Trophée Anonym’us : Ciceron Angledroit – Sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 15 novembre 2016

Ciceron Angledroit – Sous le feu des questions

 

LES QUESTIONS DU BOSS

N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  • Je ne parlerais pas de plaisir à proprement parler mais plutôt de besoin d’écrire. Une certaine « souffrance » (relative) apparait au mot « fin »… quand je quitte mes personnages (récurrents)… 

Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  • J’ai du mal à répondre à cette question…c’est un besoin ancré de longue date que j’analyse mal. Peut-être un moyen de recadrer mes ressentis sur la réalité, d’exprimer des revendications, de m’ouvrir une tribune. 

Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • C’est sûrement salutaire mais, en même temps, ça banalise l’acte d’écrire et, trop souvent, favorise une certaine médiocrité qui finit par « abrutir » le lecteur.  

Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • Faut vivre avec son temps même si ça rend, à mon avis, moins lisible le fait d’écrire… une banalisation dans laquelle on se noie.

Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • J’adore échanger directement et, pour l’heure, je suis bien servi par un éditeur qui ne fait strictement rien. Mais je suis très béotien en la matière et, hormis facebook (dont je ne maîtrise pas tout), j’ai des progrès à faire pour ma communication. 

On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

  • Je n’ai guère ce souci, personnellement, car j’écris plus pour ceux qui me lisent (et pour moi) que pour la postérité…je préfère plaire à peu que vendre à tout le monde…Les choses arrivent souvent quand on ne les attend pas. Je n’ai donc aucune stratégie.

  Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

  • Pas facile à dire. Je quitte un éditeur peu impliqué pour découvrir une « vraie » maison d’édition. Et tout se passe très bien…

  J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

 Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

  • Je lis peu car je suis pollué par un œil critique. Les femmes constituent l’essentiel du lectorat, il est donc tout naturel de les voir écrire. Le polar est souvent un véhicule pour faire du « sociétal ».

  Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

  • Je suis peu coutumier des challenges que je trouve, par ailleurs, trop nombreux….Mais comme l’occasion de participer à celui-ci qui se trouve, en outre, être très motivant et de qualité, je fonce… y’a plus qu’à   !

 

LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE

 Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?
  • Faut un peu jongler et compartimenter… j’ai la chance de n’avoir plus d’activité professionnelle depuis peu…et ça libère du temps (et pas que pour écrire).

  

A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • Mes héros ne broient pas du noir… Un est spécialisé dans le rose et l’autre dans le jaune…

La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

  • Mon avis est que les dés sont pipés. Les « beaujolais nouveaux du livre » raflent tout grâce à une communication bien plus marketing que littéraire et un lectorat grégaire qui ne s’en écarte pas.

Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • « y’a une vie avant la mort »…

Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Pour moi, pas de choix ! Je bois du café en écrivant… ça a toujours été comme-ça depuis mes rédactions du collège

La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • Le ciné, l’air léger du printemps dans les narines….

 

Lire aide à vivre. Et écrire ?

 … à moins mourir …. (je parie qu’on va être nombreux à répondre un truc dans l’genre  )

Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • Les questions rituelles : 

               — C’est vous qui les écrivez ? » 

               — « C’est où qu’on les trouve ?

 

               Et le must (nouveauté de dimanche dernier)

              —  «vous êtes là quand ? » (alors que j’étais devant la dame) 

 Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

  • C’est moi qui vous remercie…… Bravo !!!!
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