Apéro polar : Rencontre croisée avec Martine Nougué et Nicolas Lebel. Tome 3

 

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Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour la suite de ce nouvel apéro polar.

J’ai eu la chance de recevoir deux auteurs qui ont su dès leur tout premier roman me convaincre de manière irréversible. Je veux parler de Martine Nougué et de Nicolas Lebel. 

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J’ai retrouvé dans les Belges reconnaissants les même sensations de lecture qu’avec L’heure des fous. Le même plaisir de lecture.

 Donc vous l’avez compris nous allons poursuivre notre conversation. Conversation au demeurant passionnante.

Et si vous avez raté le début, as de panique vous pouvez retrouver le tome 1 de l’apéro polar avec Martine et Nicolas ICI 

Le tome 2

Allez, on reprend notre conversation.

Moi GVL : Nous parlons de vos personnages, Nicolas les tiens sont récurrents, Martine, tes lecteurs espèrent retrouver Pénélope et ses amis. Mais comment fait-on évoluer des personnages que l’on retrouve d’un polar à un autres ? Martine ?

Martine Nougué : C’était pas spécialement mon propos initial. J’ai écrit un polar, enfin un roman un peu par hasard. Enfin ‘était une suite logique des chose, un aboutissement mais je ne me suis pas dit, un matin, « tiens je vais me lancer dans une série de polars.  » . Mais voilà, Pénélope Cissé et Luigi sont nés et il se trouve que le roman a eu un accueille qui me surprend encore. Les personnages ont plus. Alors devant la question des lecteur; et Pénélope qu’est ce qu’elle devient, je me suis moi aussi posé la question. Car ces encouragements c’est une stimulation incroyable. Et alors l’inconscient se met en branle et puis voilà je sais que Pénélope va continuer à vivre. Et effectivement, il y a un autre roman en préparation. Comme je le disais en aparté tout à l’heure à Nicolas : « Ne me poussez pas, écrire des romans, c’était un projet pour ma retraite. » Il se trouve que j’ai un peu anticipé les choses mais j’ai pas non plus envie. La deuxième histoire mûrît, elle est dans ma tête et je vis quelque part tous les jours avec Pénélope.

Avec Pénélope Cissé mais aussi avec mon pays là-bas. Avec à la fois les étangs du bassin de Thot, mes garrigues et ce coin de Sénégal où je retourne régulièrement. je suis entre les deux pays. Et ça me permet de travailler tous les jours et l’histoire s’écrit. Donc au bout d’un moment, on se met au bureau, on fait un scénario, machin… Et puis on écrit un peu. Bon, Pénélope, elle est là, elle est présente.

Et c’est ça qui fait que c’est un peu comme une espèce de magie incroyable que j’ai découverte avec ce premier roman. Comment un personnage que l’on a façonné, peut à ce point vous habiter, peut vous porter ? C’est vraiment très très étonnant. Enfin c’est une sensation dont je me déleste tous les jours,

Alors je sais pas si c’est la même chose pour toi Nicolas, mais quand tu faisais un bon mot, tu rigoles ! Et bien moi je rigole aussi. Quand j’entends dans le métro un truc que va dire, Marceline un des autres personnages,du prochain roman. ça c’est ce qu’elle va dire à Pénélope à un certain moment, j’en suis sure. Et je suis dans le métro et ça me fait rire.

Cet étonnement d’être habité par son personnage, c’est peut-être, effectivement, propre aux auteurs qui ont des personnage récurrents. Le phénomène du personnage récurent est surprenant mais c’est attachant en même temps. Je l’aime beaucoup Pénélope Cissé. Je suis très heureuse qu’elle soit aussi aimée par les lecteurs qui ont suivi sa première aventure. Elle a…Enfin c’est de l’émotion tout ça, c’est du plaisir. Et évidemment que je vais continuer.

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GVL : Monsieur Nicolas Lebel, alors ?

Nicolas Lebel : Alors en ce qui concerne l’évolution du personnage récurent, évidemment qu’il est complètement au commande. alors on a ce pouvoir divin sur ces gents de papier.

