Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride

9782351780909,0-2609310Le livre : Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride. Traduit de l’américain par Laurent Bury. Paru le 4 mai 2015 chez Gallmeister dans la collection Néonoir. 15,50€ ; (245 p.) ; 19 x 13 cm

Quatrième de couverture

Frank Sinatra dans un mixeur

Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course. Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot. Ou de la noyade dans le Missouri.

Matthew McBride fait passer Mickey Spillane pour du Barbara Cartland. Si vous essayez d’arrêter le café et les cigarettes mais que vous n’êtes pas encore prêt à arrêter l’oxy, ce livre est pour vous.

mcbride1-stephanie-j-mcclain-54ae6fcfedaf2L’auteur : Matthew McBride a longtemps vécu dans une ferme dans le Missouri avec un taureau nommé Hemingway. Il s’est mis à écrire au cours des treize années qu’il a passées à travailler à la chaîne pour Chrysler.

Extrait :
Alors que j’accueillais à bras ouverts les premiers signes d’ivresse, je commençai à remarquer que mes pensées devenaient plus lucides à chaque cocktail que je préparais. Comme frappé d’un éclair venu du ciel, je compris la vérité qui était au cœur de ma vie : boire plus faisait de moi un meilleur détective.
Je mettais tout en ordre et je remplissais les blancs. Un jour, le monde s’émerveillerait de mon génie en matière d’investigation. Et mon héritage aurait beau être jonché de canettes de bière vides, je laisserais au moins une trace.

Résumé et avis :

Une nouvelle lecture à deux voix mais c’est véronique qui vous donne son avis moi je ne fais que le complété par mon petit ressenti.

Ex-policier devenu détective privé, Nick Valentine tente, entre deux cachets d’Oxycontin, de mettre la main sur le butin d’un braquage de banque.

Un polar bien noir à l’atmosphère pulp, et qui ne manque pas d’humour. Un récit qu’on suit pris dans les vapeurs d’alcool et de drogue qu’ingère à longueur de temps et à trop fortes doses Nick Valentine. Ce privé dépressif s’attire jusqu’au regard désapprobateur des caïds de la drogue qu’il côtoie. Le récit alterne entre deux points de vue : celui du privé en question, rédigé à la première personne, et celui plus distancié du narrateur classique qui décrit la course-poursuite rocambolesque des criminels. Un second point de vue moins embrumé alors qu’on aurait parfois aimé voir de façon un peu moins claire certaines scènes de torture à tendance « bouchère »…

Bon perso,( ma petite contribution), toute cette violence ne m’a pas gênée. Presque parfois cette ultraviolence servait le rythme du récit. Parce qu’il faut dire que c’est mené tambour battant. Et puis il y a un petit coté amorale dans tout cela, et ça aussi ça m’a paru plutôt indispensable pour faire ressortir le second degré de ce titre, parce que ce titre il faut  lui rendre justice, il est hilarant et purement politiquement incorrecte.

Matthew McBride est bel et bien une nouvelle plume du roman noir américain. La couleur qu’il donne à son roman décrit parfaitement cette Amérique en déliquescence.

Citation :
« L’alcool peut être le pire ennemi d’un homme,
Mais la Bible nous dit d’aimer nos ennemis. »
Frank Sinatra

Extrait 2 :

Agitant la queue de gauche à droite, Frank émit quelques
grognements joyeux. Il était prêt pour son petit déjeuner.
Pour puiser ses croquettes dans le sac, je me servais d’une
canette de Bud Light dont j’avais découpé le haut. J’eus
beau chercher des yeux, je ne voyais pas sa gamelle. Il aimait
la cacher dans son coin. Parfois, je me contentais de déposer
sa bouffe dans sa chaussure.
Ses quatre pattes s’agitèrent et ses griffes cliquetèrent.
Puis il produisit son aboiement sérieux, celui des grandes
occasions. Frank partait en mission croquettes et son ventre
gargouillait. Il aurait voulu avoir déjà le nez dedans. Je lui
déposai simplement sa pitance par terre, au même endroit
que d’habitude quand il n’apportait pas sa chaussure.
Complètement surexcité, il fonça tête baissée et la nourriture
s’éparpilla dans tous les sens, comme si une grenade à
main pleine de croquettes pour chien venait d’éclater. Puis
il ramassa quelques beaux morceaux et se dirigea vers son
lieu favori de l’autre côté de mon bureau, là où le carrelage
rencontrait la vieille moquette usée et sale qui n’avait pas vu
l’aspirateur depuis le jour où j’avais commencé à payer le loyer.

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22 réflexions sur “Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride

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