Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig : Noir c’est noir

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Le livre : Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig . Traduit de l’espagnol par  Myriam Chirousse. Paru le 16 janvier 2014 chez Metailié. 18€, (238 p.) ; 22 x 14 cm.9782757852996,0-2625888

Réédité en poche chez Point / Thriller le 15 mai 2015. 7,10 € ; (312 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour un weekend entre hommes, c’est sa mère qui l’élève et il le voit très peu. Il le trouve étrange, trop rond, trop bébé pour ses quatorze ans, bref il est déçu par cet ado renfermé et maladroit dont il veut faire un homme, un vrai. Mais dès le début de la balade c’est Carlos qui découvre ses limites physiques et son incapacité à communiquer avec son enfant. Le séjour s’annonce difficile, surtout qu’au chalet les attend la nouvelle petite amie de Carlos, qu’il ne l’a pas dit à son fils et qu’elle n’est pas un modèle de discrétion.

Carmen restée en ville tombe sur un manuscrit laissé chez elle par Carlos, un polar scabreux et terriblement efficace ; peu à peu elle y voit de drôles de ressemblances avec la réalité, des prémonitions macabres, des menaces à peine voilées contre elle ou contre son fils. L’angoisse monte, les sous-entendus se multiplient. Elle tente d’appeler Jorge, mais Carlos a confisqué son téléphone. Désespéré et humilié le garçon s’enfuit dans la forêt et disparaît…

On ne lâche plus ce roman parfaitement noir où tout le monde, lecteur inclus, s’échine à lire entre les lignes «ce qui n’est pas écrit», et s’imagine le pire. Thriller psychologique basé sur les rancoeurs et les frustrations, se déployant dans une nature inquiétante sur une trame de film d’horreur habilement construite, ce texte confirme la virtuosité stylistique et l’inventivité narrative de son auteur.

Capture&&&&&&&L’auteur :Rafael Reig est né à Cangas de Onís (Asturies) en 1963. Il a passé son enfance en
Colombie avant de revenir étudier à Madrid. Il a enseigné la littérature aux États-Unis et s’est récemment installé comme libraire. Ce roman a reçu le prix Pata Negra décerné par des libraires.

Extrait :
« Elle interrompit sa lecture un peu gênée, avec la sensation que, dans ce qu’elle était en train de lire, il y avait un piège enterré sous le feuillage des mots, dissimulé entre les culs, les nichons et les pistolets, et prêt à sauter si elle posait le pied dessus sans s’en rendre compte. Sous ces phrases qui  racontaient une violence mensongère, il y avait un mal véritable, un traquenard dont elle ne saurait pas se libérer si elle tombait dedans. »

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Résumé et avis :

Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour le week-end. Carmen, son ex-compagne et la mère de l’enfant, tombe sur le manuscrit d’un polar laissé par Carlos. Au fil de sa lecture, elle y voit des menaces à peine voilées et des sous-entendus inquiétants. Elle appelle Jorge mais celui-ci ne répond plus…

Première traduction en français d’un auteur espagnol ayant remporté plusieurs prix pour son œuvre. L’auteur a une parfaite maitrise de ses intrigues.Ce roman noir est construit comme un thriller psychologique. Il basé sur les frustrations et les rancœurs de chacun des quatre personnages principaux. La mère, Carmen envahissante voire castratrice, le père, Carlos, absent puisque divorcé d’office. Le fils, Jorge, pris en étau entre cette mère trop aimante et ce père qui cherche à se faire une place. Enfin l’ex futur maîtresse, Yolanda, qui a rongé son frein durant tout le temps qu’à durée le mariage de son amant et qui maintenant veut la place qui lui revient de droit.

L’auteur met en scène, en la personne de Carlos, un écrivain qui aimerait devenir un auteur à succès de roman policier. Et c’est à travers son polar que l’on découvre une partie de l’intrigue. La construction et l’idée du roman dans le roman sont géniales. Cette mise en abîme permet de jouer sur les rôles respectif de l’auteur et du lecteur dans cette double histoire. Ce « va et vient » interactif permet ainsi de dédoubler l’angoisse et le tension psychologique qui en résultent. Et inéluctablement, Rafael Reig nous entraîne vers une fin irrémédiablement noir.

C’est remarquablement fait. Parfaitement maîtrise. Une réussite.

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Extrait :
[…] De quoi il parle, ce roman ?
– C’est un roman noir, un enlèvement. Une bande kidnappe une fille. Il y a de la violence et du sexe vulgaire, tout est un peu désagréable. Ça ne casse pas des briques, ça peut se lire,   mais guère plus.
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13 réflexions sur “Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig : Noir c’est noir

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