Trait bleu de Jacques Bablon

9791092016314,0-2584760Le livre : Trait bleu de Jacques Bablon .Paru le 16 février 2015 chez Jigal éditions. 17€ ;  (151 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv :

« Tout a commencé quand on a retrouvé le corps de Julian McBridge au fond de l’étang que les Jones avaient fait assécher pour compter les carpes.
Ils auraient plutôt eu l’idée de repeindre leur porte de grange ou de s’enfiler en buvant des Budweiser et c’était bon pour moi.
McBridge n’était pas venu ici faire trempette, ça faisait deux ans que je l’avais balancé là par une nuit sans lune avec un couteau de chasse planté dans le bide.
835 carpes et 1 restant de McBridge. Les Jones avaient un cadavre sur les bras, ils ont commencé à se poser les questions qui vont avec… »

Un roman noir intense d’espace et d’aventure, une ambiance à fleur de peau. On est embarqué dans ces pages comme si on descendait les rapides d’une rivière en folie sur une pirogue sans pagaie… Ballotté, effaré, douché, concentré mais vivant… Si vivant ! Superbe !

téléchargement (70)L’auteurJacques Bablon. Sa mère est née à Saint-Pétersbourg, lui à Paris en 1946. Il passe son enfance dans le 93 à taper dans un ballon sur un terrain vague triangulaire… Ado, il décide de devenir guitariste et de chanter du Dylan pour pouvoir draguer les filles… Mais devant le peu de succès récolté il préfère s’acheter une pile de disques (les Stones, Mozart, les Beatles et compagnie…) et un Teppaz. Plus tard l’exaltation artistique lui tombe dessus par hasard grâce à la peinture. Après avoir dessiné des bols, des cafetières, des pommes et des femmes nues, il devient professeur à l’École supérieur des arts appliqués. Parallèlement à sa carrière officielle d’enseignant heureux, il publie des BD chez Casterman et devient scénariste dialoguiste de courts et longs métrages. Il a toujours eu besoin de voir loin pour survivre, c’est pourquoi il habite en haut d’une tour. Mais le pire, c’est que des années après, il ne sait toujours pas où est passé son Teppaz…

Extrait :
« Ma voiture bleue filait sur le ruban d’asphalte. Du bord, on ne devait voir qu’un trait bleu comme quand passe un martin-pêcheur. J’allais le plus vite possible, m’envolait sur les dos d’âne, faisais crisser mes pneus dans les virages. John Fitzgerald avait agrippé le haut du siège avant et le serrait très fort. Il jubilait, émettait un grognement continu proche d’une mélopée sioux et l’expression spontanée de son plaisir me faisait venir les larmes. « 

Résumé et avis :

Il y a près de deux mois que j’ai lu ce court roman et pourtant je n’arrive toujours pas à mettre des mots dessus. Je me suis trouvée con, quand j’ai eu l’auteur devant moi, il y a quelques semaine, je n’ai pas su quoi lui dire. Jusque que j’avais adoré son bouquin, et qu’il était différent des autres que j’avais lus dernièrement.

téléchargement (72)J’avais l’auteur devant moi et je n’ai même pas pu lui demander pourquoi ces choix… Le lieu, l’endroit, les héros, le héros, le style si familier, les mots…La génèse de son roman. Non j’ai été muette, troublée sans doute car j’avais imaginé un très jeune homme et que j’avais en face de moi, un jeune auteur certes mais d’un certaine âge. C’est con, mais il y avait comme un décalage dans mon esprit. Et en plus comme je n’arrivais pas à décrire ce roman ni à center mon ressenti, je suis passée, j’en suis certaine à coté d’une super rencontre. Trop bête, trop cruche, trop conne, je suis.

Jacques Bablon avait lui aussi l’air tout timide sur son estrade, derrière son stand. Il aurait suffit d’un mot, de l’un ou de l’autre pour que nous échangions entre adulte consentant. Mais, j’ai joué ma timorée et aujourd’hui je le regrette. Pardon Monsieur Bablon, je m’en veux énormément, car, comme je vous l’ai dit, j’ai adoré votre livre.

Mais au fait de quoi ça parle, difficile aussi de le résumé…Suite à l’assassinat de celui qui a abusé de sa mère, un homme est emprisonné. Son histoire pourrait s’arrêter là, mais une série d’événements bouleverse le cours des choses : Iggy lui lègue un vieux pick-up, un cadavre est retrouvé dans son jardin, un pactole tombe de nulle part, sa maison est détruite, etc.

téléchargement (73)Bref on va suivre notre héros dans son errance ou plutôt dans sa déserrance , dans sa désespérance. Et c’est lui qui va être le narrateur de cette histoire. Il va balancer ses mots, crus, violents, intimes. Un peu comme si ceux-ci avait un pouvoir de catharsis.

On va traverser des grands espace, rencontrer des personnes peu recommandables, d’autres plus sympathiques mais toujours à la marge. Il ne faut pas oublier que l’on ai dans un roman noir. Noir mais atypique. Il tient parfois du conte philosophique.  On va vivre à cent à l’heure, nos certitudes vont-être bousculées, nos repères n’existeront plus, nous n’aurons plus de repaires. Le style, les mots, la poésie qu’il en ressort, vont tout ravager sur leur passage. Et on va traverser cette histoire à tout berzingue, en retenant notre souffle.

J’ai été happée par l’écriture de Jacques Bablon, et j’ai adoré ça.

Alors Foncez et découvrez cette OLNI de toute urgence.

Allez foncez c’est un ordre.

Extrait : 
« Le psy sévissait derrière les barreaux. J’avais le droit de bénéficier de ses services. Je savais pas trop comment ça marchait, juste que c’est sur ce qui s’est passé quand j’étais petit qu’il se penche. Va pour le psy.
– Comment voyez-vous votre père ?
J’étais de père inconnu, il était con ou quoi ? Plutôt que de lui faire la remarque, je lui ai balancé un truc bidon :
– Comme une chaise vide.
Surprise ! Ma réponse a retenu son attention. Il avait un faible pour la métaphore, je ne me suis pas retenu de lui faire plaisir »

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22 réflexions sur “Trait bleu de Jacques Bablon

  1. Bon, je l’ai déjà noté, mais à cause de toi, je le surligne !! Fou que parfois, on a aimé un livre, c’est un coup de ❤ et on est là, bredouillant des platitudes devant son auteur ou on reste devant une page WP blanche… 😉

    Tiens, nous, en Belgique, on fait varier le mot "con" et il a son féminin… Donc, au lieu de dire "Je me suis trouvée con" quand on est une femme, on dira "trouvée conne"… mais c'est peut-être le même débat que "machine à laver" ou "machine à lessiver", les nôtres lavent, les vôtres lessivent… MDR 😆 Je sors !

    Aimé par 1 personne

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