Apéro polar : Rencontre croisée avec Martine Nougué et Nicolas Lebel. Tome 1

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Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour ce nouvel apéro polar.

J’ai la chance de recevoir aujourd’hui deux auteurs qui ont su dès leur tout premier roman me convaincre de manière irréversible. Je veux parler de Martine Nougué et de Nicolas Lebel. 

J’ai retrouvé dans les Belges reconnaissants les même sensations de lecture qu’avec L’heure des fous. Le même plaisir de lecture.

 Donc vous l’avez compris nous avons le privilège de recevoir deux auteurs de polar que j’aime énormément. Leurs premiers romans respectifs ont immédiatement intégré mes coups de coeur et du coup ceux du Comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris.

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Il sera bien entendu question de leur roman respectif…

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Surtout du dernier de Nicolas  et du premier de Martine

On parlera aussi des auteurs, de leur façon d’aborder l’écriture, des histoires qu’ils nous proposent, des personnages de leurs livres.

On parlera sans doute aussi voyage, intrigue, humour, roman noir sociétal…Et peut-être aussi de la nécessité d’écrire, de la difficulté à se faire éditer.

Et puis avec un peu de chance, nos auteurs se livreront à quelques confidences.

 

Les auteurs justement :

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko MaLaissez moi vous présenter Martine Nougué. D’ailleurs si je dis des bêtises, surtout Martine n’hésite pas à me reprendre.

Martine, Tu as vécu tes premières années en Afrique, au Cameroun

Martine Nougué : Oui je suis arrivée à l’âge de 6 mois sur la continent africain.

et, depuis, tu n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, tu as mené ta carrière dans de grandes entreprises, essentiellement dans le conseil et la communication.

MN : Oui, mon cursus en sciences humaines m’a menée à ça

Passionnée par l’observation de tes contemporains et celle de l’évolution des sociétés, tu voyages, rencontres, et écrit…
Tu vis aujourd’hui entre Paris et ton village du Languedoc où tu t’investis dans la promotion du livre et de la lecture.

MN : Le livre et la lecture, les mots sont pour moi de véritables passions.

GVL : Et bien justement si tu le veux bien nous reviendront sur ce sujet

MN : oh mais avec un immense plaisir

Les Belges reconnaissants, publié aux éditions Caïman est ton premier roman.

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko MaAlors Nicolas que dire de toi.
Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, tu reviens à Paris où tu es né.

NL : OUI, Parigo, je le revendique.

Tu tentes depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Tu es linguiste de formation.

Nicolas Lebel : oui tout à fait, j’ai fait des études de langues français, anglais pendant plusieurs année et au moment de choisir lors de mon master j’ai eu du mal à ne pas garder les deux sujets. Et finalement, grâce à la traduction, j’ai réussi à retrouver les deux langues. Ainsi je m’amuse à continuer à mettre les mains dans le moteur de la langue pour voir comment tout cela marche. Et puis à force de m’amuser avec les mots des autres, j’ai voulu le faire avec les miens. Et voilà comment je suis passer de la traduction à l’écriture.

Donc tu es passionné de littérature et tu publies en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins: « Les Frères du serment », qui sort dans un silence prometteur.

NL : On peut dire ça

En 2013, tu publies aux Éditions Marabout « L’Heure des fous », puis en 2014, « Le Jour des morts », deux romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.

 NL : ça me va ! 

Alors, Nicolas, Martine, ont a pu l’entendre, l’écriture, la langue c’est un de vos points communs, vous aimez jouer avec les mots, les assembler voire les confronter.

NL : Oui, triturer la langue, il y a plein de chose à faire avec la langue.

Justement, vous pouvez, l’un et l’autre nous expliquer cette amour des mots, de la langue française?

NL : Je vais commencer si vous le voulez bien, ensuite Martine je te laisserais enfin la parole ! 

J’ai commencer à écrire ado comme beaucoup de gens. Pourquoi  ? Parce que le rapport à l’écrit permet de chercher des réponses avec un peu plus de temps. On peut mettre en mots des choses plus facilement et plus intimes avec l’écrit. Moi c’est comme cela que j’ai commencé à écrire. J’ai commencé à écrire par amour, l’amour d’une jeune fille à qui je voulais confier ma flamme. C’est comme cela que j’ai commencé à mettre des choses en forme. Et petit à petit…, J’allais dire que c’est une travers de débutant, petit à petit j’ai arrêté de parler de moi pour parler des autres. Et c’est comme cela que j’ai finalisé des écrits un peu plus complets, un peu plus longs. J’ai écrits des nouvelles, des poèmes, des choses qui ressemblaient à des chansons. Des pièces de théâtre aussi !  Et puis à un moment je me suis dit :  » il est temps de passer à des écrits encore plus longs et encore moins personnels »

Moi j’aime le coté lyrique de l’écriture. je ne suis jamais loin de ce que j’écris mais j’ai arrêté de parler de moi pour parler de nous. C’est ce qui m’a attiré dans le polar, parler en travaillant sur le fonctionnement social, voire comment les gens interagissent. Pour le meilleur et pour le pire. Dans la polar c’est souvent pour le pire puisque le polar commence dès lors que quelqu’un se fait dézinguer, que quelques part il en a véxé d’autres. Et à partir de là ça permet de mettre en évidence des choses plus,.., plus sociales, oui des choses plus collectives. 

