Rouge écarlate de Jacques Bablon

Le livre : Rouge écarlate de Jacques Bablon. Paru le 20 février 2016 chez Jigal dans la collection Polar.  17€50 ;  (190 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv : Elle mange une fraise. Un délice ! N’aurait pas dû. Un piège tendu par une ordure.

Salma, trentenaire canon et forte tête, s’en tire avec quelques côtes et le nez cassés. Un avertissement. Courir comme une dératée lui suffira-t-il à échapper au pire ?

Joseph, son père, est assailli par une envie de flinguer le mec d’à côté et d’étrangler Rosy qui ne le fait plus bander. Pourrait être amené à changer de cible.

Marcus, le voisin, faux expert-comptable et vrai salaud, fait dans l’import-export de produits prohibés, un milieu difficile où l’on ne peut espérer vivre vieux. À ses côtés, la fameuse Rosy, maman dévouée, pas aimée comme elle devrait. Leur petit garçon s’appelle Angelo, mais personne n’a dit qu’avoir quelque chose d’un ange protégeait des balles.

À chacun sa petite maison…

Un matin, ça canarde à la chevrotine dans l’une, l’autre est ravagée par les flammes. Pour les rescapés, le début de la cavale…

« Avec cette maîtrise stylistique qui dégage une énergie vivifiante, Jacques Bablon joue dans la cour des grands. » Le Nouvel Obs.

L’auteur : Sa mère est née à Saint-Pétersbourg, lui à Paris en 1946. Il passe son enfance dans le 93 à taper dans un ballon sur un terrain vague triangulaire… Ado, il décide de devenir guitariste et de chanter du Dylan pour pouvoir draguer les filles… Mais devant le peu de succès récolté il préfère s’acheter une pile de disques (les Stones, Mozart, les Beatles et compagnie…) et un Teppaz. Plus tard l’exaltation artistique lui tombe dessus par hasard grâce à la peinture. Après avoir dessiné des bols, des cafetières, des pommes et des femmes nues, il devient professeur à l’École supérieur des arts appliqués. Parallèlement à sa carrière officielle d’enseignant heureux, il publie des BD chez Casterman et devient scénariste dialoguiste de courts et longs métrages. Il a toujours eu besoin de voir loin pour survivre, c’est pourquoi il habite en haut d’une tour. Mais le pire, c’est que des années après, il ne sait toujours pas où est passé son Teppaz…

 

La chronique de Pierre

 

Rouge écarlate de Jacques Bablon

Editeur : Jigal – 2016

Trait bleu avait fait fort en nous faisant découvrir un nouvel auteur avec un vrai style et un scenario mené de façon original. Restait à transformer l’essai avec un titre tout en couleur, comme le premier.

Dans un quartier … Joseph Salkov a un défaut : parfois, il a des envies de meurtres. Cette nuit là, il a rêvé de flinguer Elvis. Ce matin au petit déjeuner, il irait bien tuer son voisin, Marcus Gulbis, sans raison, si ce n’est que ce Marcus à la con a écrasé son petit chien. Finalement, il ne mérite que ça, on pointe le canon, et BOUM ! Il avait bien baisé la femme de Marcus, Rosy, quelques fois, mais bon ! Et puis, leur gamin, Angelo n’est pas désagréable, si ce n’est qu’il balance son ballon chez lui !

Salma n’habite pas loin, elle fait son footing. Le long d’un champ de fraises, elle voit les femmes ramasser les fruits rouges et se penche pour en manger une. Un homme, le propriétaire du champ, lui propose de boire un verre et essaie de la violer. Après une violente altercation, Salma finit un peu amochée, le nez cassé.

Tout ce petit voisinage n’est pas ce qu’il prétend être. Derrière les haies bien taillées, des trafics se font jour, la violence couve. La course poursuite va s’engager entre les uns et les autres avec Angelo en plein milieu.

A propos du premier roman, j’avais écrit : « Ce qui est remarquable dans ce roman, dans ce premier roman, c’est surtout ce style sans concession, fait de phrases courtes, de style haché, de descriptions faites d’un seul adjectif, de ce choix judicieux de chaque mot, de cette volonté revendiquée de l’efficacité à tout prix. ». Je pourrais me répéter car c’est exactement la qualité que l’on retrouve dans ce roman mais pas seulement.

En passant d’un personnage à l’autre, Jacques Bablon construit un scenario sans réelle trame, en déconstruisant son scenario justement. Les événements se suivent et le lecteur subit ce qui s’y passe plus qu’il n’est acteur. En fait, l’auteur arrive à nous surprendre à chaque fois pour finir dans une scène de violence … mais sans que cela n’ait réellement une fin.

C’est un roman étonnant, qui va ravir les fans de James Sallis, tant l’efficacité du style fait mouche, tant Jacques Bablon arrive à dire et montrer tant de choses avec si peu de mots. Et il pourra déconcerter certains autres car je dois dire que j’ai eu un peu de mal à m’accrocher aux personnages. Il m’a manqué un petit quelque chose, quoi ! En tous cas, il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à cet auteur : Jacques Bablon est unique et à lire une de ses pages, on reconnait tout de suite sa patte d’auteur à part entière. En deux romans, Jacques Bablon est devenu un auteur original et unique dans le roman noir contemporain.

 

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9 réflexions sur “Rouge écarlate de Jacques Bablon

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