GVL : Nico le dieu vengeur….pardon

NL : Mais ouais ! Et ils ont intérêt à filer droit. Sinon…Et ben oui, on m’a fait des reproche quand j’en dézingue un, quand…On m’a dit mais pourquoi ? Comment ? Mais pourquoi, pourquoi tu l’as tué celui là ?. Et ben … Parce que  (Rire dans la salle). Oui voilà, j’ai tout pouvoir sur eux et donc c’est assez agréable et donc j’ai eu l’occasion de lire dans les ligne de la mains de Merhlich et des autres! Et comme j’ai tous pouvoirs j’ai pu lire leur avenir. Et je sais où ils vont. J’ai parfois comme cela des visés sur deux trois bouquins en me disant : « Lui il va vers ça de toute manière, c’est une évidence ».

Comment je l’amène là-bas, je ne sais pas. Mais en tout cas la visée est claire. Je pense notamment, alors peut-être pas au personnage principal qui lui a bien évolué, mais au deux personnage de son équipe, le lieutenant Dos Santos qui lui prend cher à chaque roman. J’ai créé un personnage ancien frontiste en rédemption,  et bien sa rédemption, je lui fais payer très chère. Voilà, je ne sais pas si à un moment je lui pardonnerai son passé frontiste. En tout cas, il est rattrapé par ce passé, il s’est brûlé les ailles et ils va donc le payer. Et il le paye de volume en volume.

En ce qui conserne le personnage féminin du groupe, Latour, elle aussi a un secret en visant avec un sans papier. Et inévitablement les histoires vont se recoupé puisqu’elle a été aidé par son collègue pour des faux papiers. Bref, tout cela pour dire que, oui on a forcément des idées que  vers quoi on tend avec ces personnages. ce vers quoi on va.

C’est un polar, ça se termine pas forcément bien.

Le personnage de Jacques l’ami de Merlicht. Les lecteurs l’aime bien. Il est à l’hôpital dans le premier opus. Et ils aimaient bien ce bout en train. Dans l’opus suivant il meurt. Là on me dit mais comment à tu pu ? Et bien je leur répond, mais c’était annoncé, relisez le premier roman; Il était en phase terminal d’un cancer, alors.

GVL : Il n’y a pas de miracle ? !!

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko Ma

NL : Non malheureusement il n’y a pas de miracle. J’aimerai qu’il y en ai ! Mais, non ! C’est annoncé, on va vers ça. Je comprends que vous ne vouliez pas y aller ! Mais on y va, on va vers ça. Et Jacques est mort, c’est ainsi !

L’évolution des personnage parce que on est au commande, on peut faire un petit peu ce que l’on veut, on a quand m^me des contraires d’écriture , de plaisir aussi et de projection de lecture aussi. On imagine aussi comment le lecteur peut réagir à certaines scènes qui va être écrit. Mais en m^me temps je crois que tout est posé assez rapidement. Les personnages sont cadrés et vont vers quelque chose. Je crois qu’il y a quelque chose de karmique chez ces personnages de fiction. Je n’y crois pas dans la réalité. Je crois que pour eux en revanche, on pose des jalons et qu’entre les lignes, on dit déjà où il vont et vers quoi, ils vont. il n’y a pas de surprise à la fin. C’est annoncé.

M N : C’est très juste ce que tu dis ! On est les marionnettiste et on tire les ficelles de la vie de nos personnages. 

Ce que j’aimerai rajouter, c’est que dans l’évolution des personnages, il évoluent car se sont  faussement des êtres de chairs et de sangs car ils ont une vie que l’on va décrire. Et ils évoluent dans une société, la société. Nous écrivons des polars. Les polars comme le disait Nicolas tout à l’heure, ça sert à parler de la société. Parler de nos colères, de nos engagements…Des choses qui nous déranges et que l’on voudrait…Bon, cette société là elle évolue. Et nous avons placé un personnage intenté de l’histoire. On a parlé d’un sujet à travers une intrigue. Et puis la grande histoire dans son actualité, elle nous balance des trucs, elle nous balances des informations en permanence. Et à ce moment et je pense que c’est un travail qui se fait inconsciemment, on met nos personnage dans cette actualité, on les ancre dans la grand histoire.

Tu parlais de ton personnage frontiste.., Et les derniers événement de l’année 2015,  qui resteront tristement célèbrent dans l’histoire,  sont très inspirant pour des auteurs de polars. Et je pense qu’il va y avoir une production assez claire, enfin je le sens venir.

