La Bellarosa connection de Saul Bellow

Lecture d’avant
   
03904189782221132067,0-1551094Le livre : La Bellarosa connection de Saul Bellow. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin. Paru en 1991 chez Julliard.
Rééditer en poche le 14 mars 2013 chez Robert Laffont dans la collection pavillons de poche.  7€90 ;  (152 p.) ; 19 x 13 cm
4e de couv :
La virtuosité de l’écrivain Saul Bellow, Prix Nobel de littérature en 1976, éclate dans ce court roman que l’auteur a souhaité voir publié directement en édition de poche, sans doute parce qu’il tenait à lui donner la plus large audience possible. On y retrouve une thématique récurrente dans son oeuvre : quels rapports les juifs des États-Unis peuvent-ils (doivent-ils) entretenir avec la Shoah ? Bellow aborde ce sujet délicat à travers l’odyssée d’Harry Fonstein, cousin du narrateur et réfugié d’Europe centrale. Fonstein est sauvé des griffes nazies grâce à Billy Rose, un personnage haut en couleur, imprésario du Tout-Hollywood, qui a mis sur pied un réseau quelque peu abracadabrant (la «connexion» du titre). Lorsque Fonstein a passé la sélection à Ellis Island, on lui fait comprendre que Rose souhaite qu’il n’entreprenne rien pour le voir ni même le remercier ! Fonstein partira pour Cuba où il épousera une femme obèse et aura un fils génie des mathématiques, sans jamais réussir à oublier l’homme qui lui a sauvé la vie… Sur un sujet tragique et comique à la fois, Bellow a écrit un chef-d’oeuvre d’humour caustique et de lucidité désenchantée.
.L’auteur :
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Saul Bellow est né à Lachine, au Québec, en banlieue de Montréal, en 1915, et a grandi à Chicago. Il a fréquenté l’Université de Chicago, a reçu son diplôme de baccalauréat de l’Université Northwestern en 1937, avec les honneurs en sociologie et anthropologie, fait des études supérieures à l’Université du Wisconsin, et a servi dans la marine marchande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Son premier roman a été publié en 1944, et son second, la victime, en 1947. En 1948, il a reçu une bourse Guggenheim et a passé deux ans à Paris et les voyages en Europe. Il a remporté le National Book Award en 1954. Il a enseigné au Bard College, Université de Princeton et l’Université du Minnesota, et a été membre de la commission de la pensée sociale de l’Université de Chicago.

Il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1976
Il est mort en 2005.
 Extrait : 
« Si le sommeil est oubli, l’oubli est aussi sommeil, et le sommeil est à la conscience ce que la mort est à la vie. Tant et si bien que même à Dieu les juifs demandent de se souvenir – Yiskor Elohim. »

Résumé et avis :

Harry Fonstein, rescapé des camps nazis grâce à une opération secrète dirigée par un producteur juif de Broadway, Billy Rose, arrive aux USA, et n’a qu’un désir : remercier Billy. Mais ce dernier refuse de le rencontrer..

C’est donc l’histoire de Harry Fostein et celle de Billy Rose que va nous conter Saul Bellow.

Le premier est un juif d’Europe de l’Est très imprégné par cette culture européen, il connait parfaitement l’antisémitisme qui conduit parfois au pogrom. Il a fuit la Pologne,où il est né du coté de Dantzig. avec sa mère. Il se retrouve à Zagreb avant de finir à Ravenne en Italie. C’est là que la mère d’Harry mourut. L’adolescent se retrouve seul à Milan où il apprend dare-dare l’italien. Il fait des tas de petits boulots et arrive enfin à Rome. Là il se fait arrêter par la police italienne, emprisonné il sait qu’il va être déporté. Pourtant il est sauvé par un nommé Bellarosa qui lui procure papier passeport et un billet de bateau pour Lisbonne. Et de là, il pourra gagner New York, porte ouverte sur les Etats Unis. Mais là encore, il va se retrouver dans un camp de réfugier puis envoyé à Cuba. A Cuba il épouse la nièce de son employeur, Sorella. Marié il revient au State où il monte sa boite et gagne confortablement sa vie. De son union avec Sorella naîtra un fils brillantissime, un génie des sciences mathématiques et physiques.

Mais  il ne pourra jamais oublier l’homme qui lui avait autrefois sauvé la vie. Et c’est justement Sorella qui essayera de l’aider à son insu en organisant un rendez-vous entre les deux hommes, à l’occasion d’un voyage en Israël. Au moyen d’un dossier complet de tous ses méfaits, obtenu de l’ancienne assistante de Billy Rose, elle tentera de le faire chanter pour qu’il rencontre son cher Harry…

Voilà donc qui est Harry Fostein. Et c’est à travers le regard de son cousin américain, le narrateur de cette histoire que nous allons suivre son histoire.

A travers ce regard croisé, l’auteur nous propose une réflexion sur la Shoa. Sur le rapport qu’entretiennent les juif d’Europe touchés au premier plan par l’horreur et le regard que porte les juifs américains sur ce génocide. Les premiers vivent dans le souvenirs de l’Holocoste, les autres ne voient que leur avenir et ce que peut représenter pour eux le rêve américain.

Mais sur ce sujet grave Bellow nous propose une partition à 3 et 4 voix, le récit prends souvent la forme de dialogue, ce qui le rend alerte. Et le ton de Below est souvent enjoué et l’humour est toujours présent.

L’auteur s’interroge sur la judéité, sur la création de l’état d’Israël, sur la politique des vainqueurs du conflit mondial. Il s’interroge sur l’âme humaine, sur la quête de vérité, la quête d’identité et sur le devoir de mémoire. Et tout cela avec une belle ironie mordante et un brin de mélancolie. Car Bellow fait preuve d’un humour caustique, incisif, qui met en relief les aspects absurdes de l’existence, jusque dans les moments les plus tragiques.

C’est noir, lucide et désenchanté mais jamais plombant.

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