L’énigme de Saint-Olav d’Indrek Hargla

    Un premier roman policier historique estonien.

le Livre  : L’énigme de Saint-Olav d’Indrek Hargla. Roman traduit de l’estonien  par Jean Pascal Ollivry. 336 pages – 22 € Paru en février 2013 chez Gaïa dans la Collection Polars.

Résumé du livre

Tallinn, 1409. Deux siècles après la croisade nordique menée par les Danois et les Allemands sur les bords de la Baltique, c’est à la fin d’un monde que l’on assiste. Sur les hauteurs dominées par l’église Saint-Olav, la forteresse de Toompea abrite les chevaliers teutoniques qui incarnent une aristocratie figée, tandis que dans la ville basse se mêlent classes sociales et nationalités, grâce à l’activité bouillonnante du port et du commerce de la Hanse.

images (37)Un haut responsable de l’Ordre des Têtes-Noires, de passage à Tallinn, est sauvagement assassiné dans la forteresse. Une épée ensanglantée, abandonnée à la hâte, prouve que l’assassin s’est réfugié dans la ville basse. Alors la méfiance entre les deux mondes s’exacerbe, et les nobles allemands posent un ultimatum aux membres du conseil. Le bailli chargé de débusquer l’assassin fait appel à son fidèle ami Melchior, l’apothicaire de la ville, réputé pour son ingéniosité.

images (38)Melchior est affligé d’un mal mystérieux, l’épilepsie ?, héritage familial que seules les femmes savent soulager. Courtisé pour une liqueur de sa fabrication, l’apothicaire n’en représente pas moins l’esprit éclairé au sein d’un monde obscurantiste et naïf. En témoigne le monastère dominicain dirigé par un père prieur qui craint la peste au point de porter une amulette chargée d’arsenic. Le moine Wunibald dissimule un tumultueux passé mais s’est construit une solide réputation de brasseur de bière.

téléchargement (48)Orfèvres, compagnons maîtres chanteurs, marchands de l’ordre des Têtes-Noires et chefs de guildes ripaillent lors de fastueux banquets. Dans les dédales des rues pavées de Tallinn, l’on croise de belles jeunes femmes mariées à de vieux barbons. Les morts violentes et mystérieuses se succèdent. La légende raconte qu’une ancienne malédiction poursuivrait les bâtisseurs d’église. Il faudra toute la perspicacité de Melchior, soutenu par la douce présence de son épouse Keterlyn, pour démêler ‘l’ énigme de Saint-Olav’.

L’auteur allie à son intrigue criminelle une peinture pittoresque de la Tallinn médiévale, avec ses légendes et l’évocation des bâtiments historiques que les touristes contemporains connaissent bien. Première incursion dans le polar historique pour Indrek Hargla, l’un des écrivains estoniens les plus populaires, auteur jusqu’ici d’une dizaine de romans, principalement de science-fiction (cf. Labyrinthes du réel, Babel 2011), c’est aussi tout simplement le premier polar estonien médiéval.

L’énigme de Saint-Olav inaugure une série qui nous mènera jusqu’à l’époque de la Réforme et s’étalera donc sur plus d’un siècle, Melchior passant le relais à son fils. Un polar médiéval mystérieux et envoûtant.

L’auteur :

Indrek Hargla est né en 1970 à Tallinn, en Estonie. Il est passionné de romans policiers et d’histoire médiévale, et a publié des ouvrages de science-fiction.

Sélectionné pour le grand prix de littérature de l’Assemblée ­Baltique en 2011, il a reçu le prix de la Fondation estonienne pour la culture, ainsi que le prix Eduard Vilde en 2012.

L’énigme de Saint-Olav est le premier polar estonien traduit en français.

Mon avis :

J’ai beaucoup lu de polars historiques. j’en ai lu pas mal sur la fin du XIVe et le début du XVe siècle.

Je connais assez l’histoire de France, de l’Angleterre , la guerre de cent ans, Jeanne d’Arc. Plus au Nord, les pays bas qui redeviennent bourguignons. J’aime cette époque des primitifs flamands mais aussi italiens. Les tensions entre la papauté et le saint empire germanique. Les tensions fratricides à Florence notamment entre guelfes et gibelins. Plus a à l’est et la fin de l’empire byzantin, plus au sud l’Espagne divisée entre Almohades et Espagne chrétienne. Mais au delà de ces frontières, rien, de la Russie avant Yvan le terrible pas grand chose non plus.

« Melchior Wakenstede était né à Lübeck, d’où son père avait déménagé il y avait maintenant plus de vingt ans pour gagner Tallinn et ces contrées nouvelles où tout était encore en train de se construire et qui venaient à peine d’être arrachées aux mains des païens et vouées à la Vierge Marie. Melchior lui-même se rappelait avoir entendu, lorsqu’il était encore enfant, les histoires racontées par les vieux soldats qui venaient parfois à la boutique de son père acheter des onguents pour leurs membres douloureux : comment ils avaient combattu les païens qui vivaient à l’époque sur cette terre, comment leur armée avait assiégé Tallinn. »

téléchargement (47) Alors, c’est avec bonheur que j’ai découvert l’histoire de ces ports hanséatiques, de ces villes qui suivant les invasions devenaient russes, suédoise voir autonome.
C’est avec délectation que j’ai parcouru les rue de Tallinn, que j’y ai rencontré moines, marchands de la guilde hanséatique, jeunes épouses et vieux barbons mais aussi orfèvres, compagnons maîtres chanteurs, marchands de l’ordre des Têtes-Noires et chevaliers teutoniques.

images (39)Indrek Hargla a su m’embarquer dans ce bas moyen- age, dans cette société médiévale régit par tant de codes, de lois. Coincé entre justice séculière et ordres spirituels.

C’est un récit flamboyant, haut en couleur. Une histoire passionnante et envoûtante.

Ce titre va vite trouver son public dans nos bibliothèques parisiennes.

Et nous ont redemandons tous.

 Extrait :
Henning von Clingenstain, ancien commandeur de l’ordre Teutonique sur Gotland, était ivre mort. À vrai dire, il était dans cet état depuis déjà cinq jours, et si le commandeur de la place n’avait veillé à lui offrir à manger en abondance – les plats, en provenance de la cuisine de la petite forteresse, se succédaient du matin au soir –, il se serait effondré depuis longtemps et aurait dormi en cuvant sa bière. Mais Tallinn semblait être une ville riche et accueillante, à la différence de Visby. Ici on savait manger et boire, ici on avait coutume de faire ripaille comme, se souvenait Clingenstain, on ripaillait naguère au cours des fêtes à Warendorf, sa ville natale.

EN SAVOIR PLUS c’est ici

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11 réflexions sur “L’énigme de Saint-Olav d’Indrek Hargla

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