Trophée Anonym’us : David Charlier sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 31 janvier 2017

David Charlier sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

Il y a heureusement plus de plaisir que de souffrance. Sinon, et à moins d’être masochiste, je ne verrais pas l’intérêt de continuer. Toutefois, oui, tu peux souffrir. Lorsque le virus d’écrire m’a pris réellement, j’ai découvert ces élans de frustration parfois, lorsque tu ne parviens pas à enchaîner ou que tu butes sur un détail. Parfois pendant des jours. Pire… La vraie souffrance, je l’ai connue lorsque tu perds un ou deux chapitres complets après une manipulation malheureuse (depuis, je multiplie les sauvegardes ou les copies). Là, je pense qu’il y a une sérieuse phase de deuil à observer après une perte pareille. Et dans un autre registre, j’ai connu comme un « baby-blues » lorsque le mot fin a été inscrit au bout de mon premier texte. Un sentiment de vide soudain, avec l’idée que cette histoire ne m’appartenait déjà plus. Qu’elle prenait son envol. Et cela s’est reproduit souvent.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

Tout à fait honnêtement… je n’en sais rien du tout. Depuis l’enfance, j’ai souvent des petits scénarios qui me traversent l’esprit, des films que j’ai regardés mais dont j’aurais noué l’intrigue différemment, j’imagine parfois tel ou tel anonyme croisé dans la rue dans les situations les plus abracadabrantes (ou les plus tordues s’il s’agit de polar). Je crois être arrivé un jour à un trop-plein qu’il a fallu coucher pour de bon sur le papier (ou sur le clavier, soyons modernes et éco-responsables). Et aujourd’hui, j’en ai besoin. Pas un besoin primaire comme manger, boire ou dormir. Mais que je rédige un mail, un rapport professionnel, une nouvelle ou même un texto, j’aime la magie que peuvent dégager quelques mots alignés. Quand je n’écris pas depuis longtemps, je ressens un manque réel. Jusqu’à la frustration.

Dans un autre registre, l’actu ou mon vécu m’inspirent souvent les histoires que je compose. J’y cache ce qui me choque, me fascine ou m’attriste. J’y règle mes comptes parfois, sous couvert de personnages fictifs à l’antipathie bien réelle. Une amie m’a parlé un jour de « punching-ball » littéraire à ce sujet : du petit chef tyrannique à la voisine intrusive, il est facile de tolérer leur comportement, pour peu qu’on les malmène dans une fiction. Et, bon sang que ça fait du bien !

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

Vaste débat. Il y a deux questions en une ici. D’abord sur l’accès à l’écriture (ou les envies qui y sont associées) à tout un chacun. Et ensuite sur l’auto-édition.

Pour le premier point, autant vendre des bouquins uniquement sur le nom d’une starlette de téléréalité alors qu’elle n’en a pas écrit une ligne m’interroge sur le cerveau qui a pu pondre une idée pareille, autant je soutiens à fond les anonymes qui se laissent tenter. Au fond, personne n’est obligé de chercher à diffuser ses écrits. Les tous premiers que j’ai pu réaliser l’ont été d’abord et surtout pour un seul lecteur : moi. Même aujourd’hui, une poignée de textes planqués au fond de mes dossiers numériques ne sont pas destinés à être diffusés. Ils sont trop intimes pour ça et m’ont servis de catharsis pour mieux comprendre le monde qui m’entourait, m’aider à faire un choix ou soigner mes blessures. Pour cela, oui, bien sûr, que chacun couche sur le papier ce qui le travaille ou le tourmente. De même, c’est mon cas et pour cette raison que j’ai commencé, si écrire est un vrai jeu, dont on se moque de savoir si cela va nous apporter autre chose que du plaisir, et bien : amusez-vous ! Ne vous prenez pas au sérieux et allez-y ! Et si ça marche un jour, tant mieux. S’il s’agit de raconter sa vie dans l’espoir que cela va intéresser les foules, je suis plus dubitatif. A moins d’avoir un destin exceptionnel et hors du commun, je ne suis pas convaincu que cela peut constituer un livre attractif pour une maison d’édition.

