Carajuru de Sébastien Vidal 

Le livre :  Carajuru  de Sébastien Vidal . Paru le 3 novembre 2017 chez Lucien Souny dans la collection Plume Noires.  7€90 ; (320 p.) ; 18 x 11 cm

Résumé :

Le gendarme Walt Brewski en proie à ses propres démons… 

Lors d’une patrouille nocturne, les gendarmes Walt Brewski et David Arpontet découvrent le corps d’un homme, sans vie, une balle en pleine tête. Il s’avère que la victime est un ancien militaire devenu récemment une célébrité en faisant échec d’une manière héroïque à un braquage dans une banque.
Les premières constatations portent à penser qu’il s’agit d’un suicide, mais certains détails sèment le doute. Pour découvrir la vérité, Brewski et son équipe se plongent dans le passé de l’individu. Ils en exhumeront de sales histoires et de pénibles secrets. Alors que de nouveaux personnages troubles apparaissent, les pires tourments de Walt ressurgissent et corrodent son moral.
Quand les âmes damnées s’unissent et que les victimes se révoltent, l’atmosphère devient explosive et… mortelle.

Extrait :

Elle avait tenté de se débattre, mais il s’accrochait à son cou comme un naufragé à une bouée. Elle n’avait aucune chance. Il avait alors entrevu le pire de son être, parce qu’il avait aimé cet instant, ces secondes où l’adversaire comprend son erreur et pressent la défaite. La défaite, celle qui éteint tout. Il avait savouré intensément ce regard de bête pourchassée, et ce mélange d’amertume et de regrets. Il avait serré de plus en plus au fur et à mesure que s’éteignait cette lueur dans ses yeux de garce, serré pour annihiler une vie comme on souffle une vulgaire bougie. Ça valait le coup. Bien plus puissant et plus efficace qu’un discours. Plus fort que lui envoyer au visage ses quatre vérités. Il resta dans cette position bien après qu’elle eut cessé de gigoter et d’émettre des sons enfouis dans sa gorge, penché sur elle et les doigts raides autour de son cou.

À propos de l’auteur : Enfant de la Xaintrie, Sébastien Vidal a partagé ses études entre Cantal et Corrèze. Il est passionné d’histoire, de sport, de littérature et de cinéma.  S’il n’écrit pas, Sébastien Vidal lit. Il ne peut envisager de passer une seule journée sans l’une ou/et l’autre de ces activités. Fin connaisseur de la littérature américaine, il lit avec passion des auteurs aussi différents Jim Harrison et Stephen King, il se délecte aussi avec Claude Michelet et Antoine de Saint-Exupéry

Il tient un blog littéraire, d’excellente facture, Le Souffle des mots, qui attire un public toujours plus nombreux. Il a signé Woorara, paru en janvier 2017, dans la collection Plumes noires.

Le OFF d’OPH

« Carajuru » de Sébastien Vidal .

« Carajuru » de Sébastien Vidal .

Quelle belle découverte pour moi qui en refermant ce roman me dit, une fois encore, que nous avons la chance de compter en France de nombreux auteurs de polars de talents.

Au cours de cette lecture captivante, j’ai découvert la plume de Sébastien. Une écriture soignée alternant vocabulaire courant et langage plus soutenu (j’ai même découvert de nouveaux mots!). J’ai voyagé dans une région que je connais peu en suivant les métaphores, dont use avec poésie Sébastien, décrivant des paysages qu’il me tarde de découvrir.

« Sur la berge, les pissenlits avaient abandonné leur chevelure jaune pour leur fameuse coupe afro, toute blanche et vaporeuse, que le vent prenait un malin plaisir à éparpiller. »

Je suis allée du côté de mes cousins gendarmes, c’est d’ailleurs ce qui m’avait attiré plus que la quatrième de couverture, qui, à mon sens, manque d’un petit truc eu égard au plaisir que j’ai pris à lire cette « plume noire ».
J’ai aimé la construction atypique du roman avec des sauts dans le temps et la description d’une même scène par plusieurs personnages; leurs points de vue différents, leur émotions, leurs ressentis.

Dans cette histoire qui met en scène Walt, chef d’un PSIG de gendarmerie, Sébastien décrit le monde de la gendarmerie tel qu’il est, raconte sans erreur les mécanismes qui lient les enquêteurs et les magistrats. Ce côté authentique que j’affectionne particulièrement m’a fait ressentir cette adrénaline de l’enquêteur. L’auteur décrit d’ailleurs parfaitement nos émotions quand, en cours d’enquête, rien ne peut nous écarter de la recherche de la vérité. Cette émotion qui a forcément fait écho chez moi et qui m’a de fait plongée un peu plus au cœur de l’intrigue, déterminée, comme les personnages, à découvrir le fin mot de l’histoire.
Il décrit également le côté carriériste de certains, prêt à tout pour réussir (côté qui existe tant chez mes cousins gendarmes que dans la police).
Enfin, Sébastien égratigne un peu aussi La Grande Muette en mettant en exergue cette culture du secret, mais en y mettant les formes et en démontrant que pour autant ce n’est pas toujours une vérité immuable.

Mon voyage s’est fait au son de références musicales plutôt rock, genre que j’aime particulièrement et en suivant avec sagesse Marc-Aurèle « vivre chaque jour comme si ç était le dernier; né pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant ».

Enfin, au fil des pages, On ressent l’amour de l’auteur pour la lecture et l’écriture. Il y a d’ailleurs un passage page 210 qui décrit parfaitement le pont entre auteur et lecteur. Mais je ne vous le dévoilerai pas ici, je vous laisse le découvrir vous-même…

« Lors d’une patrouille nocturne, les gendarmes Walt Brewski et David Arpontet découvrent le corps d’un homme sans vie, une balle en pleine tête. Suicide ou homicide, le doute est permis, d’autant que la victime est une star de la radio. Héros national pour avoir mis en échec deux braqueurs, il avait été depuis été mis sur le devant de la scène.
En menant l’enquête, Brewski et ses collègues feront ressurgir du placard les fantômes du passé. Le passé de la victime mais aussi les démons de Walt Brewski… »

 

NDLR : Ce titre Carajuru est le deuxième volet de la trilogie des sentiments noirs après Woorara qui fut une de nos belle découverte au début de l’année.

Woorara que vous pouvez vous aussi découvrir ICI

Après la vengeance dans Woorara, Sébastien Vidal s’attaque dans Carajuru à la haine, à la honte et à l’imposture, ces sentiments noirs qui tirent l’être humain vers le fond et l’entraînent du côté obscur. Frissons garantis ! 

Ge porte flingue de Collectif Polar

29 réflexions sur “Carajuru de Sébastien Vidal 

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