Trophée Anonym’us : Stéphanie Clemente – sous le feu des questions

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Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 4 octobre 2016

Stéphanie Clemente, sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS.

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  •  Adolescente, j’écrivais déjà des textes qui restaient dans mes tiroirs et à cette époque, l’écriture était un juste équilibre entre le besoin d’exprimer un mal être et le plaisir des mots.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  •  Je crois que le fait de lire beaucoup depuis mon enfance et certains traits de mon caractère ont fait que j’ai toujours eu envie d’écrire, comme si chercher en permanence à mettre des mots sur tout était nécessaire à mon équilibre.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • Disons que c’est une façon de rendre l’écriture accessible à tous.Maintenant, est-ce que tout le monde est fait pour écrire, c’est un vaste débat.En tous cas, personne ne force les gens à acheter un livre et il en faut pour tous les goûts…Tout est bon pour développer le goût de la lecture, quelle qu’elle soit, même si on peut s’inquiéter du succès de certaines.

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • Je pense que c’est un plus, qu’il faut « vivre avec son temps » et promouvoir les livres qui semblent souffrir d’un manque d’intérêt croissant.Adapter la lecture à toutes les générations est une nécessité.

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • Je pourrai peut-être répondre à cette question dans une prochaine vie, quand je sortirai un bouquin. En attendant, il me semble que chacun devrait exploiter ses compétences et ne pas trop s’éparpiller.Bien sûr, que l’auteur participe à la promotion de ses livres, si cela reste dans le domaine du plaisir et de l’échange avec les lecteurs, c’est bien, mais si cela devient une charge de travail supplémentaire pour lui, c’est une autre histoire.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

  • C’est vrai que le monde du livre est devenu une jungle et pour se jeter dedans, il faut être courageux mais « qui ne tente rien n’a rien » et je suppose que les jeunes auteurs qui se lancent le font en connaissance de cause et savent à quoi s’en tenir.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

  • Je n’en entretiens pas mais quelque chose me dit que si c’était le cas, rien ne serait facile.

    En tous cas, je suis partante pour lire le compte-rendu d’une psychanalyse de ce genre.

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui Lesquelles ?

  • Je trouve que c’est une bonne chose et c’est une barrière de plus qui tombe.La violence née de l’imagination créative peut tout aussi bien naître dans un cerveau féminin que masculin.Je connais peu encore le polar féminin mais j’ai lu Sandrine Collette,Maud Mayeras,Muriel Houri et j’ai aimé.

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

  • Lorsqu’on m’a parlé de cette aventure, je l’ai trouvée séduisante, tout comme les modalités du concours.Un jury qui sélectionne des textes à l’aveugle, sans à priori,objectivement,en donnant de ce fait les mêmes chances à tous les participants, du plus connu au plus anonyme,c’est un peu moins intimidant je trouve(pour les anonymes).C’est une forme de justice littéraire qui devrait se développer d’ailleurs.

LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE.

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • Pour ma part,on peut déjà enlever les salons et les dédicaces,ce qui me laisse pas mal de temps. Oui, contrairement à la lecture, l’écriture n’est pas un besoin qui s’impose pendant des heures donc j’ai toujours des moments, la plupart du temps spontanés, à lui accorder.

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • Oui, et même quand ils broient des gens d’ailleurs.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

  • Heu…Vers la déforestation…J’ai bon ?

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • Le choix est difficile mais puisqu’il le faut, ce sera la suite romanesque d’Henri Troyat« La lumière des Justes », qui m’a transportée, à chaque fois que j’ai plongé dans ses pages.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Pourquoi ne pas faire les deux?Il faut juste choisir le bon ordre, avoir conscience de ce qu’on peut faire avec ou sans aucune modération et faire gaffe de ne pas renverser le… le papier sur le verre de vin (à moins que ce soit le contraire?)Hips!

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • La musique.

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

  • C’est pareil, ça permet aussi de vivre mieux dans d’autres vies.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • Pas d’anecdote car pas de salons mais j’ai participé à une sympathique initiative partagée entre amoureux des livres, qui consistait à déposer un bouquin quelque part avec un petit mot à l’intérieur pour expliquer que le but était de le lire puis le faire voyager (dans un magasin, dans un photomaton, au restaurant, chez le coiffeur etc.) .J’ai laissé à cette époque un roman que j’avais beaucoup aimé dans la salle de repos de la maison de retraite où réside ma grand-mère…le lendemain, le livre avait disparu.J’ignore où il se trouve aujourd’hui mais l’idée qu’il voyage encore me séduit.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

  • Merci aux organisateurs du trophée pour cette belle idée.Pour moi,ce sera forcément une expérience enrichissante.

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