Beso de la muerte de Gilles Vincent

Beso de la muerte de Gilles Vincent

Le livre : Beso de la muerte de Gilles Vincent . Paru le 15 février 2013 aux éditions Jigal. 18€ ;  (246 p.) ; 21 x 14 cm

 4e de couv : 

Août 1936, en Espagne, on assassine Garcia Lorca, accusé de téléchargement (38)sympathie républicaine. Août 2011, à Marseille, on découvre le corps calciné d’une femme, abandonné entre les rails. Entre ces deux morts, s’écrivent les tragédies du vingtième siècle, les secrets d’État, les coulisses de la démocratie espagnole naissante et la passion dévorante d’une jeune femme pour l’ombre du poète…

Entre ces deux âmes suppliciées, un pacte étrange, bien au-delà du temps, va profondément bousculer la nouvelle enquête de la commissaire Aïcha Sadia…

Émouvant, tragique, attachant, à fleur de peau et diaboliquement crescendo…

« Gilles Vincent fait partie de ces auteurs qui vous prennent par la main dès le premier chapitre et ne vous laissent plus repartir… » Passion Polar.

Extrait :

« En parcourant les derniers mètres avant la pension, Aïcha Sadia songea aux troubles ressentis face aux crimes atroces. Elle avait appris, il y a longtemps, que ces troubles ne forment en fait qu’un habile déguisement de l’âme. La mort, se dit-elle en poussant la porte d’entrée, pareille à une vieille enjôleuse, n’en finirait sans doute jamais de fasciner les vivants… »

L’auteur : 

Gilles Vincent est né à Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1958. Un grand-père député du Front Populaire, grand résistant, déporté… Une grand-mère institutrice, hussarde de la République, bouffeuse de curés. Un père prof de Fac, une mère prof de Lettres, puis psychanalyste (personne n’est parfait). Et c’est du côté de Valenciennes qu’il passe sa jeunesse dans laquelle ne trouvent grâce à ses yeux que les livres, les histoires, les mondes imaginaires. À 14 ans, au Maroc, il découvre Frédéric Dard et dévore tout San Antonio jusqu’à en oublier la magie du désert. Sa décision est prise : plus tard lui aussi il racontera des histoires. À 20 ans, il abandonne ses études pour une carrière de commercial. Puis il rejoint le sud, Marseille tout d’abord puis les environs de Pau où il vit depuis quelques années, tout entier consacré à « l’aventure des mots » : ateliers, classes, conférences et romans. Il a publié 7 romans dont Djebel, un polar dont Isabelle Adjani a acheté les droits cinématographiques. Il a reçu le Prix Marseillais du Polar 2010 pour son roman Sad Sunday. Dans les auteurs qui l’ont marqué, on retrouve Duras, Besson, Van Cauwelaert, Jim Harrison, Jesse Kellerman et Frédéric Dard bien sûr ! Dans ses passions se mêlent le ciné, les bouffes entre copains, les courses autour du lac, la lecture bien sûr, les rêves, tous les rêves et Madrid où il se verrait bien vivre un jour…

Extrait du prologue

17 août 1936.

« La poussière soulevée par les pneus de la camionnette formait un large sillon beige, une cicatrice floue au travers la nuit bleutée de Grenade.Le chauffeur faisait craquer les vitesses, freinait à grand bruit à l’amorce de chaque virage, tandis qu’à l’arrière, coincés entre les miliciens, les quatre prisonniers se cramponnaient pour ne pas valdinguer.Les cris des soldats les avaient cueillis en plein sommeil. Des gifles sans sommation, des insultes, des coups de pied au cul et, pour finir, des cordes nouées autour de leurs poignets ramenés dans le dos.Deux anarchistes, un instituteur boiteux et un poète : la prise de la nuit.La camionnette s’était ébranlée dans la poussière de l’été, avait traversé la ville muette, poursuivie par un jeune garçon à bicyclette qui avait pédalé au beau milieu des avenues désertes en hurlant : «Papa ! Papa !»À bout de souffle, il avait perdu de vue la carcasse métallique, jusqu’à ne plus discerner que le nuage beige se fondant dans les larges rues de la ville.Le gamin avait alors fait demi-tour, laissé l’air de la descente lui sécher les larmes, sachant au fond de lui qu’on emmenait son père bien au-delà du monde des vivants. Persuadé que les fascistes l’exécuteraient comme tant d’autres ces jours-ci qu’on voyait pourrir sous le soleil au fond des impasses, fusillés à genoux ou abattus d’une simple balle dans la nuque.Les faubourgs une fois derrière elle, la camionnette ralentit l’allure, s’enfonça sur la route caillouteuse qui escaladait les collines au nord-ouest de la ville.Après quelques kilomètres, sous la lueur de la lune qui perçait au travers des nuages, apparurent des corps affalés au milieu des talus. Des communistes, des anarchistes ou de simples républicains, fusillés par grappes le long de la route.Le 20 juillet, Grenade était tombée sans grande résistance aux mains des rebelles fascistes. Depuis, on exécutait à tour de bras. Dans les ruelles, les arrière-cours et les campagnes environnantes, les salves résonnaient toute la journée jusque tard dans la nuit. Les milices phalangistes arrêtaient tout ce qui était suspect de sympathie républicaine, et les hommes, des paysans pour la plupart, étaient passés par les armes sans autre forme de procès.La camionnette bâchée, une fois à mi-distance des villages de Viznar et d’Alfacar, quitta la route et s’engagea sur un chemin étroit qui menait à une ferme nommée «Cortijo de Gazpacho». Elle parcourut une centaine de mètres et s’immobilisa à flanc de colline.Les portières claquèrent dans la nuit ainsi que les ordres, comme des coups de fusils. La ridelle métallique s’abattit dans un grand bruit de tôle. Le chef des miliciens demanda aux quatre prisonniers de s’avancer de quelques mètres, jusqu’au bord d’un trou, sans doute creusé là par quelque paysan dans l’espoir d’y trouver de l’eau.- Toi, le poète, tu te mets sur le côté. Les autres, à genoux. »

