Chroniques de l’Armageddon : Journal d’un survivant face aux zombies de J.L. Bourne


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Je me disais, comme cela en passant, que des Zombies et une fin du monde, cela ferait sans doute assez peur en ce jour d’Halloween. Et pour les autres jours aussi d’ailleurs !

9782362700149,0-1129854Le livre : Chroniques de l’Armageddon, Volume 1, Journal d’un survivant face aux zombies  de J.L. Bourne.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Julien Drouet. Paru le 21 mars 2011 chez Eclipse dans la collection Horreur. 15€30 ; (305 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 20 x 13 cm
 9782809448252,0-2547065Réédité en poche le 8 avril 2015 chez Panini Books dans la collection Zombi. 8€30 ; (309 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm
 
 
 4e de couv :

Journal d’un survivant face aux zombies

Chroniques de l’Armageddon

+++Mes chers concitoyens, je suis navré de vous faire part qu’en dépit de nos efforts, nos mesures de confinement ne sont pas parvenues à enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par la morsure des individus contaminés. Les personnes infectées décèdent rapidement pour se relever dans l’heure qui suit à la recherche d’êtres vivants dans le but de les tuer. Puisse Dieu nous venir en aide.+++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers survivants de l’apocalypse zombie, que ces quelques notes vous viennent en aide si vous avez le malheur de faire partie des survivants. Bonne chance…

+++Début d’interception Des bulletins d’information sporadiques indiquent que le chaos et la violence se répandent à travers les villes américaines. Un mal inconnu balaie la planète : les morts se lèvent pour s’approprier la Terre en tant que nouvelle espèce dominante de la chaîne alimentaire. Interception terminée+++

Cher Survivant, vous avez entre les mains le journal manuscrit d’un homme décrivant son combat pour survivre. Pris au piège au milieu d’un désastre d’ampleur mondiale, il doit prendre des décisions, faire des choix qui lui permettront de vivre, ou le condamneront à déambuler à jamais comme l’un des leurs. Pénétrez, si vous l’osez, dans ce monde. Un monde où les morts-vivants règnent en maîtres.

 

sopravvissuto1L’auteur :

J. L. Bourne est en service actif en tant qu’officier de l’U.S. Navy. Natif de l’Arkansas, il vit actuellement à Washington D.C. partageant son temps entre l’écriture et ses obligations militaires.

 Extrait :
« Ensuite, j’ai expliqué à John pourquoi je ne m’étais pas réfugié à la base aérienne avec mes camarades. Ça m’a fait réfléchir. Je me suis demandé si j’aurais du me battre avec eux. J’ai dit à John que des fois, je regrettais de ne pas les avoir rejoints. Mais le fait est que je suis encore vivant, et pas eux. Je lui ai dit qu’à choisir, il valait mieux être une aiguille dans un botte de foin qu’un trou du cul dans une forteresse. »

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Petits résumé et avis :

9782809443912,0-2272182« +++ Mes chers concitoyens, j’ai le regret de vous annoncer qu’en dépit de tous nos efforts, les mesures de confinement mises en oeuvre n’ont pas permis d’enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par morsure ou griffure profonde d’un individu infecté. Les personnes contaminées décèdent rapidement, mais se relèvent dans l’heure et partent à la recherche d’humains. Puisse Dieu nous venir en aide. +++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers rescapés de l’apocalypse zombie. Que ces quelques notes vous viennent en aide si vous aussi avez le malheur de faire partie des survivants… »Des morts reviennent à la vie, et un homme seul doit se débrouiller pour survivre à cette catastrophe. Ici commence l’histoire d’un survivant face aux zombies. Un anonyme désemparé qui va pourtant faire face.

Un excellent roman de zombie. Il faut dire que ce personnage est en vogue actuellement. L’auteur part d’un postulat effrayant pour livrer un récit sans temps mort, dans un univers post-apocalyptique.

Journal d’un survivant face aux zombies est le premier volet d’une trilogie et son intrigue en est parfaitement maîtrisé. Cette histoire fonctionne à merveille. On ne la lâche pas une minute de peur que celle si soit fatale à notre héros malgrès lui. Alors…

Forcément on est impatient de connaitre la suite…

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Gisèle, Sériale lectrice


 sériale lectrice

Aujourd’hui, nous inaugurons, une nouvelle rubrique sur Collectif Polar.

« Sériale Lectrice »

Et oui, ça vous dit déjà un peu quelque chose sans doute

L’idée de cette rubrique a pris forme dans mon esprit dérangé après un jeu concours sur forme de tag que j’avais lancé pour le 500e article de notre blog.

Les réponses des participantes m’ont tellement emballée que j’ai eu envie de poursuivre l’aventure avec d’autres grandes lectrices, passionnées, comme vous et moi par les bouquins et les histoires qu’ils nous racontent.

Alors comme moi, j’espère que vous allez apprécier ces nouvelles rencontres.

Et le premier portrait est consacrer à Gisèle, une de nos nouvelles chroniqueuses 

Bonjour Giséle, es tu prête a être soumise à la question ?

Oui, même si je n’ai pas l’habitude de pratiquer ce genre d’exercice.

 Alors, Gisele, peux-tu te présenter ?

GisèleGisèle Buclet   Jurassienne depuis bientôt 63 ans. Je suis passionnée de lecture depuis que je sais lire. j’ai excercer la profession d’infirmière pendant 35 ans (Plus particulièrement en oncologie) et je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce métier pour ses contacts humains d’une part et d’autre part, il y était aussi un peu question d’enquête, d’indices à signaler pour la découverte du diagnostic… eh oui..on y revient.

Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

Des livres il y en a toujours eu à la maison. Mon père faisait la lecture à ma maman pendant qu’elle tricotait… Et il y en a dans toutes les pièces de ma maison.

Peux tu me montrer ta bibliothèque :

En voilà une première mais il y en a d’autre.

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Mon mari, disparu aujourd’hui me fabriquait mes bibliothèques, au fur et à mesure de l’arrivée des bouquins. Il m’avait même suggéré d’en ranger au grenier…enfer et damnation… il n’en était pas question !!

giselergiselee

Ce ne sont pas des bibliothèques luxueuses, mais ce sont les miennes et j’y tiens..

Surtout ce qu’elles contiennent!

gisélé

Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

    Je crois que le LIVRE a toujours été un des plus beau cadeau que l’on puisse   me  faire.

Le nouveau livre, il est beau, il sent bon, et vous accompagne pendant  des heures.

Il… vous fait voyager, découvrir d’autres façons de vivre et parfois pour ne pas dire souvent, oublier les blessures de la vie.

Un LIVRE c’est magique. Je suis complètement addict, je ne peux pas me passer de mon livre,

C’est viscéral.

Es-tu papier ou numérique ?

Depuis quelques mois j’ai opté pour la liseuse. J’avais des craintes, ce n’est pas la même chose… mais finalement, je l’ai adoptée avec plaisir. Ce qui n’empêche pas que sur la table de nuit, il reste la pile vitale à ma santé mentale ! De toute façon, si je sors…forcément cela passe par la librairie, et je ne tarderais pas à y être interdite par mon banquier. Alors dans ma pile qu’y a t’il ?

Et le polar dans tous ça ?

Amatrice de polars depuis toujours, j’écoutais  « Les maitres du mystère » à la radio et sans comprendre vraiment (j’étais très jeune) j’étais subjuguée par l’ambiance.

Plus tard avec ma sœur, aussi passionnée que moi, nous inventions des histoires d’enquêtes en rangeant les bottes de foin dans la grange, et nous écumions tous les bouquins ayant trait au mystère.

Aujourd’hui en retraite, je m’en donne à cœur joie, écumant les librairies et les pages de polars, thrillers….(même si je ne lis pas que cela)

 Giséle dis nous, quels sont tes auteurs favoris 

Mes auteurs favoris, ceux pour lesquels, je ne peux pas attendre la sortie en poche, Ceux que j’aurais envie de faire dédicacer au prochain « Quai du polar » à Lyon.. Comme « Les chaussures Italiennes » dédicacées par Mankell ( et n’en suis pas peu fière), les « Peter May », « Erlendur Indridasson » « Ellory » et tant d’autres.. Lebel, Norek, Mention…..découvertes jubilatoires.

 

97820209446560-541510
Les chaussures Italiennes de Henning Mankell. Traduit du suédois par Anna Gibson. Paru le 8 octobre 2009 au Seuil dans la collection Cadre Vert. 21€80;  (340 p.) ; 22 x 15 cm

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas 97827578216260-1143540encore, mais sa vie vient juste de recommencer.

Né en 1948 en Suède, Henning Mankell est l’un des maîtres incontestés du roman policier et un romancier internationalement connu. Il partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. La Cinquième Femme, Le Guerrier solitaire et Les Morts de la Saint-Jean, notamment, sont quelques uns des livres que je vous conseille.

Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi !

Et devinez qui m’accompagne patiemment dans mes lectures ?

C’est P’tit gibus mon autre essentiel.

Giséles

Alors ça c’est une anecdote que j’adore !

Sinon…Rien à rajouter ?

Non ! Voilà, j’espère n’avoir pas été trop bavarde ? (Je le suis..et l’assume) 😈      Giséle

Lux de Maud Mayeras , le chouchou du week end.


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mmtLe livre : Lux de Maud Mayeras.  Paru le 6 octobre 2016 chez Anne Carrière. Disponible, Broché 19€ ; (252 p) ; 24 x 16 cm

 

4e de couv : 

Lux

C’est l’histoire d’un retour, d’une sentence et d’une vague qui monte à l’horizon.

  1. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’Australie.

Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l’espace de trois mois qui l’ont vu quitter l’adolescence, il a connu la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur.

Aujourd’hui il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Mais la justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse.

Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’une jeune auteure au sommet de son art.

anomaud-mayerasL’auteur : On sait peu de chose de Maud Mayera,. Elle se livre peu. Maud  est née en 1981. Lux est son troisième roman.  Elle vit aujourd’hui à Limoges.

