Amérithrax de John N. Turner

9782815908825,0-17461729782815912129,0-2646449Le livre : Amérithrax de John N. Turner. Paru le 7 janvier 2014 aux Editions de l’Aube dans la collection Aube noire.  22,90 € ; (501 p.) ; 22 x 15 cm
Paru en poche le 5 juin 2015. 12,00€ ; (589 p.) ; 17 x 11 cm
Quatrième de couverture

Alors que le World Trade Center n’en finit pas de tomber en fine poussière sur Manhattan, un retoucheur photographique d’un tabloïd de Floride succombe, foudroyé par un mal rapidement identifié, l’anthrax. Dans la foulée, quatre autres victimes en Virginie, à New York et en Nouvelle-Angleterre. Des lettres truffées de poussière mortelle circulent à travers les États-Unis ; l’angoisse paralyse l’Amérique, passe par Bagdad, contamine l’Europe. Pour Darrin Speman, agent du FBI, débute une enquête particulièrement difficile. Celle-ci se perd vite dans l’hystérie collective et la désignation d’un coupable trop évident, avant de s’échouer dans les méandres d’une analyse scientifique indéchiffrable… Inspiré de faits réels, ce roman narre l’une des plus vastes et complexes investigations de l’histoire moderne du FBI. Palpitant.

« Un en-cas qui se dévore. »
Karen Lajon, Journal du Dimanche

« Un pavé qui s’avale aussi facilement qu’un documentaire bien renseigné. 500 pages comme une série télévisée bien addictive. »
Michaëlle Petit, La Croix 

th (1)L’auteur : John N. Turner de son vrai nom Jean Nicolas Tournier
est bactériologiste, spécialiste notamment de l’anthrax ou « maladie du charbon ». Il signe ici un brillant premier roman

Extrait : 
New York, 1/10/01.
Emmy Campbell remonte au petit matin Flatbush Avenue dans Brooklyn assoupie. Ses hauts talons cliquettent sur le béton irrégulier du trottoir désert. De ses lointaines origines irlandaises, Emmy garde un regard azur, des taches de rousseur, une crinière bouclée et un amour immodéré pour la bière. Elle ressent vivement cette odeur acre mêlant gaz de combustion et poussière de béton quand les vents d’ouest soufflent depuis Ground Zéro. La mémoire de ce maudit 11 septembre tourne en boucle dans sa tête depuis trois semaines.
Elle vient d’arriver au travail quand l’alarme retentit. Sa tour a déjà été évacuée. Le hurlement des sirènes emplit le GE, le majestueux gratte-ciel Art déco du Rockefeller Center. Des gens s’agitent. Une femme pointe le doigt vers le ciel. Elle parle d’un avion fiché dans une tour du World Trade Center. Dehors, le soleil est éblouissant. Une foule compacte massée sur l’esplanade du Rockefeller a les yeux tournés vers le sud. À la pointe de l’île, des volutes noires s’élèvent dans le ciel immaculé. Des sirènes hurlent sans discontinuer. Emmy se dirige vers Park Avenue pour comprendre d’où vient la fumée. Un attroupement s’est formé devant une vitrine d’écrans sur la Cinquième. Les visages incrédules sont comme happés par ce qu’ils découvrent. Un incendie monstrueux dévore la tour Nord. Soudain, un hurlement strident de réacteurs couvre le brouhaha de la rue. Un avion de ligne survole Manhattan en rase-motte. Les passants se courbent, comme pour l’éviter. Emmy fixe la télévision en grimaçant, les mains sur le visage. La carlingue luisante qui vient de passer au-dessus de sa tête s’encastre en direct dans la structure de verre et d’acier. Les milliers de litres de kérosène s’embrasent comme un fétu de paille. Les tours jumelles brûlent désormais comme deux torchères licencieuses plantées en marge du quartier des affaires. Des hélicoptères de télévision tournoient. Sur les écrans, on devine la silhouette des désespérés qui se précipitent dans le vide. Les lourds camions de pompiers fendent la circulation thrombosée du sud de Manhattan. Les soldats du feu se préparent au sacrifice, inéluctable et inutile. L’ordre d’évacuation des tours ne les concerne pas. Ils s’harnachent pour gravir de l’intérieur les quatre-vingts étages. A peine une heure plus tard, le fracas de l’implosion, étage par étage, des tours jumelles, marque à jamais une humanité hébétée. Le World Trade Center, fierté de New York, s’effondre en quelques secondes. Le sanctuaire de la finance n’est plus qu’une ruine fumante sur laquelle retombent en fine pluie des milliers de feuilles volantes, comme les confettis les jours de parade sur Park Avenue.
Emmy a rendez-vous ce matin chez son généraliste. Elle s’est examinée longuement sous la douche. La peau qui recouvre sa clavicule gauche l’inquiète. Depuis hier, une vilaine lésion s’est ouverte par le milieu, dilatée par la pression. De la plaie suinte un liquide jaunâtre. La peau avait commencé par rougir, puis enfler. Emmy a d’abord pensé à un problème de soutien-gorge dont la bretelle est trop serrée. Elle a donc banni les sous-vêtements. Cependant, même embaumée de crème hydratante, la rougeur reste douloureuse.
Le médecin observe la plaie sur sa peau blanche tavelée. Il découvre un petit ganglion curieux à la base du cou. Le praticien conclut à une bénigne piqûre d’araignée. Il pratique un prélèvement pour la forme. Emmy doute du diagnostic. Elle mène une vie aseptisée des plus urbaines. Elle récupère la prescription de pommade antibiotique dans un drugstore de Brooklyn. Le métro pour Manhattan est bondé. Elle s’agrippe inconfortablement à une poignée en hauteur. Cette position qui tire la peau enflée est pénible. La petite lésion brune qui progresse au-dessus de son sein l’inquiète.

