Ces dames du noir 10 : Dialogue entre bibliothécaires

CONVERSATION ENTRE UNE BIBLIOTHÉCAIRE ET UNE AUTRE BIBLIOTHÉCAIRE.

J’ai la chance aujourd’hui d’accueillir une bibliothécaire qui se démène dans sa petite ville pour faire vivre sa bibliothèque.

Surtout qu’au printemps dernier celle-ci a été inondée lors de la grande crue de la Seine.

Mais Florence Couvreur Neu n’est pas femme à se laisser abattre. Elle s’est retroussé les manches et tout est reparti.

Allez, je vous laisse la découvrir.

  floGVL :  Bonjour Florence, pourrais-tu te présenter brièvement.

Florence : 49 ans – bibliothécaire – 1 homme, 1 fils, 1 chat

GVL OK et doù viens-tu ?

FCN : Seine et Marnaise pur jus de betterave ! mais avec un morceau de mon cœur à Noirmoutier

GVL : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

FCN : Importante ! Tout le monde lit, beaucoup et dans la variété

GVL Et…  Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

C’était naturel et ça le reste. Les livres font partie du quotidien

GVL :   Qu’elle a été ta formation ?

Etudes de lettres + CAFB Jeunesse. Un détour par une boite d’informatique pour bibliothèque pendant 5 ans…+ une formation continue INSET/INET

GVL : pour les non initiés le CAFB c’est « Le Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire », C’était un diplôme professionnel d’État, délivré par le ministre de l’Éducation nationale et accessible aux bacheliers. le diplôme vise à sanctionner « la formation professionnelle des candidats qui se destinent à la gestion des bibliothèques de moyenne importance. Le CAFB n’a pas survécu aux grandes réformes statutaires de l’après-décentralisation. Il n’en a pas moins joué un rôle historique dans la professionnalisation des bibliothécaires français.

Heu INET, INSET , kézako ?

FCN : INET c’estun institut du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFP), et sa mission est de former les cadres de direction des grandes collectivités …Les INSET : Instituts nationaux spécialisés d’études territoriales. L’institut national des études territoriales est une grande école du service public.

GVL : Merci pour ces précisions…Bon revenant à toi Florence. Ton boulot, vocation ou bien ?

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Florence et ses collègues sauvant ce qui peut l’être lors de l’inondation de la bibliothèque de Nemours

FCN  : Vocation pas de doute.

GVL : Bon ok, il n’y a pas de doute là  ! Alors pourquoi le polar ?

Parce qu’il y a TOUT dedans


GVL Et, tu lis tous les jours du polar ? 

FCN : Non. D’ailleurs je ne lis plus assez hélas. Je lis de tout même si polar, BD et fantasy sont mes hits

GVL Du coup… Combien par semaine, par moi, par ans.

FCN : Finalement, je lis entre 30 et 50 livres par an sans compter BD et livres pour enfants

GVL : Dis moi Florence, comment on décide de devenir bibliothécaire ?

FCN : Pur hasard (merci les filles !) et c’est devenu évident dès le premier jour de cours au CAFB

GVL :   Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier

FCN : L’Eclectisme

GVL : Tiens oui…moi je dis souvent « curiosité » 

FCN : C’est, aussi,  un mot qui définie bien notre métier

 

GVL : Bon, Florence, que pense-tu de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?

FCN : C’est super : riche, de qualité, varié, abondant (trop ?). Ce n’est plus du tout un « mauvais genre »

GVL : J’aime te l’entendre dire ! 

Maintenant …Ton écrivain préféré et cinq romans que tu nous conseilles !

FCN : Écrivain de polar préféré ? Joker y’en a tellement et 5 titres, difficile de choisir, donc les 1ers qui me viennent :

Nécropolis de Lieberman. La glace noire de Connelly. Tatouage de Montalban.

Les 10/18 grands détectives (presque tous ! Je triche ? Naaan),

L’affaire du pendu de Aspe…

Et des tas d’autres…

floNew York, la «cité des morts», regorge de crimes atroces et de fous dangereux. Paul Konig, médecin légiste, règne sur une morgue où défilent cadavres, enquêteurs et familles en deuil. Autopsiant, disséquant, analysant chaque indice sur les macabres dépouilles qui lui sont confiées, il observe la terreur qui baigne la ville… Une ville dans laquelle sa fille, Lolly, a mystérieusement disparu depuis quelques mois.

«On amène des civières; on sort des sacs de grosse toile. La «tournée du boucher», comme disent les flics.»