Après le succès de Reflex (Anne Carrière, 2013 ; Pocket, 2015), ce nouveau thriller est très attendu.

Extrait :
Et puis il les tuera tous les deux. Il ne se posera pas la moindre question. Il laissera peut-être le vieil homme épauler son deux-coups, lui concédera l’espoir furtif de s’en sortir, puis il retournera l’arme contre le couple, apprivoisera la sueur sur la gâchette glissante. Il les regardera supplier, écoutera leurs plaintes et leurs cris, sentira leur peur couler sur lui. Il ne sourira pas et fera feu. Il tirera à travers les peaux durcies. Une fois dans chaque corps. Le front, le cœur, le ventre, il ne sait pas encore. Deux cadavres, c’est tout ce qui restera. Il les emportera loin d’ici, au fond de ce terrain en friche, ce champ recouvert chaque jour de l’année par des tonnes de feuilles sèches, tremblantes sous la brise légère ou collant à vos semelles. Au fond de ce terrain, il y a un trou, un trou dans lequel il pourra entreposer les deux cadavres. Il cachera leurs chairs et leur puanteur à l’abri des regards. Il attendra patiemment que les corps pourrissent et, quand il ne restera plus que des os cassants, il y mettra le feu. Un beau et grand brasier pétaradant au milieu des branches. Antoine contemplera les flammes jusqu’à ce que ses yeux ne soient plus que deux fentes noires, humides et douloureuses. Il respirera l’odeur des chairs cuites jusqu’à ce qu’elle fasse un peu partie de lui. Alors il se sentira mieux. Accompli, entier.

 

Petit avis :

Voilà, comme toi j’aime retrouver Maud ! Comme toi je trouve que ce roman me fais que confirmer son talent. Comme je disais à l’époque « Elle a tout d’une grande, cette petite », d’ailleurs aujourd’hui c’est une grande que dis-je une immense auteur. Comme toi j’ai adoré ces roman précédents.

Hématome m’a fait un bleu au coeur.

Reflex m’a assommé debout.

Vous pouvez le vérifier ICI

Et Lux in tenebris.

Lux m’a…Ben je n’ai même pas de mots tellement j’ai été stupéfaite par l’ampleur et de l’étendu du talent de cette jeune auteure totalement inconsciente de celui-ci.

Elle est beaucoup trop modeste et trop humble surtout pour penser un seul instant qu’elle le possède.

Quoi, tu ne vois pas de qui je parle ?  Tu ne connais pas cette auteure ? Pas encore alors ! Tu n’as pas encore lu de Maud Mayeras ? Oui je sais il y a des tas de bouquins qui sortent et elle n’en est qu’à son troisième titre ! OK !

Alors…
Ben je vais quand même défendre ce titre car Maud mérite qu’on la découvre à sa juste valeur.
Alors…Comment te dire Maud est un auteur unique.

Elle est mure pour passer la ligne imaginaire qui sépare littérature noire et littérature blanche.

En fait, elle a pas de ligne du tout, elle propose une prose unique bien qu’elle conçoive des histoires noires.

Il y a quelque de brut, de sauvage, d’instinctif dans l’écriture de Maud. Quelques chose qui parle à notre part animale. Quelque chose qui nous bouscule, qui nous chavire.

Et vous savez comme j’ai du mal à parler d’un bouquin quand il a réveillé en moi de vieux souvenirs.  Alors ne m’en veuillez pas si cette chronique est bancale. Elle est à mon image quand j’ai eu quitté l’histoire que m’a proposé Maud à lire. Oui j’ai été secouée.

J’ai perdue mes repaires. Il y a tant de sentiments contradictoires qui ont émergé lors de cette lecture que j’ai parfois eu envie de crier en lisant.  « Mais merde pourquoi elle me fait ça  »  C’est tous vos sens qui sont en éveil avec Maud.  Elle déclenche le chaos en vous.

On vit les choses différemment à travers ses mots. On perçoit les choses différemment. En fait, on ressent plus les choses qu’on ne les intellectualise dans les livres de Maud.  A travers ses mots, on perçoit les couleurs, on discerne les odeurs, on éprouve les failles.

Et justement  c’est à travers ces failles que passe la lumière.

Alors oui, je me suis laissée porter par l’écriture tout en sensation de Maud. J’ai aimé puis détesté ses personnages. J’ai souffert avec eux, j’ai été en empathie et je les ai honnis tour à tour.

J’ai respiré l’air chaud du sud de l’Australie, j’ai pris conscience de ce décor de fin du monde.

J’ai vu apocalypse s’insinuer en moi et mes émotions s’embrasser.

Et tel un Phenix, Maud Mayeras m’a fait renaître de mes centres. Plus lumineuse encore.

 

Lux umbram praebet, mysteria autem veritas.

 

 

mme

Cette après-midi Maud sera à la Griffe Noire.
Et j’irai même avec 40 de fièvre, m^me en me traînant, jusqu’à ma librairie rien que pour lui dire tout le bien que je pense de son livre.
 mmz
Extrait 2 :
Puis la platine avait diffusé de la musique française qu’ils avaient écoutée, allongés tête-bêche sur le tapis du salon. Hunter s’était imprégné des notes et des mots, ils étaient entrés en lui et l’avaient fait frissonner. Le piano-boucle, la voix de fumeur, les paroles douces qu’il ne comprenait pas. « c’est beau », il avait dit.
Tu n’es plus qu’une pauvre épave,
Chienne crevée au fil de l’eau
Mais je reste ton esclave
Et plonge dans le ruisseau
Quand le souvenir s’arrête
Et l’océan de l’oubli,
Brisant nos coeurs et nos têtes,
A jamais, nous réunit…
« C’est triste », avait répondu Antoine.
Sa mère lui avait appris cela, le désespoir terrible de la musique
-« On ne devrait pas chanter sur le bonheur, il n’y a rien de plus accablant que la joie des autres. » Et elle poussait le volume à fond en pompant voracement ses cigarettes.mma

 

Les « sériales Lectrice » de la 500e : les résultats, enfin !


500e de nos lectrices

 

Et voilà, les résultat sont enfin tombés.

Après bien des tergiversations, après bien des doutes et des questionnements, j’ai réussi à départager les 3 gagnantes de notre grand jeu « sériales lectrices »

Vous méritiez toutes de recevoir un prix. Mais seules trois d’entre vous devez se partager les 15 romans mis en compétition.

Aussi après avoir lu et relu tous vos profils, j’en ai éliminé quelques uns pour n’en garder que 6.

J’ai voulu récompenser celle qui me semblait  les plus investies,  celles d’entre vous qui ont été le plus plébiscitées, celles qui m’ont donnée ce petit plus qui peut faire la différence.

Et puis c’est finalement un petit tirage au sort qui a départagé ces 6 super « sériales » lectrices.

Et les gagnantes sont :

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Lucie, Louise et Mélie 

Redécouvrez leur portrait ci dessous :

ICI le profils de Lucie 

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Là celui de Louise 

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Et ici aussi celui de Mélie

$$$500$

Une spéciale dédicace à Christelle et à notre Belette Cannibale pour leur magnifique billet offert hors concours qui ont ouvert et cloturé cette série de portrait.

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Le billet de Christelle

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L’article de Dame Belette

Un petit cadeau pour vous mesdames si vous l’acceptez !

Le roman de Bernard Prou,  Alexis Vassilkov ou La Vie tumultueuse du fils de Maupassant …

Mon avis sur ce roman ICI

BP££ BP£ BP

Et bravo à vous toutes et surtout merci de votre patience !

J’attends donc en MP vos adresses pour recevoir vos bouquins.

Et prévenez moi, les filles quand vos enveloppes seront arrivées.

Normalement pour nos lauréates, il y en aura deux, un grande blanche et une plus petite en papier kraft.

$$$500$$

A bientôt sur notre blog.

Café littéraire à la bibliothèque Audoux. Chapitre Two


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Hello mes polardeux, une fois n’est pas coutume aujourd’hui nous allons surtout parler de littérature blanche.

Et oui rappelez-vous !

Il y a deux semaine je participer à mon premier café littéraire.

Faut-il que je vous explique le pourquoi du comment ?

Non tout est ICI dans le chapitre One

Bon juste rappelez-vous, je veux mettre en place

un petit dej. littéraire dans ma bibliothèque.

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Me voilà donc parti pour quelques heures à la Bibliothèque Audoux dans le 3e arrondissement de Paris.

Mais place à la seconde partie de ce café littéraire avec les libraires de Comme un roman qui viennent nous présenter leur sélection de la rentrée littéraire.

Une vingtaine de bouquins pour arriver à faire un choix dans la pléthore de roman sortie entre septembre et octobre

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Elles sont venues à deux, Karine et Julie, les Libraires de « Comme un roman » pour nous présenter la rentrée littéraire.

 

LA RENTRÉE LITTÉRAIRE

97820701977290-3351400Ceci, Jean-Marc
Monsieur Origami
Gallimard Blanche

A 20 ans, Kurogiku tombe amoureux d’une femme et quitte le Japon pour la retrouver. Il s’installe en Toscane, où il vit en ermite durant quarante ans. Il s’adonne à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Quand un horloger arrive avec le projet de fabriquer une montre avec toutes les mesures du temps disponibles, Monsieur Origami est troublé. Premier roman.

Ce roman, d’un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n’est pas montré, entendre ce qui n’est pas prononcé. D’une précision documentaire parfaite, il a l’intensité d’un conte, la beauté d’un origami.

97827103765690-3411323Cline, Emma
The girls
Quai Voltaire

Evie Boyd, adolescente rêveuse et solitaire, vit en Californie à la fin des années 1960. Au début de l’été, elle aperçoit dans un parc un groupe de filles. Elle se laisse rapidement hypnotiser par Suzanne et entraîner dans le cercle d’une secte. Elle ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche à grands pas d’une violence impensable. Prix Transfuge du meilleur roman américain 2016. Premier roman.

