Ces Dames du noir 5.1 : Dialogue avec une grande dame du noir, Jeanne Desaubry.

Pour cette nouvelle et cinquième rencontre, j’ai la chance de recevoir une grande dame du noir, une femme que j’admire énormément, une femme de cœur comme je les aime.

téléchargementJe vous la laisse découvrir

Dialogue avec Jeanne Desaubry

GVL : Bonjour Jeanne, grand émoi pour moi de t’avoir en entretien. Enfin, entretien, c’est un bien grand mot, puisque notre petite conversation entre une bibliothécaire et une grande dame du noir va sans doute être plus sur un mode confidence.

Donc Jeanne, merci d’avoir accepté ce tête à tête. Pour te présenter brièvement, tu es, je l’ai déjà dit, une grande dame du noir, puisque tu es à la fois, auteur, éditrice, correctrice, tu es chroniqueuse, blogueuse et tu es aussi présente dans le milieu associatif.

JD : Oui tout cela est vrai, j’appartiens aussi au bureau de 813téléchargement (2)

GVL : Pourrais tu te présenter brièvement.

Jeanne : Je suis née en 1958. C’est plus facile que de retenir mon âge, il change tous les ans. Si je calcule bien, j’ai 57 ans cette année. Je suis née dans la belle région de Picardie dans une ferme. ; Je suis allée à l’école dans une petite école de campagne jusqu’à mes années collèges qui se sont déroulées à Château-Thierry.

 téléchargement (3) J’ai fait une carrière à l’AP-HP. J’y’ai commencé comme secrétaire et ensuite j’ai passé des concours.J’ai terminé dans mon dernier poste comme chef de cabinet à Henri Mondor à Créteil. A la direction, j’étais cadre dans l’administration hospitalière.

Puis j’ai passé le concours d’entrée à l’éducation nationale pour être instit. , ça devait-être en 96. Je l’ai quitté en 2011. Aujourd’hui je ne me consacre plus qu’à toutes ces activités donc tu parlais plus tôt. Je menais celles-ci depuis longtemps mais maintenant presque exclusivement. Voilà.  Pour ce qui est de l’écriture, je l’ai toujours pratiquée. Pour le reste et l’édition, tout ça est venu dans un deuxième temps.

GVL : Tu m’as dit être née à la campagne. C’est indiscret de te demander si tu es née dans un milieu aisé ou bien au contraire.

Jeanne : Mes parents étaient fermiers,  j’ai grandi dans une ferme qui était un peu mon château-fort.

GVL : Je comprends, j’ai vécue aussi à la campagne face à une grande ferme, j’en ai des souvenirs

A55A1779.thumbJD : C’était une grande ferme briarde fortifiée, avec une grande cours  fermée et une grande porte. Pour moi c’était comme un château. Maintenant, quand je la vois, ça me parait bien modeste. C’est un lieu très isolé dans les champs, entouré de bois. C’était à 3-4 km du village donc pour moi c’était …La première fois que je me suis sauvée, j’avais 2 ans, je suis allée au bout du chemin…C’était l’aventure…

GVL Tu as du faire une belle frayeur à tes parents.

Oh oui certainement, mais tu vois ce lieu il est surement lié à pas mal de choses qui me caractérise encore aujourd’hui.

Un certain goût pour la solitude, heu, pour la lecture, pour le calme.

GVL : En fait t’es un peu comme moi, une terrienne. Les pieds dans la terre, bien enracinés et la tête dans le ciel, dans les étoiles.

Jeanne : Ah , complètement, je me sens bien dans je suis dans la bouillasse avec mes bottes à planter ou tailler. Je fais un gros trou, je creuse, je finis fourbue, sale mais heureuse.

GVL : Tu es allée à la petite école dans ce village.

JD, oui.

GVL : Au collègue et au Lycée dans la ville d’à coté…Tu as suivi quoi comme cursus ?

Jeanne ;,  Après le lycée j’ai fait des études de psychomotricité à la Pitié Salpétrière. J’ai passé un bac scientifique, le Bac D, à l’époque, ça parlera au gens de notre génération.

GVL : ça me parle en effet.

Jeanne Un bac scientifique avec option bio. J’étais très intéressée par tout ce qui touchait au médicale, d’où, sans doute ensuite mon orientation vers la vie hospitalière .

GVL : Tu as fait du paramédical, c’est ça ?