Résumé et avis :

th (2)Un jour d’octobre 2001, un retoucheur photographique d’un tabloïd de Floride est le premier à succomber à un mal inconnu, l’anthrax. Des lettres remplies de poussières mortelles d’anthrax circulent à travers le continent. Darrin Speman, un agent du FBI, est chargé de l’enquête, mise à mal par l’hystérie collective et la désignation d’un coupable trop évident.

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette lecture. Pourtant sur le papier ce roman avait tout pour ne plaire. Cette enquête tirée d’un fait divers est entièrement retracée ici par l’auteur. Elle a duré 7 ans.  7 ans durant lesquelles le FBI et d’autres instances th (3)gouvernementales se sont fourvoyées. 7 ans de gâchis ; le 11 septembre n’avait pas pu être empêché, l’Amérique venait d’être touché en plein cœur, la CIA était montrée du doigt. Alors hors de question pour la nouvelle cellule crée pour l’occasion, la Task Force Anthrax., d’échouer à son tour. Il faut rassurer l’Amérique en pleine hystérie après le drame du World Trate Center. Du coup l’enquête va être menée tambour battant. Et l’homme qui va être à la tête de celle-ci,  Darrin Speman, n’est peut-être pas à la hauteur. Speman, s’il est un spécialiste en bactériologie n’ai pas un homme de terrain et encore moins un meneur d’homme…De plus l’agent du FBI que l’on suit n’est pas franchement attachant.  Et je dois avouer que j’ai décrocher avant la toute fin . L’écriture très particulière de l’auteur, trop hachée, trop froide, m’a aussi gêner. Même si j’ai aimé ses explications scientifiques. Alors je suis passée à coté de ce titre .Mais je pense que les amateur du genre sauront trouver leur bonheur. Et je crois au potentiel de cet auteur, du coup je vais lire son second roman qui vient de sortir : « Alabama Shooting » 41lDLztSc9L._SL160_

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10 réflexions sur “Amérithrax de John N. Turner

  1. Ouille, moi qui le cherchait désespérément ! Là, tu me refroidis. Bon, ça me fait du bien vu la chaleur…

    J’ai vécu aussi une lecture avec un style d’écriture que je n’ai pas aimé, trop haché, trop simpliste et j’ai lâché l’affaire, je ne ferai même pas de chronique dessus, pas assez de matière lue (« Mourir, la belle affaire » de Noriega, et j’attendais beaucoup de lui).

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  2. Quel dommage que tu ais été déçue alors que la 4ème de couv’ semblait prometteuse! J’avoue que je me laisserais bien prendre au jeu quand même… 😉 Pas tout de suite car ma PAL est une pyramide égyptienne mais je te donnerai mon ressenti! 🙂

    Aimé par 1 personne

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