Dense et rythmé, le premier roman d’Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu’elles deviennent.

 

 

 

97828236102530-3396715Dubois, Jean-Paul
La succession
Ed. de l’Olivier Littérature française

Paul Katrakilis est le petit-fils d’un des médecins de Staline, Spyridon, qui a fui l’URSS en emportant avec lui un fragment du cerveau du dictateur et s’est installé à Toulouse. A Miami où il s’est établi, Paul est partagé entre le bonheur et un sentiment persistant d’inadaptation. Il rentre en France à la mort de son père et tombe sur d’étranges carnets.

Avec La Succession, Jean-Paul Dubois nous livre une histoire déchirante où l’évocation nostalgique du bonheur se mêle à la tristesse de la perte. On y retrouve intacts son élégance, son goût pour l’absurde et quelques-unes de ses obsessions.

 

97828892734160-3391868Dusapin, Elisa Shua
Hiver à Sokcho
Zoé

A Sokcho, petit port de Corée du Nord, une jeune Franco-Coréenne rencontre un auteur de bande dessinée. Venu de Normandie, il cherche l’inspiration. Au coeur de l’hiver, une attirance se tisse entre eux. Premier roman.

Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.

 

 

 

 

97823587310410-3418464Dutli, Ralph
Le dernier voyage de Soutine
le Bruit du temps

Le récit, à la fois fictif et historique, des derniers instants de la vie du peintre Chaïm Soutine. Alors qu’il se rend à Paris, caché dans un corbillard, pour tenter une opération qui le sauvera peut-être de l’ulcère dont il souffre depuis des années, il se remémore toute son existence, dans un flux d’images délirantes.

Au-delà du roman de cette vie tourmentée, Ralph Dutli nous offre une allégorie de la destinée humaine, une sorte de parabole traitant de la douleur et du pouvoir bouleversant de la couleur et de l’image qui, comme « le jus de pavot de la littérature », parviennent parfois à l’apaiser, au moins pour un temps.

 

97820701970950-3351405Forest, Philippe
Crue
Gallimard Blanche

Dans une métropole, le narrateur vit dans un immeuble au milieu de travaux. Il rencontre un couple de voisins, entame une liaison avec la femme et, le soir, visite l’homme, qui prétend que des milliers de personnes disparaissent chaque année. Puis le couple disparaît et la métropole se retrouve sous les flots. Peu à peu, l’eau se retire et le personnage découvre un message évoquant un grand chaos.

 

 

 

97823300664990-3392342Gaudé, Laurent
Ecoutez nos défaites
Actes Sud

Un agent secret français, missionné à Beyrouth à la recherche d’un ancien tireur d’élite américain soupçonné de trafics, rencontre une archéologue iranienne qui tente de sauver les richesses des musées des villes bombardées. Ressassant les épisodes guerriers du passé, ils s’accordent sur la vanité de toute conquête.

Évocation tremblée d’un monde contemporain insondable, Écoutez nos défaites compose une épopée mélancolique et inquiète qui constate la folie des hommes et célèbre l’émotion, l’art, la beauté – seuls remèdes à la tentation de la capitulation face au temps qui passe.

 

 

 

97823300664820-3392343Goby, Valentine
Un paquebot dans les arbres
Actes Sud Domaine français

Au milieu des années 1950, le couple de tenanciers du café de La Roche-Guyon est contraint d’aller se faire soigner au sanatorium d’Aincourt. Leurs deux enfants se retrouvent dans la misère. Mathilde, l’aînée, refuse de perdre les piliers de la famille et se bat pour qu’ils reviennent et pour préserver leur dignité.

À travers un roman solaire, porté par le regard d’une adolescente rebelle heurtée de plein fouet par le réel, Valentine Goby poursuit son travail sur le corps dans l’Histoire, le rôle des femmes face à l’adversité, leur soif de liberté.

 

 

 

97828433775490-3402805Grannec, Yannick
Le bal mécanique
A. Carrière

Un soir de 1929, la prestigieuse école du Bauhaus, à Dessau, donne un bal costumé. C’était avant que les nazis ne dévorent l’Europe, et donc à une époque où l’on pouvait encore croire au progrès, à l’art et au sens de l’histoire. Durant ce bal, une jeune femme, Magda, danse, boit et aime.

Un siècle, une famille, l’art et le temps. Vous êtes invités au « bal mécanique ».

 

 

 

97820813131010-3390380Harrison, Jim
Le vieux saltimbanque
Flammarion Littérature étrangère

Dans un récit à la troisième personne, l’auteur revient sur des épisodes marquants de sa vie : souvenirs d’enfance, mariage, amours et amitiés, pulsions sexuelles, plaisirs de la table, alcools, drogues, etc.

Dans ce dernier livre publié moins d’un mois avant sa mort, Jim Harrison a choisi de poursuivre ses mémoires sous la forme d’un texte à la troisième personne pour « échapper à l’illusion de réalité propre à l’autobiographie ».

Véritable testament littéraire, Le Vieux Saltimbanque est à l’image de Big Jim : plus libre et provocateur que jamais, plus touchant aussi, en marge de toutes les conventions.

 

97827073298370-3392317Mauvignier, Laurent
Continuer
Minuit Romans

Sybille, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Craignant d’avoir tout raté, elle décide d’empêcher son fils, Samuel, de réaliser les mêmes erreurs. Elle organise alors un voyage de plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan.

 

 

 

 

97827436375070-3351323Minard, Céline
Le grand jeu
Rivages  Littérature francophone

Une femme décide de s’isoler dans un refuge accroché à la paroi d’un massif montagneux. Elle s’impose la solitude, ainsi qu’un entraînement physique et spirituel intense. Elle cherche, dans cette mise à l’épreuve, à savoir comment vivre. Mais sa rencontre inattendue avec une ermite bouleverse ses plans.

Avec son style acéré, Céline Minard nous offre un texte magistral sur les jeux et les enjeux d’une solitude volontaire confrontée à l’épreuve des éléments.

 

 

97828480521060-3396399O’Brien, Edna
Les petites chaises rouges
S. Wespieser éditeur Littérature

Vladimir Dragan, originaire du Monténégro, s’établit en Irlande comme guérisseur. Fidelma, belle et mariée à un homme plus âgé, tombe sous le charme du nouveau venu. L’idylle s’interrompt quand Dragan est arrêté. Il a vécu sous un faux nom à Cloonoila et est inculpé pour crime contre l’humanité.

La prose d’Edna O’Brien est éblouissante : comme dans la vie, passant de la romance à l’horreur, d’un lyrisme tremblé au réalisme le plus cru, de la beauté au sentiment d’effroi le plus profond, elle nous donne, avec ce roman de la culpabilité et de la déchéance d’une femme, son absolu chef-d’oeuvre.

 

97820701777690-3351418Oz, Amos
Judas
Gallimard Du monde entier

A Jérusalem, en 1959, Shmuel est sur le point de renoncer à ses études faute d’argent lorsqu’il tombe sur une petite annonce qui attire son attention. Un vieil homme est à la recherche d’un garçon de compagnie pour lui faire la lecture et la conversation en échange d’un petit salaire et d’un logement. Shmuel rencontre ainsi Gershom Wald, passionné par l’histoire du sionisme et la question arabe.

« Jérusalem, années 60. Un étudiant se retrouve à vivre avec un vieil érudit fantasque et une femme- fascinante-, dont le père fut un leader sioniste accusé de traîtrise.
SUPERBE sur l’Histoire d’Israël, les confrontations judaïsme/christianisme, la traîtrise, le sionisme, … »

 

97820813759940-3390376Reza, Yasmina
Babylone
Flammarion Littérature française

Lors d’une soirée entre amis tout à fait normale, un voisin sonne à la porte. Il a tué sa femme pour une obscure histoire de chat. Elisabeth, la narratrice, décide de l’aider.

Parce que c’est Yasmina Reza et qu’on l’aime à la librairie.

 

 

 

 

 

97823300666040-3392363Rushdie, Salman
Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits
Actes Sud Lettres anglo-américaines

Tous les quelques siècles, les mondes des jinns et des hommes sont brièvement en contact. Au XIIe siècle, Dunia, princesse jinnia, prend une apparence humaine et donne une importante descendance à Ibn Rushd. Neuf siècles plus tard, lorsqu’elle constate que les jinns obscurs veulent asservir la terre, elle décide de les combattre, aidée de quatre de ses descendants qui ont hérité de ses pouvoirs.

Inspiré par une tradition narrative deux fois millénaire qu’il conjugue avec la modernité esthétique la plus inventive, Salman Rushdie donne ici une fiction aussi époustouflante d’imagination que saisissante de pertinence et d’actualité.

 

97820701966780-3351413Slimani, Leïla
Chanson douce
Gallimard Blanche

Lorsque Myriam reprend son activité professionnelle, elle et son mari engagent Louise pour s’occuper de leurs deux enfants. Cette dernière prend bientôt une place excessive dans le foyer. Cette situation conduit la famille à un drame.

À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

 

97828969426401-363388St. John Mandel, Emily
Station eleven
Rivages

La civilisation s’est effondrée suite à une pandémie. Une troupe itinérante propose du Shakespeare aux survivants, symbolisant l’espoir et l’humanité. L’existence de plusieurs personnages est liée à celle d’un acteur connu décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, se révèle un fil conducteur entre eux.

Entre l’avant et le présent, Station Eleven entrelace sur des décennies la destinée de personnages inoubliables. Élégie sur la condition humaine, ce livre à la construction vertigineuse envoûte le lecteur par sa puissance romanesque et émotionnelle.

 

 

97828785831370-3396348
Vallejo, François
Un dangereux plaisir
V. Hamy Contemporains

En dépit de la nourriture infâme que ses parents lui imposent et qu’il rejette, Elie Elian s’attarde à l’arrière du restaurant qui vient d’ouvrir dans leur quartier. Les gestes qu’il observe et les effluves qu’il inhale sont une révélation. La découverte des saveurs d’une tarte aux fraises offerte par une voisine achève de le décider : il sera cuisinier.

