Trophée Anonym’us : Gaelle Perrin Guillet sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 17 janvier 2017

Gaelle Perrin Guillet sous le feu des questions

 

LES QUESTIONS DU BOSS

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

Il y a en priorité du plaisir, sinon il faut vite prendre rendez-vous chez le médecin ! Mais parfois oui, il y a de la douleur. Qui peut provenir de différentes choses : un texte qui ne correspond pas sur le papier à ce qu’on a dans la tête. Ou un texte qui sort de tes tripes et que tu as besoin de coucher sur le papier. là, ça peut être pire qu’un accouchement.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

Le besoin de raconter des histoires. De m’immerger moi-aussi dans autre chose que mon quotidien. de m’inventer une autre vie en l’écrivant.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

ça prouve que la littérature n’est pas morte ! (Bien que dans certains cas, certains l’assassinent en voulant écrire, mais c’est un autre sujet). Mais je déplore aussi cet « amas » de textes qui envahit les rayons (des libraires ou du net). Le lecteur est noyé sous des centaines de sorties chaque mois et il est de plus en plus dur de trouver des productions originales et il devient compliqué aussi pour l’auteur de se démarquer ou tout simplement se faire connaître. C’est à double tranchant.

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

Révolution ! Même si je reste très attachée au papier, je trouve que cette diversité est top ! Le numérique ne touche pas le même public que le papier (l’inverse est vrai aussi), on peut mettre plein de livres dans la liseuse quand on part en vacances (ce qui laisse de la place pour les maillots de bains…) et grâce au numérique, les gens qui ont des problèmes de vues ont un accès facilité. Ce qui n’est pas possible avec le papier. Sans parler de tous ces contenus enrichis qui font de la lecture numérique autre chose, plus ludique. J’achète !

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

Absolument. Je suis une facebook-addict et cela m’a permis de me faire connaître, de discuter avec des lecteurs et même de connaître certains de mes éditeurs. Les réseaux sociaux, c’est le bien !

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

J’ai anticipé un peu cette réponse plus haut. Et comme je le disais, il est dur de se faire connaître dans la masse d’auteurs présents. mais c’est le jeu ! Et ça permet aussi de se dépasser, de trouver de nouvelles techniques d’écritures pour se démarquer. C’est un peu un challenge qui n’est pas que désagréable.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

C’est un peu sado-maso ! On les aime et on les déteste en même temps ! En tant qu’auteur, j’ai un besoin viscéral de l’oeil de mon éditeur sur mon travail. Il a le recul que je n’ai pas. Et quand parfois, il touche là où ça fait mal, j’ai envie de le coller au mur en lui hurlant dessus. Mais je l’aime quand même !

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

La société a changé. Les femmes s’émancipent aussi bien dans leur vie que dans leur corps ou leurs pensées. Elles osent. Et avec brio !
Parfois, elles osent même plus que leurs homologues masculins. je ne saurais dire pourquoi, mais j’aime ça. Nous ne sommes pas des petites choses fragiles (bien que par moment, ce statut de sexe faible me plaise beaucoup !) et ça se ressent dans nos textes. Pourvu que ça dure !

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

Parce que je trouve le système de l’anonymat complet séduisant. il n’y a pas d’a priori, personne ne sait (à part Dieu !) qui a écrit quoi. Cela pimente un peu les choses. Et surtout cela permet aux petits jeunes dans le métier de se frotter à de grandes pointures. Sans avoir peur de la comparaison. Et ça, c’est intéressant !

LES QUESTIONS DE MADAME LOULOUTE

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

Toujours. C’est viscéral. Pas toujours très simple de tout gérer, c’est parfois du jonglage de haut niveau, mais c’est vital.

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

Pas toujours. Certains textes nous atteignent plus profondément quand on les écrit. Et c’est en général ceux qui remuent le plus l’auteur qui sont les meilleurs.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

Dans le mur ! mais on va dire qu’il en faut pour tous les goûts… Mais qui va lire tout ça ? Il nous faudrait cent vies !

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

La cicatrice de Bruce Lowery. Mon premier livre de « grand », lu à 13 ans. Et relu mille fois depuis.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ? Tu es sûre qu’on est obligé de choisir ?

Si on invite modération, les deux sont compatibles, non ?

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

L’humour. La déconne. Ne jamais se prendre au sérieux. sinon, on meurt.

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

Ecrire aide à faire vivre. Faire vivre des histoires différentes. réponse pas très originale, je sais. je ferai mieux la prochaine fois !

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

Lors d’une dédicace, un homme est passé devant moi, les yeux rivés sur la couverture de mon livre (un peu sanglante, je l’admets). regard à la couverture, regard sur moi. Il part, revient. Même manège. Repart, reviens. s’arrête et me regarde fixement en pointant du doigt le bouquin et me dit :

C’est vous qui écrivez ça ?

J’ai dû bafouiller un oui.

Ben vous ne le portez pas sur vous.

Et il est parti. Je ne sais toujours pas comment je dois le prendre !

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us. 

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