Trophée Anonym’us : Florence Medina sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 6 décembre 2016

Florence Medina sous le feu des questions

Les questions du Boss.

 

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  • C’est plutôt quand je n’écris pas que je suis en vrac. Cela dit, j’ai écrit un truc qui m’a rendue malade une fois.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  • Dans Arab Jazz, Karim Miské dit d’un de ses personnages qu’il « s’oublier en absorbant l’entièreté du monde dans un récit ininterrompu écrit par d’autres. » Je suis comme ça avec les livres, les films, les séries, et puisque ça ne me suffit pas, j’écris pour barboter encore et toujours dans du récit.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • Pas grand chose.

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • Je n’ai pas encore essayé, que ce soit comme auteur ou comme lectrice…

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • Hum… Je fais partie des 5 non édités, alors mon actualité… Dans d’autres domaines, il m’est arrivé d’avoir à me vendre, à promouvoir des choses auxquelles je participais. Une catastrophe. Et une corvée. Quelques années plus tard, je l’ai fait pour des projets qui n’étaient pas les miens, pour donner un coup de main. Soudain, je décrochais un RV par coup de fil et j’ai même obtenu des subventions. C’est plus facile de vendre les copains que de se vendre soi-même.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

  • Il semblerait que je ne sois pas sortie de l’auberge…

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

  • Mon statut de « non édité » n’a malheureusement pas bougé d’un poil depuis la question 5… Pour le moment, c’est en mode « Je t’aime, moi non plus. »

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

  • Euh… je ne pense pas à ça quand je chope un livre. Mais puisqu’on parle « filles », j’aime bien Manotti, Langaney, Vargas, Marpeau. J.C. Oates aussi, parfois. Il y a très très longtemps, j’ai commencé avec Agatha Christie. Et là, la dernière en date que j’ai découverte, c’est Maud Mayeras.

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

  • Pourquoi met-on les doigts dans la prise ?

Il m’a semblé que c’était l’occasion d’écrire, de se faire des potes et de se marrer. Et puis, c’est Anouk qui nous a présentés, alors… Mais bon, depuis, il m’arrive de penser que j’aurais pu/dû rester peinarde dans mon coin.

Les questions de Mme Louloute.

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • J’ai barré les mentions inutiles. Parfois, partir bosser le matin est un crève-cœur parce que j’ai envie de rester écrire, mais en fait, le travail est une respiration salutaire dans l’écriture. Ne le dites pas à ma patronne, elle croit que c’est l’inverse…

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • Ben oui, justement.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

  • Où tu veux, du moment qu’il y a la mer…

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • Avant la nuit, de Reinaldo Arenas.

  • Habibi, de Craig Thompson.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Même pas.

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • Lequel ? Noir ? Blanc ? Rose ?

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

  • Complique un peu, parfois. Mais aussi démange, fait décoller, fait chier, décuple les capacités respiratoires…

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • Ben, non, rien, à part que je squatte Lamballe et Noir sur la Ville (et ses organisateurs, et pas que pendant le festival…) depuis que j’y ai gagné un concours de nouvelles en 2014.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

  • Merci aussi. Au plaisir de vous voir « peau », comme disent les sourds !

 

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