Le festival sans nom 2015, salon du polar de Mulhouse – Mon dimanche-18 octobre 2015

festival-sans-nom-polar-mulhouse-2015Le festival sans nom 2015, salon du polar de Mulhouse fêtait cette année ces 3 ans. Un jeune salon en somme. Mais un salon qui depuis sa toute première programmation m’attirait. Aussi quand mes ami(e)s Alsaciens m’invitèrent chaleureusement je ne pouvais pas refuser. Et c’est ainsi que je débarquais de bon matin un samedi d’octobre à Mulhouse.

Mais ça vous le savez sans doute déjà parce que vous avez (déjà sans doute )aussi lu mon compte rendu de cette journée mémorable entre toutes. Si c’est pas le cas, mon samedi 17 octobre au Festival du polar de Mulhouse c’est ICI .

Donc en ce dimanche matin rendez-vous était pris pour un brunch littéraire.

Donc en ce dimanche matin rendez-vous était pris pour un brunch littéraire.

Mais avant cela, Yvan et Dominique qui font toujours les choses bien avaient organisé chez eux, un petit déjeuner polar avec la libraire attitrée d’Yvan, une amie blogueuse et moi-même. C’est ainsi que je retrouvais Nath du blog Sous les pavés la page et Françoise libraire à Strasbourg. Forcément très vite le noir a été notre couleur préférée.
Puis ensemble nous nous sommes rendus à la Bibliothèque centrale / Grand’rue de Mulhouse qui ouvrait exceptionnellement ses portes un dimanche pour accueillir le Festival sans nom.

bibliotheque-municipale_a8b959f666cec251b4b3e399a28e4796Car d’un côté, il y avait Tout Mulhouse lit, organisé par le réseau de bibliothèques de la ville, pour inciter petits et grands à lire, à travers une foule d’animations. De l’autre, il y avait le festival sans nom qui invitait de nombreux auteurs de polar pour des rencontres et débats. Les deux manifestations  ont uni leurs efforts pour un événement unique autour du polar.

DSCF5867A 10h30 nous étions sur place pour saluer les auteurs présents, qui en rang d’oignons, étaient prêts pour rencontrer anciens et nouveaux lecteurs et parler de leurs bouquins voire offrir quelques dédicaces.

Tout cela se passait dans un joyeux tumulte au 1e étage de la bibliothèque, au milieu des collections, alors qu’au second, une grande salle garnie de chaises, de tables et de fauteuils nous attendait pour trois tables rondes autour de thématiques diverses.

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Crédit photos : Françoise Manoukian

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Pendant ce temps….Yvan en a profité pour distribuer ses fameux petits Kouglofs aux auteurs présents. Ah cet Yvan , si on ne l’avait pas il faudrait l’inventer. Je t’adore mon ami.

Quant à moi …

DSCF5871Dès 11h d’ailleurs je pus assister à la première : Polar, quel rapport à l’histoire.

Table ronde animée par Hervé Weill un des organisateurs de la manifestation avec pour débattre Jean Bernard Pouy, Christophe Ernst et Jean François Thiéry

J’avoue que là tout était réuni pour me plaire. Le thème tout d’abord. L’histoire c’est un peu mon dada. Et puis, il y avait Pouy. Jean Bernard Pouy… Et écouter J.B. comme le nomme ses intimes c’est que du bonheur.  Je vous rassure je n’ai rien contre les deux autres auteurs présents, mais je les connais moins.

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Christophe Ernst est pour moi un pur inconnu, son seul roman traduit à ce jour en France, Les morts renaîtront un jour est paru  chez Black Piranhas en juin dernier.

Le résumé  : Plus d’un demi-siècle après avoir fui l’Allemagne, Käthe, d’origine juive, est de retour à Berlin pour tenter de récupérer un immeuble ayant appartenu à sa famille avant d’être confisqué par les nazis. Une démarche qui lui sera fatale : quelques jours seulement après son arrivée, son corps sans vie est retrouvé au pied d’un mémorial de la déportation. Sa petite-nièce, Maja, loin de croire à la thèse du suicide retenue par la police, décide de mener sa propre enquête. Pour faire éclater la vérité, elle va devoir se plonger dans les méandres d’un passé familial trouble et douloureux, quitte à défier les autorités et s’exposer au plus grand danger.

