Trophée Anonym’us : Yannick Dubart sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 10 janvier 2017

Yannick Dubart sous le feu des questions

 
LES QUESTIONS DU BOSS
1. N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?
Le plaisir est majoritaire dans l’aventure. La création est vitale pour moi donc ne me donne aucune douleur sauf peut-être oculaire et dorsale devant l’ordi. La souffrance est dans le rejet de la part des éditeurs ou dans les séances de dédicace sans un lecteur alors que les auteurs à côté « vendent » bien.
2. Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?
Je suis une solitaire et me retrouver devant une feuille sur laquelle je peux mettre ce que je veux, c’est une sorte de jouissance. D’ailleurs, j’ai en tête pour mon troisième roman, le corps d’un mec sublime qui m’attend et sur lequel je vais pouvoir faire ce que je désire. Sinon, j’aime faire partager mes histoires. J’aime être aimée, adulée, je suis narcissique !
3. Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?
Pour moi, le risque est d’être noyée dans la masse. Sinon, il est vrai qu’en tant que lectrice, je suis un peu perdue dans les choix à faire. Pourtant cette pluralité permet à d’illustres inconnus d’être lus, c’est déjà pas mal.
4. Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?
Ces révolutions sont l’occasion de se faire entendre, bien sûr. Surtout quand on ne bénéficie d’aucune relation dans le monde de l’édition, ce qui est mon cas. Aussi, tout ce qui permet une plus grande ouverture culturelle n’est pas négligeable. Pour ma part, je ne suis pas assez ancienne dans le « métier » pour juger de la pérennité de ces changements. J’en espère pourtant beaucoup…
5. Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?
J’essaie d’utiliser ces moyens pour communiquer sur mon écriture mais je ne suis pas une pro en la matière. J’attends d’un éditeur qu’il fasse le maximum du travail de promo. Je ne sais qu’écrire. J’aime beaucoup les relations avec mes lecteurs même si pour le moment ils ne sont pas aussi nombreux que ceux de Barbara Abel.
6. On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?
Comme je débute dans le domaine, je ne peux pas me permettre de donner mon avis aux autres. Personnellement, je crois que c’est difficile de sortir du lot. Pourtant cela multiplie quand même les occasions de se faire « voir ». J’ai lu une fois qu’un bon auteur ne reste jamais inconnu. Bah oui, j’attends alors ! Cette masse ne doit donc pas être un frein à mon succès !
7. Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.
Pour le moment je travaille avec ma première éditrice qui commence aussi dans le métier. Je m’entends bien avec elle, les relations restent humaines. Bien sûr j’aimerais qu’elle réponde encore plus à mes demandes, elle le sait. Je suis consciente que son boulot n’est pas facile. Je serais heureuse de travailler avec les grandes maisons d’édition comme Albin Michel… Tout comme mon éditrice aimerait travailler avec F. Thilliez… Tout cela est logique ! J’ai perdu récemment mon angélisme.
8. J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.
Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?
Cette évolution est au diapason des changements sociaux. On reconnaît les mérites des femmes aussi dans le polar qui a longtemps eu une réputation de virilité. Etant une femme, je me sens concernée par cette question, bien sûr ! C’est vrai que j’aime beaucoup certains auteurs mâles, il y en a beaucoup car la société allait dans ce sens. Ça change, tant mieux. Je pense aussi que l’homme et la femme n’écrivent pas de la même façon. Ce n’est ni moins bien, ni mieux. Ils sont le produit d’un monde en mutation et leurs écrits en témoignent. Le talent n’a pas de sexe, la médiocrité non plus ! De nombreuses auteures me plaisent comme Karine Giebel, Barbara Abel, Gaëlle Perrin, de plus anciennes comme Ruth Rendell qui est mon modèle.
9. Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?
Par orgueil, défi. Pour utiliser les moyens cités dans les questions 2, 3 et 4. Et puis j’aime bien les figures imposées, ça permet de s’améliorer. La nouvelle est un bon exercice à cet égard. J’espère également rencontrer des gens intéressants par ce biais. Il faut dire que le principe est original et profitable pour les inconnus comme moi.
LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE
1. Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?
La première place, étant donné qu’après mon AVC, cela a été ma bouée de sauvetage. La famille doit s’y faire sinon c’est invivable à la maison. De toute façon, quand il y a réussite dans mes écrits, cela retombe sur mon mari et ma fille. Je suis à nouveau en super forme. C’est réellement thérapeutique ! Dans mon milieu professionnel, l’enseignement, ils sont tous au courant des vertus de mon « deuxième métier » : il y a les jaloux et ceux qui achètent mon livre !
2. A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?
Quand mes héros broient du noir, je suis heureuse car ça prouve qu’ils vivent. Quand je broie du noir c’est eux qui morflent !
3. La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?
Pour l’instant, je ne ferais pas partie de la rentrée littéraire. Je ne vais donc pas me noyer dans la masse. Mais il est vrai que j’aimerais un jour être une célébrité littéraire brillant dans le firmament des media. 560, ça fait énorme, sont-ils tous bons ? J’espère pour les lecteurs. Nous savons que certains sont nuls mais poussés par je ne sais quel démiurge de l’édition ! Qu’on me présente ces souverains, pour signer un contrat !
4. Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.
Le journal d’Asta de Ruth Rendell est le premier que je sortirais de mon placard. Une référence ! Maintenant chez les jeunes, j’apprécie beaucoup la plume de Nicolas Lebel. Sinon j’aimerais que l’on sorte mon premier roman des placards et des librairies ainsi que le suivant… Je suis allergique à la poussière !
5. Boire ou écrire, faut-il choisir ?
Il y a aussi fumer, faire l’amour, écrire, dépenser dans des shoppings d’enfer… Je n’aime pas choisir… Un de mes moindres défauts.
6. La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.
Le poivre, c’est la politique avec ces « vinaigrement » corrects ! Et la pauvreté qui casse tous les codes. La littérature devrait être plus abordable, c’est une façon de lutter contre les inégalités et les troubles en ce moment. Une des premières choses que fait un dictateur c’est supprimer l’histoire comme matière scolaire et brûler les bons livres !!
7. Lire aide à vivre. Et écrire ?
Écrire aide à mourir avec dignité.
8. Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?
« – Bon je suis venue dans ce salon mais je ne lis pas beaucoup alors… me sort une dame » « C’est vous l’auteur du livre ? » Comme si je dédicaçais les romans de Nothomb !!
Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.
C’est moi qui remercie pour cette aventure !!
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