François Vallejo étonne, éblouit.

 

 

 

97828643287800-3390266
Venet, Emmanuel
Marcher droit, tourner en rond
Verdier

Le narrateur, atteint du syndrome d’Asperger, évoque la vérité, la transparence, la logique, le Scrabble, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée qu’il n’a pas revue depuis trente ans et avec laquelle il rêve de vivre une grande histoire d’amour.

« Le regard touchant et drôle d’un homme atteint du syndrome d’Asperger sur le monde qui l’entoure… L’une des petites perles de cette rentrée littéraire ! »

 

 

97823300665120-3392347Vuillard, Éric
14 Juillet : récit
Actes Sud Un endroit où aller

Retrace les événements du 14 juillet 1789, quand les émeutiers prennent d’assaut la prison de la Bastille pour revendiquer leurs droits.

« Le 14 juillet raconté par Vuillard du point de vue du peuple.
L’élan, la passion, l’énergie, le rythme, l’ivresse nous saisit, nous vivons l’Histoire.
Excellent récit-document de la prise de la Bastille. »

 

 

 

 

 

 

ET ON A AUSSI PARLÉ DE… quelques autres livres…

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Voilà les verres sont vides, les petits gâteaux ont disparus aussi.  Preuve que ce fut un beau café littéraire.

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Rendez-vous à venir
5 novembre 2016 – 10h30 à la bibliothèque Marguerite Audoux
leur prochain café littéraire autour du roman policier. J’y serai à nouveau

bibliothèque Marguerite Audoux
10, rue Portefoin Paris 3e
 01 44 78 55 20
bibliotheque.marguerite-audoux@paris.fr

Mais avant ça le 29 octobre à 10h je serai à la bibliothèque Hélène Berr dans la 12e , 70 rue de Picpus, pour leur nouveau petit déjeuner littéraire.

Et le 17 décembre à 18h, je vous invite à un apéro polar exceptionnel pour la remise du Prix du Balai d’Or avec 4 auteurs extraordinaires. Et ça sera dans ma bibliothèque au 20 bis avenue Parmentier dans le 11e arrondissement de Paris.

 

L’affaire Jane de Boy de Simone Gélin


 


Collectif Kris

97823545214310-3411728Le livre : L’affaire Jane de Boy  de Simone Gélin. Paru le 17 mai 2016 aux éditions Vents Salés en mai 2016. 22€50 ; (424 p.) ; 21 x 15 cm

4eme de Couv

L’Affaire Jane de Boy investit le milieu des immigrés espagnols et plonge dans les ramifications de l’antifranquisme en s’appuyant sur des faits authentiques.

En 1960, dans le village de Jane de Boy, une petite fille de 3 ans disparaît sur la plage.
Enlèvement ? Crime politique, passionnel, crapuleux ?

Qu’est venu faire en France ce jeune couple d’Espagnols, Felix et Justina ? Que sait Sarah, la voisine, prostituée du samedi soir ?Le commissaire Lasserre s’interroge, aidé par son vieux camarade Hippolyte.

L’enquête se déroule à Bordeaux, dans l’ambiance du mythique hôtel de police de Castéja, au coeur du quartier Saint-Michel, dans les ruelles de la petite Espagne, au marché des Capus… Et se corse aux bassins à flot.

moiL’auteur : Simone Gélin a grandi près de l’océan, de la forêt de pins et des dunes. Après une carrière d’enseignante, elle est revenue puiser son inspiration dans l’encre du Bassin. L’Affaire Jane de Boy investit le milieu des immigrés espagnols et plonge dans les ramifications de l’antifranquisme en s’appuyant sur des faits authentiques.

 

Extrait :
« Il ne me connaissait pas, et pour cause ! Ma mère ne savait encore pas que j’étais en route quand il avait été arrêté en 39…
Je voyais cet homme, grand, raide dans ses habits comme s’il portait tout le malheur du monde caché sous sa veste, un pantalon de flanelle flottant sur sa maigreur, une figure allongée, faite de rectangles et de lignes droites, des os saillants, maxillaires apparentes, des yeux qui paraissaient perdus dans un ailleurs que lui seul pouvait voir, capables en même temps de pénétrer intensément les miens, une bouche de géant qui lui mangeait tout le visage, il me faisait peur.
Je me jetai au cou de ma mère et lui demandai à l’oreille si c’était un ogre qui tendait les bras pour me prendre. Elle rit : »C’est ton père, Abril. » »

 

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Le résumé et le petit avis de Kris :

L’affaire Jane de Boy – Simone Gélin

Dans les environs de Bordeaux, une petite fille de 3 ans disparaît sur la plage en 1960. Le commissaire Lasserre mène l’enquête avec son ami Hippolyte, s’interrogeant sur la présence d’un couple d’Espagnols et sur ce que sait Sarah, la prostituée du samedi soir.

Alternant avec des récits sur les mouvements de guérilla espagnole d’après guerre, pris sur des faits réels, la narration de l’intrigue va vite, très vite …
Ces deux histoires entremêlées à deux époques différentes donnent une saveur incroyable à ce livre.
On est d’ailleurs un peu à bout de souffle à chaque fin de chapitre.
Deux histoires indépendantes qui se croisent, s’entrelacent, se perdent pour mieux se retrouver ..

Une enquête policière certes mais qui éclaire sur cette période troublée du franquisme . On sent bien que l’auteure s’est penchée avec beaucoup de minutie sur les faits de cette époque.
J’en sors toute chamboulée et vraiment mais vraiment je vous le conseille chaudement.

Trophée Anonym’us : François Medeline – sous le feu des questions


ano

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 18 octobre 2016

François Medeline sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS.

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

L’écriture aide à trouver la foi. C’est ma conviction. A condition d’être sérieux dans le travail, respectueux de ce que l’on fait, de s’imposer une discipline morale. Quand tu vas assez loin, il n’y a plus de plaisir furtif du créateur tout puissant et surtout plus de douleur intense de petit garçon. Juste la foi. Même Dieu finit par cesser de te parler. Tu écris alors « fin ». C’est ton dernier acte futile. Et c’est le paradis.


2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

Si j’étais malhonnête, je dirais la gloire, un besoin irrépressible de reconnaissance, la vanité. Mais c’est faux car je ne sais pas. Voilà, je ne sais pas. Le jour où je le saurais, je suppose que je n’en éprouverais plus le besoin. Ca ne sera plus vital.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du showbiz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’autoédition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

Déjà, je ne sais pas si c’est réellement une singularité de l’époque. La singularité de l’époque, c’est la révolution technologique, la circulation des informations à 300 000 000 m/s. La datasphère, l’information, ses modes de diffusion directe grâce à un médium très chaud, la fin des savoirs. La bonne question n’est donc sans doute pas là. On peut en revanche se demander pourquoi et comment Amélie Nothomb vend des millions de livres alors que c’est de la merde. La métaphysique des tubes, mon cul. C’est quoi ce grand bazar qui fait que les livres les plus vendus sont dans 99% des cas de la merde ? Je ne les lis d’ailleurs pas mais la merde, tu n’as pas besoin de la goûter pour savoir que ça en est, tu la sens arriver de loin. Et ça déferle, là.

Bref, les personnalités publiques type sportifs veulent souvent s’épiler le nombril en public, ou faire du fric, se construire une image pour faire du fric, optimiser leur potentiel marketing, et gagner encore plus de fric, et gagner du fric, je trouve ça beaucoup plus légitime, plus honnête. La notoriété, c’est le jackpot.

Le grand déballage voyeuriste du showbiz, la-grande-actrice-qui-m’a-sucé-quand-j’avais-douze-ans, quand ça arrive c’est le top. C’est hush-hush, toujours. J’ai adoré lire Voici pour ça. C’est un peu comme lire Ellroy.

Quant aux quidams… Mon grand-père écrivait des poèmes, ma mère me lisait des morceaux de son autobiographie inachevée, le soir, à la place des contes de Perrault et j’ai mis en ligne gratuitement deux mauvais manuscrits sur un site d’autoédition. Le quidam est souvent plus artiste que le chanteur de variété. Les données fournies sont juste moins adaptées à la chaleur du médium, le potentiel capitalistique est beaucoup plus faible. L’écrit, en tout cas la phrase qui dépasse 140 caractères, est adapté au congélateur, à la différence du son, de l’image. Il peut y avoir beaucoup trop d’intelligence et d’humanité dans l’écrit, d’ailleurs, ça se vend mieux quand il y en a peu, parce que la merde c’est à 37,7°, c’est chaud.

Les sites d’autoédition sont un modèle économique, ni plus ni moins: au lieu de vendre 1 livre à 500 000 personnes (ce qui est difficile), tu vends 10 livres à 50 000 gugusses (ce que est facile) qui sont de plus heureux d’acheter leur œuvre reliée et de ranger leur exemplaire sacré à côté d’un John Fante. Enfin, d’un John Fante s’ils ont bon goût. Je l’ai fait. Misère psychologique ? Egotisme ? Générosité ? Humanité ? Je n’ai pas de réponses et ça ne m’inspire que du bien, sauf quand la personne pense qu’elle écrit des livres, comme j’en étais moi-même convaincu, tout fier, tout con.

Je pense qu’il faudrait instaurer un permis d’écriture. D’abord pour le retirer à 80% des auteurs édités qui souillent l’acte d’écrire. La difficulté serait évidemment de désigner les membres du Comité de Salut Public, et surtout leur chef, parce que si tu t’imposes chef, tu sais que le chef d’après va te couper les couilles sur la place publique… Avec le risque aussi de te le faire retirer. Mais je ne me souviens plus du tout de la question !

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

Strictement rien. Si ce n’est ce que je viens de te dire. Le message étant le médium comme disait William Shakespeare -pas le journaliste, l’autre-, c’est un combat perdu d’avance. A moins d’adapter le contenu au contenant. Mais c’est un bon questionnement, je crois, et je n’aurais donc que de mauvaises réponses, je préfère répondre aux mauvaises questions, c’est plus dans mes cordes.