JD : voilà, j’ai fait des études de paramédicales et les choses de la vie ont fait que je n’ai pas passé le concours de 3e année : qu’il m’ait arrivé des tas de choses compliquées. Il a fallu que je bosse, donc je me suis dirigé vers l’hôpital tout naturellement Je suis rentrée comme secrétaire médicale à l’hospital du coin

GVL : Donc ça c’était avant de passer d’autres concours pour finir cadre hospitalier, à l’hôpital Mondor juste à côté de chez moi.

JD : Oui mais  là c’était la fin de ma carrière à l’AP-HP ?. J’ai commencé par Necker, Saint-Antoine , Beaujon…

GVL : T’as bossé dans les hostos de Paris.

JD : Oui, oui. Paris et proche banlieue.

ob_244e4e_hosto-reed2GVL : En parlant « D’hosto » ton premier roman, l’écriture est arrivée quand dans ta vie ? Tu as commencé très tôt, petite, dans ta ferme.

JD  Ben oui, j’ai été d’un classicisme absolu.

GVL ; Tu tenais un journal ?

JD, La particularité, si c’en est une, c’est que la lecture et la l’écriture sont mes passions de toujours.

Je me souviens très bien, dans le village, il n’y avait pas de maternelle, mais en on r rentrait à l’école un an avant le CP. .Ca s’appelait « le jardin d’enfant ».

GVL :Tiens dans mon village aussi, on rentrait à l’école à 5ans. Et on faisait é classe, CP1 et CP2.

JD : Sauf que chez nous, la première année on jouait aux buchettes et autre pâte à modeler. Moi, je trouvais insupportable que les autres apprennent à lire alors que nous on jouait.

Du coup j’ai appris à lire en cachette toute seule en écoutant ce que faisaient les autres à coté. Ce qui fait que quand ça a été mon tour de rentrer en CP, on s’est aperçu que je savais lire et on m’a mise avec les grands, direct.

Gvl ; Mais la lecture dans ta vie familiale elle tenait quelle place ? Des livres il y an avait chez toi ?

On te racontait des histoires quand tu étais plus petite ?

images (1) JD : Il y avait des livres, oui, je me souviens, on m’en lisait on me racontait des histoires. On n’était pas très très riche tu vois,  mes grands-parents avec lesquels nous vivions étaient métayers, la terre ne nous appartenait pas.

Après, plus tard, mon père a acheté des terres, mais quand j’étais petite, le cadeau de Noël par excellence, c’était des livres, des contes.

Mes parents étaient des gens assez calmes, assez discrets… pour qui le livre avait une grande valeur ça c’est certain.

GVL : Et du coup surement très attachés à l’école et la scolarisation ?

JD ; Ah oui. Mon père nous disait souvent : « Nous ne sommes pas riches, vous n’aurez pas de dote, mais vous aurez des diplômes ».

GVL : C’est un magnifique cadeau que te promettait là ton père.

JD : Et comment, c’est donnée donner aux enfants, aux filles en particulier les moyens de posséder leur vie. Oui c’est une vraie chance. Un vrai choix aussi, après tu en fais ce que tu veux.

Gvl : Bon et l’écriture…

JD : Avant de les écrire mes histoires, toute petite je les inventais. Et puis quand j’ai su lire, lire et écrire et bien…

Je me souviens, j’avais une petite dizaine d’année, on m’avait offert pour Noël des grands classiques, : les trois mousquetaires, 93 et vingt ans après. Je les ai gardés sur ma table de nuit avec un bougeoir, un véritable autel ! ’ai plongé dedans à ne plus vouloir en sortir.

J’ai commencé la rédaction de mon premier roman à 8 ans. Heureusement je n’ai pas dépassée la 3 e page.

GVL : Mais alors plutôt une nouvelle ; non ?

JD : J’avais vraiment en tête d’en faire un roman !

J’écrivais et je voulais faire des romans

Pourtant j’avais l’impression que ce n’était pas très bien, que ce n’était pas assez sérieux, pas un vrai boulot, quoi. C’était un peu comme une espèce de maladie honteuse que je cachais. Pendant longtemps, j’ai eu cette impression. J’avais des textes mais je m’empêchais de les proposer à l’édition.

GVL : Tu écrivais en cachette ?

