Sériale lectrice : DCO répond aux questions de GVL

Bonjour les polardeux,

Je suis ravie aujourd’hui de vous présenter notre nouvelle stagiaire Flingueuse. Et quelle stagiaire puisque qu’il s’agit de Danièle Chevalier Ortéga.

Danièle se présente à vous avec honnèteté et sincérité.

Aussi, j’espère que vous apprécierez comme moi cette instant de partage et de confidence

GVL : Alors, Danièle, peux-tu te présenter ? je veux tout savoir,  ta scolarité, ton parcours pro, ton âges, oui je le demande même au dame ! Surtout quand elle aime le noir !

DCH : Je suis une ado qui a fait mai 68, une vraie Ch’ti, Lilloise plus exactement, fille de syndicalistes et petite fille d’élus locaux, le tout bien rouge ! J’ai un bac philo-lettres modernes et je voulais faire « journaliste ». Mais une école privée, même si Lille est réputée une des meilleures, c’était trop cher, d’autant que je suis fille unique, à cette époque il n’y avait pas de bourse accessible dans mon cas. Je me suis inscrite en fac d’Anglais mais j’ai été rapidement approchée par une fédération d’éducation populaire qui m’a proposé de m’embaucher. J’ai vadrouillé un peu partout en France et quand j’ai quitté ce job, j’ai même été embauchée par les éditions Artaud à Grenoble, où j’avais déposé ma valise. Pour raison familiale je n’ai pas concrétisé et suis remontée dans le Nord, me rapprocher de mon père malade. Dans l’attente d’un poste en maison de jeunes, en 1971,  je suis entrée à la mairie et … je suis restée dans la fonction publique territoriale jusqu’en 2011, lorsque j’ai élégamment fait valoir mes droits à la retraite. Les postes que j’ai occupés dans la fonction publique étaient tous dans le domaine social, même si je ne suis aucunement « travailleur social », des postes à responsabilité, proches des élus et des décisions, des postes où je me suis éclatée en mettant en place un tas de « machins » susceptibles d’aider les personnes en difficultés.

J’ai maintenant 68 ans, un mari que j’ai connu jeune veuf avec trois enfants et donc, suffisamment pourvus, nous n’avons pas ressenti le besoin d’en faire ensemble. Aujourd’hui 68 ans et … arrière grand-mère ! Je vis dans l’agglomération bordelaise depuis 21 ans et ma mère de 93 ans habite elle aussi à Bordeaux.

J’ai pratiqué longtemps la randonnée et les problèmes de santé de mon mari ont fait que le rythme et la distance ont bougrement diminué. Je fais aussi des photos et me suis essayée (un peu) à la vidéo.

 

GVL :Dis moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

Mes parents n’étaient pas lecteurs de romans mais d’avantage de journaux mais ils m’ont très vite offert des livres en toutes occasions. Principalement des livres documentaires sur les pays et la géographie en général et ensuite les bibliothèques verte et rose.

 

GVL : Peux-tu me montrer ta/ tes bibliothèque(s) :

Il y a trois ans j’ai dû me défaire de ma collection de romans de poche en raison de l’encombrement (et du poids) qu’elle représentait … elle a atterri à la bibliothèque des malades de notre hôpital de proximité. Sauf bien sûr mes chouchous que j’ai gardés (Thilliez et ses compères de la Ligue de l’imaginaire et quelques autres petits nouveaux qui ne publient pas en numérique). Je lis sur liseuse et c’est en partie là que se trouve ma PAL. Le reste est empilé sur mon bureau, dans un ordre qui se voudrait bêtement rationnel mais en vérité en vrac ! Il reste tout de même que cette pièce pleine de ce qu’on appelle « beaux livres » et que je ne résous pas à céder. Il y a aussi tout un mur occupé par les BD de mon homme et un meuble complet de guides touristiques !

 

GVL : Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

C’est un formidable moyen d’évasion. Un moment privilégié où l’on choisit son propre rythme. Il représente une ouverture sur le monde, les mondes que l’on ne connaîtra pas pour certains ou que l’on voudra connaître pour d’autres. Un objet initiatique en quelque sorte.

 

GVL: Es-tu papier ou numérique ?

Je l’ai dit, je me suis mise au numérique (en 2012) pour des raisons très pratiques. De plus les bouquins de 800 ou 1000 pages me pèsent physiquement. Quand je me déplace je ne connais pas de temps mort … la liseuse toujours à portée de main, dans le bus, les salles d’attente (et je les fréquente beaucoup trop à mon goût …). Il m’est aussi insupportable de terminer un bouquin sans en avoir un autre immédiatement disponible. La liseuse palie cette phobie !

 

GVL: Et le polar dans tout ça ? Pourquoi tu en lis ? As-tu un rapport particulier avec le genre. (J’attends par polar tout ce qui a attrait aux littératures policières, du roman de procédure, au roman noir en passant par tous les types de thrillers…)

Avec mon boulot, les romances ne pouvaient pas m’aider à m’évader, il fallait trouver de plus « hard » encore que ce que je côtoyais quotidiennement et … il en fallait beaucoup pour me surprendre ! Alors, l’hémoglobine, rentrer dans la tête des malfrats et autres pervers c’était pas mal. L’attitude éthique du policier ou du légiste qui se met au service de la victime, ça me parlait aussi ! C’était aller plus loin que mon quotidien, si tu vois ce que je veux dire.