C’est donc comme cela que je me suis lancé dans l’écrit.

GVL : Martine je te prête mon micro, pour que tu nous éclaires aussi.

MN : Heu oui ! J’écoute les mots de Nicolas avec intérêt parce que j’ai une démarche tout à fait, ou presque identique. Je me retrouve dans la démarche de Nicolas, ce cursus.

Mais pour revenir, Geneviève à ta toute première remarque, c’est vrai que l’amour des mots c’est ce qui nous lie. Et l’amour des mots moi, elle m’est venue d’abord avec la lecture. Dès que je suis tombée sur l’alphabet et que j’ai appris à lire…très jeune, ça a été tout de suite quelque chose qui m’emmenait ailleurs . Oui la lecture. J’ai commencé par lire, beaucoup. Et puis après ces mots là donc j’étais tombée amoureuse, ils m’ont poursuivi. J’aimais vraiment ça!

J’ai fait des études de sciences humaines, c’est pas pour rien non plus parce qu’on y écrit beaucoup, j’ai écrit beaucoup dans le cadre de mes années universitaires dans un domaine qui m’a ensuite, je le crois maintenant, petit à petit amené au polar. Parce que les sciences humaines, la sociologie, l’observation de la société, la façon dont ça fonctionne, les groupes sociaux, les organisations, tout cela vous pousse à vous interroger. Et puis après il faut l’expliquer. Et..Il faut l’écrire. Et petit à petit on arrive à constater que ce que l’on écrit, quand par ailleurs on lit beaucoup de fiction, ce que l’on écrit ça pourrait tout à fait être un roman. 

Parce que la réalité de la fiction, dans le domaine de l’observation de la société dans le domaine des sciences humaine, c’est quand m^me assez assez proche. Même si en fiction, on pousse le propos, on y rajoute d’autres ingrédients comme le suspense, comme l’émotion. Forcément l’émotion doit être absente des écrits que je qualifierais de scientifique, des études.  Donc on remet tout cela dans le roman. Et voilà c’est comme cela que je suis venue à l’écriture.

Et puis les chemins se croisent. Il y avait ce chemin là et puis il y en avait un autre. En tant que grande, grande lectrice, (heu, je vais sauter des années universitaires à la vie professionnelle). cela fait 30 ans que je travaille dans la communication sous toutes ses formes. Et la communication c’est aussi une autre façon d’écrire, de faire passer des messages. Dans le cadre de cette carrière, un jour j’ai croisé la SNCF, qui m’emploie toujours. Et, il y a 15 ans, au sein du groupe de communicants,  que l’on était, on voulait faire quelque chose de sympa et comme cela on a créée le prix SNCF du polar. J’ai fait parti de cette équipe ce qui m’a amené à beaucoup m’intéresser au polar alors que je ne connaissais pas vraiment. Et de file en aiguille, j’en suis venue à m’intéresser aux auteurs, à m’intéresser à ce genre littéraire, à fréquenter les festivals. Jusqu’à me dire il y a quelques années : « J’adorerai écrire un polar ».  Et c’est comme cela que m’est venu.

Voilà des chemins qui se croise, de toute façon au milieu de ça, L’amour des mots, l’envie de raconter, l’envie de témoigner. L’envie aussi de faire vivre des personnages, Tout cela à conduit à un premier roman qui est sorti cette année. Et je dis souvent en rigolant, je suis une très jeune auteur.

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NL : Mais…Tu es une jeune auteur !

GVL : Effectivement vous avez une écriture dense, vous êtes plutôt à contre courant de ce qui se fait actuellement avec des chapitres très courts. Mais c’est pas votre seul point commun, il y a aussi dans votre écriture beaucoup d’humour et de bons mots. Un humour omniprésent qui fait qu’à la lecture de vos roman, nous, lecteur, nous nous amusons beaucoup à vous lire. Mais vous prenez, vous aussi, autant de plaisir à les écrire ?

NL : Alors énormément, sinon on arrêterait !

MN : C’est l’aspect jubilatoire de l’écriture !