Herbert Lieberman atteint le sommet du roman noir – âmes sensibles s’abstenir. Auteur de nombreux polars publiés en Points, Herbert Lieberman obtient le Grand Prix de littérature policière en 1978, pour Nécropolis.

 

floDans la chambre de motel où l’officier des Narcotics, Cal Moore, est retrouvé mort, l’inspecteur du LAPD Harry Bosch se fait éconduire par sa hiérarchie : l’homme s’est suicidé, affaire classée. Mais Bosch n’y croit pas une seconde : certes, les faits sont bel et bien là mais, pour l’inspecteur, seul le lien entre eux compte. Détail troublant, on découvre dans la voiture de Moore un mot que celui-ci lui a clairement destiné. Et les choses se corsent rapidement : Harry Bosch se retrouve face à des meurtres liés à un trafic de drogue qui court d’Hollywood Boulevard jusqu’à de lugubres contre-allées au sud de la frontière avec le Mexique. Se noue alors un dialogue fascinant entre Moore et Bosch, avec pour fil conducteur la «glace noire», une drogue nouvelle et très recherchée. Bosch comprend vite qu’il risque gros.

«Ils t’ont parlé de la black ice, la glace noire ?»

Né en 1957, Michael Connelly, maître incontesté du polar américain, est notamment l’auteur du Poète et de Créance de sang, porté à l’écran par Clint Eastwood. Avec ce deuxième ouvrage, Michael Connelly confirme le talent qui lui a valu le prestigieux Edgar du premier roman policier pour Les Égouts de Los Angeles.

floLe noyé est sans visage : les poissons le lui ont dévoré. Seul signe distinctif, ce tatouage : «Né pour révolutionner l’enfer.» La phrase sonne comme un avertissement. Le détective Pepe Carvalho aurait dû y prendre garde. À la recherche de l’identité du cadavre anonyme, son enquête le mène des rues de Barcelone au quartier rouge d’Amsterdam… où il va peu à peu comprendre le sens du message.

Né en 1939 à Barcelone et mort en 2003, Manuel Vázquez Montalbán fut journaliste, critique gastronomique, poète, essayiste et romancier. Tatouage est la première aventure du détective catalan Pepe Carvalho ; ce dernier apparaît dans une vingtaine de romans

«Quand il n’était encore qu’un poète admirateur d’Ezra Pound et de T. S. Eliot, Manuel Vázquez Montalbán fit un jour le pari d’écrire en quinze jours un polar à l’américaine. Pari gagné : la première aventure de Pépé Carvalho venait de naître. C’est aussi la plus simple et la plus belle. Parce qu’il tire son nom d’une vieille complainte de marin et qu’il nous parle d’un jeune homme mort d’avoir tatoué sur son dos « Né pour révolutionner l’enfer », Tatouage fait planer un peu de Stevenson sur Barcelone. Superbe.» Patrick Raynal, Le Monde

floLa canicule qui s’abat sur Bruges invite ses habitants au farniente. Même le commissaire Van In et sa compagne Hannelore, juge d’instruction de son état, aspirent au repos. La découverte d’un carnage dans une villa des quartiers huppés va bousculer leurs plans. Une mère et ses deux enfants ont été sauvagement assassinés. Le mari, principal suspect, est retrouvé… au bout d’une corde ! Un drame familial, à première vue, mais Van In, qui a connu le présumé coupable, a des doutes… et des sueurs froides, malgré la chaleur.

Un des meilleurs suspenses de Pieter Aspe, maître du polar flamand et père du désormais célèbre commissaire Van In, dont les nouvelles aventures mêlent humour, sexe et bonne chère sur fond de secrets politiques.

«Après Hercule Poirot et Jules Maigret, Wallons perspicaces, félicitons l’inspecteur Van In, Flamand malin, pour porter haut les couleurs de la Belgique, ainsi réunifiée par la grâce du roman policier.» L’Express

GVL : Dis moi !  Comment vois-tu l’avenir de ton métier en général ? Quelles évolutions ?

FCN : Ouh la la…. Vaste programme y’a débat, mais on devient des animateurs, des médiateurs, et des gestionnaires/concepteurs de projets culturels.

Je n’arrête là  et je ne rentre pas dans la polémique,car pour bien répondre à ta question il nous faudrait au moins 3 heures devant nous.

GVL : Et  comment vois -tu l’avenir du livre en particulier ?

FNC : J’ai confiance. Bizarrement

GVL : Qu’elle est ta position par rapport au numérique ?

FNC : Et bien, je suis Pour.

Le papier et le numérique cohabiteront longtemps car ils sont complémentaires

J’en suis persuadée.