Moi, je lis du papier, exclusivement, je dois avoir 4000 livres, je regarde les dos, je pompe leur fluide, et je pense que Facebook, par exemple, dont je peux, j’ai pu, abuser, est une source d’abrutissement collectif inespérée pour le GRAND MECHANT LOUP.

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative. Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

De moins en moins.

Mais j’ai, ou j’ai eu, une utilisation assez sauvage des réseaux sociaux. Les auteurs devraient en théorie la fermer et se faire payer rubis sur l’ongle pour chaque mot projeter sur un support plutôt que d’offrir ça gratos à Mark Zuckerberg, et à leur éditeur, et à leurs lecteurs. La rareté fait le prix. C’est en théorie le job de l’éditeur dans le vieux monde de la graphosphère en perdition.

En pratique, coucher est sûrement plus rentable que Facebook et Instagram. Il faudrait sucer des éditeurs, se taper des éditrices, des journalistes, des critiques, des attaché(e)s de presse, des libraires, des distributeurs, d’autres auteurs, Michel-Edouard Leclerc, toute la chaîne du livre. Le réseau tout court fonctionne mieux que le réseau social dans les champs de pouvoir. Ça marche dans tous les milieux et depuis la nuit des temps. Je vais d’ailleurs y penser. Je vais en parler à mon éditeur.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

Donc si je comprends bien : 2*2/2 = 1 ? Tant qu’on trimballe autant de livres dans des camions, le modèle économique de l’édition classique fonctionne. Le transport rapporte plus que la lecture, je suppose.

Ce que je me dis est simple : si tu es bon, continue, si tu es convaincu de pouvoir écrire un jour un grand livre, continue, tu as sûrement tort mais continue, sinon, va ramasser des trompettes de la mort, fais des gosses, écoute Chopin, participe à l’apocalypse ou si tu n’as plus le goût, attends qu’elle te cueille, pas maintenant, demain. Donc, je dirais ça, mais je ne suis pas certain d’avoir la légitimité, la crédibilité. Tu devrais plutôt poser la question à Céline. Ou à Dostoïevski, je ne sais pas. Quelqu’un de légitime à.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

Je ne l’analyse pas, je le vis. Je pense donc comme mon éditeur, Pierre Fourniaud : « les éditeurs sont des garagistes ». Et je n’en ai eu qu’un. Je l’aime (je t’aime !). Je suis fidèle. L’amour est plus précieux que le mariage. Et si je suis infidèle, en plus, il ne m’aimera plus, c’est une jalouse, complètement barrée. Je veux qu’il m’aime et qu’il n’aime que moi. Je veux être le premier et l’unique. Je crois en la pureté et en l’éternité de l’émotion amoureuse.

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.
Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

Ça vient du fait qu’avant, elles faisaient le ménage, n’avaient pas l’autorité parentale, ni le droit de vote, et que les soirées Plug anal étaient encore des soirées Tupperware.

Tu me diras, c’est toujours le cas d’une grande majorité de femmes, de par le monde et ici, en France, il suffit de regarder les statistiques des « heures domestiques ».

Je pense donc que c’est une formidable avancée des droits humains, la critique se faisant des stupidités essentialistes. Je ne crois fondamentalement pas à la césure homme/femme du quotidien, je révoquerais si je le pouvais le concept d’individu tout court. Même si j’ai l’intuition qu’elles ont été dominées culturellement et socialement pendant deux millénaires chez nous parce qu’au commencement, elles avaient un pouvoir social incommensurable, lié à leur faculté sexuelle génétique et à leur maîtrise de la fécondité et donc de la création.

Je suis convaincu que Dieu est une invention masculine. Les couples binaires de la pensée reposeraient donc sur un mensonge civilisationnel.

La femme est du côté de Dieu, c’est une évidence, du haut, du blanc, de la pureté, à droite, du sacré. Le sang est pur. L’homme est profane, et vil. Mais je ne sais pas si le matériau anthropologique existe ou existera pour prouver tout ça. Regarde : si Totem et tabou est un roman sublime et magique (j’aimerais d’ailleurs bien savoir si Crews ne l’a pas lu juste avant d’écrire Le chanteur de Gospel, parce que les commandements du totémisme, la prohibition de tuer le totem et celle d’épouser une femme appartenant au totem, sont le cœur du livre), c’est un vrai fiasco intellectuel.

Basiquement, je lis quasi exclusivement du roman américain écrit par des hommes en quantité désormais hypothétique. A l’avenir, je jure de participer pleinement à l’émancipation de toute la race humaine. Je vais enfin lire une femme, jeune, française, qui a écrit un roman noir ! Je vais me lancer même si je suis sincèrement effrayé par le sacré. Et pas une Belge. Je subis une forme de distance intuitive avec la Belgique. Je n’aime pas les Belges. Sauf une, la plus belle, la plus drôle et la plus intelligente, avec un prénom si populaire et historiquement si sublime et littéraire.

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

Parce qu’Éric Maravélias me l’a demandé. Je le connais peu, il a une voix douce. C’étaient des raisons suffisantes pour dire oui.

LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE.


1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

Oui, la nuit.

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

Quand j’écris ? C’est une lumière blanche qui irradie pleinement. Quand je relis, c’est moins plein et moins clair. Alors je réécris.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

Faut pas poser des questions avec « où » ! On a un gimmick familial chez nous, vulgaire, enfantin, stupide. Fraternel. DT… Je ne peux pas répondre… !

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

Faut que je finisse un Crews. « La malédiction du gitan ». Le dernier lu était « Les portes de l’enfer » mais pas de très haut niveau. Il me reste 80 pages de « Sanctuaire » depuis une éternité aussi… Le plus grand livre que j’ai lu depuis 15 ans est « Des mules et des hommes ». Donc je dirai « Des mules et des hommes ». Mais à la Saint Victor, je sors mes deux exemplaires du « Grand nulle part » du coffre-fort.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

Si je suis ivre, il m’est impossible d’écrire. L’écriture sous ivresse, je n’y crois pas une seconde. Si tu es alcoolique, tu peux te lever à 4,5 grammes, boire une bière pour la tremblote et conduire 500 km, et monter jusqu’à 10 grammes en fin de journée, avec de l’alcool dur. Donc, oui, il faut choisir si tu es amateur. Et, évidemment non, pas besoin de choisir, si tu es un professionnel.

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

Je mène une guerre intérieure dont la matrice principale est l’alimentation. Il ne faut pas déconner avec ça. Je suis sous régime hyper-protéiné sans sel. J’ai perdu 9 kilos en 4,5 semaines. Taillefine et jambon blanc, blancs de poulets et œufs brouillés, tout le temps. Le sel est tabou, c’est le squame de Dieu en poudre, et on ne profane pas. J’ai droit au poivre, c’est halal chez moi. Le poivre est beaucoup moins nocif d’un point de vue sanitaire et moral que le sel. Poivre bien et à fond, tu ne crains rien, c’est pour les hommes.

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?
 

Mon pygmalion, Mister Smith & Wesson, un type genre Charlie Runkle un lendemain de dimanche rose, dit que lire c’est vivre et je réponds toujours qu’écrire c’est mourir. Je le crois sincèrement. Les parcelles d’intimité périssent une bonne fois pour toute quand on les livre en pâture. C’est l’une des permanences de ce qu’on pourrait appeler l’Art. Et ce n’est donc pas réservé à l’écriture. Voilà, elles disparaissent. Elles périssent. A jamais.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

J’ai failli mettre le feu à un porche d’hôtel à Agen J’ai pioncé une journée sur le canapé à l’entrée d’un salon au lieu de signer des livres, vers Nantes. J’ai fermé une péniche, avec mes amis, tard, enfin, elle s’est fermée toute seule, dans ma ville. Sinon, je suis plutôt sage et poli, j’ai reçu une éducation assez traditionnelle, je crois en l’honneur et en la fidélité, on m’a appris a éplucher et manger mes pêches et mes crevettes avec mon couteau et ma fourchette à six ans, et il ne m’arrive pas grand chose en dédicace. Je n’ai aucun don pour le spectacle. Un gars discret, poli, extrêmement professionnel. Je vends, je signe.

Une vieille dame m’a bien dit qu’elle avait détesté mon livre, Les rêves de guerre, et qu’elle n’avait de plus rien compris. Elle a aussi ajouté qu’elle l’avait relu, une force obscure lui imposait de le faire, un goût étrange qui disait reviens-y. Elle en a conclu qu’elle n’avait pas détesté cette fois-ci, mais qu’elle n’avait toujours rien compris. Si j’avais lu à l’époque une très bonne interview d’un grand auteur ricain dans Paris Review, je lui aurais fait une Faulkner et lui aurais conseillé de le relire une troisième fois. Mais on s’en fout un peu.

Sinon, on m’a envoyé une photo de dédicace très punk le lendemain d’une dédicace. Un page d’écriture entre les Sex Pistols et la Belgique. Une mauvaise blague, une excellente analyse du monde, ça dépend du point de vue et comme disait le grand-père Ferdinand, celui-là de Genève, le point de vue crée l’objet. Et on s’en fout aussi.

Ah si, j’ai pénétré dans une librairie en Harley Davidson avec chauffeur chauve et dingo lors du lancement de mon deuxième livre, un rabbin a débarqué car les enfants de l’immeuble étaient réveillés, il y avait un Tyrolien, beaucoup de monde, et un type torse nu et barbu dansait sur un comptoir, je crois, et on a perdu une paire de lunette, et mon éditeur s’est déguisé en moi. C’était peut-être un salon de thé, je ne sais plus. C’est en tout cas la meilleure soirée de lancement de livre des vingt dernières années d’après la branche gay de la communauté juive du Marais. Mais on s’en fout encore.…

Bref, le problème du livre, c’est l’auteur. Le livre devrait se suffire à lui-même. D’autant que les auteurs sont souvent des connards en puissance. Moi le premier.


Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

Y’a pas de merci.

Trophée Anonym’us , Nouvelle 7/27 : Elle et lui


Nouvelle anonyme N°7 : Elle et lui

vendredi 21 octobre 2016

Elle et Lui

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Le rendez-vous était prévu au Salon du livre de Paris. Nouveau millésime ! Des éditeurs, des écrivains et les visiteurs. C’était une grand-messe, un lieu voué au lectorat de l’extrême. Sans eux, pas de roman, pas de romance, pas de polar. Rien, la fin du monde. Dans la Ville lumière, étaient venus se côtoyer les fous et les surexcités de la société livresque. Hors du temps et des haines politiques, un instant suspendu pour la survie de l’espèce culturelle. Une fête célébrant la liberté d’expression en tout genre ; l’interdire revenait à entrer en dictature. Ces hyperlecteurs s’y adonnaient à une danse contre la nature barbare et pratiquaient un exorcisme de l’autodafé. Le livre y était manipulé, humé, dévisagé. Les auteurs en étaient déifiés, promulgués comme des nouveaux messies. Une religion sans dogme rédhibitoire, dans laquelle le mot était roi, un corps caverneux dans lequel la vie coulait sans interruption. Bandant à souhait !

Isabelle se moquait bien de ces pédantes considérations.

Elle n’était pas venue pour les livres, mais pour se livrer. Elle se destinait à l’un de ces écrivains, de ceux qui attendaient la plume à la main. Dans sa voiture, elle avait peur. Cela faisait tellement longtemps qu’elle ne l’avait pas vu.

Elle avait fait le déplacement pour le toucher, pour émouvoir sa cible. Lui !

L’autoradio passait une chanson de Dalida « Il venait d’avoir 18 ans, il était beau… »
Elle venait d’avoir 18 ans quand elle était partie, quand elle avait tout quitté.
Elle était jeune et maintenant, elle se sentait si vieille. « J’ai mis de l’ordre à mes cheveux, un peu plus de noir sur mes yeux… » Oui, ce matin elle avait pris plus de temps pour se préparer. Saloperie de radio, toujours à réinjecter dans le quotidien les mélopées dégoulinantes du passé !

Elle ne voulait pas le décevoir, depuis le temps qu’elle ne l’avait pas vu, depuis qu’elle l’avait tenu dans ses bras pour la dernière fois. Leur première rencontre avait donné le top départ de leur vie respective. Une vie qui avait dès lors commencé à pourrir. Dieu avait craché sur leurs tombes qu’ils n’avaient plus fini de creuser !

Laszlo Dorian était de retour à Paris, un lieu qui lui rappelait des souvenirs.
Il y avait vécu dans sa jeunesse. La famille de son père était d’origine prolétaire, de ces boulevards populaires. Ainsi, il était content de lui, fier d’être devenu écrivain.

Il avait trimé, comme ses ancêtres.

Il avait sculpté dans le papier les sueurs dégoulinantes de son talent, afin de sortir de la misère et le résultat était là, palpable. L’hémoglobine l’avait délogé de la pauvreté.

Il était maintenant un brillant représentant du commerce du sang. Si son père débitait des carcasses d’animaux dans l’arrière-boutique d’un boucher ainsi que des coups à ses multiples maîtresses, lui, dépeçait des corps de femmes et ensanglantait des pages blanches pour le plus grand plaisir de ses fans. Malgré les obstacles de la violence, les aléas de la vie et de la mort, il avait survécu. Aujourd’hui, il était un auteur qui promettait beaucoup d’après les critiques littéraires.

Il venait distribuer des signatures, vendre son âme d’artiste, se faire photographier avec ses admirateurs, ces charognards de l’imaginaire. Son quatrième livre, un roman noir comme les précédents, marchait très bien. Les lecteurs allaient sans doute venir nombreux pour le rencontrer. Déjà, depuis l’ouverture, il avait fait pas mal de dédicaces. Certains de ses voisins étaient plus prestigieux que lui. Cependant, il était déjà un peu connu, sa carrière avait vite pris de l’ampleur et la fortune arrivait à grands pas. Laszlo n’était plus un anonyme, usant déjà des ficelles miellées de la notoriété.

Il avait dans son collimateur ce romancier, Lazard Grimaud, un ancien policier qui dégainait avec le même brio son stylo et son flingue. De l’autre côté de l’allée, il enviait la foule qui attendait Adama Nesgravia, l’écrivaine qui extirpait chaque année de son Montblanc 150 pages d’une mixture à faire défaillir les foules. La trentenaire à ses côtés, quant à elle, était sympa comme beaucoup en général dans ces salons ; une auteure qui faisait dans la romance érotique, histoire cucul et sexe nunuche. Il en fallait bien pour tous les goûts !

Il les aurait tous tués pour obtenir une miette de leur succès et de leur richesse. Encore une fois, seul l’écran de son clavier était éclaboussé de ces massacres virtuels. Aucun courage, cela le minait.
Et puis il y avait les lectrices, celles qui adulaient les romanciers comme s’ils étaient des rock-stars. Néanmoins, une visiteuse en particulier, allait se distinguer des autres.

Il savait qu’elle avait hâte, qu’elle était en attente et surtout qu’il allait la décevoir, la repousser. Pas uniquement pour le plaisir de lui faire mal… C’était plus que ça ! Elle allait déguster au propre comme au figuré : cette salope allait maudire le jour de la naissance de Laszlo le Magnifique. Et après cela, il savait qu’il serait délivré, qu’il pourrait changer son mode opératoire.

Il avait des frissons dans le dos à l’idée de la briser ! Trop de douleurs lui torturaient les méninges. Les souvenirs… Et pourtant ils avaient eu tous deux le bonheur à portée de main. Si seulement…

Isabelle se remémorait les avertissements de ses copines. Elles lui avaient bien dit de ne pas le laisser, comme ça, sans explications. Seulement elle ne les avait pas écoutées.

Elle avait toujours eu soif de liberté.

Elle était de toute façon trop jeune quand elle avait croisé son regard la première fois. Regrettait-elle son départ ? Non, pas vraiment.

Elle avait vécu comme elle l’entendait. Aujourd’hui, la cinquantaine approchant, elle avait eu tous les amants qu’elle avait désirés. Aujourd’hui, la beauté s’éloignant, elle avait eu tous les soucis qu’elle n’avait pas désirés. Son cœur était affaibli et meurtri, elle espérait avoir l’extrême onction de Laszlo. Un dernier mot, une dernière caresse qui effaceraient les coups du sort.

Elle attendait le pardon. Et pourquoi pas, un peu d’amour, encore, s’il n’était pas trop tard ?
Elle accepterait toutes les tortures de sa part, elle lui offrirait sa pauvre carcasse en pâture.

Elle comptait bien endurer les martyres décrits dans ses romans. Elle avait lu toute l’œuvre de Laszlo Dorian, tout ressenti dans sa chair. Elle l’avait eu dans la peau de chapitre en chapitre, incarnant son mal du prologue à la conclusion fatale.

Elle seule avait les clefs de son inspiration, savait pourquoi ces pauvres filles morflaient dans ses fictions, elle avait conscience que c’était elle, la vraie victime, la vraie coupable. Quand il écorchait sa proie aux creux des pages, elle en percevait les sévices. Et elle aimait ça ! En redemandait comme une pénitente à bout de souffle, à bout de vie.

Laszlo ne savait pas à quoi elle ressemblait maintenant.

Il avait le souvenir d’une chevelure magnifique et des quelques baisers sur sa nuque. Du miel qu’il avait cherché sur d’autres corps, auprès d’autres regards. Dans son dernier bouquin, Isabelle se faisait étrangler après maintes morsures. Son héros en avait bu le sang, la sève jusqu’à l’écœurement.

Il lui avait pris la vie à pleine bouche, au goulot, gloutonnement. Et à chaque page écrite correspondaient des nausées.

Il n’arrivait pas à exorciser sa douleur.

Il craignait d’être saturé de crimes irréels. Pour cette raison, il lui avait envoyé une invitation. Cette fois, il avait envie de concrétiser son aversion, ses amours défuntes. Bientôt il allait engloutir celle qui personnifiait son fantasme depuis si longtemps. Sa plume se tarirait peut-être, son talent s’écoulerait comme la vie de ce corps qu’il manipulerait enfin.

Il ne pouvait plus continuer comme ça et devait trancher dans le vif sans penser aux conséquences. Isabelle dont il avait si longtemps souhaité la chute allait arriver. Il attendait d’admirer dans son regard l’effroi du rejet. Être vengé, l’anéantir comme dans ses romans, la piétiner. En la contactant, il était resté flou, avait laissé un peu d’espoir pour la voir tomber de haut. Cette Messaline symbolisait l’origine immonde, de son monde d’errance…

Isabelle était terrorisée. Et ses talons qui claquaient maintenant sur le bitume du parking, représentaient le compte à rebours vers le jugement, peut-être vers l’échafaud. Condamnée, elle savait qu’elle allait succomber, son cancer se généralisait.
Elle attendait un peu de réconfort de celui qui lui avait laissé un espoir, dans une lettre et au téléphone…
Elle tenait dans sa main moite le bijou pour entrer dans le cœur de cet homme, elle allait s’en servir. « L’espoir fait vivre ! » De ce cliché, elle espérait donc une embellie, un peu de temps en plus, du bonus, même si elle savait qu’au fond, elle ne le méritait pas tout à fait.

Laszlo au Salon du Livre de Paris ! Un moment qu’il aspirait depuis que son éditrice lui avait dit qu’il en serait un invité de marque.

Il regardait l’ensemble des exposants. Ces gens qui passaient leur existence à écrire, qui se penchaient sur une page blanche et tentaient de construire une histoire. Le plus souvent ils reconstruisaient la leur. Comme lui, dans son premier roman, qui déjà martyrisait une jeune fille de 18 ans, cette pouffiasse se faisait maltraiter pour expier ses pêchés. Alors, là, sur son stand, il signait, saignait en souriant.