NL : Complètement, oui complètement.

Moi, j’utilise l’humour dans mes romans en contraste des sujets qui sont traités. Je ne fais pas du trash  Mes écrits ne sont pas très très noirs, mais souvent dés lors qu’il y a un meurtre qui est commis, on va aller déterrer des choses pas, très très jolies, des travers de la société, l’humour vient en contre poids.

L’humour permet aussi, comme le dise les anglais, le comic we live, le moment où on peut soupirer un peu alors qu’on est pris dans une nasse noire. Et il y a des moment où les interactions entre les personnages permettent aussi aux lecteurs de respirer.

A coté de ça c’est aussi un point de vue cynique le plus souvent. Il existe mille genre d’humour, on est pas dans le » yaudepoil », on est dans l’humour cynique puisqu’on met en scène des gens qui sont confrontés au coté obscur de notre société. Confrontés à des scènes de crime parfois abominables. On a besoin aussi ,et ça c’est retrouvé chez les flics que j’ai pu rencontrer, de ces moment de déconnade comme moment de soupape lors de confrontation avec l’inhumanité.

ça permet aussi en terme d’écriture de rythmer un roman. Si on enferme nos lecteurs dans une nasse noire, certain auteurs le font vraiment très bien, pilonnant le lecteur de bout en bout et le laissant mortifié à la dernière page, c’est un choix, c’est pas le mien. J’espère au contraire que l’on referme mes bouquins un sourire aux lèvres en se disant que finalement, il y a un coté lumineux à tout cela. Que le vivre ensemble peut triompher. Je ne tiens pas à laisser mon lecteur sur le carreau. Encore une fois, c’est mon choix d’écrire. Je tiens aussi à ce que les gens passe du temps et un bon moments à ce marrer.. Il n’arrive dans mon bureau, assis à écrire de me marrer me laissant emporter par les dialogues; Je suis mon meilleur public, je crois ! D’ailleurs c’est pathétique. Mais si je veux que le dialogue fonctionne il vaut mieux que je me bidonne en l’imaginant. Et si j’arrive à sourire le lendemain en me relisant c’est que ça marche.

Parfois, en revanche on est à coté, créer de l’humour c’est un métier, c’est un boulot, On est pas drôle sur commande, je crois. Il faut calibrer cette humour de manière à se qu’il rentre bien dans le bouquin, et de manière à ce qu’il serve le propos.

Voilà, je vais peut-être te laisser la parole Martine.

MN : Voilà, tu as tout dit Nicolas. Et très bien en plus !Et je souscris complétement à ce que tu dis.

Cet humour qui dans le roman noir ou dans le polar, où on raconte des choses pas très drôles et souvent très dures, ça permet de prendre de la distance. Et effectivement c’est salvateur. Ce sont des poses de respiration.

Je rajouterai une chose en tout cas en ce qui me concerne. Personnellement, je me damnerai pour un bon mot, ça c’est un de mes péché. C’est ma respiration à moi. J’adore l’esprit, j’adore l’humour et j’ai donc les oreilles en permanence ouvertement pour capter cet humour qui affleure au milieu d’une conversation. L’humour ça peut se travailler, moi je préfère prendre, comme je l’ai toujours fait, beaucou de temps à écouter les gens partout au je suis, dans la rue, dans le métro. Dans le cadre de ce bouquin, j’ai passé énormément de temps au bistrot du village. Dans le village où j’habite, j’ai écouter des conversation et je peux vous dire qu’en terme d’humour les comptoirs c’est extraordinaire. Moi ma source elle est là ! Dans l’écoute des gens, dans l’écoute des situations.

Et j’ai pu en replacer car effectivement dans mon enquête, il y a bien sur un mort, un crime et des salopards, des gens pas forcément très beaux et bons. Et pouvoir replacer les traits d’humour que j’ai saisi ça et là, ça remet le sourire, ça donne la banane dans tous ce noir. 

Comme Nicolas, j’ai pas envie qu’en refermant mon bouquin, les lecteurs est envie de se jeter sous le train.

GVL: Humour SNCF, lol

C’est quand même pas le but. Et en plus naturellement je suis une joyeuse donc. J’aime aussi que dans mes livre passe une forme de joie de vivre. La vie, dans les situation que l’on décrit, elle est dure, elle est noire, il y a des choses très laide mais ma nature optimiste, mon goûts pour la joie de vivre, je veut qu’ils soient communicatifs. Les faire partager à mes lecteurs à travers ce que je raconte.

Voilà cher(e)s lecteur zé trices,

c’est la dessus que l’on referme le premier tome  de cette rencontre et on tache de se retrouver très vite avec nos deux auteurs passionnants.

A suivre …

 

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