Am stram gram de M.J. Arlidge

9782365690812,0-2556740Le livre : Am stram gram de M.J. Arlidge.Traduit de l’anglais par Elodie Leplat.Paru le 19 mars 2015 aux éditions  Les Escales dans la collection Les Escales Noires. 21,90 € ; (362 p.) ; 23 x 15 cm
 
Quatrième de couverture

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : «Vous devez tuer pour vivre.» Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.

Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.

Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

1111L’auteur : M. J. Arlidge travaille pour la télévision depuis quinze ans. Il dirige également une maison de production indépendante qui a permis à plusieurs séries policières de voir le jour. Après le succès phénoménal en Angleterre de son premier roman Am stram gram, en cours de traduction dans le monde entier, M.J. Arlidge a confirmé son talent avec deux autres romans mettant en scène Helen Grace.

Extrait :
 » Je me disais juste qu’il fallait que vous sachiez qu’elle était un il.
– Pardon ?
– Martina, la prostituée. Y avait peut-être du monde au balcon et tout, mais y a aucun doute, c’était un mec. Il s’est probablement fait opérer au cours des deux dernières années et vu la tronche de son cul, il se pourrait fort bien qu’il ait embrassé le métier avant, même si c’était avec un autre genre de clientèle. Si j’étais vous, je commencerais à chercher de ce côté-là. « 

Résumé et avis :

th (6)Le commandant Helen Grace et son équipe doivent arrêter un tueur particulièrement cruel qui se délecte de transformer des innocents en meurtriers. Pour chacun de ses crimes, il organise une mise en scène dans laquelle ses proies, torturées par la peur, la faim et la soif, n’ont d’autre moyen pour s’en sortir que de tuer.

On entre de plein pied dans l’horreur avec ce titre, l’auteur joue avec nos instincts les plus primaire. Nous sommes totalement partie prenante dans cette histoire.

En effet très vite on s’identifie aux victimes, on entre en empathie. On tremble, on souffre, on vit au rythme de notre lecture. Mais, en plus, on fait jouer notre petit coté voyeur.

Oui, nous sommes partie prenante, et nous, qu’aurons nous fait dans de telles circonstances ? Quelles auraient étaient nos pensées, aurions nous pu encore raisonner, n’aurions nous pas réagis comme ces victimes ?L’instinct de survie n’est-il pas la plus forte des motivation possible? Notre cerveau reptilien aurait été la seule zone cérébrale que nous aurions réussi à faire fonctionner ?De victime n’aurions nous pas préféré la place de bourreau !

th (1)Difficile de garder la tête froide, d’avoir notre libre arbitre et de rentrer en résistance dans de telles conditions, séquestrés, déshydratés, morts de faim et m’ayant qu’une seule issue échappatoire, tuer pour survivre. Là réside le point fort du livre, car chaque protagoniste n’a pas la même façon de digérer et d’interpréter les fait.

L’auteur nous offre une galerie de personnages exceptionnel. Il a soigné la cadre psychologique de chacun d’eux.

Et puis il y a l’équipe de flic avec un trio choc que l’on aimerai retrouver sur d’autres enquêtes et découvrir leur secret.

Vous l’aurez compris, ce titre est un pur thriller avec son intrigue aussi machiavélique que perverse. Et le style direct et percutant de l’auteur, les nombreux rebondissements sont autant de choses qui rendent la lecture addictive et agréable.

Un sacré bon page-turner à découvrir de toute urgence…

Un auteur à suivre assurément .