JD : oui, mais surtout le fait d’écrire me paraissait comme totalement intime. ;

GVL : Tu écrivais des choses intimes ou alors l’écriture te paraissait comme un acte intime.

JD : Oui l’écriture comme acte intime et j’ai été vraiment persuadée de ça. Je pense toujours que c’est vrai sauf que j’ai appris à mettre une distance que je ne mettais pas à l’époque


GVL : As-tu pris des cours d’écriture ou écrits- tu par instinct ?

imagesJeanne : Non, je n’ai pas appris mais j’écris par besoin, ça c’est clair, quand je n’écris pas je suis malheureuse. C’est un peu comme les accros du footing, tu sais. C’est-à-dire que deux fois par semaine ils sont bien dans leur corps. Moi c’est la même chose avec l’écriture.

Quand je ne suis pas bien, je n’écris pas et du coup, je vais encore moins bien…C’est vraiment un besoin.

GVL : Quand tu me dis « écrire pour moi c’est vital ». C’est quoi ? Ecrire de la fiction ou écrire tes pensées, tes états d’âme.

JD : je n’écris pas du tout ni mes pensées, ni de journal, ni rien de tout ça. Je travestis tout pour ce ça devienne supportable, en quelque sorte. Et notamment ce qui se rapprocherait le plus à un journal dans ce que j’ai écrit c’est ce qui s’appelle « Les chroniques d’Elles ». Ce sont des textes extrêmement courts qui ne dépasse jamais mille signes et qui sont des espèces de petits instantanés de vie de femmes que je modifie à l’envie.

GVL : Ce n’est pas totalement autobiographique, ce n’est pas ce que tu as vécu ?

JD : Ce qu’il y a des moi dedans, c’est une émotion, un regard fugace qu’ensuite je vais transformer, fictionnaer ; le rendre très court peut-être pour lui garder son caractère d’émotion subite. Tu vois, quelque chose qui passe rapidement et que tu ressens  ou éprouve à un moment donné : une surprise, une peur, une colère puis ça disparaît. Mais

ça a été assez fort, il en reste quelque chose et ce quelque chose, je le change un petit peu et je le pérennise en l’écrivant.

Gvl, Là j’avoue, je suis très admirative. D’un rien écrire un instantané, moi qui n’ait jamais écrit que quelques poèmes à l’adolescence et encore j’ai très vite abandonné. Alors..

JD : Ben tu vois, moi j’ai été admirative des gens qui savaient nager, je ne savais pas et je n’ai appris qu’à 50 ans. Tu vois, on peut toujours apprendre. On peut toujours le faire même si c’est que pour soi .

GVL : Cherche pas, Jeanne, de mon coté je vais me contenter de lire. La lecture me va si bien.

Jeanne : Ah mais tu le fais si bien , (rire)

GVL : Tiens je vais me venger. On a parlé de toi auteur. Moi, ce qui m’intéresse, ce sont tes autres facettes. Enfin, je dis ça, ce n’est pas vraiment vrai puisque j’adore ce que tu écrits.

Mais ces dames du noir s’intéressent surtout à la blogueuse, à la chroniqueuse et aussi à l’éditrice que tu es. Alors on bavarde, on bavarde…

Jeanne : Oui, on a dit qu’on bavardait, alors, voilà…(Rire) Bon, alors va pour l’éditrice….

Gvl : Et ben non, les enfants, la suite de notre conversation dans une prochaine histoire   voilà. Enfin si vous êtes sages.

 A suivre donc….Très bientôt c’est promis.

En attendant, vous pouvez retrouvez Jeanne sur son Blog, c’est ICI

 
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12 réflexions sur “Ces Dames du noir 5.1 : Dialogue avec une grande dame du noir, Jeanne Desaubry.

  1. J’aime beaucoup Jeanne Desaubry.. J’ai pas lu grand chose d’elle (ça se limite je pense à « Poubelles girls »). J’aime bien son blog, j’aime son engagement sur les choses de l’écrit, qu’elle fait avec beaucoup de convictions mais sans esbroufe.. Elle a une position digne que je respecte. Et puis c’est une dame qui a le sens de l’humour : un humour fin, qui va volontiers vers la parodie. Un humour né d’un bon sens de l’observation. Un humour jamais méchant. Un petit clin d’oeil de temps en temps.. Et puis j’aime quand elle se fâche tout rouge aussi. C’est vraiment une dame, une femme que je respecte.

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