Maintenant c’est un plaisir de découvrir de nouveaux espaces avec nos nouvelles plumes et j’avoue avoir beaucoup plus de plaisir avec nos petits frenchies qu’avec les sauveurs de l’humanité que sont les héros américains.

 

 GVL : Danièle,  dis-nous, quels sont tes auteurs favoris 

Alors je l’ai déjà cité Thilliez découvert par hasard avec un coup de cœur du libraire lors de la parution de « la chambre des morts » en poche et où la 4ème de couverture évoquait le Nord. Avec lui Minier, Abel, Giébel, Favan, Bizien… J ’ai eu ma période Chattam et Vargas, mais je me suis un peu lassée et maintenant ce que l’on peu encore qualifier de « nouveaux » Norek, Saussey, Lebel, Tackian … J’ai découvert cette année Camut & Hug. J’aime aussi l’humour de Nick Gardel, Cicéron Angledroit, Gilles Legardinier, dont on ne parle pas assez comme auteur de thrillers et depuis hier soir Cetro.

En fait plein, plein de ceux qui hantent les colonnes du blog …

GVL : Peux-tu nous parler de 5 livres qui t’auraient marquée ses dernières années.

Alors mes coups de cœur … « nous rêvions tous de liberté » d’Henri Loevenbruck, « vertige » de Franck Thilliez, « entre deux mondes » d’Olivier Norek, « le garçon » de Marcus Malte … pas polar celui-là et « les fourmis » de Bernard Werber. En les regardant de plus près pour cet ITV, je me rends compte qu’ils sont tous empreint d’humanisme.

Geneviève … l’exercice est rude !

GVL: Fréquentes-tu les festivals et autres salons… Si oui depuis quand ? 

Oui mais depuis peu de temps en fait, 3 ans. Je suis contaminée par le virus et je crois que je vais y succomber de plus en plus.

 

GVL : Que t’apportent ces salons, ces rencontres

L’échange avec les auteurs est pour le lecteur essentiel. Je pense que ça l’est aussi pour l’auteur, du moins c’est qu’ils nous disent. Je me dis aussi qu’ils sont très courageux assis bien sagement à leur petite table encombrée et bienveillant à notre égard… j’aime beaucoup au cours des salons assister aux tables rondes où il y a amicale confrontation entre des vrais pros de l’écriture qui forcent le respect quand ils décrivent les galères qu’ils peuvent traverser. Certes on peut échanger via FaceBook mais rien de remplace la vraie rencontre dans la vraie vie.

 

GVL : Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi !

Je m’appelle Danièle ça tu le sais, mon nom patronymique c’est Chevalier et je l’assume sans problème même si pendant au moins un an au lycée on m’a appelé Maurice … Mon mari c’est Ortega et dans la vie privée il n’est pas rare que j’utilisai ce nom lorsque je n’était pas au boulot … Un jour j’ai rencontré Roger Frison-Roche en dédicace au moment ou mon homonyme était dictateur du Nicaragua … il a eu un temps d’arrêt assez long qui l’a totalement déstabilisé et m’a dédicacé le roman au masculin !

Geneviève, je ne sais pas si c’était ce genre d’anecdote que tu voulais, sinon je peux peut-être faire mieux mais merci dans ce cas de préciser …

GVL : Sinon…Rien à rajouter ?

Je suis ravie d’avoir rejoint la dream-team du collectif. L’accueil y a été chaleureux et je remercie toutes les flingueuses. Je pense que les flingueurs y sont moins présents … je me trompe peut-être !

Une réflexion déviante :

Dans le même registre … ou presque et peut-être hors sujet … Je suis assez surprise que les études sur le lectorat des polars donnent les femmes beaucoup représentées  et les auteurs demeurent majoritairement masculins … est-ce à dire que se développe une nouvelle façon pour ces messieurs de parler aux dames ? Ou alors messieurs les lecteurs ont honte de dire qu’ils prennent leur pied avec ce sous-genre littéraire ?

GVL : Heu, ici on ne te laissera jamais parler de sous-genre, si tu le souhaites, parle de littératures noires et policières. Mais juste de littérature !

Voilà c’etait mon coup de gueule !

Allez sinon, un petit coup de gueule. Un gros coup de coeur…. ?

Les 2 de préférences !

Je suis résolument écolo mais pas intégriste. Je ne supporte pas que l’on puisse au nom de la finance mettre en danger nos concitoyens et des générations futures. D’ailleurs il va bientôt falloir parler de LA génération future car de pluriel il risque de ne pas y en avoir ! J’ai à ce titre particulièrement apprécié « Islanova » de Camut & Hug qui posent la question des limites à l’action … la fin justifie-t-elle les moyens ?

Le coup de cœur du moment pour tous les lanceurs d’alerte, notamment ce collectif de journalistes qui ont fait émerger les « paradise papers » … chapeau ! et à Norek qui a osé ouvrir le débat sur l’immigration !

 

 

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