Consulting de François Thomazeau

Collectif polar.biblio

28consulting-francois-thomazeauLe livre : Consulting de François Thomazeau. Paru le 15 octobre 2010  chez Au-delà du Raisonnable. 15€ ; (204 p.) ; 19 x 13 cm

Excepté les victimes, les personnages de cette histoire semblent mépriser toutes les formes de sincérité et d’idéalisme qui pourraient subsister dans notre société. C’est leur job. Antoine, consultant employé par La Boîte, et Pascal, syndicaliste plaqué par sa femme et licencié suite à un plan social, sont enchaînés l’un à l’autre par une conjoncture violente. Petits maîtres de l’ironie ou vrais cyniques, le tandem, que les temps modernes ont revêtu d’un réalisme troublant, se lance sur les routes en quête de réhabilitation. Bien sûr, ils n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes méthodes, et les pistes se brouillent. On pense à Lautner car, dans ce scénario noir et caustique sur le dégraissage nouvelle tendance, la critique sociale avance à peine masquée, avant d’exploser en exutoire. Une reconversion, comme disent les managers.

thomazeau-2010-01-ok-1L’auteur : François Thomazeau est né à Lille en 1961 et vit à Marseille. Journaliste sportif, il travaille pour les rédactions parisiennes et, depuis les années 90, écrit des romans noirs. Editeur, traducteur, il nourrit des blogs sur la musique, le sport, il a aussi enregistré plusieurs disques… Il est l’un des pionniers du néopolar marseillais avec Jean-Claude Izzo ou Gilles Del Pappas, c’est une figure de l’édition marseillaise et, au-delà, son regard décalé et caustique lui confère l’ironie d’un Westlake à la verve croisée avec celle d’un journaliste amoureux du Tour de France. Tout à fait à part ce Marseillais né à Lille !
Extrait :
 » Il s’en voulait parfois de s’emporter ainsi et de creuser lui-même son ulcère et sa tombe, mais il avait besoin de savoir. Installait-on à la porte de sa chambre un « Ne pas déranger » juste avant de faire l’amour, tout à la frénésie de l’instant ? Non. Le panonceau avait été placé après. Et pour qu’on ne dérange pas, justement, le sommeil d’une morte et la fuite de son assassin.
Elle s’appelait Maryse Mauroy et était DRH dans une société d’emballage. Ce n’était pas la première fois que Madame le Directeur la voyait. Elle venait deux ou trois fois par an pour des séminaires, des réunions de travail. C’était d’ailleurs dans une de ces salles de réunion, le salon Opale, un réduit à la moquette usée, encombré d’une table ronde, de fauteuils en tissu, d’un tableau aux feuilles arrachées et d’un écran pour les Power Point, que Blanco interrogeait le personnel. L’hôtelière se souvenait d’elle parce que, voilà deux ou trois mois, lors d’un de ces brainstormings d’entreprise, elle avait fait une sortie rageuse et confié à la patronne que le groupe s’apprêtait à licencier plusieurs centaines de personnes, sans trop de ménagement. On voulait lui faire porter le chapeau. « Je ne suis pas devenue DRH pour virer du monde ! » s’était-elle écriée. DRH. Il n’y en avait pas dans la police. La BRB, le SRPJ, la Paf, la Bac. Mais pas de DRH et peu de RTT… Cette fois-ci, Maryse Mauroy était venue seule, apparemment. Elle devait rencontrer un type important. Un consultant. Sa compagnie faisait l’objet d’un audit avant de lancer un plan social, et elle comptait beaucoup sur ce rendez-vous pour découvrir des solutions miracles.
–  Vous l’avez vu, ce rendez-vous ?

(…) « 

L’avis des bibliothécaires : Catherine et Geneviève

Suite à un concours de circonstances violentes, Antoine consultant sans fois ni loi, employé par La Boîte mais trahi  par son employeur, et Pascal, syndicaliste minable quitté par sa femme et licencié suite à un plan social, se retrouvent enchainés l’un à l’autre.

Le tandem est obligé de se lancer sur les routes en quête de réhabilitation. Chacun de nos protagonistes va se débattre pour survivre, chacun avec ses inspiration et ses démons, ses différences.

Nous allons assister à leurs errances et leur perdition dans ce road-movie sanglant et drolatique

L’histoire reflète bien le cynisme malsain de notre époque représenté par ces affreux jojos dont les dialogues rappellent ceux d’Audiard.

Un roman noir et une critique sociale sur le thème du licenciement  nouvelle tendance.

François Thomazeau nous livre ici une juste démonstration des rapports sociaux actuels illustré par des dialogues écrits au couteau.

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4 réflexions sur “Consulting de François Thomazeau

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