AVT_Christoph-Ernst_3534Né à Hambourg en 1958, Christoph Ernst a étudié l’histoire à New York avant de devenir gestionnaire culturel, journaliste et conférencier. Après quelques années à Berlin, il est retourné vivre dans sa ville natale.
Avec Les morts renaîtront un jour, Christophe Ernst revisite des pans méconnus de l’Histoire, du sort des Juifs allemands sous le nazisme aux exactions de la RDA, et dresse le portrait d’hommes et de femmes confrontés à des choix impossibles.

téléchargement (11)Quant à Jean-François Thiery, il est cadre informaticien, il réside dans le pays de Montbéliard. Il a commencé à écrire en 2009, et publié des nouvelles et des romans.

9782359626728,0-2535246Il nous présente Wolf, le commisaire Wolf , le personnage principal de « Le sang des sirènes »  paru l’an dernier aux éditions Ex Aequo dans la collection rouge : L’équipe du commissaire Wolf demande l’aide de la psychologue Aphrodite Pandora pour enquêter sur une affaire de drogue qui tue des lycéennes gothiques. Dans cette nouvelle aventure du groupe WOLF, l’auteur nous plonge dans une enquête haletante entre Paris et Berlin, sur les traces de cauchemars adolescents, des peurs inscrites au plus profonds de nos psychés. Quand les souvenirs traumatiques se mêlent aux frayeurs présentes, personne n’en sort indemne.

9782359625820,0-2047724Berlin-Est, 1962… Un mur sépare deux mondes. Cette barrière protéiforme est partout. Elle court sur le bitume des rues berlinoises, plonge dans les eaux de la Spree, saccage les forêts, ampute les lignes de métro. Certains la croient infranchissable, tandis que d’autres continuent à espérer.  Wolf est un adolescent promis à un grand avenir dans la patrie socialiste,
il appartient au mouvement des Pionniers. Pourtant son regard est tourné ailleurs, vers l’Ouest, vers Ruth, sa petite amie. Quand elle l’engage à fuir avec ses proches, il hésite. Le devoir patriotique est si peu en harmonie avec les sentiments amoureux, surtout quand les policiers de la STASI donnent le ton. La décision est difficile, la fuite est une gageure, et le succès reste très hypothétique. La voie est semée d’embûches, mais le jeune Wolf devra apprendre que les obstacles les plus redoutables ne sont pas toujours les canons des fusils ; ils prennent parfois l’aspect diaphane des fantômes du passé, celui des souvenirs que l’on croyait disparus à jamais. Entre fuite vers l’avenir, et recherche de ses origines, le pionnier Wolf va découvrir que ce chemin vers la liberté peut avoir un goût bien amer. Les enjeux sont-ils à la mesure du risque ? Nous vous laissons le soin de l’apprécier…

Par le biais de cet ouvrage historique, l’auteur nous plonge dans l’adolescence berlinoise du commissaire Wolf, le personnage principal de « Thérapie en sourdine » et de « L’affaire Cirrus » ainsi que « Le sang des sirènes « 

L’occasion pour nos trois auteurs de nous parler de Berlin. Du « MUR », de la réunification. De l’atmosphère Berlinoise. Sur cette ville meurtrie devenue le centre de l’Europe.

Jean Bernard Pouy dit en aimer les quartiers populaires, il aime le Berlin underground. Celui d’où émerge la culture contestataire. Je retrouve bien là mon Pouy, celui que j’aime.

contributor_10073_195x320 Jean-Bernard Pouy, né en 1946, auteur de nombreux romans noirs (dont onze à la Série Noire) et d’un tsunami de nouvelles, de novellas et d’articles, directeur et créateur de collections – dont Le Poulpe et Suite Noire (en hommage à la SN) -, grand amateur d’écriture à contrainte (et membre des «Papous» de France Culture), défenseur opiniâtre de la littérature populaire, partagé entre critique sociale, distance cynique et gravité libertaire, voudrait être considéré, c’est lui qui le dit, comme un «styliste pusillanime», alors qu’il n’est que la cause d’une certaine déforestation.

product_9782070419630_195x320Pouy n’est pas à proprement parler un auteur de polar historique c’est le moins que l’on puisse dire. Mais tout de même donner le nom de Jeanne D’Arc à l’héroïne de son roman Nous avons brûlé une sainte c’est pas banal.