Ce qui nous amène au cas de l’auto-édition, pour laquelle je pense que beaucoup d’arnaques sévissent. Dans le cas précédent, celui du livre sur la vie de l’auteur, je pense que ça peut vite tourner au drame. A moins de rester raisonnable et viser la poignée de personnes que cela va vraiment captiver (famille proche, en particulier), investir des fortunes sur des rêves de best-seller est déjà plus risqué. Une part importante de moi refuse de payer pour un service que d’autres offrent gratuitement. Sans parler de l’absence cruelle de services que ces sites ne proposent pas, comme une relecture / correction, un travail graphique pour une couverture, etc… Une poignée fait un travail formidable, je le sais. Plusieurs connaissances y ont eu recours avec succès. Mais ce n’est pas pour moi. Trop peu de garanties sont offertes. Au fond, je préférerai presque jouer la même somme au PMU ou à l’Euromillions. Mes chances de gain seraient probablement plus élevées.

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

Le lecteur que je suis trouve que les réseaux sociaux sont un outil devenu indispensable pour les auteurs. Cela les rend plus proche de leur lectorat, tout en permettant des échanges plus variés et plus constructifs sur leur œuvre. Cela permet aussi de se faire connaître. J’ai découvert quelques auteurs par ce biais que je n’aurais probablement jamais lus par ailleurs.

En ce qui concerne les liseuses et autres lectures sur écran, je ne parviens pas à sauter le pas (il faut dire que je ne suis pas super motivé non plus). Il me manquerait trop le grain du papier, son odeur lorsqu’il est un peu vieux, le bruit même que font les pages lorsqu’on les tourne. Et puis, comment faire dédicacer son exemplaire sur tablette lorsque l’on va faire un signe à son auteur préféré sur les salons ?

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative. Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

A mon modeste niveau, oui. En principe, dans le panel de contacts avec qui nous sommes en interaction sur les réseaux sociaux, se trouvent : des membres de notre famille, des amis proches, des collègues, des connaissances, des membres de nos clubs divers et variés (que ce soit la Confrérie de la Choucroute ou l’Amicale bouliste, tout le monde ou presque a un profil). C’est vrai que c’est toujours assez sympa de partager avec eux ces petits moments où ton texte a été retenu pour tel concours, où ta bobine passe au canard local. C’est vrai également que ça permet des échanges parfois tardifs avec d’autres passionnés sur tel ou tel bouquin qui sort du lot, tel concours au thème suffisamment complexe pour titiller l’imagination.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

Là, j’avoue que c’est en effet décourageant. Entre ça et le sentiment que l’on va se faire « croquer » par la vilaine méchante maison d’édition au point de devoir montrer le contrat à son avocat avant signature (pas taper, c’est du second degré !), ce que l’on peut voir comme déconvenues ici et là pour certains auteurs, je dois dire que ça ne fait pas envie. C’est tentant autant qu’effrayant. J’ai ressenti aussi pour certains « micro-succès » une interrogation lancinante du type : « pourquoi moi ? » ou « qu’est-ce que je fous ici ? ». J’ai atteint le paroxysme en la matière lors du tournage d’une émission de télé pour laquelle j’ai été invité, après avoir été retenu pour deux chapitres dans un polar collaboratif. Livre sur lequel d’autres auteurs prestigieux de polars nous ont donné leur avis, les yeux dans les yeux. Si ça m’a énormément amusé, j’ai aussi eu quelques doutes sur la pertinence de ma place parmi eux. « Écrire, c’est s’exposer ». Ou carrément se mettre à nu. Il y a une ambivalence entre ce vœu de préservation de soi et cet espoir d’être lu par un nombre conséquent. C’est cette ambiguïté qu’il faut gérer avant de voir plus loin.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

Je ne peux que l’imaginer, n’ayant pas été édité seul. Je les vois comme un couple, quelque part. Si l’alchimie entre eux est là, qu’elle permet des miracles, ils peuvent aller loin ensemble et créer de jolies choses (et ce n’est pas sale, hein ! Je ne parle pas de faire des gosses. Et ce qui se passe en dehors des heures de bureau ne nous regarde pas). Au contraire, et comme dans un couple, s’il règne entre eux une mauvaise communication, de la jalousie ou des soupçons d’infidélité (si l’auteur lorgne un peu trop sur les jolies formes de la maison d’à côté), je ne les vois pas durer ensemble en toute harmonie. Je ne pense pas que l’on soit dans un rapport classique employeur / employé, parce qu’il ne s’agit pas des mêmes liens contractuels. Plutôt dans un partenariat actif, où chacun a besoin de l’autre. Plutôt qu’une psychanalyse, on pourrait un début de polar, tiens. Ça pourrait être la porte ouverte à de sacrées histoires (voir plus avant ce que je disais des « punching-ball » littéraires… ça peut en être aussi l’idée).