Il se délectait de sa toute nouvelle renommée et du mal qu’il allait faire à cette femme. L’attente était doucereuse.

Il se remémorait son parfum. Un mélange de jasmin et de fleur d’oranger, une mixture qu’il reconnaîtrait n’importe où, n’importe quand. Un jour, dans une foule, il avait suivi une femme blonde, exhalant la même odeur qu’Isabelle. Comme un chien, les sens en alerte, il l’avait pourchassée et coincée dans une rue minable de Londres. Elle s’était laissée embrasser, flattée de faire envie à un si beau gosse. Et au moment de l’avoir à sa merci, alors qu’il allait entrer en elle, debout contre le mur, le corsage déjà lacéré, elle s’était débattue. Elle s’était dégagée de ses mains qui voulaient l’étrangler, soudain dégoûtée. Comme Isabelle qui l’avait repoussé ! Trop inexpérimenté, trop mou, il avait échoué dans sa tentative de tuer cet ersatz d’Isabelle. D’où son premier succès littéraire, d’où sa première victime sur tranche dorée, maintenue à sa merci à l’encre rouge. Une tentative avortée ! Les prémices pitoyables de sa carrière d’assassin ! Une impuissance livresque qu’il s’était juré de se faire pardonner. Jusqu’à ce jour, il n’avait jamais pu réaliser ce dont il se sentait capable.

Il allait pouvoir la massacrer, aujourd’hui, en vrai, grandeur nature. Sa haine s’était ravivée dès qu’Isabelle lui avait parlé, cette voix au téléphone comme l’élément déclencheur qui allait le transformer en meurtrier. Son timbre si significatif avait tout remis sur le tapis. Son excitation malsaine le terrassait.

Il était en manque, imperméable à toute compassion. Les dès était jetés et les cartes ne demandaient qu’à se faire abattre. Il en tremblait d’avance. Il allait achever le travail commencé des années auparavant. Bientôt la fin du jeu !

Isabelle essayait de garder son sang-froid, d’éloigner les paroles néfastes de cette foutue chanson. Inlassablement, Dalida s’entêtait à lui instiller la mélodie du malheur. « Quand il s’est approché de moi, j’aurais donné n’importe quoi… ». D’une démarche mal assurée, elle s’approcha de la table de l’homme qu’il était devenu.
« Mon amour, mon seul véritable amour, que tu es beau ! » s’exclama-t-elle en son fors intérieur.
« Il était beau comme un enfant… », susurrait perfidement la chanteuse au subconscient d’Isabelle.
Doucement, elle glissa la petite médaille ornée d’un chérubin. Ce bijou, cadeau du passé brillait d’un éclat particulier sur la couv’ vermeille du dernier livre de l’écrivain… Une trace d’innocence sur le corps d’une jeune fille sanguinolente. La main virile et forte de l’auteur s’en empara rapidement.
Odeur de jasmin, de fleur d’oranger, battements de cœur, frissons des épidermes… Tout allait soudain trop vite, trop lentement…
Laszlo leva le regard sur Isabelle. Elle était vieille et fatiguée. Elle ressemblait à une chanteuse des années 70. Du mascara coulait sous les vestiges de ses yeux bleu azur. L’instinct du prédateur était pris au piège de sa victime. Une poigne invisible s’agrippa au coup de Laszlo. Des gouttes de sueur perlaient au bord de ses longs cils faisant écho à ceux de cette femme, là devant lui. Tout de suite, il savait qu’il allait l’aimer, à nouveau. Ne plus infliger d’horreurs à ces pauvres filles sur papier glaçant.

— Maman !

Voilà, la septième nouvelle en lice est sous vos yeux.

Vous le savez le nom de l’auteur ne vous sera pas dévoilé.

Mais c’est un de ces auteurs participants qui l’a écrite  : 

Maud Mayeras – Olivier Chapuis – Danielle Thiery – Ghislain Gilberti – Marie Delabos – Colin Niel – David Charlier – Dominique Maisons – Sandra Martineau – Marie Van Moere – François Médéline – Ellen Guillemain – Cicéron Angledroit – Valérie Allam – Stéphanie Clémente – Gaëlle Perrin-Guillet – Anouk Langaney – Patrick K. Dewdney – Florence Medina – Michel Douard – Benoit Séverac – Loser Esteban – Jeremy Bouquin – Armelle Carbonel – Jacques Saussey – Yannick Dubart – Nils Barrelon. 

Ce sera donc sur les qualités intrinsèques de la nouvelle que le jury devra trancher.

 Il en reste 20 à être dévoilées.

Une par semaine si tout se passe bien.

Que de bonnes, très bonnes voire excellentes lectures à venir.

Maintenant à vous de me dire ce qu’elle vous a inspiré.

J’attends avec impatience vos réactions et vos commentaires.

Et saurez vous devinez qui en est l’auteur ?

Comment je me convertie à la BD grâce à La Religion : Rencontre à la Griffe Noire


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A la librairie ils ont, régulièrement, la saugrenue idée de proposer des rencontres et des dédicaces le samedi. Mais, moi je bosse le samedi ! Et en plus c’est la plus grosse journée le samedi en bibliothèque.

Aussi depuis quelques semaines, ma bibliothèque est en travaux, alors c’est plus facile pour moi de poser un jour de congé un samedi. J’en profite un max, je me rattrape de toutes ses années où je n’ai pas pu me rendre en librairie, sur un salon ou à une rencontre parce que j’avais une obligation de service public.

Finalement quand j’y pense, c’est bien une bibliothèque sans lecteur ! Mais non je plaisante, sans lecteur point de bibliothécaire, alors ! Forcément !!!

Bon bref, ce samedi j’ai pris ma journée et je suis allez à la Griffe Noire.

A la Griffe Noire, encore, je vous alliez dire. Ben oui, quoi c’est ma libraire !

Et à la Griffe Noire, ils ont eu la merveilleuse idée de faire venir Tim Willocks.

Qui ça, Tim Willocks ? Mais si vous savez, l’auteur de La Religion, le  fabuleux roman historique . Bon ok, je vais vous rafraîchir la mémoire.

 

       La religion de Tim twWillocks. Traduit de l’anglais par Benjamin Legrand. Paru le 26 mars 2009 chez Sonatine,  23€,  (852 p.) ; 22 x 14 cm

Mai 1565. Malte. Le conflit entre islam et chrétienté bat son plein. Soliman le Magnifique, sultan des Ottomans, a déclaré la guerre sainte à ses ennemis jurés, les chevaliers de l’ordre de Malte. Militaires aguerris, proches des Templiers, ceux-ci désignent leur communauté sous le vocable de «la Religion». Alors qu’un inquisiteur arrive à Malte afin de restaurer le contrôle papal sur l’ordre, l’armada ottomane s’approche de l’archipel. C’est le début d’un des sièges les plus spectaculaires et les plus durs de toute l’histoire militaire.

Dans ce contexte mouvementé, Matthias Tanhauser, mercenaire et marchand d’armes, d’épices et d’opium, accepte d’aider une comtesse française, Carla La Penautier, dans une quête périlleuse. Pour la mener à bien, ils devront affronter les intégrismes de tous bords, dénouer des intrigues politiques et religieuses, et percer des secrets bien gardés.

Sur fond de conflits et de mystères religieux, cet ouvrage follement romanesque et d’une érudition sans faille témoigne d’un sens de l’intrigue remarquable. En explorant la mystérieuse histoire des chevaliers de l’ordre de Malte, Tim Willocks, porté par une langue aussi intense que réaliste, évoque autant Alexandre Dumas qu’Umberto Eco. Un classique immédiat.

twrVous voyez ce Tim Willocks là.  Et comme ils font les choses bien, ils ont invité aussi son traducteur Benjamin Legrand mais aussi Luc Jacamon. Ben oui, parce que La Religion vient d’être adaptée en bande dessinée.

 

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twDonc me voilà à la Griffe Noire, il est 15 heure et la séance de dédicace doit débuter.  Mais comme je m’approche du fonds de la librairie je m’aperçois que je ne suis pas la seule à m’être déplacer car une file d’attente c’est former devant les tables des auteurs. Il y a du monde, et c’est tant mieux. Je m’insère dans la file et j’entame la discussion avec les personnes présentes.
– Bonjour !
twzEt vous vous êtes là pour qui, pour quoi ? Vous avez lu le bouquin ? Vous connaissez l’histoire ? Et l’auteur ? Non, que l’illustrateur ! Ah bon !!!
Et oui il y a dans la file très peu de fans de Tim Willocks, mais des fans de Luc Jacamon et des fous de BD. Serais-je la seule exception.

Bon j’abandonne ma place dans la file, il sera temps que j’y revienne un peu plus tard.

bpSurtout que j’ai aperçu dans la librairie un petit homme que je commence à bien connaître. Alexis Soumachedchi alias Bernard Prou, venu en voisin et ami faire son petit tour lui aussi. Il a eu une excellente idée de passer par là, j’ai quelques bouquins à lui faire dédicacer. Aller Bernard, si on allait prendre un café.  Et prépare ton stylo, tu vas en avoir besoin. Et puis avec Bernard, c’est toujours un agréable moment de partage que l’on passe. Et hop, un gros plus à ce bel après midi qui s’annonce.

 

De retour à la Griffe Noire, je m’avance doucement vers nos auteurs et notre illustrateur. En bout de file j’observe Benjamin Legrand, la tête de ce monsieur ne m’est pas inconnu. mais où ai-je bien pu déjà le rencontrer ?

