Papote d’auteur : Cécile Pellault est sous le feu des questions de notre Porte Flingue.

Papote d’auteur par Ge

Cécile Pellault est sous le feu des questions de notre Porte Flingue.

Il y a presque un an, je rencontrais Cécile sur un salon en banlieue parisienne.

Elle me laissait repartir avec son polar, confiante car je n’avais rien pour lui payer.

J’ai mis 6 mois avant de le lire

4 de plus pour prendre le temps d’en faire une chronique.

Et enfin je finis pour lui accorder un petit entretien.

Aussi mes polardeux,

Voici notre petite papote entre une Auteure et une Bibliothécaire


Cécile Pellault

Bonjour Cécile, es-tu prête à être soumise à la question ?

Cécile Pellault : Je ne suis plus très sure, j’ai peur 😉

 

GVL : Mais avant de commencer à parler de ton polar, quelques petites questions rituelles.

Alors, Cécile, peux-tu te présenter ? Je veux tout savoir,  ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, oui, je le demande même au dame ! Surtout quand elle aime le noir !

CP : Mais dis-moi, je suis vraiment sur le grill là !!

GVL : Heu oui c’est le but du jeu, te faire répondre à la question ! Alors ?

J’ai un bac+5 en Commerce International qui ne me sert pas à grand chose aujourd’hui. Par contre, mes études, cela a été des périodes à l’étranger : Angleterre, Espagne, et les Etats-Unis et ça, cela imprègne mon écriture, mon univers.

J’ai bossé dans des multinationales comme  dans des TPE en passant par une start-up de jeunes qui en veulent. Une de mes supérieures m’a déclaré inapte à la vie en entreprise et même si le contexte était complètement inapproprié. Je dois lui rendre un hommage appuyé pour avoir su lire dans mon avenir.

Au moment d’une expatriation en Belgique, si on peut parler d’expatriation avec la Belgique, il y a 15 ans, j’ai sauté sur l’occasion de lui donner raison. Et ma vie a été à partir de là tournée autour de trois axes ; mes enfants, mon écriture et  du bénévolat : du Commerce équitable,  des Cours de FLE et en ce moment, une épicerie solidaire, l’Oasis. Les trois me sont essentiels.

 

GVL: Dis moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

 Quand j’étais jeune, il y a toujours eu beaucoup de journaux, de magazines, et quelques livres chez mes parents comme la bicyclette bleue que j’ai piqué à ma mère, des Harlequins à ma grand-mère. Jeune, j’ai ainsi été longtemps la seule lectrice assidue un peu obnubilée de la famille au grand damne de mon entourage qui essayait de communiquer avec moi ou de m’impliquer dans la vie courante de la maison !!  Mais, aujourd’hui, mon père rattrape son retard depuis la retraite et je crois même qu’il me dépasse en ce moment au niveau lecture! Et mon frère est devenu aussi un grand lecteur voyageur !

  

GVL : Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

 Une bulle, un divertissement, un apprentissage, jouer à se faire peur, apprendre, découvrir, rire, aimer… et je peux continuer longtemps comme ça. Il y a toujours un livre qui correspond à une envie, à un moment particulier qui peut être complètement différent !

 

 GVL : Ok tu t’en sors pas mal ! Maintenant dis-moi…

Tu as écrit 3 romans, tous on un point commun.

Le thème prégnant de ces trois romans c’est la famille. Qu’elle est ton rapport avec la famille, Cécile ?

 La famille, c’est le point de départ de tout ; des plus grands bonheurs comme des plus grands malheurs. Quand on parle d’un criminel comme d’un grand personnage de l’histoire, on commence souvent par raconter d’où il vient pour comprendre comment il s’est construit ou déconstruit.

 

GVL : Ton dernier roman « Le brouillard d’un vie » est un polar, pourquoi avoir choisi le polar cette fois-ci pour t’exprimer ?

 

 C’est une très très courte nouvelle de 400 mots que j’ai écrit pour un concours. Le thème était la peur, j’ai utilisé celle d’une femme qui se sent épiée, surveillée. Je n’ai jamais pu la lâcher. Je voyais les personnages, je voyais l’histoire. Et je l’ai écrite !

 Le brouillard d'une vie Cécile Pellault

GVL : Tu as choisi de placer ton roman aux Etats-Unis, pourquoi ce choix ?

 Comme je le disais auparavant, pour mes études, j’ai voyagé et aux Etats-Unis, j’y ai passé un semestre d’études dans le Mississippi en 1997. C’est un peu comme un croisement entre la série Beverly Hills et le film Mississipi Burning, on n’en sort pas indemne ! J’avais besoin de partager cette époque.

GVL : Le brouillard d’une vie est aussi une histoire de manipulation. Est ce comme cela que tu vois les rapports humains ? 

 Evidemment ! Oh mon Dieu, je suis bonne à enfermer ! Je ne sais pas, c’est plutôt la peur de l’être, non ?!

GVL : En parlant de rapports humains, peux-tu ne présenter tes personnages ?

