Apéro Polar : autour de la Corée avec Jean-Luc Bizien (3)

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« Apéro polar Jean Luc Bizien 3 »

Suite  de notre Apéro polar avec  Jean Luc Bizien

Jean Luc vient de nous faire un petit topo autour de la Corée, des Corées et de sa trilogie des ténèbres

Trilogie des ténèbres

Nous allons avoir la chance de pouvoir lui poser quelques questions

GVL : Donc une première question ? Frédérique peut-être ?

JLB : Oui merci Fred

Fred : Bon j’avoue avec Geneviève ont a anticipé le coup. Donc ma première question est celle-ci :

Dans le premier tome, ton personnage principal est Seth, un journaliste, mais pourquoi un américain ? Pourquoi partir des Etats-Unis ?

JLB : ça s’est imposé ! Pourquoi un américain, parce que j’avais besoin pour inviter le lecteur et la lectrice française à découvrir la Corée du Nord comme je l’avais découverte !

Pour la majorité des lecteurs c’est « Terra Inconita », on en a vaguement entendu parler, on sait qu’il y a un dingue qui joue avec la bombe atomique et qu’il déclare la guerre régulièrement au reste du monde. On pense que c’est une espèce de pitre un peu sinistre mais on n’en sait pas plus. Donc je voulais vraiment invité le lecteur à découvrir ça sans faire non plus un court magistral extrêmement chiant, je voulais vraiment raconter une histoire et l’emmener.

Et je voulais induire un regard. Au départ le personnage principal c’est mon antithèse en fait. C’est-à-dire qu’il ne supporte pas les asiatiques. Il les nomme, les niakouais ! Les Niaks, parce que son grand-père a fait une première guerre, son père a fait une autre guerre et à chaque fois il ‘s’est trouvé qu’il a été confronté à l’Asie. Un qui a combattu contre les japonais,  l’autre la guerre de Corée.

12523847_10208902707702917_4154474456365261576_nQue pour la majeur partie des occidentaux, il n’y a pas de différences…Ils sont fourbes tous ses asiatiques, ils ont tous la même tête. J’en veux pour preuve que tous les restaurant japonais que vous fréquenter à Paris sont tenus par des coréens, certes du sud, mais quand même ! Il y a très peu de resto japonais à Paris, tu sais ça ? Allez, je vous vends le truc. Pour savoir si c’est un vrai japonais, quand à la carte on vous propose le fameux menu mixte, sushi et yakitori (brochette), vous savez que vous n’êtes pas chez un japonais. En effet les japonais quand ils vivent en montage sont des agriculteurs et ils mangent de la viande et quand ils vivent au bord de la mer, ils mangent du poisson. Ils ne mélangent pas les deux. Pour vous donner une idée, il faudrait que l’on invite des japonais à manger un menu mixte de chez nous, choucroute, cassoulet par exemple !

Donc je voulais ce personnage et je voulais le faire évoluer en même temps que mon lecteur. Il me fallait quelqu’un qui historiquement est une raison de pas les aimer. Et en plus le mot « Niakouais », il est volontairement mal choisi. « Niakouais » ça nous a été ramené par les militaires, ça désigne le paysan vietnamien ! ça n’a donc rien à voir ni avec les japonais, ni les coréens. Et pourtant tous les militaires disent « Niak », parce que pour eux, ils amalgament tous les asiatiques.

$$$ap$&xÇa a mis ma maman en colère, c’est elle qui a des origines vietnamienne, mais as en colère pour ce que vous imaginez ! Non, elle m’a juste dit… Bon, ma maman fait le quart de mon poids et m’arrive vaguement à l’épaule et s’obstine, alors que je vais bientôt fêter mes 53 ans, à m’appeler, « Minou ». Tout ceci, bien entendu reste entre nous !!!

Quand les choses sont graves, Maman Bizien appelle son fils Minou. Donc, elle m’a dit : « Minou, c’est terrible tu as employé le mot niakouais ! » Je lui ai répondu, mais Maman c’est normal c’est le personnage qui veut ça. Elle me rétorque, « mais, minou tu fais une erreur, c’est juste le paysan vietnamien. »  En fait c’est juste le seule truc qui l’avait choqué à la lecture de mon livre.