Résumé et avis :

Un soir qu’il rentre chez lui, plus imbibé que d’habitude, Thomas Roussel, commissaire à la PJ de Pau, ne sait pas que sa vie va lui péter à la gueule. Claire, sa jeune compagne, au final d’une soirée apocalyptique, lui balance ses quatre vérités, rassemble ses affaires et claque la porte. Départ sans retour. Dépression, alcool, nuits blanches et bitures à répétition. Jusqu’à ce qu’il rencontre Délia qui le sort de la mouise. Non contente de l’extirper de la bibine, la belle Délia lui offre ses bras, l’amour et tout le tralala… Quatre ans plus tard, jour du mariage. Thomas Roussel danse au milieu des flonflons… Le téléphone  sonne. C’est Claire, qui appelle de Marseille, qui dit qu’on va la tuer, qui le supplie de venir la chercher, de la sortir de là… Le lendemain, des cheminots marseillais découvrent le cadavre calciné d’une jeune femme. Roussel prend sa bagnole et fonce, tandis qu’à Marseille, la commissaire Aïcha Sadia prend l’affaire en main.

Il le dit lui-même… au travers de ses romans, un seul sentiment l’intéresse, le sentiment amoureux et ses multiples déclinaisons : aimer, quitter, désaimer, découvrir, être quitté, retrouver, perdre, attendre, espérer… Dans Beso de la Muerte, c’est la passion poussée jusqu’à la folie qui est ici mise en scène.

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Camp de réfugiés espagnol dans le sud de la France. En 1939, la République est vaincue. Le Général Franco, autoproclamé Caudillo (chef, guide) accède au pouvoir pour une dictature de quarante ans. Les républicains espagnols fuient par milliers en France où ils sont internés dans des camps.

On entre de plein pied dans la guerre civile espagnol avec ce titre et on est happé par l’écriture névrotique de l’auteur. On file à fonds de caisse avec nos deux flics. On remonte leur enquête. On plonge dans les heures noire de l’Espagne des année 30 mais pas que…On aperçoit les liens tenus de l’état français avec la politique de répression espagnol 50 ans plus tard. Quand le pays meurtri quotidiennement par les attentats de l’ETA, répond  par la violence du GAL, Groupe Antiterroriste de Libération. On redécouvre aussi le grand poète qu’est Fedérico Garcia Lorca, un dramaturge homosexuel et engagé dans la lutte contre les groupes phalangistes.

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Federico Garcia Lorca, Poète, dramaturgue, peintre, pianiste, compositeur…(1898-1936) Assaci;é par les phalangistes dans les premiers mois de la guerre civile espagnol (1936-1939)

Vous l’aurez compris c’est 60 ans d’histoire contemporaine espagnol que nous parcourant en lisant ces lignes. Mais c’est aussi une enquête palpitante mené tambour bâtant, avec ses retournements de situations. C’est aussi un road-movie nerveux, Une histoire passionnante, émouvante parfois cruelle.

Un polar fiévreux servie par une écriture hypnotique. Gilles Vincent m’a une nouvelle fois prise dans ces filets, alors qu’il n’avait déjà convaincu avec Djebel, Peine maximum et Parjure.

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