Résumé : Ils sont d’une insolence élégante, passablement meurtrière et totalement anglophobe. Le même jour, ils ridiculisent l’Ambassadeur anglais, maculent la British Airways et font sauter un concert de punks londoniens. Ils signent Arthur Rimbaud… Mais quel rapport ? se demandent, avec angoisse, les Autorités.

Et Pouy de nous expliquer que oui il déteste les anglais « On a les haines que l’on peut, surtout si celles-ci sont sans concéquence » (…) « Oui l’anglais est différent, même aujourd’hui il nous emmerde encore avec sa livre sterling, moi le change ça me gonfle… » (…)

Pouy nous parle de son personnage, cette jeune fille qui c’est faite violenter par une bande d’anglais incultes et avinés et qui part telle Jeanne d’Arc en croisade contre tous les sujets de sa royale majesté. Cherchant des analogies historiques partout où c’est possible, l’héroïne va entrainer ses 3 compères dans un road movie sanglant jusqu’à Rouen où devra s’arrêter l’histoire.

 » Jeanne d’Arc est souvent présentée comme un statège. A l’époque, les deux armées en guerre s’affrontaient de front. A chaque fois que l’une ou l’autre allait attaquer on prévenait ses ennemis. Demain rendez vous dans la plaine mais ce soir on ripaille ensemble. Et oui, on se soulait la gueule ensemble, avant de se la fondre le lendemain à coup de hache. On avait du savoir vivre. Et Jeanne d’Arc arriva. Un jour elle décide d’attaquer l’armée anglaise. mais ils sont drôlement plus nombreux les rosbiffs. Aussi elle dit à ses lieutenants, ben c’est simple il faut les surprendre, alors on y va sans prévenir. Pas de banquet avant la bataille. On leur fout direct sur la gueule. Voilà c’est comme cela qu’elle a repris Orléans. Un sacré statège que notre Jeanne d’Arc ».

Je vous avais prévenus, c’est un cas le J.B., c’est un érudit passionnant, parce que avec lui tout passe par le rire et l’humour. Ecouter Pouy c’est époustouflant.

La matinée se terminant, il était temps de faire un break et même un breakfast (hahaha).

L’après midi nous attendaient 2 autres conférences. En attendant, on n’en profite pour ce retrouver entre potes. Et avec Dominique, Yvan, Nathalie, Cécile, Françoise, Agnès… nous filons manger un bout.

 

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Les crimes non élucidés. Dominique Manotti et Ian Manook. Crédit photos : Françoise Manoukian

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Les tueurs en série avec R.J. Ellory, Stéphane Bourgouin et Ghyslain Gilberti. Crédit photos : Françoise Manoukian

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DSCF5890A 14h nous avions rendez vous avec Les tueurs en série

Table ronde animée par Hervé WEILL avec l’inévitable Stéphane Bourgoin, R.J.Ellory et Ghyslain Gilberti.

Ellory nous a expliqué comment il était arrivé à s’intéresser aux tueurs du Zodiac. Comment il avait fait ses recherches, comment il s’est approprié cette sanglante histoire pour la faire sienne et s’en inspirer pour son dernier roman : Les assassins  

Sur dix-huit mille meurtres par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu’ils ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre passé, œuvre chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funèbre hommage ?

Bouleversant tous les clichés de rigueur, R. J. Ellory transfigure ici totalement le roman de serial killer en lui apportant un souffle nouveau, comme seuls les très grands écrivains savent le faire. Avec cette évocation des plus grandes figures des tueurs qui ont marqué les États-Unis, de Ted Bundy au fameux Zodiac, il poursuit ainsi son exploration du mal américain, interrogeant cette fois notre fascination pour les monstres.

Stéphane Bourgoin est reconnu comme le spécialiste français des tueurs en série. Il maîtrise parfaitement le sujet. Parfois presque un peu trop à mon goût. Il en a rencontré et interviewé des tas.