Donc ce que je voulais c’est que Seth, comme mon lecteur découvre,  commence à fouiller, aborde ça avec une certaine distance voire avec énormément de méfiance. C’est le cas du lecteur, et que petit à petit, parce qu’il est bousculé, parce qu’il…voilà, j’ai envie…Mais encore une fois, voilà nous avons parmi nous un invité de marque, Ian Manook qui est là, et je pense qu’il sera d’accord avec moi, parce que ces romans se passe en Mongolie. Alors quand on invite le lecteur à aller dans ces pays là, il faut partager les choses, je crois qu’il faut en faire, un personnage. Et vraiment inviter à découvrir et faire tomber quelques barrières. J’ai essayé modestement de le faire. Et c’est pour cela qu’au départ, il me fallait un personnage dont en pense que ça me passerai jamais…Et puis je crois que plus le personnage et humain et plus on a une petite chance que le lecteur s’identifie donc se mette à l’apprécier. Pour de bonnes ou de mauvaises raison c’est pas mon problème. Mais en tout cas, qu’il est envie d’y aller.

Fred : Mais il a beaucoup évolué !

JBL : Oui comme nous tous ! Il y a deux façons d’aborder un roman quand on l’écrit. Soit en fait des personnages en noir et blanc. Cela s’est fait très longtemps surtout dans le cinéma hollywoodien. Les bons d’un côté, les méchants de l’autre. Moi j’ai tendance à dire que j’aime les personnages en niveau de gris ! Je ne crois pas que l’on soit noir ou blanc, ce n’est pas possible. Je crois même que chez la pire des ordures, il y a une petite parcelle d’humanité qui faut aller chercher.

Donc plus mon personnage était caricatural au départ, plus je pouvais le faire évoluer et le rendre humain. D’ailleurs David, l’a détesté.

David S : Oui, c’est vrai. Je t’ai m^me dit c’est un sale con !

JBL : Et tu as vu après, tu t’en ferais presque un copain ?

David S : c’est pas faux, oui ! Il évolue bien, Seth.

JBL : Il ne pouvait pas mal évoluer, il était tellement chargé au début, que…

GVL : Une autre question ? Oui au fonds de la salle, j’arrive, je courre avec le micro pour que tout le monde puisse vous entendre. Haha…Pas si simple avec ce micro à fil. C’est pas faute d’en avoir demander un sans …
-Oui, madame, posez votre question à Jean Luc ?
– « Est-ce que les coréens du nord peuvent imaginer, est ce qu’il est imaginable qu’ils puissent même fantasmer se débarrasser de leur dictateur ? »

JLB : Dans le tome 3, je l’ai imaginé dans la mesure où j’ai imaginé un personnage qui quittait la Corée du Nord et à s’en détacher. Et à s’en détacher pour des raisons que je qualifierais de valables. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a un chiffre qui est effrayant en Corée du nord. 66% des personnes qui arrivent à quitter la Corée du Nord finissent par se suicider. 2 sur 3, c’est…

Ces gens qui pense trouver le paradis en dehors, finissent par mettre fin à leur jour. Car malheureusement depuis leur plus tendre enfance, il leur faut lever le doigt et demander pour tout. Pour aller au toilette, pour boire une goutte d’eau pour… On a pas le droit de penser, il n’en pas le droit de penser. Et d’un seul coup, ces malheureux qui se retrouvent par exemple en Corée du sud, ce retrouve confronté à l’ultralibéralisme. C’est le chacun pour soi, c’est qu’est-ce que je fais maintenant ? ben c’est « tu fais ce que tu veux ». Et là c’est plus possible.

En plus il faut imaginer à quel degré de désespérance il faut en être arrivé pour chercher à s’évader de Corée du Nord. Parce que la règle et simple : quiconque qui s’échappe de Corée du Nord, sait que derrière lui, la famille proche, ascendants et descendants, sont placé dans des camps de rééducation pendant deux générations pour être certain que cela ne se reproduise plus. Donc il faut vraiment être au bout du rouleau pour abandonner la chair de sa chair et se dire qu’il faut partir.

9782810005277,0-1533657 (1)Voilà, le personnage dont en parle, il lui arrive un certain nombre de choses et puis il est formaté pour réagir et s’en sortir. Et je pense que ce qui prend le dessus chez lui, c’est la révolte, c’est la colère et je crois vraiment que ça lui correspond. Et que ce type de vision là, il doit être un des rare à les avoir parce que ceux qui restent en Corée sont intimement persuadés que effectivement c’est la meilleure des démocraties, que c’est le meilleur des systèmes et que le suprême leader fait tout pour leur bonheur. Et quand c’est triste et bien c’est juste la vie qui est comme ça ! Ce n’est pas le système mis en place qui les torture.

Oui, je crois très fort à cette scène-là, même si elle est un peu poussée. Volontairement poussée.

NDLR : Dans cette dernière question , on parle du tome 3

Voici pour cette fois ! Mais promis, je vais essayer de trouver du temps pour transcrire la suite. Je sais que vous voulais en savoir plus et connaître le fin …

 

 

 

 

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