Le détective de Freud de Olivier Barde-Cabuçon

bardeLe livre : Le détective de Freud de Olivier Barde-Cabuçon. Paru le 16 avril 2010 aux Editions de Borée. 21€50, 375 pages. 21×14 cm.

4e de couv : Littérature

Paris, 1911. Missionné par Sigmund Freud en personne pour enquêter sur la mort mystérieuse d’un confrère, le docteur du Barrail se lance dans une aventure où la vérité se cache loin en deçà des choses. Épaulé par Max Engel, un drôle de détective marxiste, et le sémillant psychiatre suisse Carl Jung, le jeune homme interroge les faits et sonde les esprits. Mais il ne peut s’empêcher de soigner aussi les âmes ! Trouvera-t-il la clé de cette énigme dont trois femmes semblent être les troublantes héroïnes ? Contre toute attente, le propre passé de du Barrail refait alors surface…

Entre quête d’identité, suspense et histoire d’amour, un roman haletant qui nous transporte dans le Paris turbulent de la Belle Époque, sur les pas des pionniers de la psychanalyse.

– Que cherchez-vous ?

– La vérité, monsieur, simplement la vérité. Elle soulage tous ceux qui la prononcent et le monde aurait moins de peine si elle revenait plus souvent.

BARDE-CABUCON-Olivier-dr1-200x267L’auteur : Olivier Barde-Cabuçon vit à Lyon. Féru de littérature, d’art et d’histoire, il a publié Les Adieux à l’Empire (France-Empire, 2006) et Le Détective de Freud (Édition de Borée, 2010). Son goût pour les intrigues policières et son intérêt pour le XVIIIe siècle l’ont amené à créer le personnage du Commissaire aux morts étranges, dont trois enquêtes ont déjà paru dans la collection “Actes noirs” : Casanova et la femme sans visage (2012, prix Sang d’encre 2012, Babel 2013), Messe noire (2013) et Tuez qui vous voulez (2014). Il vient de sortir Humeur noire à Venise (2015) ; j’espère avoir le temps de vous en faire une

Extrait :
– Après Copernic et Darwin, dit lentement Freud, je suis celui qui a infligé à l’amour-propre de l’homme sa troisième humiliation. Copernic a démontré que l’homme n’était pas le centre du monde, Darwin qu’il n’était que le fruit d’une évolution hasardeuse. Moi, je lui ai fait prendre conscience qu’un autre univers existait et lui échappait : son Inconscient. L’homme n’est pas maître dans sa propre maison ! C’est là une vérité difficile à entendre, ne croyez-vous pas ?

Résumé et avis :

barde0En 1911,Sigmund Freud  demande au  jeune docteur Du Barrail d’enquêter sur la mort d’un de ses confrères. Du Barrail va bien malgré lui être entraîné dans une aventure où la vérité n’est pas toujours là où on l’attend. Cette quête va secouer notre héros et il n’en sortira pas indemne. Une plongée dans le monde des débuts de la psychanalyse à Paris avant 1914.

Pour écrire Le Détective de Freud, ses principales sources d’inspiration ont été l’œuvre de Freud et les mémoires de Jung, fascinants personnages qui retrouvent vie sous la plume du romancier.

barde2Vous allez aussi être immergé dans le Paris haut en couleurs de la Belle Epoque. Juste avant la grande guerre en 1911. Tout ces ça donne une intrigue originale. Le récit  est rythmé et bien mené. Les personnages très attachants, le tout servi par une écriture fluide et limpide. Une excellente découverte. Olivier Barde-Cabuçon réussit là un formidable roman, riche et foisonnant, drôle ou grave, toujours passionnant. Du grand art !

Alors, aujourd’hui on s’assoit sur le divan et..on bouquine
Il y avait Sherlock Holmes et le docteur Watson, il y a aussi le docteur du Barrail et Max Engel.
Plus qu’un thriller psychanalyste, une réflexion passionnante sur l’identité.
Un suspense intelligent, passionnant et halletant

Extrait : Il y eut un silence. Freud continua à tirer sur son cigare sans un mot et sans un battement de cil. Ses yeux sombres, très enfoncés dans leur orbite, avaient pris une intensité perçante. Soudain, il se pencha légèrement en avant, comme pour une confidence.
– Savez-vous d’où vient ma vocation ? Une nuit, je me réveillai dans l’obscurité et j’eus peur. J’appelai mais personne ne vint. Au lieu de me laisser aller à la panique, je me dis la chose suivante : désormais, je serai Freud, une lumière, faible et tremblotante, mais une lumière quand même au milieu de l’obscurité !
(…)
Freud se leva brusquement.
– Je regrette l’intérêt que porte Jung aux sciences occultes et à ces tables qui tournent. Il se pose des tas de questions. Pourquoi les animaux pressentent-ils l’orage et les tremblements de terre ? Pourquoi des horloges s’arrêtent-elles au moment de la mort de leur propriétaire ? Pourquoi avons-nous des rêves prémonitoires ?
Freud parlait d’une voix calme mais progressivement le ton se faisait plus sévère et plus tranchant.
– Je l’ai choqué en lui répondant : pourquoi perdre son temps avec ces questions sans intérêt ?
Le maître viennois eut un geste exaspéré.
– Et maintenant, il m’écrit en me parlant d’inconscient collectif ! On ne bâtit pas une science sur l’interprétation de mythes. Jung est un oiseau plongeur. Il remonte à la surface beaucoup trop de trésors oubliés pour une si jeune science. S’il continue, il finira par élaborer une théorie psychique tout à fait étrangère à notre système.
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