Apéro polar : Rencontre croisée avec Martine Nougué et Nicolas Lebel. Tome 2

nm

Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour la suite de ce nouvel apéro polar.

J’ai eu la chance de recevoir deux auteurs qui ont su dès leur tout premier roman me convaincre de manière irréversible. Je veux parler de Martine Nougué et de Nicolas Lebel. 

J’ai retrouvé dans les Belges reconnaissants les même sensations de lecture qu’avec L’heure des fous. Le même plaisir de lecture.

 Donc vous l’avez compris nous allons poursuivre notre conversation. Conversation au demeurant passionnante.

Et si vous avez raté le début, as de panique vous pouvez retrouver le tome 1 de l’apéro polar avec Martine et Nicolas ICI

 

C’est reparti !

GVL : Je confirme qu’on sort grandi de vos bouquins. On retrouve bien cet humour dans vos dialogue mais pas uniquement. Chez toi Nicolas, par exemple, dans la 3e enquête du  capitaine Mehrlicht, Sans pitié ni remords, je ne me suis jamais autant marré à un enterrement.  Et…Dans la salle,  il semble que tes lecteurs confirment ! N’est ce pas ?

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko MaNDLR : Oh oui répondent unanimes les lecteurs et surtout leslectrices qui ont déjà lu ce troisième volet.

NL : En effet, il y a des scènes comme ça, effectivement, de comédie, des scènes assez burlesques, souvent en ouverture de bouquin, souvent pour donner le ton du bouquin. Voilà tu l’as soulignée, c’est une scène burlesque à un enterrement, moi je garde un cap.  J’ai Desproge en tête : « l’humour est la politesse du désespoir ». Si sur une scène de crime, ou d’enterrement ou d’hôpital, on peut…Je pense au Jour des Morts où le capitaine Mehrlicht, mon héros principal, va voir régulièrement un copain, un ami mourant, il y a des scènes burlesques dans cet hôpital car nos 2 compères sèment le chaos dans le service au nom de la vie à tout prix, pour nier cette mort qui est imminente et qui va frapper son copain d’une minute à l’autre. Ils vident des bouteille de rouge, il fument des clopes. Et les infirmières interviennent en hurlant parce qu’ils sont ingérables. Le malade placarde sur sa porte des citation de Dante du genre : Toi qui entre ici abandonne tout espoir. Voilà c’est de cet ordre là. On a des personnes tristes dans des situations qui pourraient -être lacrymales et déprimantes et bien je choisi d’en faire des situation de chaos burlesques justement au nom de la vie à tout prix !

MN : je peux rebondir sur ce que dit Nicolas ?

GVL : Et comment que tu le peux !

MN : Oui ! Bien justement ces scènes à l’hôpital ou au cimetière, elle sont emplies d’humour mais aussi d’une très tendre émotion.

On peut tout à fait prendre les choses avec humour, avec esprit mais sans tomber dans la gaudriole. C’est pas le cas, c’est pas ton style Nicolas, c’est pas le mien non plus et laisser transparaître partout l’émotion parce qu’on est ainsi. On crée des personnes qui certes s’amusent, ont de l’esprit, font des pieds de nez à la vie mais comme vous et moi ils sont habité d’émotion, ils aiment, ils pleurent, ils sont tristes…Et parce qu sls ressentent, ils ont cette façon de prendre la vie quand elle est difficile en lui faisant un pied de nez.

GVL : Justement tu me fais une parfaite transition là Martine. Alors l’un et l’autre vous prenez grand soin de nous présenter une galerie de personnages assez étonnante, avec souvent des caractères bien trempés. Mais dites moi, c’est une marque de fabrique, c’est voulu ?

MN : Ah clairement oui ! Oui c’est voulu ! Faire naître un personnage, c’est d’abord quelque part jubilatoire. C’est une trance. On va donner la vie et dans cette vie on va y mettre beaucoup de choses.

NDLR : devant les auteurs sont disposés des bonbons et des chocolats. J’ai parmi le public quelques têtes connues qui me font comprendre qu’elles aimeraient en croquer. Donc je lance à travers la salle quelques friandises.