 Le personnage principal est Lilly, une française qui s’installe avec sa famille dans la banlieue de Boston après un énième contrat d’expatriation de son père. On la suit de ses 17 ans jusqu’à ses 27 ans. Ce qui m’intéresse de raconter n’est pas seulement le drame qui la touche mais aussi ce qui se passe avant comme après. Et aussi d’explorer la culpabilité des « survivants » à ne pas avoir vu les choses venir et d’essayer de comprendre comment se reconstruire surtout quand le meurtrier n’est pas loin. Autour d’elle, amis, famille, personnes qui lui tendent la main, pour la sauver comme pour l’entrainer dans une spirale de mauvais choix, c’est à elle d’essayer de les distinguer pour s’en sortir et de protéger les siens.

GVL : Comment fais-tu pour donner vie à ceux-ci ? Te sers-tu de personnes de ton entourage pour les définir ?

 Tu veux que je me fâche avec tout le monde !!

GVL : vi 😜

Donc, tu veux que je me fâche avec tout le monde !!

Mais il est vrai que j’adore utiliser certains qui m’ont, comment dire, ennuyée pour être polie pour en faire un méchant ou une victime. Une vengeance connue de moi seule assez libératrice 😉

Mais avant tout chaque personnage est un mix de traits de caractères qui servent mon histoire donc pas vraiment une seule personne par personnage !

 

GVL : Ton personnage centrale est une femme, une jeune femme, est-ce plus facile pour toi d’écrire sur un protagoniste féminin ou au contraire le genre n’a pas d’incidence sur ta façon de construire tes personnages ?

 Mes personnages principaux sont souvent des femmes, ce qui m’est plus naturel certainement mais j’écris aussi du point de vue d’un homme sans trop de difficulté. Je ne suis pas sectaire enfin je crois 😉

GVL : Comment naît une histoire dans ton esprit torturé d’auteur ?

 Je ne suis pas du tout torturée (rires en fond de mon mari !!) !

Et de ton intervieweuse aussi 

Honnêtement, je ne sais pas. « Le brouillard d’une vie » est  parti d’un thème imposé ce qui est  souvent le cas pour les concours de nouvelles auxquelles je participe, et je machouille le thème en faisant mes courses, mon ménage, mon sport, au volant de ma voiture partout, tout le temps, ce qui est assez catastrophique pour ma capacité à communiquer correctement avec mes proches ou à ne pas oublier la moitié des choses.

Une bonne fois pour toute, je ne suis pas tête en l’air, je réfléchis !!

 GVL : Pareil, ok les lecteurs, la familles, les ami(e)s, nous ne sommes pas tête en l’air, on réfléchit ! Cécile à son futur roman, à ses personnages, moi aux questions que je vais lui poser !

(Rire de tout le monde ou pas )😰🤔

D’ailleurs, Cécile, es-tu un auteur qui sait où il va en démarrant la page blanche ou alors te laisse-tu porter et déborder par tes personnages? En fait comment écris-tu ?

Ah et as tu des petits rituels d’écriture ? 

 Comme je te le disais, je mâchouille, je retourne, je teste, j’élabore le fil de l’histoire. J’écris tout le temps mais d’abord dans ma tête et après, devant l’ordi, je déverse le tout !

Sinon, à mon bureau comme au milieu d’un café et en musique ! A mon bureau quand je sais que je ne me déconcentrerai pas et à l’extérieur, quand je sens bien que je vais avoir un peu de mal à ne pas faire autre chose ;  répondre aux mails, à Messenger, ou à résister à l’appel des commentaires sur FB 😉

GVL : Oui je vois bien de quoi tu veux parler avec toutes ses choses parasites, lol  😉 

Sinon…En fait, Cécile, j’aimerai aussi que tu me dises d’où te vient ce goût des mots ?

 C’est un plaisir sans nom de réussir à faire ressentir une émotion en trouvant le bon mot, la bonne musique des phrases. Et c’est aussi libérateur, j’ai l’impression parfois d’avoir trop de mots là-haut et que je dois leur donner vie. Oui, je sais, j’ai déjà affirmée ne pas être torturée 😉

GVL : J’ai encore un tas de questions à te poser, notamment autour de la promotion de tes livres. Oui, comment vis-tu celle-ci ? 

 Oh mon Dieu, pas la promotion !! Alors tout d’abord seule sans personne😉

Sinon le démarchage des salons et se mettre en avant pour essayer d’accrocher le chaland du salon, je le vis comme une épreuve, une visite chez le dentiste, nécessaire mais douloureuse 😉

La rencontre avec les autres auteurs,  et les lecteurs/ lectrices passionnées qui vient me parler, discuter, ça j’aime !

 

GVL : Comment se sent-on quand on est, sur un salon, une petite auteure au milieu de tous ces autres auteurs plus connus ?

 Tout petit, pas légitime, moral au trente-sixième dessous, une furieuse envie d’aller voir ailleurs si j’y suis !! Sauf quand tu partages l’affiche avec un Ian Manook comme pour « le Polar dans tous ses éclats », tu ressens tout ce que j’ai précité mais il est d’une telle gentillesse et d’une telle écoute avec sa femme que tu crois pendant un week-end que tu fais le même métier que lui !!