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

Je dois dire que j’ai été surpris lorsque j’ai commencé un peu à m’intéresser à cet univers. Les auteurs et libraires me disaient très vite que le lecteur de polar est avant tout une lectrice. Cela vaut pour tous les genres, d’ailleurs (on imagine tout de même très mal des mecs lire des livres de la collection Harlequin. Mais il doit s’en cacher. Donnez des noms !). D’aussi loin que je me souvienne, après tout, la plupart de mes potes ne lisaient que l’Equipe et bien peu des bouquins. En ce qui concerne le polar, ma première réflexion était : « m’enfin, quand on lit du Chattam et ses bouts de cadavres explosés sur toute la scène de crime, c’est pas très glamour quand même… ». Puis, je me suis souvenu du physique dudit Chattam… Lien de cause à effet ? Idée de jeu pour patienter dans les files d’attentes pour le rencontrer en salon : calculer le ratio femmes / hommes dans la file, inversement proportionnel à la côte de popularité d’un Président de la République en fin de mandat.

Le physique n’explique pas tout. Les femmes ont, je pense, ce besoin de frissonner, de frémir pour le héros bodybuildé et amoché à la John Mac Lane (ou façon steak tartare), de se laisser guider par les rebondissements d’une enquête.

Normal donc que l’on retrouve des femmes chez les auteurs. Elles apportent un éclairage différent dans leurs livres, plus réfléchis à mon sens. Plus doux et plus centrés sur l’humain aussi. Quand on lit Sophie Loubière dans « A la mesure de nos silences », on se laisse gagner par une émotion qu’un homme aurait beaucoup de peine à générer. Karine Giebel fait partie de ces femmes que je lis avec plaisir. D’une plume terrifiante et oppressante pour « Juste une ombre », elle peut passer à quelque chose de plus doux pour « Satan était un ange ». Fossé générationnel, personnalités sociologiquement incompatibles, caractères et registres de valeurs opposés, imminence de la mort. Elle aborde pour ce dernier des sujets graves avec une poésie touchante.

A l’extrême, se trouve Ingrid Desjours. Une femme adorable, que j’ai connue sur le pilotage du polar collectif dont je parle plus haut. Et une découverte inédite comme auteur. Ses livres vont très loin dans l’horreur, qu’elle soit psychologique ou physique. Ils se savourent comme un bon film d’horreur à la sauce polar. Ou comme un épisode tordu d’Esprits Criminels où les scènes de crime ne sont pas censurées.

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

D’abord pour m’amuser. Une amie fan de polars m’en a parlé et m’a proposé de postuler. J’aime les défis en la matière et le concept m’a plu d’emblée. Je profite de l’occasion pour renouveler mon admiration pour les auteurs confirmés qui ont le courage de se mettre en danger pour ce Trophée. Pour le jeu, ensuite. Parce que c’est ce que l’écriture devrait rester : un jeu. Où se lancer en compétition avec d’autres passionnés vaut tous les best-sellers du monde. Et enfin, pour le fun. Moi, je n’ai rien à perdre… comme les autres non-édités. Chiche qu’on parvient à faire trembler les pros ?… (dans un bon esprit, bien entendu).

Une autre motivation est plus géographique : je vis maintenant à quelques encablures du lac d’Annecy. Ravi de participer en voisin.

LES QUESTIONS DE MADAME LOULOUTE

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

Oh punaise qu’il en reste peu ! Entre un boulot passionnant mais chronophage (je suis responsable technique dans la gestion immobilière), les kilomètres que j’avale pour lui (environ 50 000 à l’année), un rôle de papa qui va arriver d’ici 3 semaines au moment où j’écris ces lignes (et pour la seconde fois, en plus !), autant dire que j’arrive à l’état de loque bien avancée le soir. Et que je suis tout juste bon à suivre les rebondissements d’une comédie américaine bien grasse (avec pas plus de 5 personnages, sinon c’est mort) ou l’Amour est dans le Pré. Quant à écrire, si l’envie me dévore encore et encore (c’est que le début, d’accord, d’accord), me manque l’énergie et les allumettes pour caler mes paupières.

