Dedans ce sont des loups de Stéphane Jolibert

Collectif Kris

  97827024425860-3015931Le livre : Dedans ce sont des loups de Stéphane Jolibert. Paru le 6 janvier 2016 au Editions du Masque. 19€ ;  (279 p.) ; 23 x 14 cm

4ème de couv
Quelque part au Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus, hôtel, bar et bordel. La clientèle qui s’y rassemble pour s’abîmer d’alcool, de sexe et de violences se compose essentiellement de repris de justice, d’hommes aux passés sales reconvertis en bûcherons.

Au Terminus aucune règle n’existe en dehors de celles du grand patron dont personne ne connaît ni le visage ni le nom. L’une d’elles édicté qu’ici on ne touche pas aux filles autrement qu’avec respect, à défaut de tendresse. La suivante impose de se plier aux ordres du contremaître et à ceux de son subalterne, à moins, bien sûr, d’éprouver le désir de se faire fracasser la mâchoire ou brûler les doigts.

Nats, le garde-putes du Terminus, se plie à toutes, fait son boulot avec application jusqu’au jour ou débarque Sean sous les traits duquel il croit reconnaître son ancien tortionnaire. Dès lors, tandis que toujours la neige efface le moindre relief du paysage, tandis que Sarah interrompt la routine de son quotidien, que Twigs la levrette cherche un mort perdu pendant une nuit d’ivresse, l’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.

229664683_b977661563z-1_20160124155434_000_ge16078bo-2-0L’auteur : Stéphane Jolibert a grandi au Sénégal et a étudié à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne avant de bourlinguer de longues années du côté du Pacifique Sud où il a exercé le métier de directeur artistique. Il s’établit à Paris à la fin des années 2000, il y enseigne la communication visuelle et la sémiologie de l’image. Il y rencontre celle qui deviendra sa femme ainsi que l’envie d’écrire. Il vit et travaille aujourd’hui quelque part près de la Belgique. Dedans ce sont des loups est son premier roman.

 

Extrait :
Tentant de s’en éloigner, il reproduisait, sans en avoir conscience, le schéma de son enfance. Le comportement du paternel et de la fratrie dans laquelle il avait grandi. Pour obtenir l’attention du chef de famille, il fallait écraser chacun des frères. Il était le cadet et aucun des autres n’aurait laissé sa place au plus petit. Alors se battre. Alors la prendre de force. Alors ne pas pleurer, même si roué de coups. Alors ruminer, freiner son impatience en attendant que les années passent, en attendant que la vie développe ce corps d’enfant, d’adolescent, et cogner de plus en plus dur.

 

CM16

Le résumé et le petit avis de Kris :

Un univers gelé, sous la neige huit mois sur douze, quelque part au-delà de la frontière au nord, aux confins du monde civilisé. Dans ce monde où le bruit des arbres et des bêtes est tamisé par le poids de la neige, il y a le vieux Tom, qui a perdu ses jambes et distille de l’alcool dans son laboratoire clandestin. Il y a Nats, qui livre la gnôle entre la ferme de Tom et le Terminus, le bar-hôtel-bordel sur la route déserte qui mène à la ville lointaine. Il y a Sarah la rousse, qui émeut Nats au-delà du rationnel, il y a l’Irlandais, le contremaître, Leïla la prostituée et le mécano Twigs la Levrette. Et puis Marthe qui subit la violence de son mari alcoolique. Tout ce monde-là survit, malgré la neige et les coups durs, parce qu’il n’y a pas d’autre endroit où aller. Tous luttent contre les loups, tous les loups, quels qu’ils soient. Aux confins du Grand Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus : hôtel, bar et bordel. Nul ne sait à qui appartiennent les lieux, mais ici se réfugie la lie de l’humanité et ici s’épanouissent les plus bas instincts. Dans ce milieu hostile, Nats fait son boulot avec application, jusqu’au jour où débarque un homme au visage familier, et avec lui, une flopée de mauvais souvenirs. Dès lors, tandis que la neige efface le moindre relief du paysage. Tandis que la beauté de Sarah chamboule son quotidien. Tandis que le vieux Tom lui raconte le temps où les loups tenaient les chiens à distance. L’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.

Un premier roman noir aux confins du Grand Nord, inspiré de Richard Brautigan et de Jim Harrison.


dedans-loups-stephane-jolibert-l-i1zeyy-235x190Dedans ce sont des loups
– Stéphane Jolibert
Beaucoup mais beaucoup aimé.
Un roman fort, univers rude, un hymne aux femmes, surtout celles malmenées par la vie. Un auteur très prometteur.

Extrait 2 :
Il ne serait venu à l’idée de personne de braquer le percepteur. Ce que le contremaître pouvait développer comme imagination pour punir un imprudent n’était rien en comparaison de celle du grand patron.
On racontait qu’un fou s’y était essayé. Quelques jours plus tard, à l’aube, sur une estrade élevée toute exprès pour ça, devant le Terminus, les bûcherons avaient découvert à leur réveil un homme en cage. A côté de lui, son larcin reposait dans un sac ; plus loin gisait le bras qui lui manquait désormais au corps. Face à lui, un loup adulte montrait les crocs. L’imprudent ne saignait pas, il avait été suturé, soigné à la suite de son amputation. Aussi, il assista, impuissant, au festin de sa propre chair, et bientôt, le loup eut de nouveau faim
.
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