Jean Edgard Casel qui passe par là, m’explique qu’en plus d’être le scénariste c’est aussi le traducteur de Tim Willocks. – « Il est très connu dans le milieu, me dit-il ! »

Mais oui c’est bien sur ! Il a traduit aussi  Tom Wolfe, Paul Cleave, Robert Ludlum, Kent Haruf, Nelson DeMille, Megan Abbott et  John Grisham aussi. Mais surtout c’est un auteur de polar et de roman d’anticipation. J’ai lu il y a quelques année Le Cul des anges et bien avant ça La Mécanique des ombres mais aussi Lovely Rita et La Face perdue de la lune.  Bien sur que sa tête ne m’est pas inconnue ?

Aussi arrive mon tour, et  si jusque là les lecteurs étaient plutôt mutiques, cette fois, ils vont l’un et l’autre  devoir répondre à quelques questions. Vous me connaissez, je suis curieuse de nature. Après avoir expliquer que j’étais là avant tout pour le bouquin de Tim Willocks que j’ai adoré, (Ma petite chronique de La Religion Ici si vous voulez tout savoir.) je demande  :

-Qui a bien pu avoir l’idée saugrenue d’adapté un tel pavé en bande dessinée ? 
-C’est une commande de l’éditeur « Casterman », me répond Benjamin Legrand. Ils ont acheté les droits d’adaptation et je me suis proposé comme scénariste. Je connais bien maintenant l’univers de Tim. Luc a lu le roman et il a été captivé aussi il a voulu et n’a laissé le soin à personne d’autre que lui pour illustré mon scénario.
-ça n’a pas pu être simple de transposer ce roman tellement il est foisonnant
-Effectivement, je voulais faire ressentir toute l’intensité de ce texte. Je ne voulais pas trahir les propos de Tim, mais il m’a fallu faire des coupes, c’est si dense. J’ai essayé de garder cette force d’évocation qu’à Tim dans son écriture. Il nous fallait retranscrire tout cela à travers les dessins et les dialogues. Je crois que l’on a bien réussi avec ce premier tome car Tim est très content du résultat.
-Puis-je vous demandez de dire à Tim toute l’admiration que j’ai pour lui et pour les livres qu’il nous a donnée à lire. J’en profite j’ai son traducteur comme interprète. Et aussi s’il veut bien me dédicacer Les douze enfants de Paris . (Là je sors le livre de ma sac à dos) 

 

Là Tim me remercie, me demande mon nom. Je le remercie à mon tour des émotions qu’il m’a fait vivre à travers ces différents bouquins. Benjamin lui traduit mes remerciement qu’il trouve très jolis. Nous papotons un peu autour des titres de Tim.

Jacamon a fini ces dessins à sa dédicace sur les 2 albums que je lui ai tendu. C’est à Tim et puis à Benjamin de jouer.

J’interroge donc l’illustrateur :

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-Luc; si j’ai bien compris, la lecture du livre de Tim vous a tellement plu que vous n’avez laisser le soin à personne d’autre de faire l’illustration.
-Oui j’ai trouvé que ce livre dense était tellement visuel que j’ai en le lisant commencer à entrevoir les dessins qui pourraient l’illustrer.
-Je vois que vous crayonné avant d’attaquer votre dessin alors que visiblement vous avez le trait sur, pourquoi ?
-c’est simplement pour me rassurer. C’est vrai que souvent j’en aurais surement pas besoin mais…Et puis comme vous le voyez c’est juste une esquisse au crayon, c’est avec le feutre que j’affine les traits des personnages.
-Justement les personnages comment les avez vous imaginés ?
-Dans le livre Tim nous propose des héros avec de vrais caractères. Il ne les décrit pas physiquement, non ! D’ailleurs il me disait qu’il avait une vision très floue de ses personnages en revanche il les connaissait très bien. 
-L’image que vous vous êtes fait de ceux-ci à la lecture est-elle la même que celle que vous avez dessinée ?
-Non pas tout à fait même si durant la lecture je me les imaginais très bien. Regardez Tanhausser, il est à la fois bon et cruel. Pas facile de mettre en dessin un homme aussi contrasté. Tim en voyant la couverture m’a fait remarqué que les yeux de Tanhausser reflétés bien sa double personnalité. Et en effet si vous regarder bien, il y en a un qui est terrifiant et l’autre on pourrait croire qu’il va pleurer. Cachez successivement un œil puis l’autre…
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– Ah oui ! C’est un effet voulu ? twp
-Non, mais je crois sincèrement que c’est mon inconscient de dessinateur qui a parlé à travers ma main et mon dessin. Je le voulais ainsi !
-Bravo c’est réussi, je crois que je vais aimé cette bande déssinée m^me si je ne suis pas très doué pour lire des BD !
-Merci c’est un beau compliment.

 

Pas facile de discuter avec nos auteurs, scénaristes et illustrateurs alors que les fans font la queue pour avoir un beau dessin et une belle dédicace.

Mais ce fut une super idée que de réunir c’est trois là en m^me temps. Bien joué, Jean, bien joué la Griffe Noire.

Cela restera un très bel après midi de dédicace et plus si affinité.

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La griffe du chien de Don Winslow : Le chouchou du week end


    gdcLe livre : La griffe du chien de Don Winslow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Freddy Michalski. Paru le 24 octobre 2007 chez Fayard dans la collection Fayard Noir.  (765 p.) ; 24 x 16 cm.

gdcRéédité en poche le 13 novembre 2008 chez Points dans la collection Points Policiers. 9€70 ;  (826 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’agent de la DEA Art Keller, Seigneur de la frontière américano-mexicaine, a juré sur la tombe de son adjoint d’employer tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre un terme au trafic qui inonde son pays. Le Seigneur de la drogue Miguel Angel Barrera, puis ses neveux Adán et Raúl répliquent dans le sang et écrasent quiconque, ami ou ennemi, leur barre le chemin.

Callan, un Irlandais né au coeur de la mafia new-yorkaise, devenu tueur, puis mercenaire presque malgré lui ; le père Juan Parada, archevêque de Guadalajara, qui lutte auprès des plus hautes autorités de l’Église pour la survie de centaines de milliers d’Indiens anéantis par la guérilla, chassés de leurs terres, empoisonnés par les produits chimiques ; son amie Nora, qui use de ses charmes tarifés et de son tempérament hors du commun pour faire et défaire alliances, marchés et compromis…

Tous jouent une partie mortelle sur un échiquier grand comme le monde. Depuis les jungles d’Amérique centrale, la Federación Barrera distille un poison qui conduit à la folie des hommes. Ni la justice ni la foi ne veulent plus rien dire. L’instinct seul s’impose : celui qui tue, celui qui sauve.

 

gdcL’auteur : Né à New York en 1953, Don Winslow a été détective privé avant de devenir un auteur majeur du thriller américain. Il a reçu le Shamus Award à deux reprises et a été plusieurs fois adapté à Hollywood.La Griffe du chien illumine une réalité atroce : la Guerre contre la Drogue, menée et perdue par les États-Unis, entre 1975 et l’an 2000.
«Le plus grand roman sur la drogue jamais écrit. Un roman effrayant et triste, une vision grandiose de l’Enfer et de toutes les folies qui le bordent.» (James Ellroy)

 

Extrait :
– Un milliard sept cent millions de dollars pour empoisonner les enfants ? demanda Art à Hobbs quand ils remontent dans la jeep.
– Nous sommes en guerre. Ce n’est pas le moment de faire la fine bouche, Arthur. C’est aussi votre guerre. Puis-je vous rappeler qu’il s’agit ici de la cocaïne qui a porté au pouvoir des hommes tels que Adán Barrera ? Que c’est l’argent de cette cocaïne qui a acheté les balles utilisées à El Sauzal ?
Je n’ai pas besoin qu’on me le rappelle, songe Art.

Petit résumé et avis :

gdcAlors que vient de sortir Cartel, presque dix ans plus tard, la suite de La griffe du Chien, que j’ai entre les mais dont je n’ose pas encore ouvrir les pages, je voulais revenir rapidement sur le premier opus qui a été pour moi un grand choc et une pure révélation de ce que pouvais être un roman noir actuel.

La griffe du chien est bien plus qu’un roman policier, qu’un roman noir, qu’un thriller…C’est tout cela  et même c’est bien au-delà. La griffe du chien, est un polar culte. Ce pourrait-être Le polar absolu

 La griffe du chien c’est l’histoire Art Keller, agent de la DEA (Drug Enforcement Agency), qui est chargé de mettre un terme au trafic de drogue et d’armes par tous les moyens possibles.

Art Keller, le «seigneur de la frontière», est en guerre contre les narcotrafiquants qui gangrènent le Mexique.

Adán et Raúl Barrera, les «seigneurs des cieux», règnent sans partage sur les sicarios, des tueurs armés recrutés dans les quartiers les plus démunis. Contre une poignée de dollars et un shoot d’héroïne, ils assassinent policiers, députés et archevêques. La guerre est sans pitié.

 Mais le Seigneur de la frontière américano-mexicaine, Art Keller, l’agent de la DEA, l’a juré sur la tombe de son adjoint : il emploiera tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre à terre les barons de la drogue qui menace les Etats Unis.

S’étendant de 1975 à 2004, cette gigantesque fresque inspirée de l’histoire de la DEA,  de la CIA, et des pouvoirs politiques  en place ( tant aux Etats-Unis, qu’en Bolivie,  ou encore au Guatemala) mêle habillement  fiction et réalité.

Nous allons plonger chez les trafiquants de cocaïne, chez les FARC, chez les indiens victimes de cette guérilla. Nous allons rentrer dans l’un des  conflit le plus meurtrier de la planète. Un conflit pas seulement contre les narcos trafiquants mais aussi contre les l’émergence d’une force politique communiste en Amérique centrale. Une guerre géopolitique. Des états dans l’Etat, des mafias en forme de superpuissance. 

Don Winslow a une formation d’historien, il a aussi été détective et avec la griffe du chien c’est la fiction qui rentre dans l’Histoire. Ou peut-être l’inverse !

La griffe du chien est un roman dur, âpre et d’une violence extrême qui reflète parfaitement la réalité qui souvent comme ici dépasse la fiction.

Un putain de coup de coeur