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

Pour y voir clair, ça dépend déjà si j’ai bien envoyé la facture EDF qui traine depuis des semaines sous ce #$@$! De clavier. S’ils nous doivent plus que la lumière, cela se fait à condition de leur avoir confié espèces sonnantes et trébuchantes. Cet obstacle passé, nous reste le courage de relever la barre de nos héros. En rouge et noir, j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que ces montagnes de douleur, disait la grande Jeanne. Quand ils broient du noir, à nous de les aider à en sortir. Quitte à faire une intrusion momentanée dans d’autres littératures. Sharko, le flic à moitié dépressif de Franck Thilliez, ça ne lui ferait pas du bien un épisode chez Harlequin ? (qui a dit « dans un bouquin érotique » au fond ? Un peu de décence, tout de même). A réfléchir, tout ça…

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

Déjà, je ne peux pas tous les lire, ou tous les acheter (surtout si j’en crois mon banquier). Au moins, me dis-je, c’est la garantie pour tous de trouver chaussure à son pied. Tous les secteurs sortent des livres. L’un d’eux, celui de la littérature pour ados, offre un large éventail de titres. Loin de moi de critiquer le contenu ou le supposé intérêt littéraire de ces bouquins. Ce que j’y vois d’essentiel est qu’ils lisent aussi. Et que ces livres sont la clé vers d’autres types de fictions plus tard. C’est difficile toutefois de s’y retrouver, parmi toutes ces sorties, c’est vrai.

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

Allez, un au pif qui me tombe sous les yeux: « Flic, c’est pas du cinoche » de Marc Louboutin. Une série de témoignages sur la réalité du métier de flic, sur deux périodes (années 70-80 et actuelle), comparée à plusieurs poncifs de la fiction télé ou ciné. Un livre que je conseille justement quand on écrit, pour casser quelques idées reçues qui ont la dent dure. Et ne pas les réutiliser dans nos fictions. Au-delà de cela, il apporte un véritable intérêt pour comprendre ce métier difficile. Une fois lu, on ne les voit plus tout à fait de la même manière, ces hommes et ces femmes. Ayant travaillé plusieurs années durant dans des quartiers sensibles, j’étais déjà sensible à ce qu’ils traversaient sur le terrain.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

Clairement, oui ! J’ai essayé une fois (pour une dissert’ de philo) les deux en même temps et le résultat n’avait ni queue, ni tête. Ou alors, juste pour rédiger des pastiches ou des histoires très courtes pour sa page Facebook. Histoire de rigoler un peu. Sinon, faut être son propre Sam, pour conduire le clavier comme un chef. Parce que personne ne pourra guider l’histoire que tu as imaginée à ta place.

Une fois arrivé à bon port, par contre, c’est une autre histoire…

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

Le ciné. L’un marche bien avec l’autre et ils s’accompagnent régulièrement pour assaisonner nos vies.

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

Cela m’a souvent aidé pour faire un choix, comprendre un fait ou accepter une situation. Cela m’a toujours enrichi (je ne parle pas d’argent, hein ! Plutôt de connaissances nouvelles lors de périodes de documentation ou du bien-être que cela m’a apporté). Souvent, écrire m’aura aidé à supporter un quotidien professionnel difficile, au cœur des quartiers difficiles dont je parle plus haut. Imaginer des scénarios et des personnages au coucher aura amélioré mon sommeil, alors perturbé par la pression, les risques et les échéances courtes.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

Plein, bien sûr. Souvent comme visiteur. Mais les dédicaces les plus touchantes que l’on a pu me demander venaient de ma fille. L’une des demandes les plus perturbantes venait de mon Directeur Général, pour un polar collectif. C’est passé via des intermédiaires, et je dois dire que j’ai réfléchi à plusieurs fois avant d’écrire quoi que ce soit (et surtout, une certaine retenue m’a interdit d’écrire une ou deux âneries dont j’ai le secret). Venant de lui, c’était à la fois flatteur et dérangeant, comme si je ne souhaitais pas mélanger boulot et ce qui s’apparente pour moi à un loisir des plus privés. De toute façon, c’était mort : la chargée de comm’ avait fait un article sur le bouquin dans le journal interne qui avait suivi, provoquant une demande de dédicace de quelques collègues.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

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