 

GVL :  As-tu un secret pour attraper le futur lecteur ?

 Si seulement…

GVL : Comment vis-tu, en tant que mère de famille ces week-ends de promotions ?

 Alors je n’en fais pas tant que ça donc récréation pour moi enfin quand il se passe bien ! Mes mecs sont aussi contents de faire des trucs entre eux le temps d’un week-end et ils me voient tout le temps, alors c’est pas mal que je leur manque de temps en temps 😉

 

GVL : Ton entourage vit comment le fait que tu sois connue ? Es-tu soutenue dans on travail d’écriture ?

 Alors déjà, je ne suis pas connue donc ils gèrent bien !! Et sinon, sans mon mari, je ne me serai pas lancée, soutien à 100 % et mes enfants, j’en ai un, grand lecteur qui ne comprend pas que je ne sois pas plus lue et les deux ensemble sont fiers de leur maman qui en aurait presque la larme à l’œil.

GVL : Mais peut-être préfère-tu que nous parlions de tous cela dans une autre interview ?

 C’est maintenant que tu me le dis !!

GVL : Sinon, je sais que tu as vécu dernièrement ton premier salon polar. Peux-tu nous en parler ?

L’ambiance est-elle différente des salons généralistes ?

Les lecteurs sont-ils différents ?

 Je pense que, pour le coup, ce premier salon du Polar a été exceptionnel pour tout le monde présent d’après les retours. La qualité de l’accueil , la sympathie des 18 autres auteurs, la personnalité du Parrain Ian Manook, de l’organisatrice en chef Sylvie Kowalski, l’équipe des bénévoles et les visiteurs-lecteurs tout était au top. Je ne sais pas si cela a voir avec le fait que ce soit un salon Polar ou pas mais vraiment si tous les salons pouvaient tous ressembler à celui-là ! Par contre pour le coup, là, mes mecs feraient un peu plus la tête quant à mes absences répétées, je risquerai d’en faire beaucoup plus 😉

GVL :   Bon Cécile, je pense t’avoir assez torturer pour l’instant. Mais ce n’est que partie remise. Dans quelques mois, tu seras mon invité pour un de mes Apéro polar. Aussi je garde quelques cartouches sous le coude.

 Ouiiiiiiiiiiiiiiiii

 

Alors merci chère Cécile pour ta franchise. Mais avant de te quitter j’ai tout de même une toute dernière question. 

 Tu as rejoints dernièrement🔫 le gang des flingueuses 🔫 pour notre Collectif Polar. Alors… Pourquoi avoir accepté ma proposition ? Et comment te sens-tu au milieu de ce groupe de fadas passionnées de polar et de lectures ? 

Et puis qu’attends-tu de notre petite équipe de flingueuses ?

Parce que je n’ai pas pu te dire non !!

🗡C’est vrai que je t’ai mis le couteau sous la gorges 

Non sérieusement, cela tombait à un moment où j’avais lu trois excellents bouquins et comme je lis par intermittence alors trois d’un coup, un record. Alors, j’avais très envie de partager ses découvertes avec un maximum donc j’ai plongé !

Et franchement je ne regrette pas un seul instant parce que dans ce groupe, outre de partager nos lectures (enfin les leurs, elles sont quand même un peu barrées en matière de capacité de lectures mais chuuut !), on partage pas mal de bonnes discussions matinales qui donnent la pêche et rebooste pour le reste de la journée !

Un auteur, c’est un peu solitaire comme « job » et c’est bien aussi la chaleur d’un groupe 😉

 Voilà ma Cécile, notre entretien est terminé.Je suis heureuse d’avoir passé un peu de temps avec toi !  Et merci à toi pour tout cela et pour le reste aussi !

Merci à toi Geneviève, je me sens presque importante après ce genre d’entretien. Tu es trop forte pour nous faire parler et pour nous écouter, nous les auteurs !!

GVL : Rhoooo, tu me flattes là en surlignant tes mots et en les parant d’or😮

Voilà mes chers polardeux, maintenant que vous en savez un peu plus sur notre auteur, vous pouvez retrouvez mon petit avis sur son roman « Le brouillard d’une vie » ICI .

Et puis aussi les petites fantaisies que Cécile a écrites  inspirée par notre blog, nos rencontres, nos échanges.

L’auteure et la Bibliothécaire

CendriOphélia et ses flingueuses 

Et

A très vite pour d’autres aventures avec mes flingueuses sur Collectif Polar

20 réflexions sur “Papote d’auteur : Cécile Pellault est sous le feu des questions de notre Porte Flingue.

  1. Merci Geneviève de m’avoir tendu le micro à Mennecy et encore aujourd’hui, c’est drôle quand un salon, dont le bilan était pour moi un peu pourri à chaud, se révèle finalement être une réussite !! Et en avant pour pleins d’autres aventures !! 😉

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