Seules les bêtes de Colin Niel

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ncLe livre : Seules les bêtes de Colin Niel. Paru le 4 janvier 2017 aux Rouergue dans la collection Rouergue Noir. 19€ ;  (211 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.

Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le coeur des hommes.

nc1L’auteur : né le 16 décembre1976 à Clamart en région parisienne . Il a grandi, au 12ème étage d’une ZAC, avant de voyager un peu partout et de vivre loin de son béton natal, en Guyane, en Guadeloupe. Ingénieur en environnement, spécialisé dans la préservation de la biodiversité, Colin Niel a travaillé en Guyane durant plusieurs années, au contact des populations du fleuve Maroni. il  a participé à la création du Parc amazonien.

Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il commence à écrire à son retour de Guyane et donne vie au capitaine Anato et à ses enquêtes en Amazonie française.

Extrait :
  • Parce qu’à force d’être tout seul, t’as appris à te connaître. Tu sais que si ici, au milieu du Causse et de tes animaux, tu te sens pas bien, ça veut dire que dedans, ça sera encore pire. Et alors, tes brebis, tu te mets à les détester comme c’est pas permis. Tu sais qu’elles y sont pour rien, que c’est toi qui les élèves et pas l’inverse, ça change rien. Tu les détestes parce que t’as personne d’autre à détester. 
    (…)
  • Des fois j’imagine la vie des paysans d’autrefois et toutes ces croyances qui leur pourrissaient l’existence. Ces histoires de fantômes qui voulaient pas quitter les maisons où ils étaient morts, de loup-garous qui s’attaquaient aux gamins pour leur bouffer le fois, de trèves qui se planquaient dans les bois et qu’attendaient après les vivants. Nos ancêtres, ils y croyaient pour de vrai, quand ils passaient près de ces endroits maudits ils se mettaient à courir. Mémé en causait parfois, elle se moquait de sa mère et ça la faisait marrer, mais je voyais bien qu’elle riait pas tant que ça. « (…)
  • Comme quand t’es gamin et que tu te dis que le Causse c’est le plus bel endroit du monde sans voir ce futur qui se prépare, sans savoir que plus tard ces steppes sans fin tu pourras plus les regarder sans avoir envie de chialer. Et en moi j’ai senti revenir les nœuds de la solitude

Résumé et petit avis :

J’ai découvert par hasard en 2012, le premier roman de Niel Colin. Bon, c’est vrai, mon inclination vers les premiers romans y est sans doute pour quelque chose. Mais pas seulement. Le fait qu’il soit édité chez Rouergue aussi. J’avais lu quelques bons polars de terroir chez eux. Et puis est née la collection Rouergue Noir avec la trilogie écossaise entre autre de Peter May. Et c’est comme cela que je me suis intéressée à Colin Niel. En plus le décor et le lieu de son roman n’était pas commun. Et oui, auteur de trois romans policiers situés en Guyane, Les Hamacs de carton (2012), Ce qui reste en forêt (2013) et Obia (2015), Colin Niel a reçu de nombreux prix littéraires, notamment le Prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2016 pour Obia

J’ai eu la chance de rencontrer quelques temps plus tard l’auteur lors d’une dédicace à la librairie Terminus Polar. Je lui est même pris son deuxième roman qui venait de sortir. Et depuis je le suis de près. Je l’ai rencontré aussi au salon Paris Polar où je lui ai pris Obia. J’avais fait, je me souviens, des petits articles sur ses 2 premiers romans, mais je les ai perdus lors de la migrations de ma page Facebook.

Il va donc falloir que je trouve le temps de les réécrire et de vous parler aussi d’Obia qui est une petite merveille.

Mais pour le moment c’est de son quatrième roman que j’aimerai vous parler, car c’est le chouchou de ma semaine.

Seules les bêtes, ne fait pas partie de la série guyanaise.

Non c’est ce que j’appellerai un polar rural. Un polar qui se passe dans un coin isolé de notre vaste province. Nous sommes ici sur un causse. Vaste et haut plateau calcaire du centre et du sud-ouest de la France, aride et creusé de profondes vallées, offrant de maigres pâturages à moutons. Sommes nous dans le Massif Central, Le causse noir; les causses de Larzac, de Rodez, du Quercy. Les étendues désertiques de la Champagne ou ailleurs, ça l’auteur ne nous le précise pas. Ce que l’on sait c’est qu’il y fait froid, que l’hiver est rude et que la neige recouvre le paysage.

Ici la vie est rude, les fermes sont isolées, le paysans est taiseux. Et il y a aussi le vent, ce vent qu’ici on appelle « la Tourmente »

Et c’est justement à travers ces hommes et ces femmes, ces caussenards que nous allons découvrir et vivre cette histoire. Ce roman choral va leur rendre la parole. Chacun va y dévoiler sa propre vérité. Chacun de son point de vue nous dressera un portrait de la victime, chacun ayant des choses tues, des secrets enfouies, des confidences clandestines.

Oui ce roman reflète l’humanité dans toute sa splendeur. Avec ses petites mesquineries, ses recoins sournois, ses errances et ses tréfonds insaisissables, ses profondes et insoupçonnées ténèbres.

Seules les bêtes, peut-être ic,i ont une âme.

Et je ne vous parlerai pas de l’intrigue parfaitement mener qui vous mènera, elle aussi, sur des terres inattendues d’un autre continent.

Vous l’aurez compris Seules les bêtes n’est pas seulement un  roman noir. Seules les bêtes c’est aussi un roman psychologique, un roman social, mais aussi un roman bouleversant, amer voir grinçant mais poignant bref un roman profondément humain.

 

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39 réflexions sur “Seules les bêtes de Colin Niel

  1. Putain, je le veux !! Pourtant, j’ai d’autres titres de l’auteur dans ma PAL, mais lui, dès que je le trouve chez mon dealer, je l’achète ! Et je le photocopie pour les copinautes ! 😆

    Et je sors, aussi, par la même occasion, mais pas avant de t’avoir dit que si je ne l’avais pas voulu, ton billet m’aurait fait changer d’avis 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Je n’ai lu que son premier roman, pour le moment, que j’avais beaucoup apprécié.
    J’irai lui acheter en direct aux QDP, j’étais déjà convaincu après la chronique de Pierre, tu ne fais qu’enfoncer le clou

    Aimé par 2 people

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