Ecrivain français spécialisé dans l’étude des tueurs en série et du profilage criminel. Il a dirigé aussi une librairie spécialisée dans le roman policier et la criminologie.

En 1976 alors qu’il habitait aux Etats-Unis avec sa femme, cette dernière fût violée, assassinée et mutilée à Los Angeles en Californie. Suite à ce drame, il retourne habiter en France et la police californienne le tient informé de l’avancée de son affaire pendant deux ans. Le coupable fût arrêté et il avoua douze autres meurtres, ce qui choqua profondément Stéphane Bourgoin. Il voulut comprendre ce qui se passait dans la tête de ces individus qui commettent des crimes horribles. En 1978, sur place aux USA, il s’ouvra à l’enquêteur qui lui fit rencontrer ses premiers serial killers.. Depuis 1979, Stéphane Bourgoin a interrogé plus de 70 serial killers différents sur tous les continents. Véritable autodidacte, il a enseigné au Centre national de formation de police judiciaire (C.N.F.P.J.) de l’école de gendarmerie de Fontainebleau pendant plus de douze ans et est membre fondateur de l’association Victimes en Série (ViES). 

On sait les passions que peuvent déchainer ces psychopathes, les livres de Stéphane Bourgoin connaissent et suscitent eux cet enthousiasme. Personnellement, tout ceci me laisse perplexe quand à la nature humaine.

D’ailleurs, Ghislain Gilberti, lui, révèle une véritable fascination pour ces tueurs et leur psychologie. Il a utilisé les travaux de Bourgoin qu’il a incorporé dans ses romans publiés aux éditions Anne Carrière, dont son premier roman Le Festin du Serpent. Et il peut être bouleversant quand il nous explique que l’écriture pour lui est cathartique. Les mots pour expurger un passé douloureux, une enfance maltraitée, abusée…une adolescence de délinquance. Il devient glauque quand il nous dit que s’il n’est pas un meurtrier, il a sans le savoir peut-être mangé de la chair humaine.

Ghislain se dit ravi et honoré de débattre avec le grand Stéphane Bourgoin. Il est comme l’élève face au maître. Il boit les paroles de son ainé. Il les approuve même. On peut dire que ces deux-là se sont bel et bien trouvés.

 

DSCF5894A 15h nous attendaient Les crimes non élucidés .

Table ronde animée par Luc Widmaier avec maitre Thierry Mosser, Dominique Manotti et Ian Manook.

 

Nos auteurs n’ont pas bien compris ce qu’il faisaient autour de cette table. Ils ne se retrouvaient pas dans le thème abordé.

Et c’est pas l’exposé certes complet et clair du sujet qui nous a rassurés sur le tour qu’allaient prendre les débats.

Heureusement nos deux auteurs, par leur érudition, par leur esprit de synthèse, on réussit à nous tenir éveillés. Ils se sont révélé des contradicteurs passionnants et passionnés. Déplaçant le discours, le cours magistral de notre avocat sur un terrain qui nous est plus familié celui du regard acéré que peut porter l’écrivain sur la société. Loin du ton doctoral et pontifiant de maître Thierry Mosser, ils ont fait voler en éclat ses belles convictions.

Merci madame Dominique Manotti, merci monsieur Ian Manook.

Sans vous ce dernier débat se transformait en heure de sieste.

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Il est temps pour moi de remercier la belle organisation de ce salon.

Bravo à tous, des organisateurs, aux bénévoles, aux bibliothécaires. Votre disponibilité, votre gentillesse est vraiment remarquable.

Votre salon est convivial, à taille humaine, les tables rondes, les tête à tête avec les auteurs s’est juste parfait.

Peut-être, car il y a tout de même un bémol, peut-être mériterait-il un peu plus de public.

Car vraiment c’est un très très beau salon polar et il a toute sa place dans le sérail des grands festivals dévolus à notre genre de prédilection.

Pour en savoir plus sur cette belle bibliothèque c’est ICI

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6 réflexions sur “Le festival sans nom 2015, salon du polar de Mulhouse – Mon dimanche-18 octobre 2015

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