La faux soyeuse de Eric Maravélias

téléchargement (16)Le livre : La faux soyeuse de Eric Maravélias. Paru le 27 mars 2014 chez Gallimard dans la collection Série Noire. 16,50€ ; (252 p.) ; 23 x 16 cm
  Extrait : « La came, elle, n’est pas une hypocrite. C’est une pure dégueulasse, sans pitié, mais franche. Qui se suffit à elle-même. Elle assume sa réputation de tueuse sans état d’âme. Mais La Coke, elle, c’est une petite salope bourgeoise qui joue les mères poules. Innocente, améliorant les rapports humains et le contact, avec son grand sourire, elle arrive à préserver sa réputation. Mais elle vous baisera en profondeur. À peine le temps de dire ouf et vous vous retrouverez avec le moral dans les chaussettes et le cerveau à l’envers. Elle n’aime que l’oseille. Et pour elle, vous aller en lâcher un max. »
4e de couv : 
La faux soyeuse « Je suis couvert de sang mais je suis bien. Rien à foutre. Dans l’univers cotonneux et chaud de la défonce opiacée, le sang n’est rien. La mort n’est rien. Et moi-même je ne suis rien. Joies et chagrins se succèdent dans une espèce de brouillard confus, un ballet macabre, et rien ne subsiste de tout cela, sinon parfois, au détour du chemin, un sentiment de gâchis irréversible qui me prend à la gorge. Nos vies de parias sont comme de frêles esquifs privés de gouvernail. Sans plus personne à bord. Elles sont ballottées au creux de flots tourmentes, secouées par des vents inconnus et changeants qui les mènent à leur gré vers des côtes plus ou moins hospitalières, incapables que nous sommes de changer ne serait-ce que la moindre virgule au récit chaotique de nos existences. » téléchargement (15) Ce qu’en dit l’auteur : La Faux Soyeuse est un roman noir, pas de doute. Très noir. Suivant la définition d’Aurélien Masson, le directeur de la mythique série noire, un roman noir se doit de respecter au moins trois critères. Un milieu, avec son langage et ses codes, des personnages vivants et attachants, et une intrigue. Pour le milieu, avec La Faux, on a la tête dans le sac. On est en banlieue, près de Paris, et au fil des 253 pages, le lecteur traverse deux décennies. La folie des années 80, les vols, les braquages, la belle vie, l’amour, et l’arrivée en masse de la dope dans les quartiers, la glissade et la chute irréversible de Franck, le héros, triste héros, racaille toxicomane au cœur tendre. C’est une odyssée, poignante et pathétique, dure et sans pitié. Pas de rédemption. Pas de pardon. Mais c’est aussi poétique et tendre, parce que ce sont des hommes et des femmes, comme vous, avec un cœur qui bat. Mais trop vite. Trop fort. Puis les années 90 et les ravages du Sida, la déchéance, la maladie, la mort. J’ai voulu, avec La Faux Soyeuse, porter un témoignage sur ce que fut ma vie. Ne vous y trompez pas, c’est un roman. Franck n’est pas moi et je ne suis pas lui. Mais ce qu’il a vécu, je l’ai vécu, moi aussi. En grande partie. C’est un roman qui s’adresse à tous, de tous âges et de toutes conditions. C’est ce qui se passe aux pieds de vos immeubles. C’est ce qui s’y est passé, en tout cas. Dans toute sa cruauté. Vous en avez entendu parler, mais jamais vous ne pénétrerez ce monde mieux qu’avec La Faux Soyeuse. Et sans danger pour vous, sinon celui d’être hantés par ces hommes et ces femmes. Vous allez les aimer. Malgré tout. Malgré leurs vices et leur laideur. Malgré leur langage et leurs esprits tordus. C’est ce que je veux. C’était mes potos. Nous étions des enfants. Les personnages : Ils sont là, et ils vous balancent ce qu’ils sont au visage, sans honte. Le bon comme le mauvais. Et leur folie vous capture. Leurs démons vous pénètrent. L’intrigue : Elle est simple, affreusement simple, horriblement simple. Pathétiquement simple. Mais elle est l’enchaînement, le destin, qui vous prend et vous pousse irrémédiablement vers la fosse. De violences en cris, en trahisons. D’amertume en amertume, il vous entraîne dans le chaos, sans répit. Dans ce roman, pour ce qui est du style, j’avais comme une obsession. Unir E.Bunker et J.Lee Burke. Mes deux auteurs fétiches depuis toujours. Le style au scalpel de la rue, son langage cru, direct, et la poésie de Burke dans les descriptions de l’environnement. C’était presque inconscient, au début, et puis cette évidence m’a sauté aux yeux. C’est comme ça que je voulais écrire. C’est comme ça que j’écrivais déjà. J’ai travaillé dans ce sens. L’auteur justement : téléchargement (17)D’Eric Maravélias, on ne sait rien si ce n’est que La faux soyeuse est le premier roman est qu’il a mis beaucoup de lui et de vécu dans ses pages.
Extrait : » Mon univers s’exhibe dans un rectangle opaque, derrière les vitres sales drapées de rideaux gris. A l’ombre de deux peupliers, observateurs silencieux de ma lente décomposition. Un bout d’azur terni, usé, témoin indifférent de tant d’horreurs mais de plaisirs fugaces, aussi, ces rares moments de joie, comme une ponctuation, des instants en italique dans ces récits fiévreux. »

Résumé et avis : A l’agonie dans son studio, Franck se souvient du chemin parcouru depuis les années 1970, entre braquages, trahisons et drogues dures.

Ce roman policier n’est pas qu’un simple roman noir. Alors me direz-vous, c’est quoi ? Un   témoignage ? Oui et non, peut-être une biographie  romancée, oui, il y a de ça… une bio romanesque bouleversante.

Quel style, quelle puissance des mots, quelle plongée au cœur de l’enfer de la dope. Une magnifique découverte. Une « Putain de lecture », une bonne claque, un putain de coup de pied au cul….

Le flot, le débit des mots… J’adore.. La poésie qui s’en dégage.

Et ce noir, cette peinture sociale au plus près du réel, ces grisés qui dévoile cette banlieue des années noires du Sida. Et le blanc de la dope qui noircie, elle aussi, ces vies brisées.

Monsieur Maravélias le noir vous va si bien.

Extrait :   Et d’abord, la mort n’existe pas, à cet âge. Seule la vie compte. Celle qu’on touche, téléchargement (18)qu’on goûte, ex­plore et ex­plose. La mort ? Les jun­kies sont ses es­claves consen­tants. La mort ? Une fable. La mort ? Une dé­li­vrance. Vivre                                 est au­tre­ment plus dif­fi­cile.

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18 réflexions sur “La faux soyeuse de Eric Maravélias

  1. Ce livres est magnifique ! Noir ,dur , mais aussi tellement poétique parfois . Une belle écriture , sans concession . J’ai adoré le lire et d’ailleurs j’en ai parlé partout autour de moi et j’en parlerai encore longtemps . De plus l’auteur est vraiment très sympathique, sincère , cash .

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    • Nous sommes sur la même longueur d’onde là chère Sylvie. C’est vrai que c’est un des roman qui m’a le plus marquée en 2014. Mais ‘ai pas eu la chance comme toi de rencontrer l’auteur. Mais j’espère bien me rattraper bientôt 😉

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