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MN : Mais t’as fini là avec tes chocolats ? (Rire)

Rire dans la salle aussi

GVL : oui, oui, je sais c’est pas sérieux, non ! je te laisse reprendre. Donc tu mets beaucoup de chose dans tes personnages. Tu vois je suis !

MN : On va mettre dans ces vies que l’on fait naître, ben, beaucoup de notre expérience. Beaucoup de ce que l’on a vu, beaucoup de ce que l’on a entendu. Tout ce qu’on aurait aimé entendre ou voire. Et c’est pour cela que les héros, m^me s’ils sont qualifiés parfois d’anti-héros, et bien on les crée avec amour. Moi, mon héroïne, elle est belle, elle est intelligente, elle a de l’esprit et de l’humour. Elle est magnifique et j’ai voulu qu’elle soit magnifique. lors ça peut paraître trop héros mais en même temps, elle a la vie de madame tout le monde. Elle a de la peine quand elle est mutée au commissariat de Sète. Elle connait personne, elle est perdue. Elle est africaine et si la France est son pays, elle a aussi la nostalgie de ces espaces où elle a passé son enfance. Il y a un peu de moi aussi là dedans. 

Elle a des amitiés très très fortes. Elle a une très belle amitié naissante avec, aussi un autre personnage que j’ai voulu très très fort, Luigi qui est d’origine Italienne. Je suis de là-bas, je travaille à Paris mais j’habite dans le Languedoc. Je suis dans cette région là bas du coté du bassin de Thau. Et donc mes histoires se passent à Sète ou dans la région autour. Sète est une ville Italienne. Il y a une très forte immigration italienne au 19e siècle donc une partie de la culture sétoise et italienne. Luigi est libraire, c’est un ancien journaliste. C’est un fouineur qui tenait un feuille de choux genre « canard enchaîné » local.C’est un lettré, un type très cultivé. On met toujours un petit peu de chose que l’on aime dans ces personnages.

Bon il y a aussi les élus locaux ! C’est élu du Languedoc qui sont des personnages assez particuliers. Il y a aussi Hannah qui est antiquaire et puis  Simon qui est Belge d’une famille juive qui a été poursuivi pendant la guerre. Non, je veux pas vous raconter, mais je veux vous parler de la couleur de mais personnage. Quand on crée ces personnages ont y met ce que l’on est, ce que l’on envie d’être. On y met ce que l’on a vècu, on y met ce que l’on souhaiterait que la vie soit. On se crée son monde idéal quelque part ! Son monde à soi avec toute cette galerie de personnages.

NDLR : Là je jette un coup d’oeil à Nicolas. Et Nicolas d’enchaîner.

AP NICO1

NL : J’étais avec Norek la semaine dernière. Olivier Norek qui fait du polar ultra réaliste. Ancien flic qui expliquait que, lui, ces personnages sont semblables aux flics qu’il connait. Son équipe de flics ressemble à une véritable équipe de flics dans la vraie vie. C’est à dire qu’il y a un chef de groupe qui recrute des gens en fonction de compétence. Il a besoin d’un flic balèze en informatique pour travailler sur les ordi du commissariat ou réquisitionnés lors de perquisitions, il a besoin d’un type passe partout, etc, etc… Dans ses polars réalistes, il constitue une équipe qui fonctionne comme un puzzle en manière de compétences qui se complètent.

Pour moi ce n’est pas le cas, j’ai préféré travailler sur des personnalités qui se complètent et qui s’opposent parce que c’est ça l’intérêt. On a tous des collègues avec qui on s’entends et puis d’autres avec qui on s’entend moins. Il faut crée cette alchimie de manière à, encore une fois, à rendre crédible cette équipe. Quitte à leur donner quelques fois des caractères un peu outranciers.  Le personnage de Mehrlicht est un personnage assez extrême dans sa manière de vivre et pourtant il plait bien au lecteur. Il a une soif de vie inextinguible qui l’amène à s’opposer ouvertement à ses collègues et à sa hiérarchie. Il assume le fait d’être cloppeur, buveur.