GVL : As-tu participé à des concours, des prix ; à organisation d’un salon? As-tu étais jurée ? Participé à des émissions radio, TV, interview …Si oui pour qui, pour quel prix, quel média …et pourquoi ?

FCN : J’ai organisé le 1er salon du Livre de Nemours « Autour du polar » en 2016 et on recommence début 2017. Entre commande de la ville et défi personnel, une belle aventure

GVL:  Comment on en vient à organiser un Salon du polar. Et comment ça s’organise ?

14517564_1118034608261948_4331789475246228871_nFCN : Alors organiser un salon, surtout un premier avec un budget limité et pas la main sur la comm. c’est assez acrobatique. Dieu merci, on active le réseau, les adresses d’auteurs, les auteurs qu’on connait et qui, MERCI Jacques Saussey,  te ramène leurs amis et un certain Franck Thilliez, petit mec du nord qui ira loin. Comme on est bibliothécaires, on connait aussi tous les auteurs locaux, on part sur tous les salons de la région et d’ailleurs (Cosnes sur Loire, Vendée, etc…) faire la retape sans aucun dossier de presse et pour cause c’est le premier, mais avec une note d’intention et un grand sourire et le courage au coeur

On connait aussi les libraires indépendant qui eux aussi ont des réseaux et on s’appuie les uns sur les autres

On diffuse sur les réseaux sociaux, on tanne Livres Hebdo, 813 et la bilipo

On fait la connaissance des readers.

GVL : Je vois le genre. La communauté du petit monde du polar…

FCN : Oui c’est important les réseaux mais ça ne suffit pas. Alors on compte et on recompte les sous, les hébergements possibles, la restauration, les tables, les chaises… on ne peut pas rester à aménager la salle après 18h, on revient dès qu’on peut

et pis le must, ton équipe, toute nouvellement constituée (2 sur 6 arrivée depuis 1 semaine) te suit, t’épaule t’aide, et ça roule ! et là, c’est génial.

GVL : ça doit effectivement être un projet génial à porter.

FCN : Oui, je te le confirme. ET…Comme on est bibliothécaire, un salon pour un salon, c’est pas suffisant, alors en plus on programme des conférences, un spectacle, bref notre quotidien pour faire vivre le livre, la lecture et les lecteurs.

Là, avec le dossier de presse et le bilan chiffré, financier et qualité du 1er, je suis en train de monter des dossiers de demande de mécénats pour les entreprises locales : le buffet, les boissons, les nappes, la communication.

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GVL : Mais tu sais que tu es géniale, toi ! Tu nous prépares donc un deuxième opus ?

FCN : Oui, je t’en reparlerai d’ici peu.

GVL : Juste la date et le parrain ? Une petite indiscrétion ?

FCN : Bon la date oui, ça va arriver vite puisque c’est mi janvier, le 14 , notez la date.

Le parrain, ça c’est tout neuf, mais tu le sais déjà. J’aimerai que ce soit Ian Manook. Et il se peut que ce soit Ian Manook.

GVL :Je prends ! Rhaaa, cool, je savais qu’il allait accepter.   Mais en attendant, tu peux diffuser, enfin me donner quelques chiffres !

Le nombre d’auteurs ? Les partenaires ?

La fréquentation ?

FCN : Alors de mémoire :56 auteurs 7 editeurs 1 libraire partenaire radio locale partenaire et plus de 1000 entrées 90 personnes pour les conférences 45 chaque et 80 personnes à la contée de clôture.

Budget 6000 euros tout compris

Dont 3300 de moments :créa graphique impression foyers affiche et sac à baguette. Comm, Flyers…

Le reste  a été pour les repas ; l’hébergement, les fournitures diverses,  contée conférence et  la rétribution de l’invite d’honneur. Ah oui, le transports pour certains…

Enfin tout cela, tout cela.

  GVL : Une anecdote à nous raconter ?

Oh, il y en a tellement, avant, pendant et même après. Alors, non… Je ne peux pas choisir.

GVL : Du coup…Un coup de gueule à lancer ?

Non, je râle tout le temps, mais je suis de bonne composition.

GVL : C’est ton dernier mot ?

FCN : Oui

GVL : Je ne t’embête plus et te libère et te rend à tes diverses tâches. Mais tu es sûre. Tu n’as rien à rajouter ?

FCN : Si

LISEZ !

Vous pouvez aussi lire ici mon petit compte rendu du salon polar  organisé par Florence ICI

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4 réflexions sur “Ces dames du noir 10 : Dialogue entre bibliothécaires

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