Sous les pavés l’orage de Philippe Delepierre

Lecture d’avant&
9782867464782,0-443299Le livre : Sous les pavés l’orage de Philippe Delepierre.Paru le 3 avril 2008 chez Liana Levi. 15€ ; (293 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

À l’heure du Grand Intelligent Général et des Shadoks, Mai 68 recrute à tout-va à Paris comme en province : barbouilleurs inspirés, étudiants ébouriffés, barricadeurs consciencieux, artificiers inventifs… et même un assassin «lettré». C’est avec application que celui-ci pimente ses meurtres de slogans dans l’air de ce joli mois de mai. Histoire de faire les travaux pratiques du mouvement ? Un vrai casse-tête pour le commissaire Thibaud, un vieux de la vieille, qui n’aime pas être mené en bateau…

654789932458L’auteur : Philippe Delepierre est professeur de lettres à Villeneuve-d’Ascq. Aux éditions Liana Levi, il a publié trois romans dont Fred Hamster et Madame Lilas, Prix RTL-Lire 2004. Il est aussi l’auteur d’un épisode du Poulpe et de plusieurs polars publiés chez Baleine.

Extrait :
« JOUISSEZ SANS ENTRAVE !
Le slogan peint à la va-vite balafrait la façade Empire du vieux bahut, juste sous la fenêtre de la loge. Autant dire au nez et à la barbe du concierge. Manière de narguer.
– Z’ont eu d’la chance que j’faisais un p’tit somme, maugréa Roger, le premier qu’j’attrape, j’lui casse les reins !
Deuxième jour que les gamins s’en prenaient au lycée Maxence-Van-der-Meersch, jusqu’ici miraculeusement épargné au milieu du grand bordel qui régnait sur le pays. Le comité des enragés avait dû décider en séance extraordinaire de mettre les bouchées doubles. Une sorte de défi à relever.
– Nos p’tits cons veulent pas être en reste, rapport à leurs copains de Faidherbe et Pasteur qui ont déjà investi les lieux et hissé le drapeau rouge ! Ah ça, l’chahut, quand ça commence…
Maintenant que les élèves s’étaient réveillés, fallait s’attendre à ce qu’il y ait surenchère dans le vandalisme et la provoc. Question orgueil teinté de chauvinisme, on peut faire aussi bien que les autres, y a pas de raison. Plutôt que de s’affronter sur des terrains de foot, ils allaient se défouler sur les murs à coups de graffitis, une sorte de championnat inter-lycées d’art brut et de violence poétique. Le solvant, on allait l’épuiser par bonbonnes, en espérant que l’intendance ait prévu le coup. Et que les boutiques ne soient pas en rupture de stock, évidemment. Et aussi que l’usine ne fasse pas relâche, que les chauffeurs livreurs n’aient pas saboté leurs camionnettes et qu’il y ait encore du carburant à la pompe. Ça faisait quand même beaucoup de conditions ! 
Une chance que le proviseur ait joué finement avec les meneurs soutenus par quelques profs qui se voyaient déjà occuper l’établissement, organiser des réunions pour se monter le bourrichon les uns les autres et augmenter la pression. Avant d’aller rejoindre ces bons à rien d’étudiants aux allures de clochards qui mettaient l’université sens dessus dessous. Au lieu de préparer leurs examens, ces fainéants discutaillaient à tort et à travers à longueur de journée. Des AG comme on disait maintenant, des espèces de réunions aux allures de foire où tout le monde avait voix au chapitre et où les grandes gueules finissaient par avoir le dernier mot, comme toujours. Il le savait, Roger, il était allé y voir, invité par son pote Fernand, chef d’entretien à la fac de lettres située rue Auguste-Angellier, à dix minutes à peine de Van-der-Meersch. Les braillards campaient à côté de leurs ronéos qui ne chômaient pas elles, rapport aux montagnes de tracts qu’il fallait imprimer pour aller instruire les masses salariales et décréter la révolution permanente. Sans parler des banderoles et des pancartes couvertes de slogans ravageurs et de magnifiques projets d’avenir pour cette société dont il était grand temps de faire un paradis. »

Résumé et avis :

220px-La_Chienlit_c'est_lui_!En mai 1968, un slogan assassin balafre la façade du lycée Maxence Van der Meersch de Lille et le proviseur observe avec flegme cet acte de violence. Peu de temps après, il est assassiné et défenestré. Une série de meurtres sont commis par la suite et le commissaire Thibaut mène l’enquête. Les AG font salle comble de même que les concerts de rock local comme ceux des Bats.

Philippe Delepierre nous propose de vivre les évènements de mai 68 depuis la métropole lilloise. Un polar décapant, une plongée dans les manifestations estudiantines de mai 68. Alors que des rixes éclatent un peu partout, un mystérieux meurtrier s’en prend aux têtes pensantes des institutions remises en cause. Comme à  son l’habitude l’auteur y incorpore de belle touche d’humour ! Ici l’intrigue policier est plus un prétexte pour mettre à mal les maux de la France de ces années là. Les problème de la décolonisation, le problème des harkis, le vision de l’éducation de la jeunesse, les rapport homme femme… Ici on ai dans le politiquement incorrect, surtout que les points de vue de l’auteur sont plutôt à contre courant.  Pour autant tous le monde en prend pour son grade. Bref un  portrait au vitriol de la France de cette année-là, tous courants confondus.

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Un « des poulpes » de l’auteur

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9 réflexions sur “Sous les pavés l’orage de Philippe Delepierre

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