Trophée Anonym’us : Jérémy Bouquin sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 29 novembre 2016

Jérémy Bouquin sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  • Il y a des moments dans l’écriture qui, vite, deviennent « fatigant ». Tu sais la vingt-troisième relecture/correction du texte et où tu te dis… c’est terriblement nul !
    Le doute quoi.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  • Raconter des histoires, raconter des personnages, des situations.

 

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • C’est rassurant.

    Une société « du spectacle permanent », des quinze minutes de célébrité…. de l’image « photoshopée », du 150 signes qui gazouillent, du Facebook – Bref notre société de dégénérés qui, malgré tout, souhaite encore écrire

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • Je lis toujours, que cela soit sur tablette, sur mon téléphone, sur papier. Cela change juste notre rapport à la lecture. Je vais lire plus de nouvelles, je découvre plus de BD, je vais plus facilement lire la presse, je vais devenir curieux. J’aime.

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative. Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • Je suis un jeune auteur. La promotion est pauvre. Beaucoup de livres sortent, peu font l’objet d’un article. Je crois que l’auteur de 2016 n’est plus l’auteur d’un éditeur, d’un seul journal. Il peut, au travers cette « auto-célébration numérique permanente », décliner son travail, démultiplier ses supports et promouvoir son travail auprès de sa communauté…

    6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

    • Là encore, je crois que l’édition évolue en permanence. Tout est affaire d’économie. Avant, les histoires paraissaient dans les journaux, en feuilleton. Puis il y a eu les livres, les poches, le numérique…. bientôt le livre à la demande, le feuilleton numérique sur smartphone…

    7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

    • L’éditeur, c’est le premier lecteur, celui qui va accepter, accompagner, voire corriger…. un producteur de livres qui va engager des fonds pour imprimer, distribuer bref faire vivre l’objet.

      J’ai plusieurs éditeurs et je tente, à chaque fois, de rester à ma place. Juste savoir dire quand modifier, c’est trahir.

    8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

    Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

    • Nadine Monfils, Manotti, Loubière, Rendell, Hayder, Vargas… oui il y a et je lis des polars de femmes

    Ma compagne lit plus que moi. Elle dévore. Elle bouffe du polar par paquet de 10. Des durs, des violents, des trashs… les lecteurs sont souvent des femmes, on le voit bien dans les salons, lors des dédicaces.

    Comme ailleurs (peinture, dessin, musique…) ce qui est étrange dans le polar, c’est la place des femmes, certes importante, mais jamais plus importante que celle des hommes.

    Les garçons sont certainement plus paresseux. Ils ont plus de temps, s’occupent pas des mômes, de la maison… Ils n’ont que cela à foutre, d’écrire !

    9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

    • J’aime écrire des nouvelles, l’exercice, le laboratoire stylistique, tester des trucs.

    J’aime surtout l’idée d’être confronté aux autres, de lire ce qu’ils ont produit.

     

LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE.

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • C’est peut-être ce qui explique pourquoi ce sont plus des hommes que des femmes qui…. (je rigole encore que…)

Après j’ai pas vraiment d’autres passions, je sors pas, peu de cinoche…

 

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • C’est un exutoire, un exercice aussi de description de la société, jouer avec nos peurs. Comme raconter des histoires qui font peur, un soir d’hiver entre potes.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

  • A vrai dire, m’en fous.

    Personne, ni même les journalistes les lisent. Je ne crois pas en tout cela. L’idée de vivre de l’écriture me dépasse. Tout le monde à le droit de raconter des histoires, même des merdes. J’en écris tout le temps.

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • J’écrase 5000 signes par jour en moyenne… presque deux à trois manuscrits par an.

    Il y a de la merde, à 90%. C’est sûr !

    Je suis pas adepte de l’auto-édition.

    Je préfère proposer aux éditeurs. Qu’ils me disent ce qu’ils en pensent (quand ils jouent le jeu…), qu’ils prennent le « risque » de me sortir.

    Écrire est un « sport » auto-centré, il faut un lecteur, un avis critique. Je refuse de payer pour me publier.

 

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Je ne bois pas…. je ne fume pas non plus. Je suis quelqu’un de très chiant dans la vie.

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • Je préfère les sucreries 😉

    Oui, écrire c’est donner du poils à gratter, arracher la croûte, saler les cicatrices, infecter les réflexions. Éclairer le plafonnier mental – envisager de voir autrement nos contemporains. Interroger l’idiotie permanente.

 

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

  • Aussi.

Écrire ou inventer des histoires, des films, des séries TV, de la musique aide à vivre.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • « Bouquin, c’est vot’ vrai nom ? Oui ! C’était prédestiné ! »

    • Je ne peux plus entendre cette réplique. Et pourtant, j’y réponds toujours. Avec le sourire.

    Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

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