Tout ça pour dire que, oui, les personnage que l’on crée ne sont jamais loin de nous. On est jamais loin nous auteur de nos personnages. Moi souvent j’essaie, pour crée des personnage de trouver dans mon entourage quelqu’un qui peut y ressembler. Cela me permet d’avoir une cohérence quand le personnage revient. Me dire, à ben oui, lui c’est mon boulanger, lui c’est mon plombier. Ainsi je vois très bien à quoi il ressemble. Et je ne peux pas faire d’impaire. Il ne peux pas devenir blond ou barbu au détour d’une page, il doit ressembler à l’original. 

Bien sur il faut que se soit des personnage atypiques, parce que s’ils sont insipides, il n’intéressera personne. Il faut qu’il ressemble à quelque chose.

Alors il y a une tendance dans le polar de faire des flics cabossé, bouffé par la vie. Il faut qu’il en ai tellement vu qu’il n’en puisse plus, qu’il soit en souffrance permanente. Certe, mais on peut aussi en faire des personnage vivant, aimant la vie, m^me s’ils ont leur travers. Ils peuvent être des résistant au système, à la technologie. Pour créer mes personnage, ‘ai agréger des éléments piqués à pleins de flics, de Colombo à Maigret. Je voulais que ce soit un personnage reconnu par le lecteur. Un type un peu à l’ancienne en 2015, complètement décaler dans cet univers de technologie, d’internet, qu’il soit un peu de la veille école et qui en même temps peste au quotidien sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la technologie. On en rencontre tous les jours des comme cela, m^me à l’éducation nationale, des anti-ordinateur. Donc un tel personnage n’est pas  trop fantaisiste. 

GVL : Je vois que tu veux à nouveau rebondir Martine.

MN : Oui, enfin non, il faut que j’arrête de rebondir sinon…(rire)

GVL : Oui, tu as raison, reste avec nous.

MN : Heu oui, je pensais en t’écoutant Nicolas que j’avais pris un peu le contre pied de tout cela. Mon personnage, Pénéloppe Cisse, elle n’existe absolument pas, elle est m^me presque irréaliste. Quand on regarde bien, un flic pareil c’est pas très crédible. Elle est africaine, et si tu n’as pas la nationalité française, tu ne peux pas être fonctionnaire de police. Alors il a fallu que je réfléchisse à ce qu’elle garde son identité africaine. C’est mon propos, Pénéloppe fonctionne à l’africaine, elle l’ai profondément. Elle a une vision des choses, une intuition des choses.Et là je ne pense pas avoir fait un flic réaliste.

Je pense aussi que m^me si j’ai écrit un polar parce que le genre polar permet beaucoup de chose, je ne voulais surtout pas, à l’instar d’Olivier Norek par exemple, faire quelque chose de très réaliste. Alors ces personnages, comme tu le dis Nicolas, à la fois ils sont exacerbés dans leur traits de caractère et on a l’impression qu’il existe, qu’ils sont parfaitement plausibles mais ça reste des personnage de fiction composé de puzzle de traits de personnalité. On arrive à faire une personnalité cohérente mais l’intérêt, justement parce qu’on est dans une fiction, c’est qu’il n’existe pas dans le vraie vie. Moi en tant que lectrice j’ai pas forcément envie de retrouver des gens que l’on rencontre dans le vrai vie. Ou alors on lit du documentaire. La fiction c’est pour travailler un imaginaire, pour rêver sur des composition pas forcément réaliste.

En fait c’est assez complexe car on même temps, on me peut pas s’empêcher de puiser dans le matériaux que l’on a sous la main. Quand je vous disais que j’ai passé du temps au village… A un moment il y a un papy qui s’appelle Champion du Monde,, celui-là, il existe, je l’ai rencontré.

Voilà, les personnages principaux sont plus voit totalement inventés et moins réaliste et autour il y a une galerie de personnages qui sont moins imaginaires, moins fictionnés, qui permettent de donner à l’ensemble du roman une réalité bien concrète.

 

 

Voilà cher(e)s lecteur zé trices,

c’est la dessus que l’on referme le deuxième tome  de cette rencontre. Alors on tache de se retrouver très vite avec nos deux auteurs passionnants.

A suivre …

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