Les Adeptes de Ingar Johnsrud

les-adeptesLe livre : Les adeptes : une enquête du commissaire Fredrik Beier  de Ingar Johnsrud. Traduit du norvégien par Hélène Hervieu. Paru le 19 mai 2016 chez Robert Laffont dans la collection La Bête Noire.  21€ ; (552 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

Pour le commissaire Fredrik Beier, l’affaire s’annonce comme une enquête de routine : la disparition d’Annette Wetre et de son petit garçon, membres d’une secte baptisée «La Lumière de Dieu». À ce détail près que cette disparition a été signalée par la mère d’Annette, une femme politique très en vue chez les démocrates-chrétiens. Et que ladite Lumière de Dieu, engagée dans une vendetta religieuse contre l’islam, sert de paravent à de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains, visant à perpétuer la race blanche…

Bientôt l’enquête menace de devenir une affaire d’État susceptible de lever le voile sur les connivences passées entre la Norvège et l’Allemagne nazie. Rien ne sera épargné à Fredrik Beier et à sa partenaire, l’étonnante Kafa Iqbal. Tous deux pris dans un cauchemar éveillé, ils s’apprêtent à voir vaciller leurs dernières certitudes.

johnsrud-ingar-credits-akamik3-280x300L’auteur : Né en 1974, Ingar Johnsrud a exercé le métier de journaliste. Il vit avec sa femme et ses trois enfants à Oslo. Ce premier volet d’une trilogie, qui a été salué pour son sens aiguisé du détail et sa narration riche et innovante, marque ses débuts littéraires. Best-seller en Norvège, à la croisée de Millénium et de la série TV Borgen, Les Adeptes paraîtra dans vingt pays en 2016.

 

 

 

Extrait :
« Quelle genre de folie peut pousser quelqu’un à s’en prendre à une communauté planquée au milieu de la forêt ? Et à les abattre comme des bêtes ? Fredrik se demanda ce qu’avaient ressenti le ou les meurtriers, quand ils s’étaient retrouvés dans ce couloir. Quand ils avaient vu la rangée irrégulière de patères. Les étiquettes avec les noms en lettres majuscules, écrits par des doigts maladroits d’enfants. S’étaient-ils arrêtés pour lire ces noms ? La patère en bois marquée « Annette », sans rien dessus. Ou celle d’à côté, avec une casquette de parc animalier, fixée à un mètre à peine du sol. « William. »
Il devait régner un silence de mort quand ils s’étaient introduits. Peut-être avaient-ils jeté un coup d’oeil à la salle des enfants, vu tous les jouets bien rangés dans leurs caisses, puis senti l’odeur de savon noir qui flottait dans la cuisine ? Ils avaient dû traverser la salle de couture avec les ouvrages en tricot dans les corbeilles et les machines à coudre sous leurs couvercles en plastique (pour qu’un tout petit, levé plus tôt que les adultes, ne risque pas de se blesser). Arrivés au pied de l’escalier, ils avaient dû avoir la certitude que tout le monde dormait à poings fermés.
La communauté était sans défense. Ils étaient montés à l’étage, où se trouvaient les adeptes. »

 

Petits résumé et avis :

N’apprends t-on jamais de nos erreurs passées ? La question se pose après la lecture de ce premier roman de  Ingar Johnsrud.

Face à une affaire tout à fait classique en apparence, le commissaire Fredrik Beier lève le voile sur un tabou en Norvège, la collaboration avec l’Allemagne nazie. Son enquête l’entraîne au coeur d’un groupe de fondamentalistes chrétiens, adeptes de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains. Commence alors une chasse à l’homme avec l’intrusion d’un sniper sans visage.

Ingar johnsrud nous propose ici un polar complexe et complet. Et pourtant il semble que ce titre soit le premier opus d’une trilogie annoncée. Une trilogie qui n’est pas sans nous rappeler Millénium. Pour autant Les adeptes ne souffre aucunement de faiblesse de traduction et le styles de Ingar Johnsrud est beaucoup plus incisif et fluide que celui de Stieg Larsson. Nous retrouvons ici aussi un duo, (en fait un trio) d’enquêteur car notre enquêteur a déjà  un binôme en la personne de Andreas Figueras, un flic asocial et macho à souhait. Je disais donc…Un duo qui fonctionne à merveille même s’il vient juste de se former. Un duo intéressant d’ailleurs. La combinaison d’un homme qui aiment les femmes et d’une femme qui semble être fatale. Et si on pourrait trouver ces personnages quelque peu caricaturaux, il n’en est rien. Fredrik Beier est certes un flic fragile mais c’est un bon flic, un policier méticuleux qui s’appuie sur une méthodologie sûre. De plus il a des qualité certaine pour un flic, il est acharné, accrocheur, persévérant, bref c’est un mec opiniâtre. Quant à sa partenaire elle aussi fait preuve d’une belle constance, elle est aussi réfléchie, rigoureuse et cartésienne. Bref notre duo se complète à merveille. Et Kafa Iqbal se révèle une partenaire idéale pour notre commissaire.

Et nous allons vivre avec ses deux héros une enquête tumultueuse et pleine de rebondissements. Une enquête qui va faire un détour par le passé sombre voir honteux de la Norvège. En effet l’auteur fait alterné les chapitres entre les faits présents et des événements situés durant l’époque nazie. Ces allées et retours dans le passé nous permettent de mieux appréhender et surtout comprendre notre présent.

Sur fonds de politique, ce thriller nous entraîne dans ce que la société a de plus pervers. La manipulation de l’homme par l’homme au nom d’une idéologie. Idéologie aux relents souvent nauséabonds et loin des valeurs humanistes.

 Ingar Johnsrud serait-il la révélation du polar norvégien ? Souvent il est acclamé comme le nouveau Jo Nesbø. A suivre donc.

Extrait 2 : 
« – Je crois que vous avez été manipulés, dit-il. – Ah bon. Et pourquoi ? demanda le journaliste en plissant le front. – Parce que quelqu’un veut faire passer cette tragédie pour une sorte de vendetta religieuse. On veut nous faire croire que ce sont les intégristes musulmans qui ont fait ça. Il est possible que ce soit le cas, mais cette affaire est plus compliquée qu’elle n’en a l’air. J’en ai la certitude. – Fredrik marqua un temps d’hésitation avant de poursuivre. – Il s’est passé des choses dans cette cave… Jorgen leva les yeux au ciel. – La presse  se serait donc fait manipuler ? On serait tombés dans le panneau comme des imbéciles ? »

 

Lire ICI le début des Adeptes

 

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38 réflexions sur “Les Adeptes de Ingar Johnsrud

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