raison pour laquelle il aurait été exécuté par Troppmann, un tueur à la solde des Allemands. Les autres membres de la famille auraient été également supprimés dans l’unique but de préserver le secret de toute cette entreprise. Bien que la conviction du policier ne soit en rien étayée par des faits concrets, il n’en reste pas moins peu probable que Troppmann ait agi seul. Mais ce dernier ayant emporté son secret dans la tombe, on ne saura malheureusement jamais le fin mot de l’histoire…

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