Extrait :
 Sam dort. Je pourrais le tuer là, maintenant. Son visage n’est pas tourné vers moi : ce ne serait pas difficile. Se réveillerait-il si je bougeais ? Essaierait-il de m’arrêter ? Ou serait-il simplement soulagé que ce cauchemar finisse ? Je ne peux pas penser des choses pareilles. Il faut que j’essaie de me rappeler ce qui est vrai, ce qui est bon. Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir. Je me creuse la tête en quête de souvenirs joyeux susceptibles de repousser les idées noires : ils sont de plus en plus durs à convoquer. Nous ne sommes là que depuis dix jours (onze ?), et pourtant la vie normale ressemble déjà à un souvenir lointain. On faisait du stop après un concert à Londres quand c’est arrivé. Il pleuvait des cordes, plusieurs voitures nous avaient déjà dépassés sans même nous jeter un regard. Trempés jusqu’aux os, on s’apprêtait à retourner à l’abri quand une camionnette a fini par s’arrêter. À l’intérieur, il faisait chaud, il faisait sec. On nous a offert du café venant d’une bouteille Thermos. Sa seule odeur a suffi à nous revigorer. Au goût, c’était encore meilleur. Nous n’avions pas conscience que ce serait notre dernière gorgée de liberté. Quand je suis revenue à moi, j’avais la tête comme une casserole. Une croûte de sang sur les lèvres. Fini la camionnette douillette. J’étais dans un endroit glacial, obscur. Etais-je en train de rêver ? Derrière moi, un bruit m’a fait sursauter. Ce n’était que Sam qui se relevait en titubant. On avait été dépouillés. Dépouillés et largués. Laborieusement, j’ai avancé en me tenant aux parois qui nous entouraient. Des carreaux froids, durs. J’ai percuté Sam et je l’ai étreint une seconde, inhalant cette odeur que j’aime tant. Cet instant passé, l’horreur de la situation nous a frappés. On était dans une fosse à plongeon. Délaissée, mal aimée, elle avait été privée de ses plongeoirs, de ses panneaux, même de ses marches. Tout ce qui pouvait être récupéré l’avait été. Ne restait qu’un bassin profond et lisse, impossible à escalader. Ce putain de monstre écoutait-il nos cris ? Probablement. Car quand on a fini par se taire, c’est arrivé. Un portable sonnait : durant une seconde merveilleuse, on a cru à l’arrivée des secours. Ensuite on a vu l’écran du téléphone éclairé sur le sol du bassin. Sam n’a pas bougé, alors j’ai couru. Pourquoi moi ? Pourquoi fallait-il toujours que ce soit moi ? «Bonjour Amy.» À l’autre bout du fil, la voix était déformée, inhumaine. J’avais envie d’implorer pitié, d’expliquer qu’il s’agissait d’une terrible erreur, mais le fait qu’on connaisse mon nom m’a vidée de toute conviction. Comme je ne répondais pas, la voix a enchaîné, implacable, froide : «Est-ce que tu veux vivre ? – Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous nous av… – Est-ce que tu veux vivre ?» Pendant une minute, impossible de répondre. Ma langue refuse de m’obéir. Ensuite : «Oui. – Par terre, à côté du téléphone, tu trouveras un flingue. Il y a une balle dedans. Pour Sam ou pour toi. C’est le prix de votre liberté. Vous devez tuer pour vivre. Est-ce que tu veux vivre, Amy ?» Impossible de parler. J’ai envie de vomir. «Alors, oui ou non ?» (…)
Pour lire le début c’est ICI

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24 réflexions sur “Am stram gram de M.J. Arlidge

  1. A reblogué ceci sur Goutte de Polaret a ajouté:
    Actuellement en pleine lecture d’un pavé, je fais patienter la rédaction de mon article en reblogant des retours de lectures qui feront parti de ma « To read list » … En analysant celui-ci, le suspens et la tension psychologique qui en ressort me rappelle ceux vécu en lisant « Perdition »… Merci @collectifpolar pour cet article!

    Aimé par 1 personne

  2. D’accord avec cette chronique (qui va peut-être m’aider à écrire la mienne, du coup, tiens 😉 )
    Un très bon page-turner, hyper efficace, qui m’a aussi fait penser dans le genre à « Comme un tombe », de Peter James – premier roman de sa série mettant en scène un certain commissaire… Grace. (Tiens, tiens…)
    Après, j’ai parfois trouvé la psychologie des personnages principaux un peu balourde, deux ou trois rebondissements limites… mais bon, rien de rédhibitoire, car au bout du compte, ne reste que l’impression positive d’une lecture rapide, prenante et assez flippante !

    Aimé par 1 personne

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