Trophée Anonym’us : Sandra Martineau sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

 

mardi 7 février 2017

LES QUESTIONS DU BOSS

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

N’éprouver que du plaisir rendrait l’exercice beaucoup plus simple pour moi, mais l’écriture implique certaines souffrances pour ma part. Le doute qui m’envahit lorsque je rédige mes histoires est synonyme d’une certaine difficulté qui m’oblige à me remettre en question en permanence.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

Dans un premier temps, le trop-plein d’idées. Mon cerveau frôlait parfois l’overdose en matière de stockage. Dans un deuxième temps, le besoin de partager. J’adore communiquer avec les gens.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show-biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

Chacun d’entre nous a une histoire à raconter et l’écriture a le pouvoir de donner la parole à tous ce qui le souhaite. Ça ne me dérange pas plus que ça à partir du moment où tout le monde y trouve son compte, le lecteur y compris.

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebooks, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

Au vu de la place que tiennent les technologies numériques dans notre vie, c’est une évolution à laquelle le livre ne pouvait pas échapper. Chacun doit y trouver sa place, mais il est certain que le papier ne sera pas remplacé si vite que ça …

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative. Te sers-tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

J’en ai profité un maximum au début de ma carrière, mais au fil du temps, je tends à m’éloigner un peu. Je communique toujours, mais de façon moins régulière, car ce type de communication est aussi très chronophage, et le temps est ce qui me manque le plus à l’heure actuelle. J’essaie donc d’équilibrer mon utilisation des réseaux pour me consacrer plus à l’équilibre et à ma vie dans le réel.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

Ne jamais en faire des tonnes pour être visible, du moins c’est comme ça que je le vois. Essayer de s’entourer de personnes déjà dans le milieu, savoir écouter les conseils de ceux qui ont pratiqué. Ne jamais se décourager, la route est longue et il faut toujours y croire. Ça reste bateau comme conseils, mais c’est le plus efficace.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

Une psychanalyse ? Ce n’est pas déjà le cas ? Je suis un petit auteur angoissé et j’ai besoin de quelqu’un qui puisse m’apporter des réponses sur mes interrogations, quelqu’un qui ne m’abandonne pas dans un coin lorsque l’aventure commence, quelqu’un avec qui je puisse communiquer mes idées et mes impressions, en bref mon ressenti.

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est-il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

La famille polar s’agrandit de nouvelles auteures tous les ans, pour le plaisir des lecteurs, car les femmes apportent une touche particulière à cet univers. L’écriture féminine se reconnaît par son grand sens du style, des mots, sa lame insidieuse et tranchante. Les femmes ne font pas dans la dentelle. Ma bibliothèque est comme la tienne, elle est équipée de jolis noms féminins (Maud Mayeras, Barbara Abel, Claire Favan…) de la littérature du polar.

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

Le concept de lecture anonyme m’a particulièrement plu et aussi parce que je suis une femme de défi…

LES QUESTIONS DE MADAME LOULOUTE

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

Tout est organisé pour permettre à l’écriture de s’épanouir le plus régulièrement possible. Vaut mieux sinon je deviens vite imbuvable…

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

Qui influence qui ? L’auteur ou le personnage ? Est-ce mes coups de blues qui font broyer du noir à mes héros ou inversement ? En fait, je n’ai pas de réponse, car je pense que les deux sont indissociables.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

A la bibliothèque ? Je trouve cette rentrée de plus en plus monstrueuse. Je ne m’y intéresse même plus. Trop de livres tue l’envie.

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

Comme Grégoire m’a plutôt l’air sympa, je vais sortir Tout est sous contrôle de Sophie Henrionnet.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

Écrire, ça va de soi, même si parfois ça fait tout autant mal à la tête…

6- La littérature est le sel de la vie. Passe-moi le poivre.

Et toutes les épices de la vie, parce qu’elle est mouvementée et je ne m’ennuie jamais.

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

Écrire aide à comprendre, aide faire comprendre. Écrire, c’est faire passer un message.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

Toute mon aventure littéraire est bourrée d’anecdotes, mais tout cela reste dans mon jardin secret.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

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