Pour ce qui me concerne, je me suis rapatriée sur un coin de terre municipale. Pour autant c’est énormément de choses,  Si je parle de racisme, de xénophobie dans mon premier bouquin, on est ici dans un village ou l’étranger c’est déjà l’habitant du village d’à coté. C’est encore très très prégnant dans notre actualité aujourd’hui la peur de l’autre. Il y a un autre sujet qui me tiens beaucoup  coeur, c’est le féminisme, je suis féministe, je le dis, je l’assume. Et c’est vrai q’à un moment Pénélope Cissé va évoluer certes, mais elle va évoluer dans ces choses que j’ai envie de dire et dans ces propos que j’ai envie de tenir sur des engagement qui me tiennent à coeur.

Donc nous avons une double évolution. La propre psychologie du personnage dans sa propre histoire et  aussi son rapport par rapport au contexte et une communauté dans lequel l’auteur le fait évolué. On ne vit pas tout seul,  nos personnage ne sont pas posés dans une île déserte. Et, quand on se est auteur de polar, on se veut un peu sociologue, enfin on est beaucoup observateur de la société. Et cela fait un remous permanent, ça permet des renvoies qui font avancer la personnalité et l’expérience de nos personnages. Et ça nous permet aussi à nous, de nous ancrer dans notre actualité, notre la réalité de la société dans laquelle on vit.

NL : A propos de l’inconscient, moi je crois que c’est complètement conscient. Je vis dans le 12e à Paris, mes personnages sont au commissariat du 12e , c’est pas anodin. C’est Aujourd’hui, ça se passe aujourd’hui et je lis beaucoup l’actualité et non je ne crois pas que l’on vive dans la France de « Race Blanche » que décrit Morano ou d’autre. Oui je crois qu’il faut utiliser nos écrits pour le dire, pour combattre ses idées. On est pas du tout décaler, la fiction en ce qui concerne le polar s’encre complètement dans notre réalité, dans notre actualité. 

Si en plus on peut faire passer des messages, les nôtres… Moi je les assume, il ne s’agit pas de faire des brûlots politique ou de donner des leçons. Moi, je donne mon simple point de vue sur notre société. C’est mes polar donc mon point de vue. J’ai une maison d’édition qui me dit : « oh làlà, oh la, la, la, la ! Ne met pas, ça, non me mets pas ça. Ne dis pas que le magazine le point est un torchon populiste, on ne peut pas mettre ça, on va au procès. » Bon, ben ok, je vais le dire différemment. Alors je ne l’ai pas dit, on l’a enlevé du livre donc je ne l’ai pas dit. Mais oui on a n devoir, peut-être pas, mais si le polar sert à quelque chose, c’est à ça, à parler de nous et à combattre certaines idées rampantes et qui prolifère, on l’a vu avec les résultat des régionales notamment le premier tour. Si le polar peut aussi aidé à remettre des pendules à l’heure en disant qu non la France n’est pas celle décrite par certains individu d’extrême droite alors je pense qu’il faut le faire.

MN : Je partage ça à 100%. Faire passer un message oui ! . Mais ce qui est encore plus jubilatoire c’est de la dire avec de l’humour. Et ça Nicolas le dit superbement avec beaucoup d’humour mais quand même, il le dit. Et ce qui est vraiment très très intéressant dans ces romans enfin dans cette école de polar, on peut peut-être parler de courant ou l’inventer. ce qui est certain c’est que les auteurs de polars sont souvent engagés car il décrivent la société, il parle de la société. Et souvent avec ce décalage humoristique. Oui c’est une forme presque de cynisme, de détachement, d’ironie, oui d’ironie c’est ça, pour dire des choses très grave finalement.

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GVL : C’est parfait j’ai plus rien à faire. Je savais qu’en vous mettant face à face ou plutôt cote à cote, vos points de vue croisés feraient mouche ou « matcheraient » comme disent les flics dans leur jargon.

Mais j’ai quand même envie de vous posez encore quelques questions.

Alors à bientôt pour la suite de ce regard croisé entre nos auteurs

AP NICO1

 

 

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